‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 391 sur 479 · LIVRE ÎII · texte numérisé non relu

LIVRE ÎII

comme Cadmus. Par quelque moyeu que nousayous loi* de le redresser et rauger de uouyeau, uous ne pouvons guère le tordre de son accoutumé pli que nous ne rompions tout....

iNon par opinion, mais en vérité, l'excellente et meilleure police est. à chacune nation, celle sous laquelle elle s'est maintenue : sa forme et commodité essentielle dépend de l'usage

Rien ne presse un état que l'innovation : le changement donne seul forme à l'injustice et à la tyrannie. Quand quelque pièce se démanche, on peut l'étayer; on peut s'opposer à ce que l'altération et corruption naturelle à toutes choses ne nous éloigne trop de nos commencements et principes : mais d'entreprendre à refondre une si grande masse-, et à changer les fondements d'un si grand hàtiment, c'est à faire à ceux qui, pour décrasser, effacent "% qui veulent amender les défauts particuliers par une confusion universelle, et guérir les maladies par la mort; non tam commutandarum quam evertendannn rennn cupidi'^. Le monde est inepte à se guérir: il est si impatient de ce qui le presse qu'il ne vise qu'à s'en défaire, sans regarder à quel prix. Nous, voyons, par mille exemples, qu'iL se guérit ordinairement à ses dépens. La décharge du mal présent n'est pas guérison, s'il n'y a, en général, amendement de condition. (Chap. IX)

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