Cf. p. 50. n
l:î. Vai". : ni leurs opinio7isnalives a^0 8).
MONTAIGNE
que que chez lui-même : je choisirais plutôt de savoir au vrai les devis* qu'il tenait en sa tente à quelqu'un de ses privés amis, la veille d'une bataille, que les propos qu'il tint le lendemain à son armée; et ce qu'il faisait en son cabinet et en sa chambre que ce qu'il faisait emmy^ la place et au sénat. Quant à Cicero, je suis du jugement commun, que, hors la science, il n'y avait pas beaucoup d'excellence en son àme : il était bon citoyen, d'une nature débonnaire, comme sont volontiers les hommes gras et gausseurs^, tel qu'il était; mais de mollesse*, et de vanité ambitieuse^, il en avait, sans mentir, beaucoup. Et si ne sais comment l'excuser d'avoir estimé sa poésie digne d'être mise en lumière : ce n'est pas grande imperfection que de faire mal des vers; mais c'est imperfection^ de n'avoir pas senti combien ils étaient indignes de la gloire de son .lom. Quant à son éloquence, elle est du tout hors de comparaison : je crois que jamais homme ne l'égalerai Le jeune Cicero^, qui n'a' ressemblé son père que de nom, commandant en Asie, il se trouva un jour en sa table plusieurs étrangers, et entre autres Caestius, assis au bas bout, comme on se fourre souvent aux tables ouvertes des grands. Cicero s'informa qui il était, à l'un de ses gens, qui lui dit son nom : mais, comme celui qui songeait ailleurs, et qui oubliait ce qu'on lui répondait, il le lur rede-