‹ Principes d'économie politique (volume 2)Chapitre 6 sur 92 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

« Le monde est iîiepiè à se guarrlr, dit Montaigne ; îl est si impatient de ce qui le presse, qu'il rie vise qu'à s'en défaire, sans regarder à quel prix. Nous voyons par milié exemples, qu il se guarrit ordinairement à ses dépens. La décharge du mal présent n'est pas guarrison, s'il n'y a en général ainehdemetit de condition. Le bien rie succède pas immédiatement au mal : un autre mal peut lui succéder, et pire. Comme il advint aux tueurs de Césâi*, qui jéttèl^erit la chose publique â têt point, qu'ils eurent â se respentir de s'en estre meslés. »

Tel est trop souvent le sort de ceux tJUi, s*abandonnant à leur imagination, sails consulter lé passé, confondent avec des promesses de liberté, le despotisme des utopies, qu'ils prétendent imposer aiii peuples, sous prétexté dé lés affrarifthit. Dédaigneux de l'œuvre dés siècles, ils croient pouvoir édifier sur un sol bouleversé par l'œuvre de la destruction, et devenu tellement friable, qu'il ressemble à dii sable mouvant.

Le mépris du passé se joint â la passioû dés réformes; oh' s'occupe de détruire, alors qu'il faudrait transformer. On condamne sans réserve tout ce qui a été, et l'on s'élance vers un autre avenir : les souffrances qu'on a traversées aigrissent l'esprit et le troublent Parce qu'on a tout renversé, on croit qu'il est facile de tout créer, et l'on construit des systèmes , comme si le monde devait recommencer. L'x)rgueil de la liberté et des actions humaines devient le principe de la science, et, comme tout principe nouveau, il prétend à une domination exclusive et absolue. Le ratio-

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