‹ Principe de Population et Socialisme (Histoire des Doctrines de la Population, depuis le Principe de Population de Malthus jusqu'à nos jours)Chapitre 11 sur 42 · ENTRAVES A L'ACCROISSEMENT · texte numérisé non relu

ENTRAVES A L'ACCROISSEMENT

Guerre, peste et famine élant accidentelles, il faut les retrancher, et Godwin triomphe, car « en retranchant ainsi ces trois causes sur les onze «il n'en reste plus que huit (1) » ! El quant à ces huit dernières, il « laisse à tout homme impartial à décider si elles ne jouent pas un bien triste rôle lorsqu'on nous les présente comme élant les sources des effets prodigieux que la théorie de M. Malthus leur attribue (2) ».

Après avoir détruit avec cette fougue, il faut recons- (ruire : etle socialisme essaie « une théorie raisonnable des causes qui entravent la population ».

Ce sont, suivant les différents pays, dont certains « Jadis très peuplés et très florissants, languissent à présent dans un état comparatif d'abandon et de désolation... », et dont d’autres « depuis des siècles n’ont pas éprouvé de crises aussi violentes... », — non pas une cause uniforme et constante comme la « tendance à l'accroissement maximum (3) », mais des causes aussi

variées ,intermittentes et saccadées que les effets qu'elles produisent. « Voilà tout le mystère du sujet (4). » (4) Trad. Constancio, t. II, p. 85.

(2) Ibid. , p. 86.

(3) Godwin fait ici une confusion évidente entre la raison qui rend

nécessaire la limitation et les moyens par lesquels elle s'exerce. (4) Zbid., {. IT, p. 47.

Ces causes, « plus puissantes et plus Lerribles dans leurs opérations que la guerre, la peste et la famine », ces causes sont les « conquêtes telles qu'on en trouve des exemples à certaines époques de l’histoire des nations, el le mauvais gouvernement lorsqu'il est parvenu à un

certain degré de corruption et d’oppression » (1).

a) Comme exemple de la cruauté des conquêtes, Godwin rappelle le sort des habitants du Carnatic lors de l'invasion de Hyder-Ali, rapportée par M. Burke, et nous montre « les malheureux habitants fuyant leurs villages incendiés, en partie massacrés... » et « n'échappant aux flammes, au glaive et à la captivité que pour devenir la proie de la famine » (2). — Il cite l'exemple des villes d'Asie qui se rendirent aux Mongols et sur lesquelles « l'abus inhumain des droits de la guerre fut exercé avec des formes régulières de discipline... » — Les traits de barbarie d’Attila « le fléau de Dieu » et de Timour ou Tamerlan qui « fit massacrer cent mille prisonniers indiens, parce qu'ils avaient souri en voyant

paraître l’armée de leurs compatriotes... » (3), — enfin

(4) Trad. Constancio, t. IF, p. 48. — Le soin est laissé au lecteur de faire une différence entre les conquêtes et les guerres, au point de vue de l'extermination. Et quant à l'oppression du gouvernement, elle correspond à-la cause qui nécessite la limitation de la population, mais nous laisse ignorer l’objet du chapitre : les moyens par lesquels s'effectue la limitation.

(2-3) 1bid., pp. 51 à 53.

Page 1