‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 271 sur 479 · Je désirerais savoir, c.-à-d · texte numérisé non relu

Je désirerais savoir, c.-à-d

j'i^^nore.

MOMAIGINË

nous 011 voulons servir pour argument de quelque prérogative, ou, au rebours, pour témoignage de notre imbécillité et imperfection : comme de vrai, la science de nous entre-défaire et entre-tuer, de ruiner et perdre notre propre espèce, il semble qu'elle n'a pas beaucoup de quoi se faire désirer aux bêtes qui ne l'ont pas.

Qunndo leoni Fortior eripuit vitam leo? Que iiemore uiiquam Exspiravit aper majoris deiitibus apri * ?

Mais elles n'en sont pas universellement exemptes pourtant : témoin les furieuses rencontres des mouches à miel et les entreprises des princes des deux armées contraires :

Saîpe duobus Regibus incessit niagno discordia motu, Contiiiuoque animes vulgi et trepidantia belle Corda licet longe prœsciscere-.

Je ne vois jamais cette* divine description qu'il ne m'y semble lire peinte l'ineptie et vanité humaine. Car ces mouvements guerriers, qui nous ravissent de leur horreur et épouvanteinent, cette tempête de sons et de cris :

Fulgur ubi ad Cteluni se toilit," totaque circum ^re renidescit telliis, subterque virum vi Excilur pedibus sonitus, clamoreque montes Icti rejectant voces ad sidéra mimdi^.

1. « Quand vit-on un lion arracher la vie à un lion plus faible?

Dans quelle forêt un san^^liei' a-l-il expiré sous la dent d'un sang^lier plus vigoureux? » (Juvénal, XV, 160; cit. aj. 1588.)

2. «Souvent dans une ruche il s'élève entre deux rois des querelles qui portent partout le désordre : dès lors on peut pressenlii" l'acharnement et la fureur

guen-ièro des deux peuples. »

(Virgile, Géorg., IV, 67. i

5. « Un éclair jaillit vers le ciel ; la terre tout autour est illuminée du reflet deTairain; sous les pas pressés de tant de guerriers le sol retentit; les montagnes frappées renvoient l'écho de leurs cris jusqu'aux astres de la voûte céleste. » (Lucrèce. H, 525; trad. Crouslé; cit. aj. 1588.)

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