COMMUN A.UTE DE BIENS ET PROPRIÉTÉ PRIVEE
la liberté, tant est la propriété ; la seconde subit le sort de la première. -— Ce n'est pas la loi, ce n'est pas un contrat^ qui ont créé la propriété,..; elle est naturelle à Thorame comme la liberté et Tactivîté de ses facultés. » Y. aussi Locke (Traité du gouvernement, ch. v, § 25) ; Cousin (Philosophie morale). Reid : « Le droit de propriété n'est pas naturel, mais acquis; il ne dérive point de la coiislilution deThomme, mais de ses actes. » Mahomet a dit : Si Thomme ramène à la vie une terre morte^ elle est é lui ; » et Michelet (Le Peuple, p. 11) : a L*homme fait la terre. »
(3) Chacun, par exemple, est libre de brûler ou de jeter à Teau son habit; mais personne n*a le droit d*incendier sa maison où de submerger son champ par la rupture d'une digue. On ne lolérerait même pas facilement, dans les pays très-peuplés^ qu'on laissât sans culture une étendue considérable de terrain.
(4) Sur la Côle-d'Or de la Guinée et au Congo les terres appartiennent en commun à tout le village, et la récolte se partage entre les familles suivant le nombre de têtes. Là où règne la puissance absolue, le prince est en même temps propriétaire de tout le sol {Klemm, IH, p. 337, seq.). En Corée, pas de propriété foncière privée : l'Etat partage les terres entre les familles, suivant le nombre de têtes (K. Ritter, IV, p. 633).
(5) /.-S. Mill (Principles, I,p. 269, seq.) fait Irés-vivement ressortir la différence économique et légale qui existe entre la propriété du sol et la propriété du capital. ((The reasons which form ihe justification, in « an economical point ofview, of property in land, are only valid in so « far as the proprietor of land is ils improver. In no sound theory ofpric vate properly was it ever contemplated that the proprietor of land c should bemerely a sinecurist quartered on it» (par allusion àrirlande). Le fouriériste Considérant distingue les capitaux acquis par le travail et réconomic, Taccroissemerit de valeur donné aux terres à l'aide du capital et du travail, et la valeur primitive du sol. Selon lui, les deux premiers éléments peuvent seuls former une propriété légitime. Mais puisque la sagesse ordonne de concéder la propriété foncière au parti* culier, il faut accorder à ceux qui ne possèdent pas, comme dédommagement de la part qu'ils'perdent, et dont ils jouiraient si la communauté de biens existait, le droit au travail. — En Angleterre, c'est une opinion accréditée, que l'obligation de secourir les pauvres a été introduite pour dédommager les masses de rétablissement de la propriété immobilière {fToodioard, On the expediency of a regular plan for the maintenance of the poor in Ireland, 1775.) V. Eden (State of the poor, I, p. 413). Pourtant une taxe des pauvres, comme celle que paye l'Angleterre, dépasse, sans contredit, de beaucoup ce que le sol de ce pays pourrait rapporter sans le secours du capital.