‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 228 sur 479 · Que je me remémore. Sur ramentevoiry cf. p. 136, n. i · texte numérisé non relu

Que je me remémore. Sur ramentevoiry cf. p. 136, n. i

MONTAIGNE

suc et de substance, la plus part du temps je n'y treuvô que du vent; car il n'est pas encore venu aux arguments qui servent à son propos, et aux raisons qui touchent proprement le nœud que je cherche. Pour moi, (|ui ne demande qu'à devenir plus sage, non plus savant ou éloquent*, ces ordonnances logiciennes^t aristotéliques ne sont pas à propos: je veux qu'on commence par le dernier point ^ : j'entends assez que c'est que Mort et Volupté 5; qu'on ne s'amuse pas à les anatomiser. Je cherche des raisons bonnes et l'ermes, d'arrivée*, qui m'instruisent à en soutenir l'ellort; ni les subtilités grammairiennes, ni l'ingénieuse contexture de paroles et d'argumentations n'y servent. Je veux des discours qui donnent la première charge dans le plus fort du doute ^ : les siens languissent autour du pot; ils sont bons pour l'école, pour le barreau et pour le sermon, où nous avons loisir de sommeiller, et sommes encore, un quart d'heure après, assez à temps pour en retrouver le fil^. ïl est besoin de parler ainsi aux juges qu'on veut gagner à tort ou à droit' ; aux enfants et au vulgaire, à qui il faut tout dire, et voir ce qui portera^. Je ne veux pas qu'on s'emploie à me rendre attentif, et qu'on me crie cinquante fois (( Or oyez î », à la mode de nos hérauts^. Les Romains disaient en leur religion Hoc (uje^^, que nous disons en la nôtre Sursum corda^^ : ce sont autant de paroles perdues pour moi; j'y viens tout préparé du ^ogis. Il ne me faut point d'allècliement ni de sauce; je mange bien la viande toute crue : et au

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