‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 389 sur 479 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

J'élève assez mon courage à rencontre des inconvénients;, les yeux, je ne puis.

Sensus ! o superi, sensus!*

Je suis, chez moi, répondant de tout ce qui va mal. Peu de maîtres (je parle de ceux de moyenne condition, comme est la mienne, et, s'il en est, ils sont plus heureux) se peuvent tant reposer sur un second qu'il ne leur reste bonne part de la charge. Cela ôte^ volontiers quelque chose de ma façon au traitement des survenants; et en ai pu arrêter quelqu'un, par aventure, plus par ma cuisine que par ma grâce, comme font les fâcheux : et ôte beaucoup du plaisir que je devrais prendre chez moi de la Visitation et assemblée de mes amis. La plus sotte contenance^ d'un gentilhonmie en sa maison, c'est de le voir, empêché du train* de sa police^, parler à l'oreille d'un valet, en menacer un autre des yeux; elle doit couler insensiblement et représenter un cours ^ ordinaire : et trouve laid qu'on entretienne ses hôtes du traitement qu'on leur fait, autant à l'excuser qu'à le vanter. J'aime l'ordre et la netteté,

Et cantliarus et lanx Ostendunt mihi me";

au prix de l'abondance ; et regarde chez moi (exactement à la nécessité, peu à la parade. Si un valet se bat chez autrui, si un plat se verse, vous n'en faites que rire : vous dormez, cependant (jue monsieur range avec son maître d'hôtel son fait pour votre traitement du lendemain. (Chap. IX)

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