‹ Principe de Population et Socialisme (Histoire des Doctrines de la Population, depuis le Principe de Population de Malthus jusqu'à nos jours)Chapitre 15 sur 42 · CONSÉQUENCES DE LA THÈSE OPTIMISTE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE LA THÈSE OPTIMISTE

Rénovée ! — Car si la mise en œuvre de cet idéal n'exige n1 les calculs, ni les malsaines préoccupations que nous suggère le malthusianisme,elle suppose en revanche un e//ort social, effort de destruction, puis de reconstitution :

Destruction des institutions établies qui divisent arbitrairement la richesse de telle façon que les uns en ont plus qu'ils n'en peuvent consommer, tandis que les autres sont réduits à se priver de tout, et par surcroît à s'interdire la procréation.

Reconstitution d'une société dans laquelle les inégagalités seront aplanies, les passions éteintes, les injustices étouffées.

La forme sociale propre à ce magnifique effort d’altruisme comporte la suppression du Droit, de l'Etat et de la Propriété.

Le développement des arguments employés par Godwin, qui nous entraîne ici en plein anarchisme, contre le droit, l’état et la propriété, nous conduirait hors de notre sujet. Qu'on nous permette de les rapporter très brièvement, d’après l'excellente analyse qu'en a faite M. Paul Eltzbacher :

«D’après Godwin, la loi suprême pour l'homme, c’est

le bien-être universel... Le devoir n’est rien autre que

140 PREMIÈRE PARTIE, — SECTION I1.— CHAPITRE Ill

la façon dont un être peut être employé le mieux pour le bien-être de tous (1). »

a) « En vue du bien-être universel Godwin rejette le droit non pas seulement pour des circonstances exceptionnelles locales et temporaires, mais d’une façon absolue... Quels que soient les inconvénients provenant des passions des hommes, l'établissement de lois stables ne peut pas être le véritable remède.

« Le bien-être de tous exige que ce soit lui-même et non le droit qui soit loi pour l'humanité... Le règne absolu de la raison, voilà le principe qui doit remplacer le droit. »

b) « Godwin rejetant le droit doit en faire de même pour l'Etat : en effet, il considère celui-c1 comme une institution juridique des plus contraires au bien-être universel : « ... N'oublions jamais que tout gouvernement est un mal ; que c'est l'abdication de notre propre jugement et de notre conscience. »

« Le bien-être universel exige que l'Etat soit remplacé par une vie commune et sociale des hommes, vie basée uniquement sur les prescriptions du bien-être de tous : «... La société est née de nos besoins, l'Etat de nos méchancetés. La société est un bien, l'Efat tout au plus un mal nécessaire. »

c) Quant à la propriété, où comme il dit «le sysème actuel de la propriété », c’est-à-dire la distribu-

(4) L’Anarchisme, par M. Paul Eltzhacher (La doctrine de Godwin).

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