L. WALRAS
Ce rapport serait maximum si l’émission avait été de nature à ramener le prix de (A) en (B) de P a à p a , c’est-à-dire de nature à chasser de la circulation toute la monnaie métallique. Il serait alors de
P a (K — Q a ) + PaQa'
Soit R le montant du revenu social, évalué en (A), avant l’émission. Le montant de l’émission s’ajoutant à ce chiffre pour constituer la valeur totale des produits, revenus consommables et capitaux neufs, pendant toute la période d’émission, la hausse du prix de ces produits serait mesurée, pendant cette période, par le rapport
H — y TQa — F(p)]
pR
10. Pour nous rendre mieux compte de ces résultats, nous allons les exprimer en chiffres concrets dans les données que nous connaissons.
Dans le pays qui nous a servi de type pour nos études d’économie politique pure, l’argent est la marchandise monnaie ; sa quantité est évaluée en demi-décagrammes au titre de ^ sous le nom de francs. Le capital K est de 60 milliards. Le revenu R est de 10 milliards. Les 60 milliards de capitaux se partagent en 40 milliards de capitaux fixes comprenant 2 milliards d’argent marchandise, et 20 milliards de capitaux circulants comprenant 4 milliards d’argent monnaie. La quantité totale d’argent Q a est ainsi de 6 milliards. Les 10 milliards de revenu se partagent en 2 milliards de fermages, 5 milliards de salaires et 3 milliards d’intérêts. Il est demandé à la production, pour ces 10 milliards de revenu, 8 milliards d’objets consommables et 2 milliards de capitaux producteurs nouveaux.
Les 40 milliards de capitaux fixes se partagent eux-mêmes en 12 milliards de capitaux à services consommables et 28 milliards de capitaux à services producteurs. Les 20 milliards de capitaux circulants sont pour 4 milliards aux mains des consommateurs et pour 16 milliards aux mains des entrepreneurs. Nous supposerons les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes consommateurs empruntant, comme les entrepreneurs, par l’intermédiaire des banques et banquiers, leurs capitaux fixes et circulants. Le crédit à long terme est fait par émission d’actions, d’obligations et de créances; le crédit à courte échéance est fait au moyen de dépôts. Les capitalistes ont ainsi dans leurs portefeuilles 40 milliards d’actions, obligations et créances, et 20 milliards de récépissés de dépôts signés des banquiers ; les banquiers ont dans les leurs 20 milliards de billets à ordre et lettres de change signés ou endossés par les entrepreneurs et consommateurs. La proportion de 20 à 40 représente la proportion normale du capital circulant au capital fixe, vu le chiffre du revenu social et les conditions de la fabrication des produits.
C’est dans ces conditions que nous allons émettre des billets de banque. Si cette émission se fait en monopole, une banque unique remettra les billets aux banquiers en réescompte de leur portefeuille, et les banquiers les repasseront aux entrepreneurs et consommateurs; si elle se fait librement, les banquiers remettront directement et immédiatement les billets aux entrepreneurs et consommateurs en escompte de leurs effets de commerce. L’émission aura évidemment les mêmes effets, quant aux points ci-dessus touchés, dans les deux cas.
11. Dans les conditions de notre figure, nous avons vu qu’une émission de 5 milliards de billets de banque rendrait la quantité d’argent marchandise de 3 milliards, la quantité d’argent monnaie de 3 milliards, la quantité de monnaie,