‹ Principe de Population et Socialisme (Histoire des Doctrines de la Population, depuis le Principe de Population de Malthus jusqu'à nos jours)Chapitre 22 sur 42 · SD · texte numérisé non relu

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178 DEUXIÈME PARTIE, — SECTION 1.— CHAPITRE Ill

profondes, chez des peuples qui ont atteint un haut degré de civilisation » ?

En d’autres termes, où est la «loi de la misère ? » — Pour les économistes défenseurs de la bourgeoisie » elle se confond avec la loi dela population :malisnous venons de voir qu'il n'existe pas en ce sens de « loi de la population » et que les lois qui régissent le développement des subsistances par rapport à celui des hommes, autant qu'on peut les dégager, ne promettent pas à l'humanité la misère, mais l'abondance.

Malthus et Wolf ont tranché la question chacun à sa façon, mais aucun ne l’a résolue : si Malthus a eu tort de tenir la misère pour un fait immanent et de l’expliquer par une prétendue loi naturelle, Wolf, qui renonce à cette loi naturelle, au lieu d'en conclure que la misère a une autre origine, en conclut qu'elle n'existe pas, el c'est une erreur tout aussi grave.

Il faut admettre que la misère existe,et l'impossibilité de l'expliquer par une loi naturelle doit amener simplement à y chercher une autre explication, d’ailleurs fort aisée à trouver.

Sur ce point, l’idée socialiste n'a pas changé depuis Godwin : c'est aux défauts des institutions humaines et aux mauvais gouvernements quil faut imputer la misère.

Pour le démontrer, Oppenheimer reprend les exemples de la Russie et de l'Inde, et compare l'état de ces

peuples, qui sont parmi les plus malheureux sur terre,

avec celui de l'Allemagne. « Si la faute était,remarquet-il, à la densité de la population, l'Allemagne devrait languir dans la plus effroyable misère, car sa population est cinq ou six fois plus dense que celle de la Russie. »

Pourquoi doncle peuple Russe éprouve-t-il toutes les souffrances du besoin ? — Wolf y trouve cinq causes, se rapportant toutes aux mauvaises institutions du pays :

1° « Le paysan Russe a trop peu de terre par rapport à l'état économique du pays. Mais cela tient surtout au fait que l'aristocratie et la couronne en possèdent trop au contraire. »

2° «.. S1 ce système néfaste venait à cesser, les villes se développeraient, et, à produit brut équivalent, le paysan aurait un produit nel bien supérieur par suite du prix plus élevé de ses productions... »

3° «.. Une politique faite pour les grandes puissances, et bien trop coûteuse pour ce pays au développement encore rudimentaire, dépouille régulièrement de ses économies le paysan qui supporte presque seul les impôts. »

4° Cette politique « l'empêche de se constituer un capital pour améliorer son industrie,augmenter l'intensité de l’exploitation, toutes choses qui lui permettraient de vivre sur une propriété plus petite mieux qu'il ne vit aujourd'hui sur une propriété plus grande ».

5° Enfin « ce malheureux système où le village a la

propriété collective des terres, ce « mir » avec le des-

es

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