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fiucune importance sociale. La valeur d'échange est plus stable parce qu’elle est déterminée par les besoins et les désirs de tous ceux qui dans un pays, ou dans le monde entier peut-être, veulent ou peuvent l’acquérir. La valeur d’un portrait de famille peut être grande pour moi; mais cela ne lui confère aucune valeur d’échange si ce portrait est une croûte. Si au contraire, il est de Van Dyck ou de Rembrandt, il a une valeur d’échange mondiale déterminée parle désir de tous les amateurs de tableaux.
Il est évident que pour l’hommê vivant en société, comme nous tous, la valeur d’échange est incomparablement plus importante que la valeur d’usage, non seulement pour la société, cela va de soi, mais môme pour son possesseur. Car si la valeur d’usage peut exister sans valeur d’échange, la réciproque n’est pas vraie. Toute valeur d’échange implique nécessairement une grande valeur d’usage, puisque l’échange est lui-même un tiès fréquent et très important usage delà richesse pour son possesseur et que, indépendamment même de la possibilité de vente, la possession d’un objet de valeur est une cause de grande satisfaction. Dans l’exemple précédent, il est probable que le possesseur du portrait de Van Dyck y tient encore plus qu’au portrait de son grand-père.
^ La valeur d’échange, étant comme la moyenne des désirs d’un grand nombre de personnes, a un caractère général : elle a un cotirs, comme on dit. ou une cote, qui, bien que formée par l’ensemble des appréciations individuelles, s’impose à chacune d’elles isolément. Vendeurs et acheteurs doivent, comme on dit, « suivre le cours ».
La valeur d’échange est ce qu’on appelle aussi le prix.
Ce n est pourtant point la même chose, puisque nous avons vu ci-dessus que le prix n’est qu’une des mille expressions possibles de la valeur. La valeur est un rapport établi entre deux choses quelconques : le prix est un rapport dans lequel l'un des deux termes est toujours la monnaie. — Je ne dis point nécessairement monnaie métallique et frappée, ou monnaie de papier, car en Afrique, là où on emploie encore pour monnaie des pièces de cotonnade ou
PRINCPIES d’économie POLITIQUE.
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des verroteries, la valeur des marchandises ainsi exprimée est aussi leur prix, mais je veux dire que le prix implique toujours une commune mesure, un étalon pris comme terme de comparaison.
Mais, cette réserve faite, il n’y a pas d’objection à se conformer à l’usage et à employer le mot prix comme expression normale de la valeur d échange*.
Voyons maintenant quelles sont les conditions auxquelles la valeur d’échange, le prix courant, doit satisfaire.
On peut les formuler ainsi :
1® Le prix qui s’établit sur un marché à un moment donné pour des produits identiques ne peut être qu'un prix unique. C’est ce que Stanley devons a appelé la loi d' indifférence, il entend par là que toutes les fois qu’il est absolument indifférent d’acquérir l’un ou l’autre de plusieurs objets, parce qu’ils sont identiques — en d’autres termes, lorsque nous n’avons aucun motif pour préférer l’un à l’autre — nous ne consentirons pas à payer l’un plus cher que l’autre.
Au premier abord on pourrait penser le contraire : car voici sur un marché dix vendeurs de blé avec dix sacs ayant chacun des prétentions différentes et voici d’autre part dix acheteurs de blé attribuant chacun au blé qu’il désire une valeur différente. Pourquoi n’y aurait-il pas autant de prix différents qu’il y aura de couples d’échangistes, l’acheteur disposé à payer le plus cher s’entendant avec le vendeur le plus exigeant, tandis que l’acheteur le moins . pressé par le besoin s’entendra avec le vendeur le moins exigeant à un prix très inférieur? — Parce que nul acheteur ne consentira, si désireux soit-il d’acheter, à donner un prix supérieur à celui de ses concurrents ; et nul vendeur si coulant soit-il, ne consentira à céder son blé à un prix inférieur à celui de ses confrères. Les uns et les autres attendent donc que le prix du marché soit établi.
^ Le mot prix s'emploie même pour primer la valeur d'usage non échangeable. On dit couramment j'attache un grand prix àtel souvenir». Mais ceci alors est du style de littérateur.
l’échange.
C estco prix unique du marché, à un moment donné, qui est ce qu on appelle le cout& \ Ce cours est publié dans les journaux spéciaux pour tous les biens de quelque importance, blé, vins, charbons, coton, laine, cuivre, etc., de meme que pour les valeurs mobilières et les fonds d'État.
Lt ce cours sert de base à toutes les opérations commer- Claies.
2» Ce prix unique doit être tel qu'il fasse coïncider la quantité offerte et la quantité demandée.
Il est de toute nécessité que ces deux quantités coïncident car il serait absurde et contradictoire de supposer qu’il peut y avoir plus de sacs de blé vendus que de sacs de blé achetés— puisque ce sont les mêmes!
Seulement on n’arrive pas tout de suite à cette coïncidence; elle ne se réalise qu’à la suite d’une série d’oscillations entre les quantités offertes et les quantités demandées correspondant a des oscillations de prix ; dès que l’équilibre est établi, le prix courant apparaît. Voici nos vendeurs de blé qui offrent 0 sacs a 10 acheteurs, mais ils en demandent 22 francs. A ce prix une partie des acheteurs se retirent effrayés et il n en reste queo. Les 10 vendeurs, prévoyant que leur blé leur restera sur les bras, font sous-enchère pour obtenir la préférence des 5 acheteurs : ils descendent à -0 fr. A ce prix-la une partie des acheteurs qui avaient fui reviennent et les voici 8 maintenant qui demandent 8 sacs. Si tous les 10 vendeurs sont décidés a vendre à tout prix il faudra qu ils se résignent à baisser encore le prix (par exemple a 18 francs), afin de rappeler les 2 acheteurs les pli^s timorés et de faire monter la demande au niveau de offre, cest-a-dire a 10 sacs. Mais il est possible aussi que
< Il faut entendre par marché, dans le sens économique du mot non pas seulement une même place ou un même local, mais
des"%én‘Tu™ ci aSlr"*""‘ communications
aes vendeurs et acheteui-s sont assez rapides pour qu’un même orix el.tblisse. l. étendue du marclié varie donc suivant la nlture de la marchandise . la France coustiiue presque un seul marché pour Je blé • le moude, un seul marché pour l’or. ‘
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2 des vendeurs préfèrent remporter leurs sacs plutôt que de descendre au dessous de 20 francs. En ce cas le prix de 20 francs restera le prix du marché, car, à ce prix, il y a 8 sacs vendus, 8 sacs achetés : chaque demande trouve sa contre-partie. La coïncidence nécessaire se trouve réalisée.
3® Le prix du marché doit être tel qu'il donne satisfaction, au plus grand nombre possible de couples de vendeurs et d'acheteurs présents sur le marché.
Représentons les vendeurs et acheteurs en face les uns des autres sur le marché au blé, et exprimons en chiffres leurs prétentions dans l’ordre décroissant, — c'est-à-dire en numérotant les vendeurs V depuis celui qui prétend au prix le plus élevé jusqu’à celui qui se contente du moindre, et les acheteurs A depuis celui qui est le plus serré dans ses offres jusqu’à celui qui est le plus large.
demande.. . .
22 fr.
A* offre.. . .
18 fr.
Vî
21 fr.
19 fr.
20 fr.
20 fr.
19 fr.
21 fr.
18 fr.
22 fr.
Supposons que ce soit V‘ qui ouvre le feu en demandant 22 francs. A ce prix, il n’y a qu’un seul acheteur, A‘, qui soit disposé à répondre, car aucun des quatre autres ne veut aller juàque-là. 11 n’y aurait donc à ce prix qu’un seul marché conclu, un seul sac vendu, tandis qu’il y a quatre autres vendeui-squi sont désireux de vendre, et même à un prix inférieur. D’ailleurs, A* ne sera pas assez naïf pour donner 22 francs, le prix maximum, s’il peut obtenir le blé au-dessous. Il attendra donc que les autres vendeurs moins exigeants aient fait leurs demandes... Alors, vient V* qui ne demande que 21 francs. Cette demande fait accourir un second acheteur. A*. Les voici donc deux disposés à répondre, mais d’autre part, il y a 3 acheteurs qui ne veulent pas aller jusque-là.
Enfin vient V* qui ne demande que 20 francs. A ce prixlà 3 acheteurs sur 5, donc la majorité, sont prêts àrépondre
l’échange.
et puisqu’il y a précisément 3 vendeurs disposés à s’en contenter, il y aura donc 3 couples sur 5 qui obtiendront satisfaction. Aucun autre prix ne donnerait le même résultat. C est donc celui-là qui fera la loi du marché.
Quant à V* et à V» d’une part, A ‘ et A * d’autre part, s’ils ne veulent pas baisser leurs prétentions, ils s’en iront du marché : ils ne concourront pas à l’établissement du prix.
La loi de l’offre et de la demande.
Autrefois, dans tous les traités classiques d’économie politique, il y avait une formule simple et claire, en apparence du moins, pour expliquer tout ce qui concerne la
TrlT. d'échange varie en raison
directe de la demande et eh raison inverse de l'offre
Cette forrnuleeslaujoufaT’hui forrdTsërïïditée, un peu trop peut-etre. On peut certainement lui reprocher :
I» D’être, dans ses prétentions mathématiques, en contradiction avec les faits. Une réduction de moitié dans la qiiantitéofferte n entraîne pas nécessairement un doublement des prix. Si I offre du blé venait à diminuer de moitié dans un pays fermé, le prix du blé ferait beaucoup plus que doubler . il cjuioluplerait — et vice versa,
20 De prendre l’effet pour la cause. Si l'accroissement de la demande fait hausser le prix, il est clair que la hausse du prix a son tour va faire décroître la demande • et si accroissement de l’offre tait baisser le prix, il est clair que la baisse du prix à son tour tend à restreindre l’offre En d autres termes, au lieu de dire que l’offre et la demande
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Offre et demaiide aucun sens intelligible. Encore, par le mot offre peut-on comprendre
1 Prenons une valeur quelconque sur le marché de la Bourse, la rente
PRINCIPES d’économie POLITIQUE.
la quantité de marchandises, le stock existant sur le marché (quoique dans bien des cas, une raréfaction purement virtuelle, par exemple la crainte d’une mauvaise récolte, produise le même effet) — mais qu’entendre par demande? La quantité demandée est absolument indéterminée puisqu'elle dépend précisément de la valeur d’échange. du prix de l’objet : à un sou la bouteille, la demande du vin de Bordeaux serait presque illimitée, à lOü francs la bouteille, elle serait presque nulle. Donc, nous tournons dans un cercle vicieux.
Pour sortir de ce cercle les économistes, abandonnant la rerherche vaine de savoir si c’est l’offre et la demande qui déterminent le prix ou le prix qui détermine l’olTre et la demande, S attachent seulement à préciser les rapports qui existent entre ces divers faits, et cette analyse a été poussée à fond par les économistes contemporains.
On constate d abord celte loi absolument générale que toutes les fois que les prix augmentent, la demande diminue jusqu’à un certain prix auquel elle devient nulle. On traduit cette loi par une figure très simple. Prenons une marchandise quelconque. Tracez une ligne horizontale sur laquelle vous marquerez à des intervalles équidistants des prix croissants : 1, 2, 3, 4, 5...i0, etc., chiffres conventionnels qui représentent les prix, en centimes, francs, ou louis,
3 p. 0/0 par exempir, et supposons-la à 100 francs. Il y a continuellement une certaine quantité de rentes offerte et une certaine quantité demandée. Je suppose qu’à l’ouverture de la liourse, le chiffre de rentes demande se trouve être le double du chiffre de rentes offert. Qui pourra imaginer que le prix de la rente doive doubler et s’élever à ?tX) francs? Et cependant c’est bien le phénomène quidevrait se produire si la formule ci-dessus était exacte. Or. en réalité, le cours de la rente ne s’élèvera peut-être pas même de 1 franc. Et cela, par la raison toute simple que le plus grand nombre de personnes qui se portaient acheteurs à 100 francs se retirent dès que le prix s’élève. 11 est clair que si le chiffre de rentes demandées diminue au fur et à mesure que le pris monte, en même temps et pour la même raison, le cliilTre de renies offertes augmente. Il arrivera donc nécessairement un moment où la demande qui décroît et l’offre qui croit seront égales, et à ce moment l’équilibre se rétablira. .Mais une
hausse de quelques centimes est d’ordinaire sufüsanle pour amener ce résultat.
i/échangb.
cotes sur un marché. Représentez par une ligne verticale .oar la ligne 1 a — la quantité demandée au prix de 1 franc, par exemple le nombre de kilos onde mètres ou de litres d une marchandise quelconque — puis, par d’autres verticales et à la même échelle, la quantité de la même marchandise demandée aux prix de 2, de 3, de 4, de 5... de 10 francs, etc. Un verra ces lignes verticales aller en décroissant, de plus en plus petites, jusqu’à zéro. Reliez enfin les sommets de toutes ces verticales par une même ligne : cette ligne, toujours descendante, plus ou moins rapidement infléchie, mais qui finit toujours, à un point donné, par s’évanouir dans 1 horizontale, montre par une frappante image comment varie la demande en rapport du prix. On l’appelle la courbe de la demande^.
Ce n’est pas pour rien qu’on dit« la courbe » : ce serait
Dans ces figures les verticales s’app lient les ordonnées, et les dist&Dces marquées sur l^orizoutale les ubscieses.
PRINCIPES d’économie POLITIQUE,
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le prix ne monte, par la raison très simple que, les riches étant beaucoup moins nombreux que les pauvres, il suffit d’une faible hausse de prix pour rendre le produit inaccessible à la foule, ce qui donne à la courbe une forme concave. Mais la forme de cette courbe varie selon chaque marchandise. 11 en est pour lesquelles la courbe est convexe parce que lademande ne fléchit que très lentement, malgré la hausse des prix. 11 n’y en a pas deux semblables, en sorte qu’un économiste bien renseigné pourrait, rien qu’à l’aspect d’une de ces courbes et sans autre indication, dire : Tiens I Voila lecharboni ou : Voilà le cuivre! Ainsi chaque marchandise pourrait avoir son portrait schématique, son signalement, sa fiche, comme les individus qui ont passé au service anthropométrique ou, si l’on préfère une comparaison plus noble, comme ces raies du spectre solaire qui permettent au physicien de reconnaître chaque élément.
Et l’offre, que fait-elle? Elle varie naturellement en sens inverse. A chaque accroissement de prix, la quantité offerte augmente, et l’on peut aussi tracer la courbe de l’offre qui n’aura pas une physionomie moins curieuse que celle de la demande. Elle est même beaucoup plus variée encore, car en fin de compte de quoi dépend l’offre? Delà production. Selon donc qu’il s’agira d’une production strictement limitée (objets d’art, crus fameux, etc.), ou d’une production à rendement non proportionnel (c’est-à-dire où les frais de production augmentent plus que la quantité produite, par exemple les produits agricoles, voir ci-dessus), ou au contraire d’une production où plus on produit et plus le coût de production diminue (ce qui est le cas de la plupart des produits industriels), l’essor de la courbe de l’offre sera plus ou moins gêné ou plus ou moins hardi.
El maintenant superposons, dans unlroisièmediagramme, les deux courbes déjà tracées, celle de la demande et celle de l'offre : elles se croiseront nécessairement puisqu’elles vont en sens inverse. Ce point d’intersection est d’une importance capitale, car il marque précisément le moment psychologique où les quantités offertes et demandées étant
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l’échange. â51
égales, l’échange se fait instantanément, comme une combinaison chimi>|ue. Et si l’on abaisse de ce point une verticale sur l’horizontale où sont inscrits les prix, elle indiquera, comme l’aiguille d’une balance, le prix du marché le prix courant : c’est la ligne à 2. ’
Et après? diront les sceptiques. Que nous apprend tout cela? Toutes ces courbes permetlronl-elles de savoir quand le café ou le pain haussera? — Hélas! non. Mais c’est quelque chose que de serrer dans des formules élégantes et précises des notions qui n’étaient que des à peu près
Nous avons supposé jusqu’à pré.sent uu nombre quelconque de vendeurs et acheteurs — c’est-à-dire précisément ce qu on appelle le régime de libre concurrence — mais si 1 on suppose un seul vendeur ou un seul acheteur, tout change. Le second cas est très rare, mais le premier, qui s’appelle le monopole ((xovo; seul) est très fréquent.
Supposons donc le cas d’un seul vendeur : par exemple, comme Cournot qui le premier a étudié la loi des prix sous le régime du monopole, supposons le propriétaire d’une source minérale douée de vertus curatives uniques. On pourrait croire qu’il dépend de lui de fixer le prix qu’il veut et que par conséquent il n’y a plus ici de loi. Il n’en est rien. Si ce monopoleur essaie du prix de 10 francs la bouteille, il verra qu’il n’en vend qu’un petit nombre et que par conséquent il gagne peu : il en vendra 1.000 bouteilles, par exemple, ce qui fera 10.000 francs. S’il baisse à 1 franc, il en vendra 100.000 bouteilles, ce qui lui fera 100.000 fr.* car il trou vera aussitôt un débouché dans la masse des classes moyennes. En cen donc son intérêt se trouve d’accord avec 1 intérêt des consommateurs. Mais, encouragé, voici qu’il baisse à Ofr. 40 la bouteille: alors, comme le nombredes malades est limité et qu’en somme on ne boit pas l’eau minérale pour son plaisir, il n’en vend que deux fois plus, soil200.000 bouteilles, et il est désagréablement surpris de voir sa recette tomber a 80.000 francs. || se hâtera donc de relever son pcix jusqu’à ce qu’il arrive à un prix tel que, en le multipliant par la quantité vendue, il trouve le produit maximum. En
LÉCHANGB.
avec une somme déterminée de Le prix n est donc en somme — même dont il n’est i ‘
p. 57) — qu’un rapport. Or on sait que si Von en chanee
I un des deux termes du rapport, change nécessairement le rapport lui-même.
Donc si, par une cause quelconque, la valeur de la monnaie vient à changer, le prix aussi doit changer.
Supposez, en effet, que la valeur de l’or ou de l’argent ne soit pas restée la même d’hier à aujourd’hui ? Il est clair que la valeur de tout objet que vous aurez mesurée avec cet or ou cet argent se trouvera avoir changé, c’est-à-dire que son prix aura varié, et qu’il devra avoir varié précisément en raison inverse de la variation de valeur des métaux précieux.
Si la longueur du mètre, ou plutôt si la longueur de la circonférence terrestre, dont le mètre n’est qu’une subdivision, n était plus demain que la moitié de ce qu’elle est aujourd hui, par exemple par suite de la contraction du globe terrestre, n est-il pas évident que tous les objets que nous mesurerions désormais nous paraîtraient plus longs ou plus hauts puisque là où nous comptions 1 mètre nous 6Q IrouvenoDS désormais 1 ? Cependaol U a’en sérail rieû : en réaille, d n y aurail la qu'une illusion produite par le raccourcissement de l’unité de mesure. De même, si l’or et Urgent venaient a perdre la moitié de leur valeur par suite de quelque cause beaucoup moins miraculeuse, par exemple par suite de leur surabondance, il est clair que le prix de tous les objets, c’est-à-dire leur valeur exprimée en monnaie, nous paraîtrait avoir doublé.
Nous pouvons donc formuler cette loi : toute variation dans la valeur de la monnaie entraîne une variation inversement proportionnelle dans les prix.
II y a donc deux catégories 'de causes à étudier : l» celles qui agissent sur la valeur de cette marchandise unique qui est la monnaie; 2» celles qui agissent sur la valeur de^la marchandise quelconque qui est achetée.
GiM. ÉC. POL.
monnaie (voir p. 73) comme la valeur elle qu’une des expressions (voir ci-dessus
que nous ne oisons pas, comme on pourrait le croire, à un prix tel qu’il permette d’écouler toute la quantité produite, toute l’eau de la source dans l’espèce. Point du tout! Si nous supposons que le prix trouvé le plus avantageux pour lui soit celui de 1 franc, qui correspond a une vente deiOO.OOO litres, etque le débitdelasourcesoitde