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CHAPITRE II

PLACE qu'occupe l'ÉCONOMIE POLITIQUE AU MILIEU DES SCIENCES pU MÊME ORDRE.

SCIBNCBS DE LA TIB PUBLIQVB.

Là poJieigtie, ou la science de l'Etat en général, est la doctrine des lois de développement de la vie publique, en tant qu'elle se manifeste dans des sociétés indépendantes, pourvues d'une force coercltive matérielle, et formées en vue d'une durée illimitée (Etats). Nous comprenons, par contre, sous le nom d'économie politique, de science de l'économie publique (4), l'étude des lois du développement de l'économie publique, de la vie économique de la nation. Ces deux sciences se rattachent d'une part à l'étude de l'Individu, et s'étendent d'un autre côté à l'exploration de l'humanité tout entière (2).

Comme chaque existence, la vie nationale forme un ensemble dont les divers phénomènes se relient intimement les uns aux autres. Pour en comprendre scientifiquement un seul côté, il faut les connaître tous; et il importe surtout d'arrêter son attention sur la langue, la religion, l'art, la science, le droit, l'Etat et l'économie (3). Que pourrait l'activité intellectuelle sans la langue? Tout succombe sans la religion, base la plus solide et but le plus élevé; l'art seul enfante la beauté,* et la science la clarté ; le Aroxi surgit du moment où Ton ne peut pas éviter les conflits et qu'on veut les concilier; c'est dans le domaine de l'Etat que tout se développe; enfin toute relation hu-

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maine, sans en excepter les plus élevées et les plus douces, touche à des Intérêts économiques. Il est donc tout limple que chacune des sciences qui embrassent ces aspects de la vie présuppose en partie toutes les autres, ou serve en partie aies fonder (4). — Mais au milieu de cette affinité générale, il est facile de reconnaître que le drot^ YEtat et Véeonomie forment comme une famille à part, plus étroitement unie. -^ Ces trois éléments se bornent presque exclusivement à ce que Schleier** mâcher appelle l'action effective , tandis que l'art et la science se confinent presque en entier dans l'exposition , et que la religion et la langue réunissent en elles les deux caractères. En outre, df oit, Etat et économie poussent tellement leurs racines dans Vimperfection intellectuelle et physique de l'homme» qu'on ne saurait guère songer à leur persistance au delà de la vie terrestre (Evang. selon S. Matth., 22-30) ; mais en deçà de cette limite, leur domaine et les circonstances de leur action se con* fondent presque ; seulement elles les saisissent sous des aspects différents. Tout acte économique, qu'on le sache ou qu'on l'ignore, présuppose des formes légales, et la grande majorité des lois et des jugements renferme une portée économique. Dans nombre de cas, le droit nous enseigne comment les choses se passent, etTéconomie politique nous révèle h pourquoi {^, 6). En ce qui concerne l'Etat, qui pourrait, par exemple, apprécier la signification politique de la noblesse, sans connaître le caractère économique de la rente, de la grande propriété? Qui pourrait apprécier politiquement les classes inférieures, sans être initié aux principes du salaire, de la population? Il serait moins difficile de faire de la psychologie sans physiologie ! « L'Etat est une société garantie par la force » (Herbart). Mais toute . force matérielle (7) repose sur deux bases : richesse et aptitude guerrière (^p7i[jiaTa vauTixa, selon Thucydide). Le célèbre mot deMontecuccoIi:«L'argentn'estpas seulement la première, mais encore la seconde et la troisième condition de la guerre (8),%

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a suffisamment iudiqué combien celle-ci a besoin de celui-là. Frédéric II voyait battre dans les finances le pouls de TEtat ; elles étaient aux yeux de Richelieu le point d'appui que demandait Arcfaimède pour soulever le monde. Chez les peuples modernes, l'histoire du vote de l'impôt se confond avec l'histoire de la vie parlementaire, et la plupart des grandes révolutions, sans excepter la Réforme, ont été sinon causées, du moins provoquées par des embarras financiers.

(i) Economie nationale (National CEkonomê)=z économie publique [Folkswirthschaft] ; économique nationale (National €Ekonomik) :^ la science de l'économie publique. La première dénomination a été naturalisée en Allemagne depuis 1805 (vonSoden, Die National OEkonomie, 1805 ; Jacob, Grundsâtze der National OEkonomie, 1806). En Italie, G. Ortes l'avait déjà employée (Deireconomia nazionale, 1774). En Angleterre, Ferguson s'en est servi en 1767 dans son History of civil society (III, p. 4). En général^ dans les pays autres que TAllemagne, on se sert des mots économie politique (Montehretien de Vatteville^ Traité de Téconomie politique, 161 5j, political economy (sir /. Steuart, Inquiry into the principles of p. Ec, 1767), ou bien public economy (Petty, Severalessays, 1682, p. 35), economia politiea ou publica (ce dernier terme se rencontre chez Verriti chez Becearia), La dénomination peu heureuse de economia civile [Genovesi, Lezionid'Ëc. civ., 1769) a trouvé peu d'adhérents, et moins, encore dans la France moderne, celle ^'économie sociale (Dunot/er, Nouveau traité d'Ec. soc, 1830), recosunandée déjà par /. B. Say et employée par Buat (Des vrais principes de TSc. soc., 1773). V. Garnier (De Torigine et de la filiation du mot économie politique, Journ. des Econom., 1852).

(2) Rau (Ueber Kameralwissenschaft, p. 29, seq.; Lehrbuch der politischen QEkonomie, I, § 20) démontre qu'il n'est pas nécessaire de faire de l'économie universelle une science distincte, et que tout ce qui pourrait être de ce côté l'objet de quelques recherches est déjà contenu dans l'étude de l'économie politique. En ce qui concerne Véconomie privée, V. § 20.

(5) En tant que ces éléments divers reposent et s'exercent sur des faits surhumains et surnaturels, le mode suivant lequel on les admet, ou suivant lequel ou s'en sert, est une expression de la vie publique.

(4) J. Tûcker pense que la religion, l'Etat et le commerce ne sont que les parties d'un plan général d'ensemble ; on ne peut donc songer irrien fonder de solide dans les limites de l'nae de oes trois fractions

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d'un même tout, si elle se trouve en opposition formelle avec les deux autres, parce que les œuvres de Dieu ne* sauraient pécher par défaut d'harmonie. (Four tracts and two sermons on polit, and commercial subjects^ 1774, Serm. I).

(5) Riedel (National OEkonomie, 1838, 1, p. 178, seq.) fait très-bien ressortir la différence entre la manière dont la science du droit et l'économie politique enyisagent la question, à propos du prêt, choisi. pour exemple. Au point de vue du droit, le débiteur est regardé comme le propriétaire du capital; il en court tous les risques et périls, tandis que la science do l'économie politique, pénétrant plus avant dans la nature même du contrat, arrive à une conséquence opposée,

(6) Les juristes éprouvent toujours le besoin d^ôler à leurs notions isolées le caractère purement accidentel, en les groupant de manière d en former un tout complet et indépendant. Il faut posséder des connaissances très-approfondies pour saisir leur liaison nécessaire au point de vue historico-juridique. Ce qu'on désignait sous le nom de droit naturel pouvait satisfaire «î ce besoin ; mais compte-t-il beaucoup d'adeptes? L'Economie politique, avec son caractère d'exactitude et d'utilité pratique, ferait seule en état de le remplacer au temps actuel.

(7) La force intellectuelle d'un peuple consiste dans le développement poissant et harmonique des sept éléments de vie mentionnés plus haut.

(8) Jllontecucco^/t (Besondere und geheime Kriegsnachrichten, Leipzig, 1756, p. 45).

Si Ton entend par économie publique la législation économique imposée et la direction officielle imprimée aux économies privées(l),la science de l'économie publique devient, quant à la forme, une branche de la politique , tandis que, quant à son objet, elle se confond presque entièrement avec l'économie politique. C'est pourquoi bon nombre d'écrivains emploient les mots d'économie publique et d'économie politique comme des expressions synonymes (2). L'bypothèse suivant laquelle cette étude ferait abstraction de ÏEtat ou se refuserait à en présupposer la formation (5) nous égarerait dans une construction idéale bien difficile à définir, étrangère à toute réalité, et inaccessible à Texpérience.

34 VLkCR qu'occupe L'ECONOMIE Pa^lTIQUK

La relation inlime qui existe entre la politique et l'économie politique se manifeste tout aussi clairement dans Tétude des finances ou de Tadministration publique. Celle-pj se relie jncoiit^^tpblement à la politique par le but, mais à réconomie politique par les moyens. Aucun physiologiste ne pourrait comprendre l'action du tronc humain sans celle de la tête ; de même nous ne saurions saisir Tensemble organique de Técoiiofnie publique, si nous laissions de côté le plus grand ménnge, celui qui exerce sur tous les autres (4) une action continue et irrésistible.

Nous désignons sous le nom de police le pouvoir qui a pour mission directe et immédiate d'empêcher toute espèce d'atteinte à Tordre public (5). Son domaine s'étend sur tous les éléments de la vie publique, du moment où Tordre extérieur est menacé et demande protection. Mais son action se fait surtout sentir en ce qui concerne le droit, VElat et t économie. La science de la police saisit donc par leur côté purement extérieur les diverses doctrines qui explorent la vie publique, ei les fait concourir au but pratique qu'elle poursuit. Elle se comporte à leur égard comme la chirurgie vis-à-vis des sciences médicales, ou comme la procédure vis-à-vis de la science du droit.

(1) mOQu (Bandiiu«h der SUdtswirtksyhaasUhre, 48SS).

(2) Ainsi von Jv.sti (Staatswirlhschafl , 175o ; Kraus (Slaatswirtli- schafl, publiée par Auerswald, 1808); Schmalz ïlandbuch der Sfaatswirlhschaft, 1808). Plus récemment, ffermann (Slaatswirlhschnfliiche Unlersuchungen, 1852i. fin France, l'expression économie d*Etat est très-rarement employée. Gavard Priacipes de Téoonomie d'Etat^ 1796).

(3) Pqelilz Slaalswissendiaften im Lichte unserer Zeit, H, p. 5). V* Lolz (Handbiich der Slaalswirlhschnft, S^édit. 1837, 1, p.10, seq ).

(4) Notre manière de concevoir récoMmie poiititpie lien! le milieu ^Blre les opinioiis extrêmes L i4ée rendue far le nom de«Katanakii(|a<,» proposé par Whatdy (lecture^ on polilical economy, 1831, liv. {j, ^t traduite plus lard parle titre |»rimilif du livre de von Prittwitz (L'arl de s'enrichir, 1840), est beaacoup trop restreinte. De son côté, Dunoyef va trop loin lorsqu'il dit(Liberté du travail, 1845, Uf . IX, eà. i)...: « ff^

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p«4 Seulement de quelle manière une iietion déviait riehe, maU suinni quelles lois elle réussi^ le fpiep^ à eiéeiUef {îbfemeQt (oiiUs ^es: fqnç? lions ; d sa dénnilion est trop étendue. Il en est de même du Manuel de Storch (Slorch Bandbuch), revu par Bau (I, p. 9). Plusieurs modernes envisfigeni réeqnoroie poUiiqne eomnie U Théorie tk la êoeiéfé; aiiicl, par exemple^ Scialoj^ iPripcipi deir epqqqmia sp^s^le, i840) i Cil^4^ia (Ëconoinia polilica del medio evo, III, 1842).

(5) Voyez, sur les définilions nombreuses aut^ant que variées de la police: t^o» Berg (Handbuch des Polii^irechtt, I, p. 1-19) ; Butlê (Versneh 4< r Begrfindung eiues Systems def PplUei, ^^7| p. 6. mV* f^M^t (Ueherden Begriffder Slaalspolizei, 1^|7, p.Ji» seq.). Unedifliculfé car pilnle, c'est que le domaine de la police, par suite des modiGcations successives apportées dans l'élat de la civilisation des peuples, doit subir lui-mÂroe des variations plus iniportantei qu'aucun autr« pouvoir pilliljp. Paris notre déGnitipn il faut $i|rtPutrenoarqi|er jes mots t( prdre eilérieuf » et « mission immédiate d*empêcher toute atteinte. » L'Eglise, renseignement, la justice, etc., contribuent sans doute, mais d'une manière médiate fi réprimer les désorires et les troubles dont il est iei questioo \ 4^ plu», beaucQMp d'aulres ij|sti(ptiMPs pffreu| que prpie^tlqn immédiate à Tordre public , pris d^ns up seqs plus élevé ^ moral j^lulôt que matériel.

fi».

Nous appelûBS enfin rtatiatique le tableau de la vit idcialt reproduit à des moments donnés ^ t surtout au moment a^tielt en prenant pour mesuro loi^ lois do dévoloppemeut que los éludas déjà mentionnées ont permis de constater. (Schloser la uompoe : Tbistoire h un point d'arrêt) (1). Ello évita avaouusoin égal d'eu dire trop on trop peu. Pour retraeap d nna «laiiièr-a complète tout ce qui rentre dans son objet, la statistique doit naturellement embrasser la vie publique sous tous ses aspects. Mais elle ne saurait envisa^r comme siens que les feits dont elle saisit le sens véritable, en d'autres termes, ceux qui peuvent être ramenés à des lo%^ connues. Ou ne recueille le$ autres que dans l'espoir d'en pénétrer plus tard la siguiicatioiè, aa les comparant entre eux. Eh attendant, Us sont pour le statisticien ce que des expériences incomplètes sont pour r^Qptipeqijji

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demande aux sciences physiques la connaissance des secrets de la nature. On entend professer de plus en plus Tidée que la statistique devrait ne s'occuper, sans se borner aux faits présents, que des intérêts delà société et de TEtat, qui peuvent se réduire en chiffres (2). On dresse des tables, on multiplie les calculs, et le sens des chiffres ainsi groupés s'évanouit presque-, pour ne se dégager que des résultats obtenus. Sans contredit, pour tous les faits qui s y prêtent, la formule mathématique est la plus satisfaisante, et nous devons nous efforcer de développer . autant que possible la statistique de ce côté. Mais autre chose est un aspect de la science, et autre chose la science elle-même. Les sciences naturelles ne présentent aucune branche appelée microscopie, qui aurait pour but spécial de réunir les observations faites à l'aide du microscope, et Ton doit bien se garder de confondre le principe d'unç science avec le principal instrument qu'elle emploie. La statistique, ainsi limitée, manquerait d'unité et de cohésion.

Il demeure évident, du reste, que la statistique économique occupe une place capitale dans cette étude, et se prête le mieux aux opérations du calcul. Si elle a besoin d'être sans cesse guidée par les lumières de l'économie politique, elle lui fournit en échange de riches matériaux qui servent à la construction ultérieure de Tédifice scientifique, et qui pennettent de mieux en asseoir les fondements ; son concours est d'ailleurs indispensable pour amener les théories économiques à l'étsit d'application.

(1) Butte (dans son ouvrage intitulé Statistik als Wissenschaft, 1808, p. 124, seq.) cite et analyse un grand nombre de définitions admises à des époques antérieures.

(2) Voyez Dufau (Traité de statistique , 1840) ; Moreau de Jonnès (Eléments de statistique, 1847); Knies (Die Statistik aïs selbstaendige Wissenschaft, i8£ft0). Voyez surtout les ouvrages de Quélelet; et, pour l'opinion contraire, Fallait (Ëinleitung in die Wissenschaft der Statistik, 1845).

AU MILIEU DBS SCIENCES DU MÊME ORDBE ÉCOHOHIB PKITJ

Le sens du mot sdenee camiraU ne peut Thistoire des institutions (1). À partir de la fin du moyen âge, nous rencontrons dans la plupart des pays allemands une autorité nommée Chambre [Kammer)^ chargée d'administrer'ie domaine et de veiller aux droits régaliens. D'abord simple commission, elle ne tarda pas à se transformer en col/^^r^ indépendant: En Bourgogne, ce pas fut accompli dès Tannée 1409^ c'est là que l'empereur Maximilien apprit à connaître l'institution dont il prépara l'application générale en Allemagne, en érigeant les Chambres auliques d'In^^ruck et de Vienne (1498 et 1501). A cette époque, le principe de la division du travail était peu développé; aussi l'autorité personnelle et collégiale recevait-elle aisément une extension considérable. Ces Chambres se virent donc chargées de régler la plus grande partie des nouvelles affaires d'administration, dont le nombre s'accrut avec une singulière rapidité. Elles comptèrent parmi leurs attributions principales ce que nous appellerions aujourd'hui la foliee économique; en outre, une portion importante de la justice inférieure était exercée par leurs subordonnés. Les auteurs les plus distingués qui ont écrit sur ces matières dans le cours du dix-septième siècle insistent vivement sur ce point, que les Chambres auliques n'avaient pas seulement à s'occuper des questions fiscales, mais encore de la police économique (2). L'intérêt du pouvoir absolu des princes s'accommodait fort de l'institution camérale, instrument docile qui échappait à l'intervention gênante des Etats.

On commença insensiblement à réunir en un corps de doctrine particulière les connaissances qui jusqu'alors n'avaient point trouvé place dans l'enseignement du droit, et qui étaient indispensables aux fonctionnaires de cet ordre. Alors que des

38 FiiAcv Qtf'becuvR V Economie politiqvr

hommes remarquables, tels que Morhof et Thomasius (3), avaient préparé les voies , le rdi Frédéric-Guillaume P' , caméraliste habile lui-même et fondateur du remarquable système financier delà Prusse, fit un pas décisif en fondant à Halle et à Fraucfortfiur-4*0dèr defe ehdires d'économie et de êâeneecafnérah^ remplies d une manière brillante, pour Tépoque, par Gassef et Dithmar (1727). Il se foritia dès lors au sein des universités allemandes une école dislinete de eamérttli$ieê^ qui se coiUtnue par Jung) Rœssig et Schmalz jusqu'à la fin du dix-huilième siècle. La dénomination âe science camérûle^ fruit du hasard^ fut, k dire vrai, employée avec des acceptions très-diverses (4). Toujours lest^il qu>n Allemagne l'économie politique a dû avoir pour point de départ la science camérale^ tandis qu'en Italie et eu Angleterre elle a l^urtout pris naissance dans Tétude de^ questions monétaires et du commerce extérieur.

(1) L*flDtîqulté comprenait sous la dépetnination de xAf^dÉpa^ cambra, des lieux couverts, surtout voùlcs, et les voûles elles-mêmes^ des espèces multiples de souterrains. Voyez Eerodot. (I, 199); Ùiod. (lî, 9J; kfah'o (Xî, 493); Àfriah, (Exp. Alex. Vil, 25, S) ; Wo ï^mà. (XXÎVl, %% \ 'Saimt. (Bfelî. C, îfé); Cicero (Ad Q. fnllrem, ÎII, 1 )? PW*i. (Ilist. nat., XXX, 27); Semca (Epist. 86J( Taoit. (Uist. MI, 47;; Sueton. (Nero, 34;. Au moyen âge, la signiliralion à^chamhre du trésor (Schalîskammèr) devint prédominante : càmera 'est lôcûs^ irï qûerh the 9autûÈ tacoUigitur, tel conclave^ (lï qut) ptcunia irt^lPTvatUr {Vckâtn^ cap« Quid sit scacarium). La synonymie Avec le fi$o s'est peu à peu produite depuis Gharlemagne, ou au moins depuis Louis II (Charte de 874}. Voyez Ûucange (Glossarium, au mot Caméra) et Muratori (Aniîqiiit. llai.,I, p. 952, sëq.)

(2) ff Un père de famille dbit flnner et labourer son clidmp, sll veut en tirer une récolle ; engraisser son bétail, s*il veut l'abattre; et donner à ses vaches une bonne nourriture, s'il veut qu'elles lui prodilisent WaùcbiJp tle lîilt. Ud prîhcfe dbli pareillemfehl fcomniènber» par aisurer é ses sujets une nourriture ^aine et abondartte; l'il prétetid â son tour en tirer quelque chose {von Schroeder^ Fûrstl. Scliatz- und Rentkammer, 1686, préface, § 11). Von Horneck, avant lui, 1654 (Oeslerfèîch ûbér ailes wanh es iiur wîtl,p. 220 de l'éd. de 1707), avait dëjâ êilils Ukié Ittée 4ti« la ^ëtliéltddë tîgilantè apportée à renâëmblé &% VM'

ai; MtklÉCf 0E« ëetfiNCfid ttJ MtUt OftBRË. .19

Bèmte pnbKqne ii*6st piis uti |»orifr4|(ift) ttti nppBné{&^ de lu CAfffn6ré« méis en consliiue la base véritable el embrasse aussi plusieurs sujets qui n'ont rien de commun avec les allribulions camérales^ proprement dites.

(5) i/oMo/* ( Pblyhlstor, 1688, llï), Thomàsius, 1720 Cauleîfe circâ pmeo^nita junâprudèrrtiœ^ tsnp; il j (Gautëléë tWék Atudiain (BCoHomicum). Voyez eucore ses Leçoas sur le « Teutscheu FiirsUnstaBt » de Seckendorff.

(A) tandis q^ie Dithmar, i75l, distingue les sciences économique^ àe police, et camémle^ et resirelitt cfeile dernière ^nx SfeiUes finattfcés, y eomprîs la question des impôts^ Daries^ 1756, comprend sous le nom de sciencp caméraleVécononùe (rurale el urbaine) et la police, ainsi que les matières camérales dans le sens strict, c'est-à-dire les domaines et lésdrdlls rc|*alîfens. fiàu, \l^i (dans ses Ei-sicn Littifeh derCahierhlwissënschaft), ne traite que des branches de réconomie privée ; mais Schmalz, 179T, y rattache réconorpie publique, prise dans son accep" lion la plus large; el Roessig, 1792, divise la science camérale en ; 1° dohiàînes et droits rêgrtliens (science camérale proprènieiit dite), et ^ hn)iéts et pôlibe. Bq eë ^ui toticlle lé développement de renseignement universitaire, au point de vue de la science camérale en Allemagne, voyez Roessig (Pragmat. Geschichte der OËkonom- Polizei- und Cameralwissènchafleo, 1781, 1, p. 54, seq.).

Que si maintenant Ton sépare de la science camérale, telle (|ue la comprenait le siècle dernier^ d'abord les points communs à toute économie, et par conséquent aussi à V économie publique^ puis ceux qui appartiennent à Tensemble de Téconomie gouvernementale, il ne restera plus qu'un certain nombre de règles, comme celles qui régissent les branches principales de la production privée et qui indiquent les moyens- de la diriger au plus grand et plus solide avantage des entrepreneurs. Telles sont l'écotioraie rurale et forestière, l'étude des mines, la technologie (dont fait partie également ce qui concerne les usines, Tarchitecture, etc.) et la science commerciale; Aujourd'hui, que Tnppellaiion de science taméràle est tout h fttit surannée, on pouffait fort bien désigner cet ensemble de travaux soiis le nom génênque A' économie privée. Evidemment, ce n'est point là un cours

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de doctrine scientifique, mais une réunion dénotions empruntées dans un but pratique aux sciences naturelles et aux sciences économiques. C'est ainsi que dans Tagriculture, par exemple, la connaissance des diverses natures du sol, de la culture des terres, des soins à donner aux animaux domestiques et auxplantes,etc., appartient au domaine des sciences naturelles, tandis que tout ce qui concerne les frais de production, remploi du capital, la rétribution du travail, Técoulemént des denrées, le produit net etieprixdelaterre, etc., se rapporte exclusivement à l'économie politique. L'économiste ne saurait demeurer étranger à cette connaissance des sciences naturelles ; elle est indispensable à toute théorie complète, et surtout à toute application de la science économique. La différence vient de ce que le caméraliste s'occupe des investigations en elles-mêmes , tandis que l'économiste ne les embrasse que dans leurs rapports avec la vie sociale (1) . Au surplus, les économistes, surtout en Allemagne, semblent avoir pris trop à tâche de délimiter leur spécialité. Pourquoi ne pas suivre plutôt l'exemple des hommes livrés à l'étude des sciences naturelles, qui s'inquiètent peu de savoir si telle ou telle découverte appartient à la physique ou à la chimie, à l'astronomie ou aux mathématiques, pourvu qu'on recule le plus possible les bornes des connaissances humaines (2)?

(1) /. S. Mill (Principles of polit, economy, 1848, I, p. 25) éublit uDe dislinctioD entre les connaissances physiques qui influent sur la condition économique des peuples et les causes tant morales que psychologiques sur lesquelles sont basés les institutions sociales ou les principes fondamentaux de la nature humaine. Ces dernières seules rentrent dans le domaine de Téconomie politique. D'après /. B. Say (Traité, inlrod), cette science embrasse à la fois l'agriculture, l'industrie et le commerce, mais uniquement au point de vue de leur rapport avec l-accroissementou la diminution de la richesse, sans se préoccuper des moyens qu'ils emploient pour arriver au résultat proposé. Ordinairement, dit Arnd (Naturgemaesse Volkswirlhschaft, 1851, p. 16), elle euvisage moins les choses elles-mêmes que leur valeur échangeable. Lotz (ïïandbuch^ I, p. 6, seq.) définit aussi l'économie politique : « la science de

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