CHAPITRE II LA DIVISION DU TRAVAIL
Les divers modes de la division du travail.
d’exécuter est absolument simnle
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point de viia 4rnnn * roportance, non seulement
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I atelier où Adam Smith l'avait d'abord admiré?
180 PRtNCÏPBS d’économie POLITIQUE.
Mais commençons par le plus simple. La division du travail est un des rares faits économiques qui se retrouve chez certaines espèces animales — avec l’épargne. Dans l’espèce humaine, la première forme sous lai|uelle se présente la division du travail, c’est la division du travail par sexes et les fonctions différentes, même au point de vue économique qui en résultent. Elle correspond à la première phase industrielle, celle appelée l’industrie de famille.
Cette division des travaux est loin de correspondre à ce que nous appellerions aujourd’hui les aptitudes propres à chaque sexe : a 1 homme les travaux de force, à la femme les travaux du ménage. Nullement. L’homme a pris les travauxnobes cest-a-dire la guerre, la chasse, la garde du bétail, et la lemme les travaux vils, non seulement ceux du
vraies bêtes de somme, et même de la culture : cura aarorum femims delegata, dit Tacite en parlant des Germains* et c est ce que nous voyons aujourd'hui encore chez toutes les peuplades de l’Afrique. La femme aété le premier esclave : et I esclavage proprement dit. celui des captifs a été pour elle sa première émancipation, notamment l’a libérée du travail écrasant qui consistait à broyer le grain et
Dès l’antiquilé, la division du travail apparaît sous la
U après bûcher, I homme aurait eu comme lâche de ha i
nournture animale (chasse, puis garde des troupeauï)el Ja femK nouï Pliure végétale (cueillette, puis agriculture). El celle divisiou des lâches ne parait nullemeat découler d’aptitudes spéciales à l’ua o^à l’autre d! ces travaux, mais avoir uniquement des origines reli.Hen.p7Fn ^
ourî^^f^ ce ne soit qu’assez lard, peut-être dans" l’antiquité grïlq'îi'e’ que la femme a éié cantonnée dans les travaux du ménage ( Voif un ë!’
ële He M préhistorique dZs les arlil
cle.-> de M, René Meunier, Revue de Socioloaie 19081 Pnprtr« Aa
JO,™ d». ni, J, Sblb, dit M.rÔS, e eC„ duT
LA DmsiON DU TRAVAIL. 181
îoTmèpr ofessionnelle avecles différents métiers. Doit-elle sa première origine aux aptitudes naturelles des individus'? C’est possible, pour les travailleurs libres. Mais il ne faut pas oublier que ces travailleurs libres étaient rares. L’esclave n’avait qu’à faire ce que le maître lui ordonnait. Et même pour l’homme libre il paraît plus probable que les travaux assignés à chawîun l’ont été par des raisons sociales, politiques, religieuses, rituelles — telles que le régime des castes — et que l’aptitude professionnelle n’est venue qu’après coup, par la pratique et la transmission héréditaire.
Sous le régime corporatif la séparation des métiers devient plus accentuée parce que chaque « corps de métier » ne fait qu’un genre de travail, et même les règlements veillent avec un soin jaloux à ce que chacun reste enfermé dans sa spécialité. La même industrie se subdivise en branches diverÿtîwfgs (l’industrie du bois subdivisée en menuisiers, charpentiers, charrons, etc.), ou en tranches successives (le bois brut passant successivement des mains des bûcherons à celles des scieurs de long, etc.), dont chacune forme un métier spécial. Et ces subdivisions et ramilications vont progressant sans cesse parallèlement à la multiplication des besoins. chaque nouveau besoin correspondant à un nouveau métier.
Mats c’est seulement sous le régime de la manufacture qu’apparaît la division du travail technique. Tout travail industriel étant, comme nous l’avons vu déjà (p. tl9), une simple série de mouvements, on s’applique a décomposer ce mouvement complexe en une série de mouvements aussi simples que possible que l’on confie à autant d’ouvrieis différents de façon que chacun d’eux n’ait autant que possible a exécuter qu’un seul mouvement, toujours le même. C'est
• • C’est surtout dos modes d’activité iolellectuelle et artistique que procèdent les premières professions. Le prêtre, le devin, le médecin, le sorcier, le chanteur, le danseur, qui sont doués de talent* particuliers, arrivent les premiers à une situation à part. En général le forgeron leur succède; les autres arlisaes viennent longtemps après • (Bûcher, Èludes, De la division du travail),
Üioi. — Éc. Pot,. 11
PRINCIPES D ÉCONOMIE POUTlQüS.
ce mode de division du travail, observé dans une fabriq, épingles, qui a frappé pour la première fois Adam Smi et lui a inspiré une page admirable partout citée.
Il est a remarquer qu’a la différence des modes précéden de division du travail, qui sont naturels et spontanés, celu
duTrava^r^ combiné, comme d'ailleurs tous les gesU
En même temps que la division du travail s'intensifia en s enfermant dans la fabrique, elle s’élargissait par le déve loppement des transports et des échanges internationaux e devenait elle^même internationale, chaque peuple se con sacrant plus spécialement à la production des denrées au paraissent le mieux appropriées à son sol, à son climat oi
de sa race (voir plus loin. Protection- ^“^'eîerre au charbon et aux cotonnades, les Étals Unis aux machines, la France aux articles de u
LA DIVISION DU TRAVAIL
nique est d’autant plus parfaite travail en un plus grand nom-
l’ouvriers devra
ces opé-
ouvriers
p oyer dépend de l’étendue de la proproduction dépend néces- J on peut dire, en dernière en raison directe de
que, comme on Ta fait remarquer -I n'existe guère que dans les campagne ou au village, une même boutique, épice-
P^pclcrie, mercerie, tous qui constitueraient dans une grande ville autant
... raison en est évidente,
illage, est obligé de faire tous les métiers raison qu un seul ne suffirait pas à lui faire ga-
nre de tâches parcellaires. Mais le nombre d être nécessairement en rapport avec le nombre de rations d^tinctes' : or, il est clair que le nombre d
qu un industriel peut em duclion. Et (
sairemenlde l’étendue du marché, ( analyse, que la division du travail est I étendue du marché.
C’est pour cette raison r -:, souvent, la division du travail grands centres et est inconnue à la Là on trouvera pêle-mêle dans ne, charcuterie, jouets d'enfants les articles
de commerces différents*
L’homme, au v par la bonne gner sa vie.
serait un très faux calcul de rsion du travail en employant un seul distincte; il en faut en général be cation d'une aiguille comprenne i Supposons qu'il faille 10 secondes dû pour percer l’œil. Il est clair pointes, il faut deux i '
donc en tout non pas 3, mais 6 ouv
de la journée les bras * On pourrait croire, l ...
taies, Louvre ou Bon Marché toute espèce d'objets? Mais cialité (voir dans le Cours
croire qu’on pourra réaliser la divi- -I ouvrier pour chaque opération )eaucoup plus. Suppo.sons que la fabri rois opérations, la pointe, la tête et l'œil’ pour chaque pointe, 20 pour la tête et que pour tenir pied au seul ouvrier des ouvnera pour les lêtes et 3 pour les æils; il faut
- .Tiers, sans quoi le premier restera croisés.
à première vue, que les grands bazars des capi- . i. sont dans le même cas, puisqu'ils vendent ‘ point du tout, car chaque rayon a sa spéle cbap. sur les Grands Magasins).
PRINCIPES d’économie politique.
Au contraire quand une industrie peut avoir pour marché le monde entier, alors elle peut non seulement se spécialiser dans la production de certains articles ne répondant qu’à un besoin très limité — parte que le nombre immense des consommateurs compense comme débouchés l’étroitesse du besoin — mais de plus, dans celle industrie spécialisée, elle peut pousser à ses extrêmes limites la division technique du travail. C’est une des raisons pour lesquelles les pays tiennent tant à s’assurer une large exportation. Celle exportation, en permettant à leurs industries de pousser à fond la division du travail, leur assurera les supériorités industrielles qui en dérivent.
On indique généralement une seconde condition comme indispensable à la division du travail, c’est la continuité du travail. En effet si le travail est intermittent, comme l’ouyier ne peut rester oisif dans Tinlervalle, il faudra bien 1 occuper à autre chose et dés lors il ne pourra plus se cantonner dans une seule occupation. C’est unedes raisons pour lesquelles l’industrie agricole ne se prêle guère à la division du travail comme nous le verrons ci-après. Cependant cette condition est moins impérieuse que la précédente, car un homme peut très bien, sans perdre les bénéfices de la spécialisation, s’adonner à des travaux différents s’ils ne sont pas simultanés mais successifs et par périodes assez longues. On peut même dire que tout au contraire il y aurait là, comme nous allons le voir, un correctif bienfaisant à certains inconvénients de la division du travail continu ^
^ Le socialiste Fourier posait comme conditions du travail attrayant qu'il devait être à la fois : — a) très divisé : il poussait même celte division jusqu à Textravagance, organisant autant de groupes de travailleurs que d'espèces végétales (choutisles, ravistes, poirisles, cerisistes, etc.), et même autant de sous-groupes qu'il pouvait exister de variétés dans la même espèce; — b) très diversifié, chaque travailleur ne devant consacrer qu’un temps très court, une ou deux heures, à chaque occupation : par là ce régime qu il appelait « des courtes séances » devait offrir pour chaque journée un menu de travail, si j’ose ainsi dire, très varié. C'est ainsi que Fourier donnait satisfaction à la passion qu’il appelait pittoresquement la papillonne l
LA DIVISION DU TRAVAIL
Les avantages et les inconvénients de la division
du travail.
La division du travail accroît la puissance productive du
travail dans des proportions inconcevables. En voici les raisons :
1“ Le travail le plus compliqué, ainsi que nous l'avons exp iqué, sqXvoxxwq décomposé en une série, de mouvements très simples, presque mécaniques et qui par ce moyen deviennent d’une exécution très aisée, ce qui facilite' singulièrement la production.
Onpeut même arriver par là à des mouvements si simples que 1 on s’aperçoit que l'intervention de l’homme n’est plus nécessaire pour les exécuter et qu’une machine sulïit. Et c’est, en eiïet, par ce procédé d’analyse technique que l’on est arrivé à faire exécuter mécaniquement les travaux qui semblaient les plus compliqués à première vue'.
2» La diversité des lâches qui sont ainsi créées, toutes différentes au point de vue de la difficulté, de la vigueur ou de 1 attention qu’elles requièrent, permet d'approprier chaque tâche aux capacités individuelles des travailleurs. On peut utiliser ainsi les aptitudes naturelles de chacun et éviter le gaspillage de temps, de forces et même de capitaux, qui résulterait du fait que tous, forts ou faibles, ignorants ou intelligents, auraient à accomplir la môme œuvre : — gaspillagedu travail des plus forts ou des plus capables sur une tâche trop facile pour eux, ou à l’inverse, déperdition du travail des plus faibles ou des plus ignorants sur une lâche au-dessus de leurs forces.
3“ La répétition continue du même exercice crée chez tous les hommes une dextérité qui est véritablement merveil-
‘ Voilà pourquoi rinvenlion des principales machioes (à tisser, à üler, etc.), a coïncidé précisément avec l’apogée de la division du travaiJ dans les maaufdctures.
El
^^6 PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
leuse, de même que dans les travaux de l’ordre intellectuel une application soutenue et persévérante développe singulièrement les facultés mentales et par conséquent la puissance productrice. Médecins, avocats, peintres, romanciers, savants, chacun aujourd’hui se fait spécialiste : chacun trouve profit à se cantonner dans un petit coin du savoir humain pour le mieux fouiller et en tirer meilleur parti.
A ces causes de supériorité, on en ajoute en général trois autres de moindre importance :
4“ L'économie de temps, qui résulte de la continuité du travail. Un ouvrier qui change souvent de travail perdra chaque fois, non seulement l’intervalle de temps pour passir d’une opération à l’autre, mais surtout le temps nécessaire pour la mise en train.
5® L’économie des outils qui est portée au maximum quand chaque travailleur n’emploie qu’un seul instrument et l’emploie constamment.
6° Enfin la moindre durée de l'apprentissage, apprentissage d’autant plus long que le métier est plus compliqué.
Mais, en regard de ces avantages, on a dénoncé depuis longtemps des inconvénients graves ;
\o Abrutissement àa travailleur, réduit parla répétition d’un même mouvement aussi simplifié que possible, à un rôle purement machinal, ce qui rend dorénavant tout apprentissage inutile. Que de fois on a répété la phrase de Lemon- • tey : « C’est un triste témoignage à se rendre que de n’avoir jamais fait danssa vie que la dix- huitième partie d’une épingle »! Et un plus illustre que lui, celui-là même qui a révélé l’importance et les bienfaits de la division du travail, Adam Smith, avait dit en termes encore plus durs :
« l’homme dont la vie entière se passe à accomplir un petit nombre d’opérations simples devient généralement aussi stupide et aussi ignorant qu’il est possible à une créature humaine de le devenir » 1
2“ Dépendance extrême de l'ouvrier qui est incapable de rien faire en dehors de l’opération déterminée et spécialisée dont il a pris l’habitude et qui, par suite, se trouve à la
LA DIVISION DU TRAVAIL
merci d un chômage ou d’un renvoi. Comme les pièces mêmes qu’il façonne et qui ne valent que par l’assemblage qui en fera un tout, on peut dire que lui-même ne vaut que comme rouage de cette grande machine qu’on appelle une manufacture : en dehors d’elle, il n’est bon à rien.
Il est assez facile de répondre à ces critiques. Sans doute il y a dans le travail manuel beaucoup de besognes abrutissantes, mais ce n’est point seulement parce qu'il est divisé : cest malheureusement parce qu il y a un grand nombre de travaux qui, quoique nécessaires, seront toujours, par leur nature même, sans joie. Le travail du balayeur des rues, ou du vidangeur, ou du casseur de pierres sur la grande route n est point du tout divisé; est-il plus noble que celui d’un ouvrier qui fait toujours des boulons? Et comme on l’a dit spirituellement, pense-t-on que l’ouvrier qui ne fait quedes têtes d’épingles, gagnerait beaucoup intellectuellement et moralement s'il faisait l’épingle tout entière? Si la division du travail peut avoir quelques effets fâcheux au point de
vue de la monotonie du travail, ceux-ci sont atténués ou corrigés ;
a) Par l’éducation professionnelle générale qui permettra
a 1 ouvrier, chargé d’une tâche parcellaire, de prendre conscience de la place qu’il occupe dans l’ensemble et au besoin de changer de métier, et qui en cela est supérieure a 1 apprentissage.
b) Par I emploi des machines, car sitôt qu'on en est arrivé à simplifier une opération technique au point de la rendre purement machinale, on ne tarde pas à remplacer le travailleur par une machine, car en pareil cas on trouve toujours économie à le faire. Or la direction d’une machine est un travail souvent fatigant (non par l’effort musculaire mais par la tension nerveuse qu’il exige), mais qui n’est pas abrutissant. La machine savante d’aujourd’hui exige des ouvriers
d élite. A mesure qu’elle devient plus automatique, l’ouvrier cesse de l’être.
c) Par la limitation de la journée de travail qui laisse à 1 ouvrier le loisir d’ocxuper de façons différentes son corps
et son esprit* et par !à l’empêche de tomber dans cet abrutissement redouté par Adam Smith.
Il est à remarquer d’ailleurs que les critiques ci-dessus ne visent que la division technique du travail. Mais la division du travail professionnelle, par spécialisation de fonctions, de métiers, d'études, n’a jamais donné prise au premier grief, celui d abrutissement : tant s’en fautl Quant au second grief, celui de dépendance, elle ne crée en tout cas qu une dépendance mutuelle, et par suite, au lieu d’y voir une infériorité, on y voit plutôt une supériorité économique, et surtout morale, et, sous le nom (^'interdépendance des ndividus, on en fait le fondement de la loi desolidarité. La division du travail, par la dépendance réciproque qu'elle établit entre les hommes, semblable à la division du travail physiologique qui existe entre les organes d’un corps vivant, semble faire de tous les membres d’une société les membres (i'un même corps et par là semble réaliser l’idéal de 1 école sohdariste. Beaucoup de sociologues insistent avec amour sur cette analogie*.
* Le système des courtes journées permet de réaliser dans une cer taine mesure 1 idéal fouriérisle des . courtes séances . et de la variété
midi après avoir pris son bain, a le temps de cultiver son petit iJrdin
R ‘i ® 7®“'’ des roses. L’ouvrier des arsenaux de
Brest et de Toulon, après sa journée de 8 heures, se livre à de petits travaux en dehors de sa profession. ns a ne petits
Nil’?® i"“ d» travail ® l'“‘*vail la loi sociale fondamentale II y voit
foudement de la morale, car c’est cette dilTérentiation entîe les
lëf obhve\“'’ °h«cun deux incapable de se sufOre à lui-même
les oblige à se rendre des services réciproques et crée laide mutuelle’
Elle est, d apres lui, l’effet et en même temps le correctif de la lutte pour la vie : re/fet, car. comme la lutte est d’autanT Z vive uué ës individus sont plus semblables et ont les mêmes besoins il en résuuë que chacun cherche à se spécialiser pour faire autre chose que son voifnHivîH ^ ^ f*"' Pc^CKément les possibilités qu’elle ouvre aux
d échapper “■*”» “»P
é donner pour fondement h la solidarité la d,™.n d. traratl parce celle-ci l«pli,nn 1.
PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
désirnhu ^ ^ ' considérer comme un idéal très
d^n « ^ ouchaque homme ne serait que l’homme
?ai1km^ !f'' "'O'" corps porteraient le
ph indélébile du travail professionnel. Il en résulterait quel-
que dommage, croyons-nous, pour le développement inté-
far In ^ personne humaine et même pour le progrès social,
rédme^dpf stéréotyper comme sous le
avîcM ^*en disposés à reconnaître,
raranf ■ “ ‘^P^'^'^de à l’isolement n’est qu’un
c’est làTin f l’individualité,,, voire mêm2 que
va^l 1 nWf T - «1 certes « le sau-
3.V “a 1^ pour nous, comme pour les littérateurs du siècle, le type idéal de l’humanité — mais tout de
îwhudr^ T supériorité pour l’homme que
1 aptitude a changer de profession ou de métier La plupart
de hommes qm, aux Etats-Unis, sont parvenus aux plus
hautes situations ont fait dans leur vie vingt métiers C’est
le caractère d’une société dynamique et progr^ss ve que de
poin-oir ui,|,3e, tous ses membres à plusieurnôs \T les
Lnt teehn?nnf 'orequ’elle csl exclusive-
ment technique, pour ouvrir à rbomme un vrood nombre
de voies et lui permettre d'en changer; d’autre parrdes
UluTesTdlTr ’ ‘’ri "'' P'™®"™ “ l'homme d utiliser se^ aptitudes a des fins diverses et d’exercer son activité dans dL
domaines variés, tous ceux de la vie domestique civiaue intellectuelle, religieuse, esthétique, etc. ’ ^ ’
Fouillée, être solidaL ëw? Ph'lo-ophes Charles Secrélan et
c’est s’elTorcer de réaliser et d WiZZTtte titëTrf
nous étions tous Un. ^ aginsaol comme si
ir
LA CONCEMTRATION DE LA PRODUCTION. l»»
famille patriarcale était beaucoup plus nombreuse que de nos jours, mais encore elle était grossie artificLellement d’éléments étrangers — esclaves, plus tard serfs — qui lui sont incorporés. Les esclaves à Rome étaient désignés juridiquement par le terme familia. La villa du riche propriétaire romain avec son armée d’esclaves faisant tous les métiers, la seigneurie du baron du temps féodal avec se» serfs, appartiennent à cette même période économique.
2® Le métier exercé par l’artisan. Cette seconde phase ne s’est guère développée qu’au Moyen âge. Ce qui la caractérise, c’est que le producteur travaille non plus pour luimême ni pour les siens, mais pour le public, pour le client, personnage nouveau qui apparaît sur la scène économique. Le travailleur, du moins dans les villes, est autonome : il produit avec des matières premières et des outils qui lui appartiennent* : il est devenu ce qu’on appelait sous le régime corporatif un maître. Toutefois il ne travaille encore que sur commande, ou du moins il ne produit que pour le petit marché de la ville où il habite et qu’il se réserve avec un soin jaloux. H est associé, pour un but d’aide et de défense mutuelle, avec les ouvriers du même métier que le sien et forme avec eux ces corporations qui ont joué un rôle si important dans l’histoire économique et même politique du Moyen âge et dont les règlements ont été codifiés au XI v* siècle dans le Livre des métiers.