Faire état rfe, faire c«s de, estimer
8. Monta ij^^ne fait ordinairement joitir transitif. C'est un des gascoiiismes que Pasquier lui reprochait ; le gascon ne faisait du reste
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très vigoureuse et peu souvent interrompue*, ne m'en allonge l'espérance, ni les maladies ne me raccourcissent : à chaque minute il me semble que je m'échappe, et me rechante- sans cesse : « Tout ce qui peut être fait un autre jour le peut être aujourd'hui. )) De vrai les hasards et dangers nous approchent peu ou rien de notre fin ; et si nous pensons combien il en reste, sans cet accident qui semble nous menacer le plus, de millions d'autres sur nos têtes, nous trouverons que, gaillards et fiévreux, en la mer et en nos maisons, en la bataille et en repos, elle nous est également près : Nemo altero fragilior est : nemo in crasiinum sui certior^. Ce que j'ai à faire avant mourir, pour l'achever, tout loisir me semble court, fût-ce d'une heure. Quelqu'un, feuilletant l'autre jour mes tablettes, trouva un mémoire de quelque chose que je voulais être faite après ma mort ; je lui dis, comme il était vrai, que, n'étant qu'à une lieue de ma maison, et sain et gaillard, je m'étais hâté de l'écrire là, pour ne m'assurer point ^ d'arriver jusque chez moi...
jNotre religion n'a point eu de plus assuré fondement humain que le mépris de la vie. Non seulement le discours de la raison nous y appelle ; car pourquoi craindrions-nous de perdre une chose, laquelle perdue ne peut être regrettée ? Mais aussi puisque nous sommes menacés de tant de façons de mort, n'y a-il pas plus de mal à les craindre toutes qu'à en soutenir une ? Que chaut-il ^, quand ce soit, puisqu'elle est inévitable ? A celui qui disait à Socrate : (( Les trente tyrans t'ont
sur ce point que perpétuer la tradition de l'anc. franc. Cf. p. 5, n. A. Sur joui invariable, cf. p. 1, n. 5.