LIVRE
lieu de m'aigii'ser l'appétit par ces préparatoires et avant-jeux ^ ou me le lasse et alladit. La licence du temps* m*excusera-t-elle de cette sacrilège audace, d'estimer aussi traînants les dialogismes^ de Platon même, étoufFant par trop sa matière et de plaindre* Je temps que met à ces longues interlocutions vaines et préparatoires un homme qui avait tant de meil levures choses à dire? Mon ignorance m'excusera mieux, sur ce que jonc vois rien en la heauté de son langage^. Je demande en général les livres qui usent des sciences, non ceux ipii les dressent^. Les deux premiers", et Pline, et leurs semblables, ils n'ont point de Hoc âge; ils veulent avoir alfaire à gens qui .s'en soient avertis eux-mêmes : ou, s'ils en ont, c'est un Hoc âge substantiel, et qui a son corps à part. Je vois aussi volontiers les Epîtres ad Atlicuni^, non seulement parce qu'elles contiennent une très-ample instruction de l'histoirç et alTaires de son tcMiips^, mais beaucoup plus pour y découvrir ses humeurs privées : car j'ai une singulière curiosité, comme j'ai dit ailleurs, de connaître l'àme et les naïfs '^ jugements de mes auteurs. 11 faut bien juger leur sutlisance^S mais non pas leurs mœurs' ni eux»^, par cette montre de leurs écrits qu'ils étalent au tht'àtre du monde. J'ai mille lois regretté cpie nous ayons perdu le livr" (pie Brutus avait écrit De la vertu : car il fait Ixd apprendre la théorique de ceux ({ul savent bien la |>rali([ue. Mais d'anlanl (pie c'est autre ciiose le prêche que le pi'êcheur, j'aime bi(Mi aulant voir Brutus chez Plutar-
1. DiveiiisstMiKMil (|ui, au lli«''àtie, précède la piôco principale.
2. Ce paîîsa<i-o (jusiprà (/ui les dressent, 1. 11) est imt>a(id. de LVJo.
o. DialoiiUrs.
A. Ue«(rett(M-.
5. Monlai«(ne nous a déjà dit plus haut (\\\"\\ ne savait pas le g^rec.
t). (Jui apj>li(juent la science, non ceux qui en lont |-a théorie.