CONSÉQUENCES DE LA THÈSE OPTIMISTE A
ton des biens basée actuellement sur le droit, elle lui apparaît comme une de ces institutions juridiques qui sont le plus grand obstacle au bien-être de tous : «... Au riche elle enlève les meilleurs et les plus puissants ressorts de l’activité » ; et de tout son superflu il ne peut «s'acheter que de la splendeur et de l'envie,rien que le triste plaisir de restituer au pauvre, sous forme d’aumônes, ce que la raison attribue incontestablement à celui-ci ».
La propriété, elle aussi, ou plutôt la « distribution des biens », devra être organisée « uniquement d’après les prescriptions du bien-être commun ». Celui-ci exigeant que « tout le monde possède de quoi vivre agréablement », on arrivera à ce résultat, non plus par le droit, mais par l’« équité ».
Quant au changement à opérer, 1l devra se produire de la façon suivante : « Les hommes qui auront reconnu cette vérité convaincront les autres de la « nécessité de ce changement en vue du bien-être universel et par cela même le droit, l'Etat et la propriété disparaîtrant, et la nouvelle ère commencera. »
Il est aisé d'appliquer ces idées à la question de la population ; délivrés de l'Etat dont les exactions et la tyrannie causent toutes leurs souffrances, les hommes se multiplieront librement, et trouveront dans cette multiplication une source de richesses nouvelles ; délivrés de la propriété et du droit qui la sanctionne, ils
seront toujours assurés de trouver une part suffisante
Â42 PREMIÈRE PARTIE. — SECTION I. — CHAPITRE lil
pour chacun dans la masse des subsistances que tient à leur disposition L’ « alma mater », la grande nourricière, la nature.
La solution de la question sociale ne sera donc pas comme dans le malthusianisme la récompense d’un effort individuel, mais bien le prix d’un effort social auquel les masses devront être entraînées par la « démonstration et la persuasion ».
El c'est en terminant, à la louange de Godwin, la meilleure preuve de la sincérité de ses convictions, qu'il ait eu confiance dans la persuasion pour nous les faire partager, et n'ait jamais songé à y employer la
force.