Sous-ont. il dit
5- »< Qu'un homme tue un autre homme sans y être poussé par la colère ni la crainte et seulement
pour \o plaisir de le voir mourir. »
(Sénèque, Ep. XC ; citation aj.
i. I.a phrase est construite peu réjjulièrement : « ce qui advient
MONTAIGNE
nuinément que le cerf, se sentant hors d'haleine et de force, n'ayant plus autre remède, se rejette et rend à nous-mêmes qui le poursuivons, nous demandant merci par ses larmes, .
Questuque cruentus, Atque imploranti similis* :
ce m'a toujours semblé un spectacle très-déplaisant. Je ne prends guère bête en vie à qui je ne redonne les ^ champs; Pythagoras les achetait des pêcheurs et des oiseleurs pour en faire autant :
Priinoqiie a cppde ferarum Incaluisse pulo macuhjtiiiii sanguine ferruni^.
Les naturels sanguinaires à l'endroit des bêtes témoignent une propension naturelle à la cruauté. Après qu'on se fut apprivoisé à Piome aux spectacles de<^ meurtres des animaux, on vint aux hommes et aux gladiateurs. Nature a, ce crains-je^, elle-iiiême attaché à l'homme quelque instinct à l'inhumanité; nul ne prend son ébat à voir des bêtes s'entrejouer et caresser; et nul ne faut* de le prendre à les voir s'entre-déchirer et démembrer. Et, à la tin qu'on ne se moque de cette sympathie que j'ai avec elles, la théologie même nous ordonne quelque faveur^ en leur endroit; et, considérant qu'un même maître nous a logés en ce palais pour son service, et qu'elles sont, comme nous, de sa famille, elle a raison de nous enjoindre quelque respect et atïection envers elles «. (Chap. XJ)
communément... m'a toujours semblé ».
1. « Et, san^^lant, il semble demander ^^l'àce par ses plaintes. »
(Vir^nle,£/i., VH,501 ; cit. aj. 1588.)
2. « Et c'est, je crois, du sang^ des animaux que le premier p^laive a été rougi. » (Ovide, Melam., XV, 10t>.)