‹ Principe d'une théorie mathématique de l'échangeChapitre 48 sur 109 · L. WALRAS · texte numérisé non relu

L. WALRAS

des revenus consommables et des capitaux neufs est changée, il y a diminution dans la quantité des uns et augmentation dans la quantité des autres; et, en second lieu, le prix de tous ces produits est changé puisque, à la condition de supposer la diminution de la demande définitive proportionnelle à l’augmentation du prix, leur valeur totale est augmentée du montant de l’émission des billets de banque. La situation n’est pas du tout la même que si, à un moment donné, l’épargne avait eu lieu sur une échelle considérable et exceptionnelle. Non : dans ce cas, les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes demanderaient, par l’intermédiaire des entrepreneurs, beaucoup plus de capitaux neufs; mais, en revanche, ils demanderaient directement beaucoup moins de revenus consommables. Il y aurait eu déplacement de la demande, et la valeur totale de la production serait restée le même. Dans le cas de l’émission des billets de banque, comme cela aurait aussi lieu dans le cas de la découverte de monnaie métallique, il y a augmentation de demande d’un côté sans diminution de demande de l’autre, et, par suite, augmentation dans la valeur totale de la production. Ainsi : — L’émission de billets de banque pour une certaine somme amène, pendant toute la période d'émission, une hausse du prix des produits consistant en revenus consommables et capitaux neufs qui se mesure approximativement par le rapport du montant de l’émission au montant du revenu social antérieur. Ce phénomène est transitoire : une fois l’émission terminée, la hausse en question disparaît, et il ne subsiste plus que celle provenant de la dépréciation du métal précieux. C’est évidemment faute d’avoir su reconnaître cette période d’émission que les socialistes et les économistes se sont mépris, les uns croyant la création du capital effectuée par l’émission même, et les autres, par réaction, niant toute création de capital par suite d’émission.

15 SEP. THÉORIE MATHÉMATIQUE DU BILLET DE BANQUE BULL. 567 9. Le fait de l’extension du crédit par l’émission de billets de banque se compliquant du fait de la dépréciation des métaux précieux, on comprend qu’il est impossible de mesurer le premier si on ne le dégage en quelque sorte du second en effectuant la réduction du capital non renchéri en capital renchéri. Mais c’est ce que nous sommes à présent en état'de faire très aisément.

Soit K le montant du capital proprement dit, fixe et circulant, évalué en (A), y compris une quantité Qa de (A), quand le prix de (A) en (B) est P a , c’est-à-dire quand il ne s’émet point de billets de banque. Une émission de nature à ramener le prix de (A) en (B) de P a à p serait de

soit de

H —MQa-F(ff)]

Ce serait là le supplément de capital à obtenir par l’émission des billets de banque. Le montant du capital total antérieur, évalué en (A), serait alors de

soit de

Pa (K - Q a ) + pQ a

Et, par conséquent, le rapport du supplément de capital au capital total antérieur serait de

Pa(K-Q a ) + pQ a ’

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