LIVRE III
der, et les parcourir, les saisir, j'aurais tort de me faire du tout si ignorant que je dis. Puisque je ne puis arrêter l'attention du lecteur par le poids, manco male\ s'il advient que je l'arrête par mon embrouillure. (( Voire-, mais il se repentira par après de s'y être amusé. » C'est mon"% mais il s'y sera toujours amusé. E^^ puis, il est des humeurs comme cela, à qui Tintelligence porte dédain^, qui m'en estimeront mieux de ce qu'ils ne sauront ce que je dis : ils concluront la profondeur de mon sens par l'obscurité ; lacpielle, à parler en bon escient, je hais bien fort, et l'éviterais si je me savais éviter^. Aristote se vante en quelque lieu^ de l'affecter: vicieuse affectation"! Parce que^la coupure si fréquente des chapitres, de quoi j'usais au commencement, m'a semblé rompre l'attention avant qu'elle soit née, et la dissoudre, dédaignant s'y coucher pour si peu et se recueillir, je me suis mis à les faire plus longs, qui requièrent de la proposition 9 et du loisir assigné. En telle occupation, à qui on ne veut donner une seule heure, on ne veut rien donner; et ne fait-on rien pour celui pour (jui on ne fait qu'autre chose faisant. Joint qu'à l'aventure ai-je quelque obligation particulière ^^ à ne dire qu'à demi, à dire confusément, à dire discordamment. Je veux donc-mal** à cette raison trouble-fête, et ces projets extravagants qui travaillent la vie, et ces opinions si tines; si elles ont de la vérité, je la»- treuve trop chère et trop inconnuode. Au rebours, je m'emploie
1. Mois italiens sip^nifiaiit « c'est moins mal, c'est toujours cela de
^^ap^ne. »