L. WALRAS
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ducteurs et abandon de certains autres. C’est ce que nous, appellerons le progrès technique amené par la science. Dans la réalité, ces deux formes de progrès fonctionnent ensemble; ici, nous ferons abstraction de la seconde pour : ne considérer que la première. Il faut d’ailleurs évidemment. que les capitaux soient créés par l’épargne avant que l’emploi de leur profit ne s’opère. Par conséquent: —A Le progrès, consistant dans la diminution des raretés des produits avec l’augmentation dans la quantité des person- : nés, est possible, malgré la non-augmentation dans quantité des terres , grâce à l’augmentation dans la quantité des capitaux proprement dits, ci la condition essentielle que l’augmentation dans la quantité des capitaux propre-; ment dits précède et surpasse l’augmentation dans la quantité des personnes. Il y aurait lieu de préciser ici la théorie! si controversée de Malthus sur la population et les sub-| sistances.
On a beaucoup discuté, sans arriver du reste à aucune,;: conclusion sérieuse et définitive dans un sens ou dans| l’autre, la question de savoir si le prix des produits s’éle-5 vait ou s’abaissait dans une société progressive. Voici ce:| qu’il faut répondre à ce sujet. Ce qui diminue nécessaire^ ment,, dans une société progressive, ce sont les raretés.; Quant aux prix, qui sont les rapports de ces raretés aux■; raretés du produit numéraire, ils peuvent demeurer les ; mêmes si, comme il n’y a aucune raison de ne pas le sup- ; ; poser, en même temps que les raretés de tous les produits autres que le produit numéraire diminuent, les raretés du, produit numéraire diminuent aussi proportionnellement. Ils ne s’abaissent que si les raretés du produit numéraire ne varient pas. C’est donc seulement sous la réserve de cette hypothèse que les raretés du produit numéraire sont
constantes que l’on peut dire que le prix des produits s'abaisse dans une société progressive. J.-B. Say affirmait la proposition dans ce sens, mais en avouant ne pouvoir la démontrer. Sur ce point, comme sur plusieurs autres, sa remarquable sagacité le servait bien; il lui manquait seulement une méthode d’investigation plus puissante : car, comme on le voit, l’éclaircissement de la question dont il s’agit repose tout entier sur une analyse mathématique complète du phénomène de l’établissement et de la variation des prix.
Cela dit quant à la définition du progrès, et quant aux prix des produits, venons au prix des services producteurs.
Pour fixer les idées, et étudier les effets du progrès en laissant autant que possible toutes choses égales d’ailleurs , nous supposerons une société comme celle que nous avons considérée jusqu’ici, dans laquelle un certain nombre d’individus, ayant certaines courbes d’utilité ou de besoin, possèdent certaines quantités de services producteurs: terres, facultés personnelles et capitaux proprement dits, et qui, à un moment donné, serait doublée par le progrès. Il est évident que si, à la première société s’en ajoutait purement et simplement une seconde de tous points identique, les prix des services producteurs, non plus que ceux des produits, ne changeraient pas. C’est ce qui résulte mathématiquement des équations de la production. Mais une telle hypothèse n’est pas conforme à la notion expérimentale du progrès. Ce qu’il faut supposer, c’est qu’à chaque individu de la société primitive en ont