‹ Principe d'une théorie mathématique de l'échangeChapitre 92 sur 109 · L. WALRAS · texte numérisé non relu

L. WALRAS

vente et du produit des droits de mutation. On s’occupera sans doute de ce travail quand on aura compris à quel point les lords Westminster et Derby s’arrondissent au détriment de la fortune publique.

Soit toujours i le taux de l’intérêt net, a le e fermage initial d’une terre susceptible d’une plus-value perpétuelle, z le taux de cette plus-value. Le prix normal de cette terre au début, quand le fermage est a, est, comme nous l’avons montré (11),

j~— i et la somme due après m années, quand le fermage

d (\ J- rAm

est a (14-z) m , est —^-—. Qu’à ce moment, le taux de la

plus-value, au lieu d’être z, devienne z', la somme due à la fin de chaque année, à partir de cette variation, est donnée, en fonction des années écoulées depuis l’origine, conformément à la formule fl 9], par l’équation

Prenons, par exemple, le cas du second tableau de Gossen rectifié. Le taux de l’intérêt net est de 0.04 , le fermage initial est de 3 000, le taux de la plus-value perpétuelle est de 0.01. Le prix normal de la terre au début, quand le fermage est de 3 000, est de 100000, et la somme due après 10 années, quand le fermage est de 3000 X 1.01 10 = 3 313.86 , est de 100000 x 1.01 10 = 110462. Qu’à ce moment le taux de la plus-value, au lieu d’être 0.01, devienne 0.02, la somme due à la fin de chaque année, à partir de cette élévation, sera donnée, en fonction des années écoulées depuis l’origine, par l’équation

A n — 110462 x 1.04 n “io — 3 313.86

91 SEP. THÉORIE MATHÉMATIQUE DU PRIX DES TERRES BULL. 279 Cette équation est celle de la courbe «N IV (Fig. 2) représentant un amortissement en 65 ans environ depuis l’achat. L’apparition de 1 % de plus-value a ramené la courbe aN'" en aN IV . On voit par cet exemple comment le problème se pose exactement dans la réalité. Il ne s’agirait pas, pour l’Etat, d’acheter des terres en s’attachant à payer un prix inférieur au prix normal résultant de la plus-value ou de la moins-value existante de ces terres, et en comptant sur la différence pour effectuer l’amortissement du prix d’achat au moyen du fermage, ce qui serait une spéculation ordinaire et médiocre, faite pour des particuliers. Il s’agirait, pour lui, d’acheter toutes ces terres au prix normal, en comptant pour effectuer l’amortissement du prix d’achat au moyen du fermage sur l’augmentation de la plus-value, sur la diminution de la moins-value et sur la transformation de la moins-value en plus-value, et en s’attachant à produire lui-même ces changements par l’habileté de ses mesures et la sagesse de sa conduite. Voilà ce qui serait une belle et grande opération vraiment digne de l’Etat.

36. Il serait donc, en principe, possible à l’Etat de racheter toutes les terres sans bourse délier. C’est une vérité que Gossen n’a pas établie sur une démonstration parfaitement rigoureuse, mais qu’il a pourtant pressentie et discernée avec une sagacité extraordinaire. Comme conception théorique, son plan, une fois rectifié et complété, est de beaucoup supérieur à celui de Mill. Il accorde plus aux propriétaires, puisqu’il reconnaît leur droit à toute la plus-value actuelle, en faisant seulement réserve des plus-values futures; et il accorde plus à l’Etat, puisqu’il le remet en possession de la totalité du sol. Dans cette combinaison grandiose, l’Etat reprendrait les terres aux propriétaires au prix courant ; il les paierait en obligations de sa dette au taux courant; il les affermerait soit à des entrepreneurs pour y exercer l’agri-

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