‹ Principe de Population et Socialisme (Histoire des Doctrines de la Population, depuis le Principe de Population de Malthus jusqu'à nos jours)Chapitre 34 sur 42 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

QUELLE RÉPONSE DONNE LA SCIENCE ACTUELLE A LA QUES- TION DE LA POPULATION TELLE QU'ELLE FUT POSÉE AU DÉ- BUT DU SIÈCLE, ET COMMENT CETTE RÉPONSE N'EST TOUT ENTIÈRE NI DANS LE MALTHUSIANISME NI DANS LE SOCIA-

LISME.

Voilà donc singulièrement modifiée la conception des rapports qui peuvent exister entre la loi de la population et la question sociale.

Malthus avait cru découvrir dans l’une la solution certaine de l’autre, et une solution plutôt décourageante. La science économique, revenant depuis sur ces affirmations, a dû reconnaître que, s’il ÿ a une loi de la population, l'effet de cette loi se limite lui-même, et reste, en définitive, très compatible avec une amélioration du sort des masses.

Si, pour la science, le fait de reconnaître une erreur ne constituait un pas en avant, le résultat serait tout négatif. Car la solution du problème social, que le malthusianisme avait prétendu donner, qui la donnera”? Que valent en effet, à cet égard, les promesses du so: cialisme ?

La pratique n’a pas encore répondu pour lui, et l’ex-

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périence à faire paraît grosse de risques. Au surplus, il est aisé de voir que l'idéal socialiste n'est guère que celui des gens qui n’ont rien à perdre. En raisonnant Loutefois sur son avènement possible, on doit se rappeler qu'il tend, par-dessus tout, au nivellement du bienêtre et à l’ « aurea mediocrilas » pour tous. — Et l’on se demande alors s'il ne ferait pas précisément renaître la question provisoirement résolue des subsistances.

Le bien-être acquis, produit de la civilisation, est, nous venons de le voir, un facteur constant du ralenüissement de la population, et, si l’on en croit les prévisions optimistes de Fourier, 1l est à croire que, dans l'état « socialisé », la possession de ce bien-être serait le commun partage de tous. Si ce facteur était le seul, il n’y aurait donc aucune crainte à concevoir, bien au contraire. Mais nous en avons reconnu un autre, qui est le souci de conserver le bien-être et de l’accroître sans cesse. En même temps, nous avons vu que celui-ci est, pour ainsi dire, le facteur actif et le plus déterminant du ralentissement, le premier, si général qu'il soit, n’agissant que d’une façon plus faible et plus lente. Pour nous servir des termes de la classification de Parodi, la recherche du bien-être constitue la raison de limiter, tandis que le bien-être acquis correspond plutôt à l'absence de raison contraire.

Parler de bien-être acquis, c'est parler de satisfac- UHons faciles, de la diversification des besoins et des

Jouissances, de la variété et de la multiplicité des dé-

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