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En effet, dès qu’il s’agit d’une entreprise un peu importante, le patron n’a ni le temps ni les moyens d’aller racoler chaque ouvrier qu’il lui faut : il ne peut se passer d’intermédiaires. Or, l’intervention de celui-ci a généralement pour conséquence une réduction du salaire, puisque c’est snrle salaire des ouvriers que l’intermédiaire prélève ses propres profits — ce qui ne veut pas dire d’ailleurs qu’il fasse fortune : souvent il travaille aussi dur et ne gagne guère plus que ses ouvriers. De plus si le sous-eolrepieneur fait travailler les ouvriers chez lui, alors pour ceux-ci ce n’est plus même le travail chezsoi ! c’est le travail à l’atelier; mais dans un atelier étroit, sordide, nid de tuberculose et de maladies infectieuses, dépourvu de toute la protection de la législation ouvrière . C’est ici que le travail à domicile devient plus spécialement ce qu’on appelle le sweating sygtem, le système qui consiste à faire tirer d’un travailleur tout ce qu’il peut rendre.
C est sous celte forme que la question du travail à domicile a fortement ému l’opinion publique, d'autant plusqu’on a signalé les périls que faisaient courir à la santé des clients les produits infectés sortis de cesantres — et on a proposé divers remèdes dont malheureusement l’efficacité est très douteuse. L assimilation de ces ateliers aux fabriques au point de vue de la législation et du contrôle des inspecteurs serait peu pratique, car non seulement il faudrait accroître énormément le nombre des inspecteurs, mais encore ceux-ci se trouveraient le plus souvent dans l’impossibilité de distinguer! atelier dusous-entrepreneur, qu’on voudrait atteindre, de I atelier fa.milial qu’il faut pourtant bien respecter chez le pauvre aussi bien que chez le riche. Le remède le plus efficace, quoiqu’il ne comporte qu’une sanction morale, c’est celui appliqué par la loi anglaise et à l’état de projet de loi en France, à savoir I obligation pour le patron d’inscrire sur un registre les noms et adresses des ouvriers qu’il fait travailler à domicile des salaires qu’il leur paie et antres conditions de travail, et surtout le contrôle exercé par les Ligue* sociales d’acheteurs (voir p. 637).