De plus
9. Des armées... s't/ perdaient l(p. 188,1. 9), add. de "1588.
MONTAIGNE
escrimeurs à outrance*, portait ces promesses : « Nous jurons de nous laisser enchaîner, brûler, battre et tuer de glaive et souffrir tout ce que les gladiateurs légitimes souffrent de leur maître; » engageant très religieusement et le corps et l'àme à son service :
Ure meum, si vis, flainma caput, et pete ferro Gorpiis, et iiUorto verbere terga seca^.
C'était une obligation véritable; et si, il s'en trouvait dix mille, telle année, qui y entraient et s'y perdaient^. Quand les Scythes* enterraient leur roi, ils étranglaient sur son corps son échanson, écuyer d'écurie, chambellan, huissier de chambre et cuisinier; et, en son anniversaire, ils tuaient cinquante chevaux, montés de cinquante pages, qu'ils avaient empalés par l'épine du dos jusqu'au gosier, et les laissaient ainsi plantés en parade autour de la tombe. Les hommes qui nous servent le l'ont à meilleur marché, et pour un traitement moins curieux et moins favorable que celui que nous faisons aux oiseaux, aux chevaux et aux chiens^. A quel souci ^ ne nous démettons-nous pour leur commodité? Il ne me semble point que les plus abjects serviteurs fassent volontiers pour leurs maîtres ce que les princes s'honorent de faire pour ces bêtes. Diogène, voyant ses parents en peine de le racheter de servitude : a Ils sont fous, disait-il; c'est celui qui me traite et me nourrit, qui me sert )) ; et ceux qui entretiennent les bêtes se doivent dire plutôt les servir qu'en être servis. Et si, elles ont cela de plus généreux que jamais lion ne s'asservit à un autre lion, ni un cheval à un autre cheval, par faute de cœur. Connue nous allons à la chasse des bêtes, ainsi^