CHAPITRE
COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION
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De l’entreprise et da coût de production.
Nous venons d’étudier séparément chacun des facteurs de la production. Mais nous avons vu aussi que séparément ils ne pouvaient rien. Il faut donc pour qu’ils puissent agir qu’ils soient réunis dans la même main ou tout au moins sous la même direction. Comment s’opère cette combinaison?
Il est possible qu’une même personne fournisse à la fois les trois facteurs : la main-d’œuvre en travaillant elle-même, la terre et le capital en étant propriétaire. Le paysan qui cultive sa propre terre, de ses propres mains et avecie cheval et la charrue qui lui appartiennent, constitue la forme type de ce premier mode de production. On l’appelle le producteur autonome.
Mais le plus souvent le même individu n’aura pas les trois facteurs de la production. L’un aura bien ses bras et sa terre, mais pas de capital : ce sera un paysan qui empruntera
•tir-- ^
COMMENT SE RÈGÎÆ LA PRODUCTION. 153
sur hpothèque. Tel autre aura son travail et son capital mais il n aura pas de terrain et sera obligé de le louer • cessera le fermier qui afferme une terre ou le commerçant qui loue un magasin. D autres, inversement, auront la lerre^et leca-
p lal mais Ils ne peuvent ou ne veulent pas fournir le travail :
alors iis ornbaucheront des ouvriers.
supposer le ces où le producteur ne pouvanl fournir lui-n)ême ni le travail, ni le capital, ni les agents naturels, devra emprunter le tout. Telles les entreprises de mines ou de chemins de fer ou du canal de Suez qui se procurent le terrain (soi ou sous-sol) parle moyen dé concessions a long terme, le capital par des emprunts et des
émissions d actions, et la main-d’œuvre par l’embauchage de milliers de travailleurs. uLuage
Or dans tous ces cas où celui qui a l’initiative de la production emprunte au dehors tout ou partie des moyens de
Lt d*ai Et son rLe, qui
est d ai leurs le tout premier rôle, est de combiner tous ces
pissibîe en tirer le meilleur parti
mécanisme économique. G est sur elle que tout tourne. C’est la que convergent tous les facteurs de la production : c’est de là aussi comme nous le verrons, que divergent tous les revenus’
d nterets dividendes, rentes, fermages, loyers, salaires ailemeots etc ne sont que le prix touché pour la location U capital, de la terre, ou de la main-d’œuvre. L’entrepreneur est a la fois le grand metteur en œuvre et le grLd répartiteur. gianu
Nous savons, par |•audo des fadeurs de la produrlion que pour produire n'imporle quelle richesse il faut ncros-
evisîrr' q'ientile de richesses pre-
^ slanles , la somme de ces richesses esf ce qu’on app%e
le coût de prodlrlm eî par-
lorùs ^e Pht o' f ’cprix de revient i. Voir ciapus le Chap. Le coût de production).
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PRINCIPES d’ÊCONOMÎE POIJTIQUR.
Voici, par exemple, l’exploitation d’une mine. L’entrepreneur inscrit dans ses frais de production :
1» Le salaire qu’il paie aux ouvriers qu’il a embauchés ;
2® L’intérêt et l’amortissement qu’il paie pour le capital qu’il a emprunté;
3® Le loyer du terrain qu’il occupe, si, comme en .\ngleterre, la propriété du sous-sol suit la propriété du sol.
Alors même que l’entrepreneur serait propriétaire du terrain et du capital employé, cela ne changerait rien à ce compte, car il compterait néanmoins dans ses frais de production l’intérêt du capital propre qu’il a placé dans l’entreprise et de l’argent avec lequel il a acheté le terrain.
Si nous passons de l’industrie primaire que nous avons prise pour exemple aux industries de transformation et que nous suivions la matière première, qui est ici le minerai, entre les mains du maître de forge, du fabricant de fers de charrues ou d’aiguilles à coudre, etc., il est évident que le coût de production originaire va se grossir, comme une boule de neige, de couches superposées de frais de production, mais qui seront toujours les mêmes '. à savoir le prix de location du travail, du capital et du terrain; cest-a-dire
le salaire, l’intérêt et le loyer *.
L’entrepreneur fait donc une balance entre la somme dos valeurs détruites et la valeur créée; naturellement il ne marche que s’il calcule que la seconde sera supérieure à la première. C’est une sorte d’échange qu’il fait : il échange ce qui est contre ce qui sera. 11 peut arriver qu’il se trompe dans son compte, mais c’est accidentel.
On dit souvent, et bien des économistes même ont enseigné autrefois, que la valeur est déterminée par le coût de production. Cette affirmation est sans fondement. On pourrait dire aussi bien, et même à plus juste titre, que c’est le coût de production qui est déterminé par la valeur de l’objet
1 En outre de ces trois catégories fondamentales de frais de production, il y en a quelques autres qui figurent dans la comptabilité de l’entrepreneur, tels que l’assurance contre l’incendie et les accidents, et ks impôts.
COMMENT SE RÈGLE JJi PRODUCTION.
qu’on veut produire. En effet, la première règle de l'art de l’entrepreneur, avant d entreprendre la production d’un article nouveau, c’est de se demandera quel prix il pourra le vendre et ensuite de s’arranger de façon à ne pas dépenser pour le produire plus qu’il ne vaudra. A plus forte raison s’il s’agit d’un article dé)à coté sur le marché. Celui qui veut entreprendre une exploitation de charbon se dit : « le charbon valant tant la tonne dans cette région, voyons si je pourrai l’extraire à un prix plus rémunérateur, c’est-à-dire qui me laisse une marge de bénéfices ». S’il a mal fait ses calculs, s’il est obligé de dépenser pour l’extraction plus que le charbon ne vaudra, sa sottise n’aura pas pour effet d’augmenter d’un centime la valeur du charbon. Elle aura pour eflet de le ruiner et de faire fermer la mine : voilà tout.
Pourtant n’est-il pas incontestable qu’en fait pour presque tous les objets que nous voyons, le prix de vente tend à se rapprocher du prix de revient ou tout au moins à le suivre dans ses variations tout comme s’il y avait entre eux une solidarité nécessaire, un lien ? — Il est vrai, mais ce phénomène s’explique de la façon la plus simple. Il n’y a pas ici une relation de cause à effet, mais l’action d’une cause extérieure qui est la concurrence et qui tend toujours, comme une sorte de pression atmosphérique, à rapprocher et même à faire coïncider le coût de production et la valeur de chaque produit, et elle agit avec une pression d’autant plus grande que l’écartement des deux valeurs tend à s'accroître. — 11 est fa'rilede comprendre en effet que sitôt qu’elles s’écartent l’une de l’autre, c’est-à-dire qu'elles laissent une marge considérable de bénéfices à V entrepreneur, tous les concurrents se précipitent de ce côté et ont bientôt fait, en multipliant le produit, d’en rabaisser la valeur. On peut même affirmer que sous un régime de libre concurrence parfaite, la coïncidence serait parfaite aussi C’est là une des lois les plus im-
* Cependant il faut noter deux exceptions en sens inverse : a) 11 peut arriver que la valeur de certains produits demeure d'une iuçon permanente très au-detsu* du coût de production : c’est le cas
PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
portantes de l’économie politique parce que c’est elle qui règle automatiquement la production, comme nous le verrons dans le chapitre suivant.
Mais voici la difficulté qui se présente à l’esprit. Si vraiment la valeur de toutes choses tend à coïncider avec leur coût de production, alors il semble que le genre humain tait un métier de dupe, tout pareil à celui des Danaïdes qui remplissaient un tonneau sans fond. Car si chaque acte de production ne fait que reproduire, sous forme de valeurs nouvelles, les valeurs anciennes qui ont été détruites, où est le profit, où est le progrès? — Gela paraît incompréhensible, car il suffit d’y réfléchir un moment pour voir que jamais la civilisation n’aurait pu se développer et l’humanité n’aurait même jamais pu sortir de l'animalité si la production ne laissait pas normalement un produit net qui sert à l’élargissement de ses consommations et â l’accroissement de son capital. Il est clair que si l’homme ne récoltait jamais plus de blé qu’il n’en consomme pour la semence et pour se nourrir, il n’aurait pu avoir une famille.
Pour résoudre cette apparente contradiction, il suffit, comme pour d’autres difficultés de la science économique.
du monopole, c’est-à-dire le cas où laconcurrencen’agitplus, ou, du moins, où elle n’exerce de pression que jusqu’à un certain niveau — jusqu’au niveau du coût de production le plus élevé, laissant au-dessus des autres une marge qui, comme nous le verrons ci-après, est ce que les économisles appellent la renie.
b) Il peut arriver que la valeur de certains produits tombe au-dessous du coût de production originaire, sans que la production s arrête. C'est lorsque, par suite d'un progrès industriel, le prix de revient d un objet va s'abaissant graduejleraenl. En ce cas, la concurrence ramène le prix au niveau du nouveau coût de production, disons plutôt du coût de reproduction — lequel pour les produits industriels est généralement
inférieur au coût originaire. ^ ^
Il est possible aussi que le capital engagé dans l'entreprise ne puisse ^ plus être dégagé, par exemple dans des mines ou des chemins de fer. Dans ce cas, alors même que l'entreprise ne couvrirait plus 1 intérêt et ramorlissement de ce capital de premier établissement, il suffira qu’elle rapporte un peu plus que les frais d’expioilution pour quelle continue >
tout de même.
COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION
de distinguer entre le coût de production individuel et le coût de production social.
Pour l’entrepreneur individuel, ce qu’il appelle avec raison ses dépenses, ses frais, ses sacrifices, ne sont en réalité que les revenus de ses collaborateurs : ce sont, comme nous l’avons vu, le salaire, l’inlérêl, le loyer, c’est-à-dire les revenus des ouvriers, des capitalistes et des propriétaires. Donc alors même que, par l’effet de la concurrence, la valeur des produits ne laisserait rien de plus que ces frais de production, ce pourrait être fâcheux pour renlrepreneur*, mais la Société gagnerait tout de même une bonne partie de ce que touchent tous ces collaborateurs sous forme de revenus. Pour elle donc le produit net pourrait être énorme quoiqu’il fût nul pour l’entrepreneur.
Cependant, même à considérer la Société dans son ensemble, il doit bien y avoir un coût de production, car elle n’a pas la vertu de produire sans consommer? — Sans doute, mais pour elle le coût de production se compose seulement des valeurs effectivement consommées par le coût de la production, des matières premières détruites, des instruments usés.
Comment se règle la production.
L’étal de santé pour le corps social, comme pour tous les » corps vivants du reste, consiste dans un juste équilibre h entre la production et la consommation.
Ne pas produire assez est un mal, puisqu’une certaine j catégorie de besoins reste en souffrance : produire trop est
‘ Da reste nous verrons plu.s loin (voir Profit) que l’entrepreneur, même en ce cas, ne serait pas trop à plaindre, car il toucherait encore une part, sinon comme entrepreneur, du moins au triple titre de travailleur, de capitaliste et de propriétaire : seulement ces parts-là doivenlètre inscrites non dans les profiLs mais dans les frais de production.
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PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
un autre mal, moindre que le premier si Ion veut mais réel pourtant. Tout excès de production en effet entraîne nécessairement non seulement un gaspillage de richesse, mais surtout une déperdition de forces, et par suite une peine
U^’où chaque homme produit pour lui-même ce qu’il doit consommer, comme Robinson dans son île ou plu ôt comme dans la première phase de I
dans la famille antique ou dans la communauté du Moyen â<re, cet équilibre s'établit aisément. Chacun de nous individuellement, ou chaque petit groupe, est capable de Pi^évoir ses propres besoins et — quoique ses prévisions ne soient pas infaillibles, - de régler sa producUon en conséquence.
^ Le problème devient déjà plus difficile lorsque le producteur ne produit plus pour lui et pour les siens, mais pour le client, pour autrui, car U est évidemment plus malaisé de prévoir^les besoins d’autrui que les nôtres. E Poy^^n^ même sous le régirau de la division du travail et de l échange, l’équilibre entre la production et les besoins n est nas encore trop difficile à établir tant que le produc eur travaille sur commande, ou du moins tant que les habi udes de chaque client sont connues et sa consommation facile a prévoir : le boulanger ou le pâtissier calculent assez^^ ment le nombre de pains ou de gâteaux qu ils débiteront
^^Ma^ïproblème devient vraiment difficile sous un régime économique comme le nôtre où le marché est devenu Immense, où l’industriel n’attend plus >es commandes du consommateur, mais marche sur les ordres de commet çanls d’intermédiaires et de spéculateurs - qui eux-mêmes ont de l’avant, achetant et vendant a terme, anticipant sur les
besoins du public*.
1 C’esl ce souci de régler la prod. .dion sur les lortliTo^ri nVpÏ!v“t^Fe2d“re un métier sans l’aulorisalion du roi
COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION
Cependant c est précisément à l*avènement de la grande industrie que le législateur, abandonnant toute réglementation, a décidé que la production n’aurait plus d’autre règle que la liberté. On sait que ce fut la Révolution française, de par la loi célèbre du 17 mars 1791, qui abolit le régime corporatif, cest-à-dire le régime sous lequel un individu ne pouvait prendre un métier qu autant qu’il avait satisfait à certaines conditions, et proclama la liberté du travail^ c’est-àdire le droit pour tout individu de produire ce que bon lui semble. Cette réforme, saluée par des acclamations unanimes, ne tarda pas à être imitée dans toute l’Europe.
Mais cette liberté pour chacun de produire ce qu’il veut, ajoutée au fait de produire par anticipation sur les besoins, n a-t-elle pas inauguré l’anarchie dans la production?
C est ce qu ont affirmé les socialistes, surtout ceux de la première moitié du xix® siècle. Mais les économistes, au contraire, se^ sont généralement pâmés d’admiration au spectacle de I ordre et de l’équilibre qui règne dans la production.
Le fait est que c est un phénomène assez inexplicable au premier abord que, chaque jour, des centaines de millions d hommes, sans s être entendus entre eux, trouvent chacun ce qu il lui faut — du moins celui qui a les moyens de le payer. Quelle providence, quelle force occulte, règle donc ainsi au jour le jour la production des richesses, de telle sorte qu’il n’y en ait ni trop, ni trop peu?
L explication qu’en donnent les économistes est très simple. Ils disent que la production se règle de la façon la plus sûre et la plus rapide, et très simplement, par la loi de Coffre et de la demande qu'on peut formuler ainsi ; les choses valent plus ou moins suivant qu’elles sont en quantité plus ou moins suffisante pour nos besoins.
(Esmem, IJutotre du Droil). Et ce o’élaienl pas seulement les métiers c fttdit aussi la production agricole et le commerce qui étaienl réglementes a outrance. Il étai , par exemple, défendu de remplacer une terre à ble par un rignoble, afin d’éviter une disette du blé ou la surproduction
PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
un autre mal, moindre que le premier si Ion veut, mais réel pourtant. Tout excès de production en effet entraîne nécessairement non seulement un gaspillage de richesse, mais surtout une déperdition de forces, et par suite une peine
inutile. ,
Là où chaque homme produit pour lui-même ce qu il doit consommer, comme Robinson dans son île ou plutôt comme dans la première phase de 1 industrie domestique, dans la famille antique ou dans la communauté du Moyen âge, cet équilibre s'établit aisément. Chacun de nous individuellement, ou chaque petit groupe, est capable de prévoir ses propres besoins et — quoique ses prévisions ne soient pas infaillibles, — de régler sa production en conséquence.
Le problème devient déjà plus difficile lorsque le producteur ne produit plus pour lui et pour les siens, mais pour le client, pour autrui, car il est évidemment plus malaisé de prévoir les besoins d’autrui que les nôtres. Et pourtant, même sous le régime de la division du travail et de l échange, l’équilibre entre la production et les besoins n’est pas encore trop difficile à établir tant que le producteur travaille sur commande, ou du moins tant que les habitudes de chaque client sont connues et sa consommation facile à prévoir le boulanger ou le pâtissier calculent assez exactement le nombre de pains ou de gâteaux qu’ils débiteront
chaque jour.
Mais le problème devient vraiment difficile sous un régime économique comme le nôtre où le marché est devenu immense, où l’industriel n’attend plus les commandes du consommateur, mais marche sur les ordres de commerçants, d’intermédiaires et de spéculateurs — qui eux-mêmes vont de l’avant, achetant et vendant à terme, anticipant sur les
besoins du public’.
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< C’est ce souci de régler la production sur les besoins qui explique, au moins pour partie, les réglementations rigoureuses de l induslrie dans les civilisations passées, soit le régime des castes où cbacun en principe ne devait avoir d'autre métier que celui de son père, soit le régime corporatif où nul ne pouvait prendre un métier sans l’autorisation du roi
COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION
Cependant c’est précisément à l’avènement de la grande industrie que le législateur, abandonnant toute réglementation, a décidé que la production n’aurait plus d’autre règle que a iberté. On sait que ce fut la Révolution française, de par la loi célèbre du 17 mars 1791, qui abolit le régime corporatif, c est-a-dtre le régime sous lequel un individu ne pouvait prendre un métier qu’autant qu’il avait satisfait à certaines conditions, et proclama la liberté du travail, c’est-àdire le droit pour tout individu de produire ce que bon lui semble. Cette réforme, saluée par des acclamations unanimes, ne tarda pas à être imitée dans toute l’Europe.
Mais cette liberté pour chacun de produire ce qu’il veut ajoutée au fait de produire par anticipation sur les besoins, n ^t-elle pas inauguré l’anarchie dans la production?
Lest ce qu’ont affirmé les socialistes, surtout ceux de la première moitié du xix* siècle. Mais les économistes, au contraire, se sont généralement pâmés d'admiration au spectacle de I ordre et de l’équilibre qui règne dans la pro- Le fait est que c’est un phénomène assez inexplicable au premier abord que, chaque jour, des centaines de millions d hommes, sans s être entendus entre eux, trouvent chacun ce qu il lui faut — du moins celui qui a les moyens de le payer. Quelle providence, quelle force occulte, règle donc ainsi au jour le jour la production des richesses, de telle sorte qu il n y en ait ni trop, ni trop peu?
I ^ donnent les économistes est très sim-
ple. Ils disent que la production se règle de la façon la plus sure et la p us rapide, et très simplement, par la loi de I offre et de a demande qu’on peut formuler ainsi : les choses valent plus ou moins suivant qu’elles sont en quantité plus ou moins suffisante pour nos besoins
(Eomem, Ilutotre du Droit). Et ce D’élaienl pa.s seulement les métiers
léf à n r" 'e commerce qui étaient réglemen-
te.s a outrance. Il eiai par exemple, défendu de remplacer une terre à
ble par un vignoble, aün d'éviter une disette du blé ou la surproducüon
160 PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
S’il arrive que telle ou telle branche d’industrie ne se trouve pas suffisamment pourvue de bras et de capitaux, le besoin auquel elle correspond se trouvant en souffrance, ses produits acquièrent une valeur plus haute. Les producteurs, particulièrement l’entrepreneur qui est le principal agent de la production et le premier à profiter de la hausse des prix, réalisent de plus gros profils. Attirés par l’appât de ces profils supérieur au taux normal, d’autres producteurs, capitalistes ou travailleurs, s'engagent dans celle voie. La production de la marchandise augmente donc jusqu’à ce que la quantité produite se soit élevée au niveau de la quantité demandée.
Toutes les fois, au contraire, qu’une marchandise quelconque se trouvera avoir été produite en quantité supérieure aux besoins, sa valeur doit baisser. La baisse de valeur a pour effet de réduire le revenu des producteurs et en particulier les profits de l’entrepreneur — celui qui ressent directement tous les contre-coups. Donc il se relire d'une voie dans laquelle il éprouve des mécomptes et des perles, et ta production de la marchandise se ralentit jusqu’à ce que la quantité produite soit retombée au niveau de la quantité consommée.
Dans ses Harmonies économiques Bastiat ne cesse de célébrer ce qu’il appelle l’organisation spontanée de la production. Ce serait une sorte de mécanisme qui se règle automatiquement et combien supérieur, dit-on, à toute réglementation arfilicielle, si savante fût-elle*!
Cette loi est vraie en principe et comme tendance, mais, pour qu’elle opère en fait, il faut beaucoup de conditions qui ne sont que rarement remplies.
11 faut que l’otlre réponde instantanément à la demande. Il faut donc des facteurs de la production absolument mobiles et se déplaçant avec la rapidité de l’électricité des points où ils sont surabondants vers les points où ils sont insuffisants.
1 On donne comme exemple le blé. En effet, bien que le commerce du blé soit libre et non réglementé, les famines ont disparu de nos pays.
COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION
Il faut un marché mondial unique, ou du moina des marché, sol dames comme des mes ojmiuuiquaut^ pour que rf
quihbre sitôt roublé s> rétablisse quasi-inslanlanéumnl —
re7é, ™Pr' , économique tend vers
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forme de plantations et de celliers?
Ce n’est pas tout. Là même où la loi de l’offre et Ha i»
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(soit une augmentation do plus de 13
PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
nombre insuffisant pour la population rurale. A propos d’une épidémie de petite vérole qui éclata en Bretagne (janvier 1893), les journaux ont signalé ce fait qu’il ne s’est pas trouvé un seul médecin à 15 kilomètres à la ronde’.
Enfin, il faut remarquer que « la demande » ne vient pas directement des consommateurs, mais des intermédiaires, des commerçants et spéculateurs, que c’est une demande fondée moins sur des besoins réels et présents que sur des besoins futurs et présumés, et qu’elle est, par conséquent, sujette à erreur. Il est possible que la spéculation ait escompté des besoins qui ne se réaliseront pas; alors il y aura surproduction. Il est possible qu’à l’inverse elle soit restée au-dessous de ces besoins; en ce cas il y aura déficit*. C’est ce que nous verrons tout à l’heure aux chapitres des suiyroductions et des crises.
De la concurrence
La loi de l’offre et de la demande implique, pour pouvoir pleinement fonctionner, la liberté du travail; et la liberté du travail sous sa forme active s’appelle la concurrence. La concurrence apparaît donc comme le grand régulateur de
1 L'industrie des automobiles, qui a pris en France dans ces dernières années un développement merveilleux, n'a rendu jusqu’à présent que peu de service à l'agriculture et au transport des marchandises (sauf pour quelques livraisons en ville des grands magasins). Pourquoi? Parce que les fabriques ont peine à suffire aux commandes des clients riches qui emploient l'automobile pour s’amuser, et n’ont aucun intérêt à répondre aux demandes de ceux pour qui l’automobile serait un instrument de production.
2 Tl n’en faut pas conclure, comme on se hâte parfois un peu trop de le faire, que la spéculation, c’est-à dire le fait d’anticiper sur des événements futurs, sût nécessairement un mal. Au contraire le spéculateur qui achète en prévision de la disette et vend en prévision de l’abondance peut exercer une action régulatrice très bienfaisante. Mais enfin la spéculation se trompe souvent, surtout quand elle devient un Jeu à la Bourse.
COMMPÎNT SE RÈGLE LA PRODUCTION. f63
touille mécanisme économique dans nos sociétés modernes.
Il étau de réglé autrefois, dans les traités d’économie politiqiie de reconnaître a la concurrence les vertus suivantes :
là r « 'a consommation et maintenir par la 1 équilibré économique ;
2» Stimuler W progrès par l’émulation entre les industries ^ouSÏ^' P®'’ industries
3» Entraîner une baisse graduelle des prix et par là réaliser le bon marche pour le plus grand profit de tous, et en particulier des classes pauvres;
progressive des conditions en réduisant les profits et les salaires à peu près au même niveau daos toutes les industries. ttumemern
El les économistes de l’école optimiste, tels que Bastiat se plaisaient a nous faire admirer « ces harmonies non moms merveilleuses pour eux que celle que Pylhagore entendait descendre des célestes sphères. Ils l’appelaient organisation spontanée ou naturelle et en concluaient qu’elle est parfaite en son genre et définitive'. ^
Cet enthousiasme s’est iiu peu refroidi aujourd’hui. L’observatiOD plus attentive des faits et la pratique de la liberté n ont pas justifie cette foi optimiste. On a reconnu que le régime de la concurrence n’est ni plus ni moins naturel et pontane que les formes d’organisation préexistantes, telles qu étaient I industrie de famille, le régime des castes ou des
corporations puisque celles-là aussi étaient le résultat naturel de 1 évolution historique. Et quant à ses effets bienfaisaiite ils sont assez douleuX’ car on a reconnu au contraire • e» concerne l’équilibre enlre la producliou
et les besoins, la concurrence ne l’assure que d’une façon très irrégulière, s. tant est qu’elle ne le co^npromette pas
^ Que SI la libre concurrence stimule en général les pro-
' Voy. la descriplioD, fort belle d aüleurs, qu’eo donne Bastiat dan,
6 3 Harmomei, au Chap. de l'Organisation naturelle.
docteurs par l’émulation quelle entretient entr’eux, à d’autres égards elle l'enraye, par exemple, au point de vue de la qualité des produits. Chaque concurrent, pour mieux soutenir 1a lutte, s’ingénie à substituer des matières premières de qualité inférieure et à vil prix à celles qui sont de qualité supérieure et partant plus chères, en sorte que, eu fait de progrès, le^plus remarquable peut-être p.sl eêliii de la Jalsiticalion'ïïis Jenrees qui est devenu un art véritable, mettant à conlrTEûtlon toutes les découvertes de la science'.
‘Le monopoleur, au contraire, en général a un grand ïolé- ■rêt et se fait même un point d’honneur de maintenir la qualité supérieure de ses produits, la réputation de sa marque.
3® Qu’elle n’assure pas toujours le bon marché et peut même dans bien des cas provoquer la cherté. 11 est bien vrai que la concurrence, partout où elle peut agir pleinement, tend à ramener la valeur de toute chose au niveau du coût de production. Mais comment le fait-elle? Par deux actes successifs : a) multiplication des producteurs; b) abaissement des prix par la lutte qui s’établit entre eux. Or, très souvent il arrive que le premier acte seul est réalisé : le second ne l’est pas, car les nouveaux producteurs s’entendent avec les anciens (sans même qu’il soit besoin de coalition expresse) pour élever le prix à un niveau sufnsant pour permettre à tous de vivre. Ainsi il ne reste de la concurrence que l’effet malfaisant, non celui qui serait bienfaisant. L’exemple le plus frappant est celui de deux ou trois lignes de chemins de fer se faisant concurrence entre deux villes : il est clair que le trafic, qui reste le même, doit supporter doubles ou triples frais de premier établissement et d’exploitation. Un excellent exemple aussi est la boulangerie. Le nombre des boulangers est ridiculement exagéré. Chacun d’eux, vendant de moins en moins, par suite de la concur-
» Les exemples seraient innombrables. On est arrivé à faire du vin potable sans raisins, des confitures sans fruits et sans sucre, du beurre sans lait, du lait sans vache, même des œufs .sans poules, et à fabriquer des soieries qui contiennent 5 p, 0/0 de soie et 95 p. 0/0 de matière minérale.
Comment se règle la production. i65
rence, est obligé de se rattraper en gagnant davantage sur chaque article. Un nouvel arrivant ne peut pas abaisser les prix, puisquils sont déjà juste suffisants pour permettre aux anciens producteurs de vivre, et il va les faire surhausser au contraire, puisqu’il faudra dorénavant en faire vivre un de plus sur la même quantité vendue'.
En sens inverse, le régime du monopole n’est pas le régime du bon plaisir; les prix n'y sont pas plus arbitraires que sous le régime de la concurrence, car, dans un cas comme dans 1 autre, ils sont soumis à la loi générale des valeurs, le prix d un objet quelconque ayant pour limites les désirs des consommateurs pour cet objet et les sacrifices qu’ils sont disposes a faire pour se le procurer. Sans entrer dans la question difficile de la détermination des prix sous un régime de monopole, il suffit de remarquer que tout monopoleur a intérêt a baisser ses prix pour augmenter ses ventes et à prendre pour devise celle du magasin du Bon Marché *
« vendre bon marché pour vendre beaucoup ».
Il n’est pas sûr non plus que la concurrence n’élimine que les routiniers et les incapables. Si la concurrence n’était qu une forme de l'émulation, elle assurerait la victoire au plus moral, au plus dévoué, au plus altruiste, et alors elle serait un instrument de progrès et de sélection véritable Alais comme elle est surtout une forme de la lutte pour La elle assure la victoire surtout au plus fort et au plus
vMrll' entraîner une véritable
rétrogradation morale, puisque, comme dit le proverbe :
« on est obligé de hurler avec les loups ». Il peut très bien
' Auùefois, le nombre des boulangers dans chaque ville était fixé en raison du chiffre de la population, et le pain était relativement moins cheî qu aujourd hui. A Paris, il y a 30 ans seulement, on comlràn bo^ anger pour l.sœ habitants; aujourd’hui on en compte un pour 1300 Imbiunts, et môme, s, l’on compte les succursales. 1 pour 8CX). li ^
UD boulanger doit gagner 12 centimes
1 périodiquement par que les grandes boulangeries coopéraavec 2 ou 3 centimes seulement par
résulté que, pour pouvoir vivre
par kilo de pain (c est Tévalualion officieuse''publiéê la Préfecture de la Seine), tandis lives peuvent couvrir leurs frais kilo.
166 PRINCIPES d’économie POLITIQuh.
arriver qu’elle élimine le plus honnête : tels le commerçant scrupuleux qui ne voudra pas falsifier ses produits ou qui fermera son magasin le dimanche, le fabricant qui ne voudra pas diminuer le salaire de ses ouvriers ou augmenter la durée de leur journée de travail. Nous verrons plus loin que l’industrie honnête ne peut guère soutenir la concurrence dü sweatimj System^ .
4“ Qu’elle n’amène pas nécessairement l'égalisation des profils et des fortunes, puisque, en somme, la concurrence
COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION. ^67
TfeTtn?®’ producteurs cherchent à s’unir
^ .''^«sques syndicats nationaux (appelés
Trusts iüx Etats-Unis, Cartels en Allemagne) qui réedLot despotiquement, au moins pour un certain temps tSune branche de la production. Ceux-ci rendent de rLls
le ® • "^anmoins pour garanlij
le public contre leur puissance et leur monopole de faft l’État tend a intervenir sous forme de réglementation - en’attenant que les consommateurs eux-mêmes s’organisent défen sivement sous la forme de fédérations de cons^mrt Lf Nous pouvons très bien concevoir et nous cor«ns déjà a voir réalise un régime où l’entente — soit entre les fabricants et les ouvriers par des syndicats parallèles soit entre les producteurs et les consommateurs par des associa- Uons coopératives - pourra faire disparaître la pTup^rdes maux de la concurrence sans toutefois remettre la liberté du
régleœeolalioa olBcielle '
La surproduction et la loi des débouchés.
™s vu que les besoins sont illimités (p. 44) et que la production au contraire est limitée (p. 99). Il semble
t rr.ô Oécessairemeol )'ue la’p'od“t„
estera toujours en arriéré des besoins. Et pourtant c’est
tout au contraire la crainte d’un excès de production d’un encombrement général des produits (general glut, disent les économistes anglais), qui tourmente les fabricants et les hommes d’affaires et c’est d’elle qu’on entend parler I^dIus souvent. Comment est-ce possible? ^ ^
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1 Le mol de concurrence comporte en effet deux idées très distinctes quoiqu’elles soient généralement, mais à tort, confondues :
L’une, c’est celle de la liberté du travail^ à chacun de suivre la voie qu’il préfère. Comme nous l’avons dit, elle date en France de la Révolution de 1789.
L’autre, c'est celle de la lutte pour la vie; à chacun d'arriver le premier s’il le peut. Cette seconde conception ne s’est dégagée que beaucoup plus lard sous l'iofluence des idées de Spencer et Darvirin.
Sous le premier aspect, la concurrence, quoiqu’elle n'ait pas toutes les vertus qu’on lui prête, ne peut qu’être approuvée. Mais sous le second aspect elle a plus de dangers que de vertus el a besoin d 'être très cootrélée. Voir notre conférence Concurrence et Coopération^ dans le livre La Coopéra^^on.
D*ÉCONOMIK POLITIQUE.
existence réelle au fait d’une surproduction générale et l’attnbuentà une pure illusion d’optique dont iJ est d’ailleurs facile de comprendre la cause. Les producteurs dont les produits sont surabondants sur le marché, et par conséquent se vendent mal, poussent les hauts cris, mais ceux dont les produits sont rares, et par suite se vendent bien, ne disent rien. De là vient qu on n entend jamais parler que de surproduction et on finit par croire qu’elle est partout.
Bien plusl ils estiment que, étant donné l’engorgement dans une branche quelconque de la production, le remède le plus efficace qu’on pu i.sse apporter à ce mal c’est précisément de pousser à un accrois.sement proportionnel dans les autres branches de la production. La crise résultant de l’abondance ne peut se guérir que par l’abondance elle-même, conformément à la devise d’une école célèbre en médecine : similia similibus. Ainsi, tous les producteurs se trouvent intéressés à ce que la production soit aussi abondante et aussi variée que possible. Cette théorie est connue sous le nom de loi des débouchés. C’est J. -B. Say qui l’a formulée le premier et il s en montrait très fier, disant « qu’elle changerait la poliiique du monde ». On peut la présenter de la façon suivante : chaque produit trouve d'autant plus de débouchés qu'il y a une plus grande variété et abondance d'autres produits.
Pour comprendre cette théorie, il faut commencer par faire abstraction de la monnaie et supposer que les produits s échangent directement contre des produits, comme sous le régime du troc. Supposons, par exemple, un marchand qui arrive sur un des grands marchés de l’Afrique centrale, à Ghadamèsou à Ségou : n’a-t-il pas d’intérêt à trouver’le marché aussi bien approvisionné que possible de produits nombreux et variés? Sans doute, il n’a pas d’intérêt à y rencontrer en quantité considérable la même marchandise que celle qu’il peut offrir, par exemple des fusils, mais il a intérêt à en trouver le plus possible de toutes les autres, ivoire, gomme, poudre d or, arachides, etc. Chaque marchandise nouvelle qui apparaît sur le marché constitue un placement ou, comme on dit dans cette théorie, un débouché pour sa
COMMENT SE RÈGJ.E LA PRODUCTION
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PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
Plîl
que les prix baissent et qu’il y ait encore une mévente. Comment l’expliquer? C’estqu’il reste, dans cette hypothèse, un produit, un seul, le numéraire, qui n’a pas augmenté en quantité. Le rapport des valeurs entre le numéraire et les marchandises en général a donc changé ; le numéraire étant relativement rare, les prix ont baissé. Mais si vous pouviez multiplier le numéraire dans la même proportion que les autres marchandises, le mal serait guéri 1 car alors le rapport des valeurs qui s’appelle « prix » ne changerait pas, et la crise ne se produirait pas. Donc celle hypothèse même ne fait que confirmer la loi.
En somme donc, la théorie des débouchés tend simplement à prouver que l’excès de production n’est jamais à redouter toutes les fois que l' accroissement de la production et des besoins s'opère simultanément et proportionnellement dans toutes les branches. En effet, il est clair que dans ce cas les rapports entre les quantités échangées neseront pas modifiés.
Malheureusement, l’accroissement de la production ne se manifestera jamais dans les conditions voulues par la théorie des débouchés. On pourrait démontrer mathématiquement sans doute qu’il n’y a pas une chance sur un million de voir un accroissement simultané et égal dans toutes les branches de la production. C’est par à-coups, par poussées intermittentes et localisées, que l’accroissement de la production se manifeste. D’ailleurs il faudrait, pour que la loi des débouchés pût s’appliquer, que les pays ne fussent pas séparés par les cloisons étanches des droits protecteurs, qui empêchent les produits en excès de se déverser d’un pays dans l’autre et un niveau général de s’établir sur le marché universel.
Voilà pourquoi la loi des débouchés, quoique vraie en principe, n’empêche pas d’incessantes ruptures d’équilibre dans l’échange, lesquelles provoquent des crises. Et voilà pourquoi, aussi, les producteurs cherchent aujourd’hui à les prévenir par des ententes commerciales {Cartels, Truts), qui sont un des phénomènes les plus intéressants de notre époque et que nous étudierons plus loin. Elles ont pour
COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION. Ht
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