EP
LS
ENTRAVES A L'ACUROISSEMENT 129
caprice, et de la manière factice de penser et de vivre (1) ».
S'il paraît bien que les grandes causes qui ont arrêté la population, notamment des Iles Britanniques et ce pendant les cinq derniers siècles, peuvent être réduites à ces trois principales : la guerre, la peste et la famine, et que la guerre puisse être rangée dans la classe du vice, en revanche Godwin « rejette entièrement l'opinion de M. Malthus pour ce qui regarde le vice et la misère dans leur obscure opération » (2). A défaut d'éclaircissement on doit supposer ici que Godwin rejette purement et simplement le chef d'immoralité invoqué par Malthus, et dont il faudrait prouver qu'il n'a pas en effet exercé une très sérieuse influence sur la dépopulation des pays civilisés.
Passant brusquement à un autre ordre d'idées, l’auteur des Recherches s’avise que «le moyen véritable et décisif de résoudre la question est de consulter le registre des décès ». « Ce sera, ajoute-t-il, un sujet éternel de reproche pour les partisans de M. Malthus qu'ils ont aveuglément adopté ses propositions, sans avoir une seule fois eu recours à un moyen aussi simple de vérification (3). »
(1) Trad. Constancio, t. I, p. 6. — Qu’'y a-t-il dans le malthusianisme que cette proposition contredise, et quant à la peste et à la famine, qui a jamais songé à les appeler vices ? — Le but de Godwin est aisé à discerner, mais il devient parfois impossible de le suivre à travers le labyrinthe d'idées qui l'y conduit,
(2) /bid., t. I, p. 7.
(3) /bid., p. 8.
Le
130 PREMIÈRE PARTIE. — SECTION II. — CHAPITRE Il
« D'après l'hypothèse de M. Malthus, il faut qu'il n'y ait aux Etats-Unis que quatre décès pour huit qui ont lieu dans un pays dont la population est stationnaire. Rien ne peut être plus clair » (?) (1). Et « pour empécher efficacement la population de s’accroître, ils devraient tous avoir lieu parmi les enfants »... « Certes de toutes les doctrines dogmatiques reçues avec avidité et sans examen, voici peut-être celle qui exige une foi plus robuste (2) ».
C’est tout ce que fait Godwin pour mettre en lumière un point sur lequel « M. Malthus ne fait rien et n’a jamais songé à entreprendre de recherches ». Toutefois... « je sens, » termine-t-il, — et l’on partagera cel avis sans réserve, — « Je sens que Je laisse le sujet de ce chapitre incomplet... (3) ».
Pour y remédier, et pour finir, 1l passe en revue les onze chefs de vice ou de misère que Malthus a énumérés quelque part comme 1l suit : « 1° les occupations malsaines ; 2° les travaux rudes ; 3° l'exposition à l'inclémence des saisons ; 4° l'extrême pauvreté ; 5° le peu de soin donné aux enfants en nourrice : 6 les villes très populeuses ; 7° les excès de tous genres ; 8 toute la suite de maladies usuelles et d’épidémies ; 9 les guerres,
100 la peste ; 11° la famine (4) ».
(1) Trad. Constancio, t. I, p. 36.
MOIP TT EEE EE (3) Lhid,, Dar
(4) Lbid., p. 84.