‹ Principe d'une théorie mathématique de l'échangeChapitre 39 sur 109 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Les quatre mémoires qui précèdent contiennent, sous ; l’appareil des formules de l’analyse algébrique, un système d’économie politique pure dont les deux éléments ; principaux sont l’exposition du mécanisme de la libre concurrence en matière d’échange (offre et demande effectives; hausse, baisse, prix courant d’équilibre) faite au § III du mémoire n° 1, et celle du mécanisme de la libre concurrence en matière de production (terres et rentes,1 personnes et travaux, capitaux proprement dits et profits;]! propriétaires fonciers, travailleurs, capitalistes ; entrepreneurs; bénéfice, perte, égalité du prix de vente et du prix de revient) faite aux §§ I et II du mémoire n° 3. Grâce à ces conceptions fondamentales, nous avons:.; 1° un marché des services producteurs sur lequel des ? rentes de terres, des travaux de personnes et des profits de capitaux proprement dits sont offerts au rabais : par des propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes,$ et demandés à l’enchère par des entrepreneurs ; 2° un marché des produits sur lequel des revenus consommables et des capitaux proprement dits neufs sont offerts;;! au rabais par des entrepreneurs et demandés à l’enchère par des propriétaires fonciers, travailleurs et ca-'J pitalistes; et 3° un marché des capitaux sur lequel le ca-j pital monnaie est offert au rabais par des capitalistes et demandé à l’enchère par des entrepreneurs. Et, dès lors, nous avons aussi : 1° les prix des services producteurs ou ; les fermages, salaires et intérêts ; 2° les prix des produits ; et 3° le taux du revenu net et, par conséquent, les prix des capitaux fonciers, personnels et mobiliers. La demande

105 SËP. ÉQUATIONS DE LA CAPITALISATION BULL. 563 des services producteurs et l’offre des produits sont déterminées ,. pour les entrepreneurs, par la considération de bénéfice ou de perte. L’offre des services producteurs et la demande des produits sont déterminées, pour les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes, par la quantité possédée et l’utilité de ces marchandises et par la considération de satisfaction maximum des besoins.

Quelques personnes me demanderont peut-être, comme on l’a déjà fait, s’il était bien nécessaire, si même il n’était pas plus nuisible qu’utile de présenter sous la forme mathématique une doctrine qui peut sembler par elle-même lissez 1 simple et assez claire. Ma réponse à cette question sera la suivante.

; Affirmer une théorie est une chose; la démontrer en est une autre. Je sais qu’en économie politique on donne et reçoit tous les jours de prétendues démonstrations qui ne sont rien autre chose que des affirmations gratuites. Mais, précisément, je pense que l’économie politique ne sera une science que le jour où elle s’astreindra à démontrer ce qu’elle s’est à peu près bornée jusqu’ici à affirmer gratuitement. Or, pour démontrer que des prix de marchandises, qui sont des quantités, à savoir les quantités de numéraire susceptibles de s’échanger contre ces marchandises, résultent effectivement de telles ou telles données ou conditions, il est absolument indispensable à mon sens : 1° de formuler, d’après ces données ou conditions, un système d’équations, en nombre rigoureusement égal à celui des inconnues, dont les quantités en question soient les racines, et 2° d’établir que l’enchaînement des phénomènes de la réalité constitue bien la résolution empirique de ce système d’équations. C’est ce que j’ai fait en ce qui concernait successivement l’échange, la production et la

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