L. WALRAS
sép. 42
17. Si l’on exprime géométriquement ces derniers résultats, on en tire les indications suivantes concernant la forme «des courbes.
La courbe AM, à partir d’un point qui a pour ordonnée
-13.31, la courbe A'M', à partir d’un
. 0.01 0g ÔTÔ4
point qui a pour ordonnée A: = 10-= ——37.36,1a
log
•courbe A"'M"', à partir d’un point qui a pour ordonnée
/; = 10—— T = — 16, sont concaves par rapport al axe 0.04
horizontal. Les points M, M', M'" sont des points de maximum.
La courbe A"M" est toujours convexe. Le point M" est un point de minimum.
Les courbes A IV M IV , A V M V sont toujours convexes.
Bu rachat des terres par l’Etat. Formule d’amortissement du prix d’achat au moyen du fermage.
18. Dans nos sociétés modernes qui sont, au point de vue économique, des sociétés progressives, c’est-à-dire qui sont •des sociétés où le capital s’accroît et où la population augmente, et dans lesquelles il y a plus-value de la rente, le prix des terres est supérieur au rapport du fermage au taux du revenu net et est, en outre, toujours croissant. Par con-
séquent, ce prix est celui non-seulement de la rente actuelle, mais de la rente future. J. Mill a donc tort de refuser et Gossen a donc raison d’accorder aux propriétaires un droit de propriété sur la plus-value de la rente qu’ils ont payée en achetant les terres. La seule chose qu’on pourrait leur contester serait le droit à une plus-value nouvelle qui viendrait s’ajouter à la première. Voilà un point capital qui est réglé par nos analyses précédentes. On a beaucoup reproché aux paysans d’acheter des terres au moyen de capitaux empruntés à un taux d’intérêt supérieur au taux du fermage. On voit clairement, par ce qui précède, que cette opération, effectuée dans de certaines conditions et limites, peut n’être pas mauvaise et peut même être bonne, grâce au phénomène de la plus-value de la rente. Il faut reconnaître que, sur bien des points, les paysans savent mieux l’économie politique que les économistes et que les gouvernants. Pendant que les économistes discutent la question de savoir sur qui tombe l’impôt foncier, les paysans, quand ils achètent des terres, se font produire leur estimation cadastrale et déduisent purement et simplement du prix d’achat la quote-part du capital foncier afférente à l’impôt foncier. Et de même, pendant que les économistes discutent la question de savoir si la rente a ou n’a pas de valeur, les paysans achètent les terres en raison non-seulement de la valeur actuelle, mais de la valeur future de la rente. De là le prix relativement élevé des terres qui, pour le dire en passant, nous fournit une confirmation expérimentale éclatante de notre théorie. Il y a grandement lieu de se demander si l’Etat ne pourrait pas, comme le croit Gossen, effectuer avec succès une opération qui réussit aux particuliers; mais, pour critiquer la théorie, de Gossen, il convient de lui donner d’abord une forme analytique tout-à-fait rigoureuse et générale.
Soit A le prix d’une terre et le montant du capital em-