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CHAPITRE IV

LES ENTREPRENEURS

L'éTolalioD du patronat.

Nous counaissoas déjà ce personnage important qui s’appelle dans la langue économique V entrepreneur. Nous avons

vudanslo Livre delà production quec’élail lui qui availl initiative de toute production. Mais il n’occupe p^ une place moins considérable dans la répartition, puisquec est lui aussi qui est le grand répartiteur. C’est lui qui paie le concouis de ses collaborateui-s, et la part qu’il donne a chacun deux est précisément ce qui constitue leur revenu. Au travailleur il donne son salaire, au capitaliste son intérêt, propriétaire foncier s&rente ou son /oÿ<?r— après quoi i garde pour lui ce qui reste, s’il en reste : c’est ce qui constitue son

revenu à lui entrepreneur, le profit *.

1 11 est possible que l’entrepreneur, au lieu de distribuer aux coparlaee ints leur^ part après que la valeur des produits aura été réalisée, leur eu fasse l’avînee : c’est même ce qui a lieu généralement pour le salaire,

m;ïi*î ppla ne chaDLTfi rien à son rôle. ^

U est possible aussi et même fréquent que l’entrepreneur fournisse lui-

mème certains éléments de la production : généralement le terrain, tou “uTai U du capital, et aussi un travail de direction, mais peu importe : il sera censé s’èlre loué à lui-mème ces divers éléments de la production el s'en paiera le prix, en cumulant les titres de directeur, capitaliste et

oropriôlHi rc* ^

Et s’il fournit même la main-d’œuvre, auquel cas 1 entrepreneur s appelle producteur autonome (mais ceci n’existe que d.ans la très petite production) - en ce cas encore son revenu doit être décomposé analytiquement en ces trois éléments constituants et théoriquement, salaire, intérêt, rente (voir ci-après. Le Profit.

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Dans le langage courant l’entrepreneur s’appelle le patron’. mais à y regarder de près ce nom n’est pas absolument synonyme de celui d’entrepreneur. Il vise plus spécialement les rapports avec les salariés ; il connote une certaine idée morale de protection, de patronage, une certaine conception des droits et des devoirs d’un chef vis-à-vis de ses subordonnés qui est étrangère à la définition strictement économique d’entrepreneur*.

Cette idée des devoirs du chef de l’industrie vis-à-vis des ouvriers a subi depuis un siècle, et sans remonter jusqu’au régime corporatif, des transformations dont l’histoire, même sommaire, est curieuse. On peut distinguer trois périodes : 1» Au début de la période industrielle et jusque vers le milieu du xix* siècle l'idée du patronat au sens que nous venons d’indiquer n’existait pas. 11 n’y avait que des entrepreneurs s’en tenant à leur fonction économique et se préoccupant seulement de produire le plus possible, au moins de frais possible, el d’utiliser pour le mieux — c’est-à-dire au mieux de leurs intérêts — la force de travail disponible : non seulement celle des hommes, mais celle, plus lucrative parce que moins coûteuse, des femmes el des enfants.

Au point de vue économique il faut reconnaître que les patrons capitalistes de cet âge héroïque ont créé la grande industrie moderne, mais au point de vue moral celle histoire n’est pas belle — sauf, bien entendu, des exceptions individuelles, parmi lesquelles il faut rappeler surtout celle d’Owen, grand industriel écossais devenu communiste et qui a créé le premier une fabrique modèle.

2® Vers 1850 on voit poindre une conception nouvelle — dont on peut indiquer même le lieu de naissance et les au-

1 Adam Smith et l’école anglaise ne 1 avaient pas distingué du capitaliste. C’est J.-B, Say le premier qui Ta mis en lumière : toutefois le nom « d’entrepreneur » se trouve déjà dans Quesnay, M. Yves Guyol propose de l'appeler Vemployeur — mol déjà usité en angli s comme symétrique à employé qui désigne le salarié — mais qui h l'inconvénient de rétrécir un peu trop ta conception de l’entrepreneur; celui- ji fait beaucoup plus que donner un emploi au travail.

IMUN'CIPES d'économie POLITIQUE.

leurs, à savoir un groupe d'industriels protestants de la ville de Mulhouse, alors française, et notamment les Dollfus — ce fut celle du bon patron. Elle trouve sa formule dans celle parole de Dollfus : « le patron doit à l’ouvrier plus que son salaire ». Qu’est-ce à dire? — Que le paiement du travail, fixé d’après le cours de la main-d’œuvre, d’après la loi de l’offre et de la demande, n’épuisait pas la justice et qu’il restait encore un dO, que l’ouvrier ne devait pas être considéré comme un simple instrument mais comme un collaborateur du patron, que celui-ci devait s’enquérir de ses besoins et lécher d’y pourvoir. Par là fut inauguré le grand mouvement des instilnlions patronales — logements ouv'riers, économats, caisses de secours et de retraites parfois participation aux bénéfices, écoles pour les enfants, etc., etc., qui occupaient les places d’honneur dans toutes les Expositions d’économie sociale et remplissaient le Livre • d’Or des récompenses.

Mais en maints endroits ce généreux mouvement dégénéra en un contrôle exercé sur la vie privée de l’ouvrier qui lui devint intolérable *. Il était assez naturel que le bon patron, qui se reconcaissait des devoirs paternels envers l’ouvrier, s’attribuât aussi des droits de père et que, s’il consentait à faire des sacrifices, il voulût ne les faire qu à bon escient, en s’assurant que l’ouvrier s'en montrerait digne. Mais on pouvait s’attendre à ce que l’ouvrier se montrât ingrat, et c’est ce qui ne manqua pas d’arriver. Etant donnée surtout la mentalité de l’ouvrier d’aujourd hui, entraîné à la lutte de classes, il est évident que voir un père dans son patron lui apparaît comme une idée grotesque et odieuse. Il ne croit pas aux prétendus sacrifices du patron et, fussent-ils môme réels, il les repousse comme une aumône. H les réclame sous forme d’accroissement de salaire : rien de plus

et rien de moins.

1 Ajoutons que quelques-unes de ces institutions patronales, surtout les économats, dégénérèrent en exploitations scandaleuses et telles que le législateur a dû intervenir pour les abolir.

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D’autre part, les économistes de l’école libérale montrèrent très peu de sympathie pour le régime du bon patron. Ils sont d’accord avec l’ouvrier pour déclarer que le contrat de travail doit être un contrat do 7d des, qu’il ne doit comporter pour les deux parties d'autres obligations que celles inhérentes au contrat lui-méme — c’est-à-dire de la part de l’ouvrier la bonne exécution du travail promis, de la part du patron le paiement du salaire fixé d'après le cours du marché de la main-d’œuvre — et qu’il est inutile et même dangereux d’y greffer des obligations morales étrangères à l’économie politique.

Il n’y a guère que l’école sociale-calholique et l’école de Le Play qui défendent le régime du patronage et encore désavouent-ils la conception patriarcale ou paternelle : ils se bornent à dire que la fonction patronale n’est pas seulement économique mais morale et qu’elle ne saurait perdre ce caractère sans grand dommage non seulement pour elle mais pour la Société. Seulement le rôle des patrons aujourd’hui doit être surtout, au lieu de pourvoir aux besoinsde leurs ouvriers, de les stimuler à s’organiser eux-mêmes — par exemple, au lieu de crcerdes économats ou des cités ouvrières, de leur faciliter la conslilulion des sociétés coopératives de consommation ou de construction. On engage même le grand patron à former chez lui des ingénieurs sociaux: qui auraient pour spécialité, à la différence des ingénieurs techniques, de s’occuper de réformes d’ordre social*.

3® Une troisième période a commencé récemment quand les patrons, se trouvant en face des ouvriers organisés et syndiqués et déclarant ne vouloir avoir de rapports avec les patrons que sur le terrain de la lutte des classes, ont dû son-

* Nous croyons qu'on peut définir le rôle du patron moderne en disant qu'il doit s'abstenir de toute intervention dans la vie de l’ouvrier m dehors de Tusine, même pour •< lui faire du bien », mais qu'il doit Tiiie tout le possible pour lui procurer dana Vuttine les conditions de travail les plus parfaites au point de vue de la sécurité, de l'hygiène et du confort. C'est d’ailleurs Texemple que donnent quelques grands patrons en Angleterre et aux États-Unis,

ger non plus à protéger leurs ouvriers, mais à se défendre eux-mêmes. Alors les institutions de patronage ont fait place aux institutions qu'on pourrait appeler militantes, car elles ont pour but d’opposer aux organisations ouvrières des organisations patronales plus puissamment armées et en état de rendre coup pour coup, de répondre aux grèves par les lock-out et par les strike-breakers (les briseurs de grèves), de répondre aux mises à l’index des ouvriers par la mise à l'index des meneurs (listes noires), de créer en face des caisses syndicales de chômage des caisses oatronales d’assurance, etc.

Il est à remarquer que les socialistes eux-mêmes, ceux du moins qui sont conséquents avec leur principe, ne contestent nullement aux patrons le droit de s’organiser pour la défense de leurs intérêts de classes; ils le souhaitent même parce qu’ainsi le fait de la lutte des classes ne pourra plus être contesté, il sera mis en un relief saisissant, et ils ont confiance que par là le dénouement en sera accéléré. Il ne pourrait qu’être retardé par des concessions soi-disant philanthropiques de la part du patronat qui atténueraient la lutte et affaibliraient chez les ouvriers la conscience déclassé. Mais il va sansdire qu’inversement l’école de la paix sociale voit avec appréhension le patronat s’engager dans cette voie qui va au pôle opposé. Et pourtant peut-être cette mise en présence d’organisations puissantes et antagonistes est-elle le meilleur moyen d’assurer la paix, la paix armée, par l’équilibre des forces contraires, et notamment d'imposer l’arbitrage.

De la légitimité do profit.

Précisément parce que l’entrepreneur est le grand premier rôle sur la scène économique, le héros, c’est autour de lui surtout et de son revenu que se concentrent l’attaque et la défense.

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§ I. — Les économistes français (J.-B. Say le premier) ont nettement séparé le rôle de l’entrepreneur de celui du capitaliste pour faire du premier un personnage distinct. Ce sont eux qui l’ont baptisé du nom sous lequel il est désormais connu. Le caractère qui leur a paru prédominant en lui c’est celui de travailleur : il en résulte que le profil leur apparaît comme une rémunâi'ation du travail. Seulement c’est un genre de travail différent par sa nature du travail manuel, supérieur au point de vue de la productivité.et qui par conséquent comporte une rémunération différente du salaire.

Il comprend à la fois :

û) L'invention, acte capital de toute production, ainsi que nous l’avons vu (p. 106). Beaucoup de grandes fortunes industrielles ^acier Bessemer, machine à coudre Singer, etc.) sont le résultat d’inventions. Nous avons vu que l'acte véritablement productif c’est l’idée. Or, le rôle de l’entrepreneur est justement d’avoir des idées — non pas nécessairement des idées de génie mais des idées commerciales — c’est-à-dire surtout de découvrir ce qui plaira au public. Il ne suffit pas que l’entrepreneur invente de nouveaux modèles, il faut, si j’ose dire, qu’il invente de nouveaux besoins.

b) La direction. — Le travail collectif est plus productif que le travail isolé, c’est une des lois fondamentales de l’économie politique — mais à la condition d’être organisé, discipliné, commandé. Il faut donc quelqu’un qui distribue les tâches et assigne à chacun sa place : c’est le rôle de l’entrepreneur et c’est pour cela qu’on l’a appelé « le capitaine de l'industrie » En effet, il en est de l’industrie comme (Je la guerre. Qui gagne la bataille? C’esl le général. Et la guerre actuelle nous enseigne à ajouter : c’est la préparation et l’organisation. Laguerre est devenue une entreprise industrielle, dit-on? Oui, mais on peut retourner la proposition en disant que l’industrie est une guerre aussi dans laquelle le succès est dû aux mêmes causes : préparation, organisation, direction, et la preuve c'est que de deux entreprises

PRINCIPES d’économie PÔUTIQUE.

employant un personnel d’ouvriers de capacité équivalente, on voit tous les jours l’une réussir là où l’autre échoue misérablement.

c) La spéculation commerciale. — Ce n’est rien que de produire : l’important c’est de vendre, c’est de trouver des débouchés. Aussi aujourd'hui l'entreprise tend-elle à prendre de plus en plus un caractère commercial. Et voilà encore un des traits caractéristiques du travail de l’entrepreneur, et de la plus haute importance sociale, puisque par là il tend, quoique inconsciemment, à rétablir sans cesse l’équilibre entre la production et la consommation.

11 y a du vrai dans celle explication qui fait du profit la rémunération du travail. Cependant, elle ne paraît pas dégager la nature essentielle du profit et paraît plutôt inspirée par l’arrière-pensée de le justifier contre les attaques des socialistes. 11 est en effet à remarquer que de tous cestravauxque l’on vient d’énumérercommecaractéristiques de l’entrepreneur — invention, direction, et même recherche des débouchés — il n’en est aucun qui ne puisse être et qui, par le fait, dans toutes les grandes entreprises constituées en sociétés, ne soit confié le plus souvent à des salariés : gérants, ingénieurs, chimistes, commis voyageurs, etc. Et même fréquemment les entrepreneurs comptent dans leurs frais et inscrivent sur leurs livres un certain traitement qu’ils s’attribuent à eux-mêmes comme salaire de leur travail et qui reste distinct du profit.

§ 2. — Les socialistes au contraire voient dans le profit une spoliation du travailleur.

Déjà Owen, au commencement de ce siècle, voyait dans le profit le résumé de tout mal économique et s’elTorçait de l’abolir par l’institution d’un magasin d’échange où les travailleurs pourraient échanger leurs produits contre des bons de travail et vice versa, sans avoir à passer sous le joug de l’entrepreneur et par conséquent sans avoir à lui payer tribut sous forme de profit.

Mais c’est surtout depuis le livre de Karl Marx sur le capital que l’attaque s’est précisée. Voici sommairement de

LES ENTREPRENEURS. 609

quelle façon ce rude jouteur démolit le revenu de l’entre- I preneur, du patron.

I L’assimilation établie par les économistes entre le rôle

^ d entrepreneur et celui de travailleur, d|t-il, est absurde ou

du moins surannée. Autrefois 1e patron qui travaillait luimême ayec ses ouvriers, primus inter pares, pouvait être considéré comme un travailleur et un producteur. Le cas peut encore se présenter aujourd’hui exceptionnellement dans la petite industrie. Mais dans la grande, qui est la seule forme de l’avenir, le patron est uniquement capitaliste Pt n’est patron que parce qu’il est riche, comme on était officier sous l’ancien régime parce qu’on était noble. Et il fait rapporter un profit à son capital, comme un trafiquant, par un simple commerce : il achète pour revendre, «ju’achète t-il? la force de travail de l’ouvrier, sous forme de main-d’œuvre. Que revend-il? cette même force de travail sous la forme concrète de marchandises. Et l’excédent constitue son profit.

Seulement il s’agit d’expliquer cet excédent qui fait le profit. D’où sort-il? Car la théorie marxiste sur la valeur consiste précisément à affirmer que les choses n’ont d’autre valeur que celle qui leur est conférée par le travail et qu’elle se mesure par la quantité de ce travail (voir pp. 62-63). 11 semble donc que le patron ne puisse revendre les produits de travail de l’ouvrier pour une valeur supérieure à celle qu’il a payée pour celte main-d’œuvre? — Voici justement le nœud du problème, « le mystère d’iniquité » dont la découverte a fait la gloire de Karl Marx. Ecoutons!

Le produit livré par l’entrepreneur sur le marché a, en effet, une valeur déterminée par le travail qu’il a coûté : mettons que l’ouvrier ait mis 10 heures à le faire :1a valeur du produit sera mesurée par 10 heures de travail : le produit vaudra 40 heures.

Mais la valeur de la main-d’œuvre, de la force du travail de l’ouvrier, que sera-t-elle? Elle est déterminée comme celle du produit lui-même, comme celle de toute marchandise, comme celle d’une machine, par exemple, par son coût

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de production. Or, quand il s’agit de cette machine humaine qui est la main-d’œuvre, les frais de production ne sont autres que les frais indispensables pour produire un ouvrier, c’est-à-dire pour l’élever et le faire vivre. Supposons que les frais nécessaires pour entretenir cet ouvrier et pour amortir ce capital humain soient représentés par 5 heures de travail quotidien, en ce cas la main-d'œuvre vaudra 5 heures de travail, ni plus ni moins. Donc en donnant à l’ouvrier sous forme de salaire une valeur équivalente à 5 heures de travail, le patron paie la main-d’œuvre précisément ce qu’elle vaut, d’après les lois mêmes de la valeur et de l’échange. Mais comme le produit du travail de ce même ouvrier vaut 10 heures, il y a donc une différence entre le prix d’achat et le prix de revente, un excédent de valeur de 5 heures. C’est ce que Marx appelle Slehrwerth, qu’on traduit par la plus-value : c’est la clé de voûte de sa doctrine.

En somme, il y a donc 5 heures de travail dont le patron profite sans avoir eu à les payer, 5 heures pendant lesquelles l’ouvrier travaille gratis. Le profit c'est une certaine quantité de travail non payé : voilà tout le secret de l’exploitation capitaliste. Et il va sans dire que ces heures non payées se multiplient par le nombre d’ouvriers employés, en sorte que plus il y en aura plus grand sera le profit.

On peut mettre cette démonstration sous une forme plus simple mais moins précise en prenant comme point de départ ce fait que la valeur produite pur le travail d'un homme est généralement supérieure à la valeur nécessaire pour faire vivre cet homme — et cela même pour le travailleur isolé et primitif (la preuve, c’est que sans cette plus-value jamais la civilisation n’aurait pu naître, ni même la population s’accroître), à plus forte raison pour le travailleur civilisé dont la puissance est multipliée par la division du travail et l’organisation collective. Or, le patron, devenu possesseur de cette force de travail, parce qu’il l’a achetée, invente mille moyens ingénieux pour accroître cette plus-value — en prolongeant autant que possible la durée de la journée de

LÉS Entrepreneurs.

travail, en stimulant l’ouvrier par l’appât trompeur du travail à prix fait, en épuisant les femmes et les petits enfanis à l'aide de machines qui permettent d’utiliser leurs faibles bras. Et d’autre part, les progrès techniques, en permettant de produire à moins de frais tout ce qui est indispensable à la vie matérielle et à l'entretien d’un ouvrier, réduisent d’autant la valeur do la main-d’œuvre puisque cette valeur ne peut dépasser celle des frais d’entretien. Si nous supposons que la productivité de travail s’accrût dans des proportions telles que cinq minutes fussent suffisantes pour produire la nourriture d’un homme travaillant 10 heures par jour, eh bien! une journée d’ouvrier n’aurait plus alors qu'une valeur équivalente à celle de 5 minutes de travail: tel est le salaire- que donnerait le patron désormais et il garderait l’excédent, c’est-à dire toute la valeur produite pendant les 9 heures o5 minutes restant 1

Tout cet échafaudage dialectique, destiné à démontrer que le profil constitue, par sa nature même, une spoliation du travail, qu’il est constitué par une certaine quantité de travail non payé, est fondé uniquement sur une pointe d’aiguille, sur cette idée que toute marchandise ne vaut que la quantité de travail qui y est incorporée et que la force de travail étant, sous le régime économique actuel, une marchandise comme une autre, elle aussi ne peut valoir plus que la quantité de travail qui a servi à la produire elle-même. Mais si l’on n’admet pas cette théorie de la valeur — et rares aujourd’hui sont ceux qui l’admettent (voir p. 67) — tout croule.

Celte argumentation a néanmoins une valeur réelle, moins en tant que critique du profit qu’en tant que critique du régime du salarial, surtout au point de vue historique. 11 faut bien reconnaître que la main-d’œuvre, sous le régime du salarial, n’a été qu’une marchandise dont on trafiquait, que le patron a toujours cherché à la payer le moins possible et que durant des siècles il y a merveilleusement réussi. Mais cela ne veut pas dire que le patron soit un simple marchand achetant pour revendre, un traitant : sa fonction est infiniment

PRINCIPES d’économie POLITIQUE.

la main-d’œuvre, ne se laisse plus traiter comme un ballot : — syndicats, législation ouvrière, coopération, tout cet ensemble de mesures tend précisément à régler le taux du salaire par d'autres lois quecelles qui régissent le cours des marchandises, c’est-à-dire à reconnaître au salarié les droits d’un copartageant.

§ 3. — Entre ces deux thèses, l’une surtout apologétique, l’autre surtout critique, nous croyons qu'il en est une troisième, plus près de la vérité. 11 faut distinguer deux sortes de profit : rcelui qui consiste dans la rémunération du travail spécial à l’entrepreneur et des risques courus, qui de- \Tnit rp nirer plutôt dans le coût de production; — 2* celui qu’on pourrait appeler « surprofit », résultant de certaines circonstances favorables qui permettent à l’entrepreneur de vendre au-dessus du prix de revient el\n\ confèrent par conséquent une sorte de monopole, ou qui lui permettent de produire au-dessous du coût normal de production et lui confèrent une sorte de renie différentielle Ce monopole peut être naturel, c’est-à-dire résulter de certains avantages de situation; il peut aussi être légal et résulter, par exemple, d’un tarif de douane protecteur ou de brevets d’invention. 11 peut résulter même de n’importe quelle circonstance, car le monopole n’est pas un fait exceptionnel ; il est partout. Un épicier qui a son magasin au coin de la rue jouit, par cette seule situation, d’un certain monopole réel.

Or la légitimité du profit de la première catégorie ne peut faire doute puisqu’il n’est que la rémunération des facteurs essentiels de la production Mais la légitimité du surprofit est moins aisée à établir, et remarquez que c’est

1 La rente industrielle ou commerciale âliïère néanmoins de la rente foncière parce que celle-ci lient toujours à des causes réelles, c’est-à-dire indépendantes de la personne, et généralement plus ou moins permanentes, tandis que celle-là présente au contraire un caractère plus peiaonnel et temporaire. Elle se trouve d’ailleurs moins en opposition avec rintérèt général, car tôt ou tard c’est le coût de produclion minimum qui règle le taux du profil, parce que le monopoleur ne tarde pas à être délogé de sa situation par d’autres et parce que tui-mème a intérêt à abaisser les prix.

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celui-ci précisément qui est la source de toutes les grandes fortunes. On ne peut guère invoquer pour la défendre que l’utilité qu’il y a à concéder dans les choses humaines une certaine part au hasard, à laisser jouer ce flux et ce reflux qui, comme dit Shakespeare : « pris au flot montant élève à la fortune et qui, le momeut opportun manqué, laisse sombrer dans la misère* ».

Seulement il est très possible que ces opportunités deviennent de plus en plus rares dans la société future. Soit en effet qu’elle évolue dans le sens d’une libre concurrence parfaite qui abaissera toute valeur au niveau du coût de production et réalisera ainsi l’idéal de l’école mathématique; — soit qu’elle évolue dans le sens de l'association coopérative qui a pour principe d’abolir le profit en le restituant à ceux sur qui il a été prélevé, consommateurs ou ouvriers*; — soit enfin qu’elle aboutisse au collectivisme avec socialisation des instruments de production — dans toutes ces hypothèses le profit est bien menacé. Depuis longtemps les économistes classiques, tels que Stuart Mill, avaient considéré comme certaine sinon sa disparition du moins sa baisse graduelle, et prophétisé qu’elle aurait pour conséquence « l’état stationnaire » (voir ci-dessus, p. 114).

Mais si la disparition du profit est douteuse et, en tout cas, à longue échéance, au contraire la disparition du patron est chose faite dans toutes les entreprises sous forme de sociétés par actions, c’est-à-dire dans la grande industrie. Il s’y trouve bien encore mais décomposé en président

There ii a tide in the afTairs of mea Which taken at tbe flood leads to the fortune;

Omitted, ail the voyage of their lifa Is bouad in shallows and in miseries.

* Présentement il n’y a qu'une seule forme d'entreprise dans laquelle on puisse dire que le profil a été éliminé, c’eat la aociéié coopérative de consommation. Elle répartit bien entre ses membres des dividendes ou bonis, mais il n’y a là qu'une apparence de profit puisqu'il s'agit simplement de rembourser aux acheteurs ce qu’ils ont payé en trop.

Gide. — Éc. Pol. 35

LES SNTRBPRBNKUR8

du conseil d’adminisl''alion, directeur, actionnaire, etc. ' Cette élimination d j. patron est-elle destinée à se généraliser? Ceci revient à demander si l’entreprise individuelle est destinée à être remplacée partout par l’entreprise collective — soit de société de capitaux, soit de société [Coopérative, soit de régie étatiste, soit de socialisa- Ition collectiviste? Nous sommes enclins à le croire en ce qui concerne les entreprises déjà mûres, parvenues à cette période où elles peuvent se développer de façon quasi - [automatique. Mais nous ne croyons pas que de longtemps encore on puisse se passer de l'entrepreneur pour créer

t association de l’ouvrier avec le patron

En traitant du salariat nous avons montré les inconvénients de ce mode de rétribution : conflit d’intérêts entre le I patron et l’ouvrier, mauvaise utilisation du travail, et par conséquent msovnis rond^rn^^l*. *

On a donc cherché à perfectionner le contrat de salaire par divers modes d association avecou mêmesans le patron :

1* En allouant, en plus du salaire fixe, une part dans les bénéfices de l’entreprise.

Cette institution delà participation aux bénéfices a été pratiquéede temps immémorial chez les pêcheurs, et on peut dire que 1 antique contrat de métayage dans l’agriculture n’csl qu’un mode de participation aux bénéfices pour l’ouvrier agricole. Mais la première expérience qui ait été consacrée par un succès éclatant est celle faite à Paris en 1842 par un peintre en bâtiment, Leclaire.

Lâ participation est susceptible de revêtir les formes les plus variées, mais il faut en tout cas qu’elle soit contractuelle, c’est-à-dire qu’elle fasse partie intégrante du contrat de travail, qu’elle soit inscrite dans les règlements de la maison, et accordée comme un droit — sans acception de personne et sous certaines conditions générales fixées d’ovance — généralement au prorata des salaires, le plus souvent aussi en tenant compte de l’ancienneté. Le nom de participation aux bénéfices ne doit jamais être employé là où il ne s'agit que d une simple gratification.

La part allouée aux ouvriers peut leur être remise en argent ou être versée à leur compte dans une caisse d’épargne ou de retraite. Ce dernier système, qu’on désigne parfois

* L«8 patrons ont cherché aussi à accroître le rendement du travail salarié par d'au res moyens que nous ne pouvons exposer ici, tels que le salaire avec primes, ou le travail en commandite qui n’est qu'une sorte de travail aux pièces collectif.

récentes — telles l’automobilisme, et celle de demain, l’aviation — eussent jamais vu le jour si des individus riches et courageux n’en eussent fait leur affaire? Mais il est possible néanmoins qu’un jour vienne où l’aviation devienne entreprise coopérative et même entreprise d’Etat : ce sera le jour où le voyage en aéroplane sera devenu aussi banal que le voyage en wagon.

Au reste, même là où le patron a disparu, même dans les entreprises collectives, c’est toujours une ou quelques individualités qui en sont l’âme. Ce ne sont pas les actionnaires; que les Anglais appellent du nom si expressif de slceplng partners (associés dormants), simples prêteurs d’argent qui ne se distinguent des prêteurs ordinaires, dits obligataires, qu’en ce qu’ils ont accepté de courir certains risques en échange d’une part dans les profits. Mais les vrais successeurs du patron ce sont les membres du conseil d’administration, le plus souvent même un Sf'ul d'entre eux, président ou secrétaire, qui a étudié et lance l'entreprise et qui, étant généralement propriétaire d'un grand nombre d’actions, touche une grosse part des bénéfices et apporte toute l’énergie de l’intérêt personnel.

sous le nom de ■participation est le plus souvent

pratiqué en France; il a cet avantage d’assurer le bon em- | ploi de l’allocation supplémentaire, mais d’autre part, en ajournant à une échéance lointaine l'entrée en jouissance, il affaiblit d’autant l’action stimulante qu’on attend de la participation.

La participation aux bénéfices compte des partisans enthousiastes qui en attendent de nombreux avantages tant au point de vue moral qu’au point de vue économique :

1® Réconcilier le travail avec le capital, et relever la dignité de l’ouvrier en transformant celui-ci d’instrument de production en associé;

2“ Accroître la productivité du travail en stimulant l’activité de l’ouvrier et en l’intéressant au succès de l’entreprise ;

3® Augmenter le revenu de l’ouvrier en ajoutant au salaire ordinaire et hebdomadaire, qui reste affecté aux dépenses courantes, un dividende de fin d’année qui peut être j consacré à l’épargne ou aux dépenses extraordinaires; i

4® Éviter le chômage en créant entre le patron et ses ouvriers des liens permanents.

Mais la participation aux bénéfices compte aussi de nombreux adversaires : d’une part, chez les économistes et les patrons; d’autre part, chez les socialistes et les ouvriers eux-mêmes.

Pour les socialistes, cela se comprend : si le profit est un vol commis par les patrons au détriment des ouvriers, alors une prétendue réforme qui légitime ce vol en y faisant participer les volés eux-mêmes, paraît fort impertinente!

Les ouvriers craignent que la participation ne soit employée comme appât pour leur faire produire par un supplément de travail une valeur supérieure à celle qui leur sera restituée sous forme de supplément de revenu.

Quant aux patrons, ils trouvent injuste une participation aux bénéfices qui n’a pas pour contre-partie une participation aux pertes et surtout ils ne veulent pas être obligés de i faire connaître à leurs ouvriers et, par là même à leurs con- j

LES ENTREPRENEURS. 617 S

currents et au public, le montant de leurs bénéfices — ou pis m

encore ! leurs pertes*. p

Enfin quant aux économistes, sans la condamner formellement, ils ne veulent y voir qu’une modalité ou, comme . dit spirituellement M. Paul Leroy-Beaulieu, « un condi-

ment » du salariat, analogue aux primes ou sursalaires al- ^

loués dans certaines maisons. En tant que solution générale, ils font valoir contre elle cette objection grave que les ouvriers ne sauraient prétendre à un droit proprement dit sur les bénéfices, attendu que ces bénéfices ne sont nullement leur œuvre, mais exclusivement celle du patron. Les bénéfices, en effet, dit-on, sont le résultat, non de la fabrication technique et matérielle, mais de la vente faite au bon moment et au bon endroit, art tout commercial et auquel les ouvriers restent absolument étrangers. La preuve c’est qu’on voit partout des entreprises dont les unes font de gros bénéfices et les autres des pertes et qui pourtant emploient un personnel ouvrier absolument identique — exemple les mines, les chemins de fer, etc.

Si par cette objection on veut dire que l’industriel ne fait des profits qu’en tant que commerçant et non en tant que fabricant, la distinction paraît bien paradoxale. Si on veut dire que ses profits sont dus surtout à des circonstances favorables, nous l’admettons, puisque c’est là précisément ce que nous avons exprimé sous la formule du profit-monopole (voir ci-dessus, p. 609), mais alors pourquoi les ouvriers n’auraient-ils pas droit à bénéficier d’un monopole qui n’au rait pu être exploité sans leur concours* Notez bien que l’on trouve cela tout naturel quand il s’agit des capitalistes actionudires, quoique assurément les bénéfices soient encore moins le'ur oeuvre que celle des ouvriersl

Toujours est-il que la participation aux bénéfices est loin de répondre aux grandes espérances qu’elle avait fait naître.

1 Toutefois, cette dernière objection ne porte pas en ce qui concerne les entreprises sous forme de sociétés par actions, puisque leurs bilans S(^ot publics,

PRtNCIPES D^ÉCONOMIB POLITIQUE.

Le nombre des maisons qui la pratiquent, par tout pays, diminue assez notablement depuis une dizaine d années .

Si la participation aux bénéfices ne se développe pas c’est surtout parce qu’elle subit la défaveur qui s attache aujourd’hui à tout mode de patronage et même a tout ce qui tend à resserrer les liens entre le patron et 1 ouvrier . ce qu’ils recherchent, au contraire, l’un et l’aulre, c est a être le plus possible indépendants l’un de l’autre. Elleexigr>, dit M. Trombert, « l’existence dans les ateliers d un bon esprit » : oui, mais ce *< bon esprit «, dans le sens d esprit

de famille, se fait rare. ^ , ai

Cependant, la participation aux bénéfices na peul-eire

pas dit son dernier mot.

D’abord, il y a quelques branches de la production dans lesquelles la participation n’a pasencore été sérieusement essayée, quoique ce soit celles où elle semblerait devoir donner les meilleurs résultats (et chose curieuse! c’est la pourtant qu’elle a commencé) : nous voulons parler de 1 agriculture

et de la pêche maritime. . •

De plus, il est possible qu’elle devienne obligatoire

dans un certain nombre d’entreprises. Cela rentre dans e programme radical-socialiste dont nous avons déjà parlé (p. S98). On la rendrait obligatoire dans les entreprises concédées par l’État ou les municipalités par une clause insérée dans le cahier des charges. Et ce serait un vaste domaine où elle s’installerait de vive force, car ces concessions comprennent les mines, les chemins de fer, les tramways, l'éclairage, etc., etc. — surtout si une telle loi devait avoir effet rétroactif, c’est-à-dire s’appliquait à toutes les exploitations déjà existantes et concédées il y a longtemps.

Disons pour conclure qu’on est très porté à surévaluer le montant des bénéfices. Le fait que, dans toute entreprise, le profit est accumulé entre les mains d un seul, tandis que le salaire est éparpillé entre les mains de centaines ou de

« Pour les statistiques sur ce point, comme sur toutes les institution's ouvrières étudiées précédemment, voir notre livre Economie Sociale.

LÊS ENTREPRENEURS.

milliers de copartageants, fait illusion sur leur importance respective. Mais si, par la suppression de tous les patrons, on pouvait distribuer leurs profits entre les mains de tous les ouvriers, ceux-ci seraient fort désagréablement surpris en constatant que cette expropriation ne grossirait que dans une assez faible proportion la part de chacun d’eux.

2“ Une modification plus radicale encore du contrat de salaire consisterait à le transformer en contrat de société véritable, c’est-à-dire comportant une participation non pas simplement aux bénéfices mais aussi à l’administration et à la responsabilité, y compris les pertes. Au premier abord cela paraît impossible car comment l’ouvrier pourrait-il supporter les pertes, puisqu’il n’a pas de capital? Et comment le patron pourrait-il accepter le contrôle de l’ouvrier sur son administration? Cependant cette double difficulté est surmontée si l’ouvrier devient capitaliste, c’est-à-dire possède des actions de l’entreprise dans laquelle il est employé : en ce cas il participe à l’administration et aux pertes dans la même mesure que tout autre actionnaire. C’est ce que les Anglais appellent la copartnership et que nous pouvons appeler l'actionnariat ouvrier.

La difficulté pratique est, comme on peut bien le penser, de fournir à l’ouvrier les moyens d’acquérir les actions. La participation aux bénéfices est la voie la plus simple — en convertissant les parts de bénéfices en parts d’actions dans l’entreprise — mais on peut aussi y arriver sans le secours de la participation, en facilitant, par exemple l’acquisition des actions par petites coupures accessibles à l’épargne de l’ouvrier.

Mais une difficulté plus grande encore c’est de persuader l’ouvrier de devenir actionnaire de l’entreprise' ; car généra-

^ La répugnance desouvriera à devenir actionnaires de l'entreprise oà ils travaillent s'explique assez bien, non seulement par un esprit d'hostilité à toute collaboration avec le patron, mais aussi, à un point de vue beaucoup plus bourgeois, par la crainte de la part de l'ouvrier de voir engloutir son épargne ou sa part de bénéfices. Si rentreprise vient à péricliter^ ü se trouvera doublement frappé, puisqu'il perdra à la fois son emploi et son capital.

020 PRINCIPES d’économie polixiqcb.

lement il a montré très peu d’empressement à faculté là où elle lui a été accordée, a telles enseignes qu il fallu souvent en arriver à transformer cette facu^lté en obli Ration, c’est-à-dire rendre l’ouvrier actionnaire bon gré mal gré en convertissant d’office sa part de bénéfices en actions Seulement on peut avoir quelques doutes sur 1 efficacité mo raie et sociale d’une solution qui consiste a faire du salarié

un associé malgré lui.

Si l’actionnariat ouvrier est greffé sur la participation aux

bénéOces et organisé de telle raçoo qu'il tiquemenl et indéfmimeDl, sans fiier de linnile a la portion du capital qui pourra être appropriée par les ouvriers, il est clair qu’il doit aboutir tôt ou tard à éliminer le patron et transformer l’entreprise en une association cooperative de production. C’est en effet de cette façon et non autrement que se sont constituées les associations coopératives de production les plus prospères, par exemple le Familistère de Guise et la maison de peinture Leclaire.

L’association coopérative de production.

L’association coopérative de production constitue, dans l’évolution du salariat, un degré supérieur aux precedent Ce n’est plus l’association des ouvriers avec le patron,

c’est l’association des ouvriers sans le patron».

La France est considérée comme la terre classique de ce genre d’institutions. U est vrai qu’elle en a pris l initiative, caria première association de production, semble-t-il, a été

4 C’est ainsi que dans les Compagnies du gaz de Londres, qui sort! le plu. graid succès de la copartnership, il a fallu

S laisser convertir en actions au moins la moitié de sa 1

Voir notre article sur V Actionnariat oucter, dans la Revue cl Lco

"Tsufrt coopé™.!.. d. proéuoli.™. libr.

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