LIVRE II
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fait hon naître en un siècle fort dépravé : car, par comparaison d'autrui, vous êtes estimé vertueux à bon marché. Qui n'est que parricide en nos jours et sacrilège, il est homme de bien et d'honneur :
Nuiîc, si depositum non inficiatur amicus. Si reddat veterem cum tota aerugine follem, Prodigiosa lides, et Tuscis digna libellis,
Qupeque coronata lustrari debeat agna
et ne fut jamais temps et lieu où il y eût, pour \&3 princes, loyer^ plus certain et plus grand proposé à la bonté et à la justice. Le premier qui s'avisera de S3 pousser en faveur et en crédit par cette voie-là, je suis bien déçu*si à bon compte il ne devance ses compagnons; la force, la violence, peuvent quelque chose, mais non pas toujours tout. Les marchands ''^, les juges de village, les artisans, nous les voyons aller à pair de vaillance et science militaire avec la noblesse ; ils rendent des combats* honorables, et publiques^ et privés^; ils battent, il) défendent villes en nos guerres présentes; un prince étouffe sa recommandation emmi cette presse^. Qu'il reluise d'humanité, de vérité, de loyauté, de tempérance, et surtout de justice; marques rares, inconnues et exilées : c'est la seule volonté des peuples de quoi il peut faire ses affaires; et nulles autres qualités ne peuvent
1. « Maintenant si Ion ami ne nie point ton dépôt, s'il te rend ton vieux sac plein d'un argent couvert de rouille, c'est un trait de probité incroyable et digne d'être inscrit au livre des ponliles; c'est un prodig^e ipTil faut expier par Ir sanj; d'une brebis. »
(Juvénal, Xni, t>().) Celte citation, ainsi que les lignes suivantes (jusqu'à toujours tout, 1. 15), est une add.de 1588.
2. /.(^//iv avait souvent autrefois leseus (le prix, récompense. «Ton te peiiie, dit-on, est digne de loyer»,
dit encore La Fontaine (Xll, 2()K