L. WALRAS
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tes, du maximum d’utilité. Par là ce fait devient un principe d’intérêt; ou une règle, dont il n'y a plus qu’à poursuivre l’application détaillée à l’agriculture, à l'industrie; au commerce, au crédit. Ainsi, la conclusion de la science pure nous met an seuil fie la science appliquée. Que l’on remarque combien tombent ici d’elles-mêmes certaines objections à notre méthode. On nous disait entre autres choses : « La libre concurrence absolue n’est qu’une hypothèse. Dans la réalité, la libre concurrence est entravée par une infinité de causes perturbatrices. Il n’y a doue au¬
cun intérêt quelconque, sinon de curiosité, à étudier la libre concurrence en elle-même et dégagée de ces éléments de perturbation qu’aucun calcul ne saurait mesurer, dont aucune formule ne saurait tenir compte. » L’erreur de cette opinion se révèle pleinement. A supposer qu’aucun progrès ultérieur de la science ne permette d’introduire et de faire figurer les causes perturbatrices dans les équations de l’échange et de la production, ce qu’il est peut-être imprudent d’affirmer, ces équations, telles que nous les avons établies, n’en conduisent pas moins à la règle générale et supérieure de la liberté de l’échange et. de la production. Cette liberté procure, dans certaines li-• mites, te maximum d’utilité ; donc les causes qui la troublent sont un empêchement à ce maximum ; et, quelles que puissent être ces causes, on en aura suffisamment tenu compte en concluant qu’il faut les supprimer autant que possible.
C’est bien là, en somme, ce que les économistes ont déjà dit en préconisant le laisser-faire, laisser-passer. Mal¬
heureusement, il faut bien le dire, les économistes jus¬
qu’ici ont moins démontré leur laisser-faire, laisser-passer qu’ils ne l’ont affirmé à rencontre des socialistes, an-
63 SEP. EQUATIONS DE LA PRODUCTION BULL. 427 ciens et nouveaux, qui. de leur côté, affirment, sans la démontrer davantage, 1 intervention de l’Etat. Je sens qu’en m’exprimant ainsi je vais heurter quelques susceptibilités. Et cependant, on me permettra bien de le demander: Comment les économistes auraient-ils pu démontrer que les résultats de la libre concurrence étaient bons et avantageux s’ils ne savaient pas au juste quels étaient ces résultats? Et comment l’auraient-ils su quand ils n’avaient ni posé les définitions, ni formulé les lois qui s’y rapportent et les constatent? C’est là une raison a 'priori. En voici d’autres a posteriori. Lorsqu’un principe est scientifiquement établi, la première chose que l’on peut faire, en conséquence, c’est de discerner immédiatement les cas où il s’applique et ceux où il ne s’applique pas. Et, réciproquement, ce sera sans doute une bonne preuve que le principe de la libre concurrence n’est pas démontré, que les économistes l’aient souvent étendu au-delà de sa portée véritable. Ainsi, par exemple, notre démonstration, à nous, du principe de la libre concurrence repose, comme sur une première base, sur l’appréciation de l’utilité des services producteurs et des produits par le consommateur. Elle suppose donc une distinction fondamentale entre les besoins individuels, ou futilité privée, que le consommateur est apte à apprécier, et les besoins sociaux, ou l’utilité publique, qui s’apprécie d’une toute autre manière. Donc le principe de la libre concurrence, applicable à la production des choses d’intérêt privé, ne l’est plus à la production des choses d’intérêt public. N’i a-t-il pas cependant des économistes qui sont tombés dans cette erreur de vouloir soumettre des services publics à la libre concurrence en les remettant à l’industrie privée ? Autre exemple. Notre démonstration