L. WALRAS
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pas à s’étonner si nous avons trouvé que, pour les unes et les autres, la distance du point d’inflexion K au point de maximum M était indépendante du rapport du prix d’achat A
au fermage initial — et dépendante seulement du taux de
l’intérêt net i et du taux d’accroissement du fermage z. Pour les unes et les autres aussi, cette même distance du point d’inflexion au point de maximum est égale à la distance du point de maximum M au point d’intersection avec l’axe horizontal N, en vertu de l’équation
tog-
log
Ainsi, dans les courbes AN, A'N', A"N", a'/u'v', qui se rapportent toutes à un taux de l’intérêt net de 0.04 et à un taux d’accroissement du fermage de 0.01, cette double distance, représentée par les longueurs k'm\ ON, d’une part, ON, 10/, m' N', NN", d’autre part, est toujours égale à 47.86.
Critique de la théorie de Gossen. Possibilité de l’amortissement grâce à l'élévation du taux d’accroissement du fermage.
33. Dans tous les cas, d’après ce que nous avons vu, si on paie le prix normal, il est impossible de faire l’amortissement du prix d’achat d’une terre au moyen du fermage. Et il est bien clair, en effet, qu’il en doit être ainsi puisqu’un tel amortissement constituerait un bénéfice et que le prix normal est celui qui ne permet ni bénéfice ni perte. On pouvait donc,
comme nous l’avons fait, annoncer cette conclusion a 'priori; mais il n’en était pas moins instructif de la développer.
A cet égard, Gossen cite des faits et produit des chiffres qu’il emprunte, dit-il, à la réalité. A cela nous ferons l’observation que voici. Pour qu’un fait soit acquis à la science, il faut qu’il soit à la fois réel et rationnel ; il faut que, l’observation et l’expérience constatant que ce fait existe et qu’il existe de telle ou telle façon, le raisonnement montre qu’il ne-peut pas ne pas exister et qu’il ne peut pas exister d’une autre façon dans des conditions normales. Que si le raisonnement, d’une part, l’observation et l’expérience, d’autre part, se contredisent, il faut tâcher de les mettre d’accord si l’on veut élaborer la science du fait dont il s’agit ; mais lé raisonnement n’est pas détruit par cette contradiction s’il est bon, car il est possible que ce soit le fait qui doive être ou rectifié ou expliqué par des circonstances exceptionnelles. Nous croyons qu’il en est ainsi des faits allégués par Gossen.
Son premier tableau, correspondant à la courbe AN (Fig. 2), se rapporte à une terre donnant 4 % de fermage avec une plus-value de 1 % alors ( l ue I e * aux l’intérêt net est à 4 °/ 0 *Evidemment, il y a là quelque exception à signaler, car il est clair que des gens qui, toutes choses étant parfaitement égales d’ailleurs, ne feraient nulle différence entre deux capitaux dont un capital à revenu constant et un capital à revenu égal mais croissant d’année en année seraient à mettre aux Petites-Maisons. Le second tableau, correspondant à la courbe AN', se rapporte à une terre donnant 3.33 °/ 0 de fermage avec une plus-value de 1 °/ 0 alors que le taux de l’intérêt net est à 4 %. Eh bien, ce fait ne saurait être considéré non plus comme un fait normal. Notre théorie établit d’une manière irréfragable, à ce qu’il nous semble, que la plus-value dont il s’agit ne saurait être qu’une plus-
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value temporaire dont la durée m serait fournie, en vertu de la formule [23], par l’équation
log ÔÔT +1 ° g L 1 *
Og ï.04
Et cette durée serait insuffisante pour un amortissement exigeant un nombre d’années N fourni, en vertu de la formule [21], par l’équation
log ^1 —
f LOI
D’après notre théorie, pour avoir une plus-value perpétuelle de 1 °/ 0 , telle que Gossen semble la supposer, si le taux de l’intérêt net est à 4°/oi il faut prendre une terre qui rapporte 3 333.33 de fermage initial, mais qui vaut 111 111.11, en vertu de la formule [7] et conformément à l’équation
ou bien une terre qui vaut 100000, mais qui rapporte 3 000 de fermage initial, en vertu de la même formule [7] et conformément à l’équation