‹ Principe d'une théorie mathématique de l'échangeChapitre 38 sur 109 · L. WALRAS · texte numérisé non relu

L. WALRAS

égaux à ces prix de vente, il y a, à peu de chose près, satisfaction maximum quant aux produits, et équilibre, ou . peu s’en faut, quant aux prix de ces produits.

Cette démonstration suffit pour permettre d’énoncer 1 que:— Dans une société progressive, le prix du travail, ou \ le salaire, ne variant pas sensiblement, le prix de la rente,■ il ou le fermage, s’élève sensiblement, et le prix du profit, ou J l’intérêt, s’abaisse sensiblement.

Les capitaux proprement dits sont des produits. Si nous | considérons que, par ce motif, leur prix de vente, égal à 1 leur prix de revient, ne varie pas, tandis que le prix du i profit, ou l’intérêt, s’abaisse sensiblement, nous voyons que : — Dans une société progressive, le taux du revenu net J s’abaisse sensiblement.

Le taux du revenu net est ainsi fourni par le rapport 1 de l’intérêt net au prix du capital proprement dit. Quand 3*1 on l’a une fois obtenu, on obtient le prix des facultés 1 personnelles et le prix des terres en divisant par lui le îi salaire net et le fermage. Et comme le salaire ne varie pas, J sensiblement, et que le fermage s’élève sensiblement, il /| s’ensuit que : — Dans une société progressive, le prix des ca- U pilaux proprement dits ne variant pas, le prix des facuités jm personnelles s’élève en raison de l’abaissement du taux du' revenu net, et le prix des terres s’élève à la fois en raison || de l’abaissement du taux du revenu net et en raison de j l’élévation des fermages.

Notre intention n’est pas de montrer ici comment la | triple théorie du fermage, du salaire et de l’intérêt qui est "Jji implicitement comprise dans notre théorie de la détermination du prix des services producteurs s’accorde avec Jl les théories courantes ou en diffère. En ce qui concerne "fl seulement la théorie de la rente ou du fermage, nous fe- |

103 SÉP. ÉQUATIONS DE LA CAPITALISATION BULL. 561 rons remarquer comment on voit, dans la nôtre, la valeur de la rente naître, dans une société, par les mêmes causes qui la feront grandir, et grandir par les mêmes causes qui l’ont fait naître. Cette valeur est toujours proportionnelle aux raretés, ou aux intensités des derniers besoins satisfaits, des rentes directement consommées. Dans une société très récemment passée du régime de chasse et de pêche ou du régime pastoral au régime agricole, chacun trouve à discrétion de la terre et de la rente, non-seulement pour exercer la culture, mais pour placer son habitation et se faire un jardin d’agrément. Les raretés et, par suite, la valeur de la rente et de la terre sont nulles. Au contraire, dans une société parvenue au régime industriel et commercial, on se loge dans de très hautes maisons et les parcs disparaissent de jour en jour. Les raretés et, par suite, la valeur de la rente et de la terre sont considérables. Les économistes qui ont entrepris de nous persuader que nous ne payons pas de rente en achetant les produits agricoles ou autres devraient nous prouver que nous avons à discrétion du terrain pour nos maisons et } nos jardins, là, bien entendu, où nous avons besoin de résider, et non pas dans les solitudes de l’Afrique ou de l’Amérique ; et cette preuve, ils ne la donnent point ni ne la donneront jamais. Aussi la vérité est-elle que l’augmentation de plus en plus considérable de la valeur de la rente et de la terre est, avec le développement du capital et de la population, la caractéristique essentielle du progrès économique, et qu’en mettant cette vérité en toute évidence, l’économie politique pure n’éclaire pas moins l’économie sociale qu’elle n’éclaire à d’autres égards l’économie politique appliquée.

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