L. WA L RAS
SÉP. 106
capitalisation. Et non-seulement l’emploi clu langage et de la méthode mathématiques m’a permis de démontrer ainsi les lois d’établissement des prix courants d’équilibre, mais elle m’a permis de démontrer, en outre, les lois de variation de ces prix, d’analyser le fait et, par cela même, d’asseoir le principe de la libre concurrence. Sans doute, l’exposition du système et sa confirmation parle raisonnement sont deux choses distinctes qui, réunies dans mon travail, pourraient, à la rigueur, être séparées l’une de l’autre. Je ne m’oppose en aucune façon à ce que ceux de mes lecteurs qui seront économistes sans être mathématiciens, laissent de côté la seconde de ces deux parties pour faire exclusivement leur profit de la première. Bien peu d’entre nous sont en état de lire les Principes mathémati¬
ques de la philosophie naturelle de Newton ou la Mécanique céleste de Laplace; et cependant nous, admettons tous, sur la foi des hommes compétents, la description qui nous est faite du monde des faits astronomiques conformément au principe de l’attraction universelle. Pourquoi n'admettraiton pas de la même manière la description du monde des faits économiques conformément au principe de la libre concurrence? Rien ne s’oppose donc à ce qu’on laisse ainsi de côté la démonstration du système, une fois faite, et à ce qu’on en retienne seulement l’affirmation pour l’uliliser dans l’étude des questions d’économie politique appliquée ou d’économie politique pratique; mais, quant à moi, je devais donner l’une et l’autre pour esquisser, comme je le voulais, une théorie vraiment scientifique de la richesse sociale.