‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 431 sur 479 · Comme.., fortune (rm du §) add. de · texte numérisé non relu

Comme.., fortune (rm du §) add. de

MONTAIG^^E.

content d'être destiné à y assister et m'en instruire. Si clierchons nous évidemment de reconnaître, en ombre même et en la fable des théâtres, la montre des jeux tragiques de l'humaine fortune....

Ce croulement* donc m'anima, certes, plus qu'il ne m'atterra, à^ l'aide de ma conscience, qui se portait, non paisiblement seulement, mais fièrement; et ne trouvais en quoi me plaindre de moi. Aussi, comme Dieu n'envoie jamais non plus les maux que les biens tous purs aux hommes, ma santé tint bon ce temps-là, outre son ordinaire; et, ainsi que sans elle je ne puis rien, il est peu de choses que je ne puisse avec elle. Elle me donna moyen d'éveiller toutes mes provisions, et de porter la main au-devant de la plaie qui eût passé volontiers plus outre; «et éprouvai, en ma patience, que j'avais quelque tenue ^ contre la fortune, et qu'à me faire perdre mes arçons il fallait un grand heurt. Je ne le dis* pas pour l'irriter à me faire une charge plus vigoureuse : je suis son serviteur; je lui tends les mains ^ : pour Dieu, qu'elle se contente! Si je sens ses assauts? Si fais^. Comme ceux que la tristesse accable et possède se laissent pourtant par intervalles tâtonner^ à quelque plaisir, et leur échappe un sourire : je puis aussi assez sur moi pour rendre mon état ordinaire paisible et déchargé d'ennuyeuse imagination; mais je me laisse pourtant, à boutades ^ surprendre des morsures de ces malplaisantes pensées, qui me battent pendant que je m'arme pour les chasser ou pour les lutter^.

Voici un autre rengrègement^ de mal qui m'àrriva à

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