I.A MONNAIE MÉTALLIQUE
De la loi de Gresham.
tops paysjmdeuxmmüaies légales sonten circulaoi Monnaie chasse toujours Va bonnt^
une des lois les plus si baptisée du nom qui l’a découverte, avant lui, Arisloavait signalé ce fait temps déjà préféraient la
qui l’exprime un caractère
ier, c est qu il serait incompréhensimonnaie. Comment contra vé pour mauvaise marchandise à la
r t’Of, maurni^c
C’est en ces termes que l’on formule curieuses de l’économie politique, ain d’un chancelier de la reine Elisabeth dit-on, il y a trois siècles. Mais longtemps phane, dans sa pièce des Grenouilles, curieux que les hommes de son mauvaise monnaie à la bonne*.
Ce qui donne à ce fait et à la loi d’étrangeté tout particuli ble pour tout autre objet que la i
prendre que les hommes eussent le goût assez dép préférer d’une façon générale la
bonne? L’organisation économique de toutes nos sociétés avec .iberté du travail et concurrence repose tout entière sur ce postulat qu’en toute circonstance, l’homme préférera le produit qui est de meilleure qualité, qui répond le mieux à
ses besoms Pourquoi alors agit-il d’une raçon inverse quand il S agit de la monnaie?
L étonnement cesse si l’on réfléchit que la monnaie n’est pas, comme toute autre richesse, destinée soit a notre consommation, soità la production, maisuniquementàl’échange.
Entre deux fruits, nous préférons le plus savoureux, et entre deux montres, celle qui marche le mieux; mais entre deux pièces de monnaie de qualité inégale, peu nous importe d employer 1 une plutôt que l’autre, car nous ne les destinons
t . Nous avons souvent remarqué que dans cette ville (Athènes) on en
Celle ci Tsf « ''««“rd de l’ancienne monnaie, j
Leile-ci c8l saos alliage, la metlleurH H*» u , i
^ C*est poorcftia que les Anglais disent dans une formule pittoresque que la bonne monnaie se reconnaît à « Tépreuve du feu » — en souvenir de répreuve du feu, qui, dans la procédure du Moyen âge, était employée pour reconnaître le bon droit,
* Voy. note, La loi d'indifj^érenoe,
* Ainsi en France on n’esl forcé de recevoir les pièces de cuivre que pour une somme infér ieure à 5 francs (et môme, comme nous le verrons, les petites pièces d’argent que pour une somme inférieure à 50 francs).
point à notre usage personnel, et tout ce que nous leur dernandons c’est de servir à payer nos créanciers et nos fournisseurs. Dès lors nous serions naïfs de leur donner les meilleures pièces : au contraire, nous avons tout intérêt à choisir les plus mauvaises et c est ce que nous ne manquons pas de faire! à une condition toutefois, c'est que le créancier ou le fournisseur ne puisse les refuser, c’est-â-dire que la mauvaise monnaie ait force libératoire aussi bien que la bonne. Et c’est bien dans cette hypothèse en effet que s’applique la loi de Gresham : c’est lorsqu’il s’agit de deux monnaies qui sont l’une et l’autre monnaie légale.
Ceci nous explique pourquoi la mauvaise monnaie reste dans la circulation, mais ne nous explique pas encore pourquoi la bonne disparaît. Que devient-elle donc?
Nous 1 employons 11 où elle peut être utilisée mieux que la mauvaise, et ceci se réalise dans les trois cas suivants qui sont comme les trois issues par lesquelles fuit la bonne
monnaie : la thésaurisation, les paiements à l’étranger et la vepte au poids.
1* La thémurkation d’abord. Quand les gens veulent se faire une réserve de monnaie, c’est-à-dire la garder en cas de besoin, ils ne manquent pas cette fois de se conformer à la règle commune et ils ne sont pas assez sots pour jeter leur dévolu sur les mauvaises pièces. Ils choisissent les meilleures, parce qu’ils les gardent pour eux-mêmes et que ce sont celles qui leur offrent le plus de garantie. Les gens effrayés qui, durant la Révolution française, voulaient thésauriser, ne s’amusaient pas à le faire en assignats, mais en bons louis d’or. Ainsi font les banques aussi. La Banque de France cherche à grossir surtout son encaisse or. Par cette voie déjà une certaine quantité de la meilleure monnaie peut disparaître de la circulation. Toutefois, cette première cause de déperdition n est pas définitive, mais seulement temporaire.
2* Les 'paiements à l'étranger ont un effet plus considérable. -- Bien qu’un pays n’ait jamais à solder en numéraire qu une petite partie de ses importations, cependant il y a toujours des remises en espèces à faire à l’étranger. Or
*84 PRINCIPES d’économie politique.
i Toutes les fois qu une monnaie usée se trouve eu circulation avec une monnaie neuve.
C’est précisément en pareille circonstance que la loi fut observée par Thomas Gresham. On avait fait frapper, sous le règne d Élisabeth, une monnaie neuve pour remplacer celle en circulation qui était tout à fait détériorée, plus encore par la rognure que par l’usure, et l'on constata avec stupeur que les pièces neuves ne tardaient pas à disparaître, tandis que les anciennes pullulaient plus que jamais» !
Il importe donc à un gouvernement de procéder à des refontes fréquentes pour entretenir toujours sa monnaie à l’état de neuf, sans quoi il rencontrera plus tard de grandes difficultés à remplacer la monnaie vieillie par la neuve.
2® Toutes les fois qu’une monnaie de papier dépréciée se trouve en circulation avec une monnaie métallique.
Dans ce cas et pour peu que la dépréciation du papier soit un peu forte, l expulsion du numéraire s’opère sur la plus vaste échelle. Nous avons vu autrefois les deux pays qui sont précisément les pays producteurs de métaux précieux, les Etats-Unis et la Russie, ne pouvoir réussir à conserver chez eux leur monnaie métallique. Pourtant ils en fournissaient la matière première au monde entier! mais vainement essayaient-ils d’en frapper pour elles-mêmes avec l’or de leurs mines : leur papier-monnaie déprécié l’expulsait impitoyablement.
30 Toutes les fois qu’une monnaie faible se trouve en circulation avec une monnaie droite, ou même toutes les fois qu’une
mo?maiedmi<;setrouveencirculationavpcunemonMa/<'/-orie.
En ce cas, la plus faible des deux monnaies expulse l’autre. G est le cas le plus intéressant: il sc présente presque dans tous les pays qui ont adopté à la fois la monnaie d’or et la monnaie d’argent. Mais l’examen de ce cas nous amène a la question du mono-métal lisme et du bi-métallisme, quenous allons traiter dans le chapitre suivant.
» Dans le cas signalé par Aristophane c’était l'inverse : la monnaie neuve chassait l’ancienne. Mais c’est parc*» que celte monnaie neuve était frappée à un titre inférieur. Et ceci renü-e dans notre 3* cas