‹ Principes d'économie politique (volume 2)Chapitre 84 sur 92 · EXCEPTIONS · texte numérisé non relu

EXCEPTIONS

La règle qu'à égalité de frais de production, les biens ont une valeur an échange égale, ne vaut qu'autant qu'il est possible d'utiliser librement les forces productives, en changeant à volonté leur mode d'application. Lorsque cette libre concurrence n'existe pas, le prix est uniquement réglé d'après le rapport entre r offre et les besoins qu'éprouvent ouïes moyens dont disposent les acheteurs ; il peut, en conséquence, tantôt s'élever beaucoup au-dessus des frais de production (prix de monopole), tantôt tomber beaucoup au-dessous [prix forcé) (1). Les obstacles à la concurrence tiennent en partie à des causes na^urelles. Ainsi les chefs-d'œuvre des maîtres morts ne peuvent plus s'accroître en nombre (2). Quelque chose d'analogue a lieu pour les illustrations contemporaines, lorsque leur activité ne suffit pas pour satisfaire les exigences, multipliées par les progrès de leur renommée. Il en est de même des pierres précieuses, dont la découverte est due parfois au hasard, sans qu'il en coûte rien, par conséquent, et qui n'en ont pas moins un prix élevé (3). Certains produits du sol sont circonscrits dans des espaces déterminés, parfois de fort peu d'étendue (4). Le monopole naturel qui leur est acquis éprouve quelque tempérament, lorsque des objets analogues , d'un prix inférieur, peuvent répondre à une partie de la demande ; ainsi, par exemple, des vins ordinaires, à l'égard des vins fins.

La cause habituelle des prix forcés^ c'est la facilité avec laquelle le produit se détériore, ce qui oblige à s'en défaire promptement, surtout quand il s'y joint des difficultés de conservation ou de transport (5). Mais les objets les plus durables sont pareillement exposés à subir des prix de détresse, et surtout ceux qui durent le plus longtemps, parce que Voffre ne peut dimi-

DU PRIX. Ml

nuer qu'avec une extrême lenteur, comme cela a lieu, par exemple, pour les maisons d'une ville en décadence. — Plus, dans une production quelconque, domine l'action de la nature, et moins V offre peut être augmentée ou diminuée ^à volonté ; par conséquent, les prix de monopole et de détresse peuvent s'imposer souvent et d'une manière plus fréquente et plus persistante (V. § 131, seq.).' Ainsi, la produciion du blé tient d'une manière invariable à Tordre des saisons : entre Tépoque des ' semailles et celle de la moisson, s'écoulent un certain nombre de mois que ni le capital ni Thabileté ne peuvent guère abréger. La culture des terres, pour prendre un accroissement notable et durable, exige de nombreuses conditions, l'augmentation du bétail, des bâtiments, etc., il lui faut donc une longue série d'années. Il en résulte que le blé est exposé bien plus que les produits de l'industrie à subir pendant une longue période de temps un renchérissement terrible et une dépréciation ruineuse. Quelle que soit l'influence des éléments qui agissent eu sens contraire, le prix du blé dépendra toujours en majeure partie de la nature de la dernière récolte (6).

(1) On trouve une bonne étude sur les monopoles dans Senior (Outlines, p. 103). Au reste, le prix peut plus longtemps.se maintenir au-dessus qu'au-dessous des frais : il est plus facile d'abandonner une industrie que de l'entreprendre, et la crainte de perdre est encore, la plupart du temps, un aiguiHon plus puissant que Tespoir de gagner. Le prix du blé s'écarte aussi, aux époques de grande cherté, beaucoup plus de la moyenne que dans les temps de baisse ; ainsi, par exemple, les mercuriales de Munich établissent que, de 1750 à 1800, il s'est élevé, pour l'année la plus chère» de 147 pour 100 au-dessus, et n'est descendu, pour l'année d'avilissement de prix le plus prononcé, que de 47 pour 100 au-dessous d'une moyenne calculée sur vingt ans (/îau, Lehrbuch, I, S 162, 182).

(^) Il faut avouer que le hasard y entre pour beaucoup : ainsi, la Conception de Murillo, que le maréchal Soult avait plusieurs fois offerte pour 150,000 francs, a été vendue 586,000 francs au mois de mai 1852. Le jeune taureau de Paul Potter qui se trouve à La Uaye, payé 625 llorins, en 1748, est estimé aujourd'hui 200,000 florins (Dethmar),

d*a])ef lui-même aux Indes OHéntales, au Bréâîl^ etG«j pour y ebercher des pierres précieuses. Au reste, depuis Texploilation des mioes du Brésil (i7^8), el par suile de la révolution française, le prix des dlia- Hi&nlsâ bièH dtmlHtiS, K cnllSë dèl'àcbrbiâsetnëhtderoiTrëdfitiS U firèmiêhe période et à eatij^ë de la diminution de la demande dab« \n seconde (K, Ritter, Erdkunde, VI< p; 355^ 365). Il s'est beaucoup relevé en France depuis 1854.

U) Les ëep^ dti khâtn|idgtië, flu Jdliannisbër^, etc., trahsplantés ëii CIrimée, 0ht beaUbbUp perdu de teui* ^oût. Au sujet db iiibh6))dlë Àë fait que la Chine exerce pour la culture du thè^ et Tîle de Geylan^ dans sa partie méridionale, pour celle de la cannelle, au moins en ce qui concerne i^âroiîle, V. k Rilte'r (lit, p. 220-256; VI, p. 123, seq.). Les fâineuâëâ bhèVrlâ d'AH^uH tlè sortent t>as pluâ tôt du petit district dé l'Asie MineU^e auquel elles appartiennent, qu'elles sont exposées à dé~ générer (Revue des Deux-Mondes, 15 mai 1850). Quant aux nids d'hirondelles dertndê, les frais nécessaires pour les recueillir, les sécher et les fexfjédlër liy dëphssJèlit pas i\ t)6ilr ItJÔ du prix de ienlé [Vtaiufurdy Ëïist-ltjdian arehipelago; III, p: 432; Hogendorp, Sur l'ilede Jnval^p.201).

(5) Les poissons. de nier, les huîtres, etc., étaient autrefois beaucoup meilleur marché, à Ôslènde et à ÎScheveningue, en été qu'en filver, car aibrs dd i)(Jdv&lt \ék ëxt)Mlër U loin. SiiHe ih^i-ché de Bi'lUii^sgatJs, dti^ rant la saison du maquereah; le cent dé pdissons coûte,à cinq heures do matin^ de 48 à 50 schellings} à dix heures^ 36 schellings j Taprés-midi, 24 schellings (H. Schïiize, N. OEkonomische BiJder aus Ëngland^ 1853, p. 241j. Le prix des fruits varie beaucoup moins dans les provinces HlilHtfheâ l^iJ'eii 8ài\i, pihè qu'on y à t)ris rbhbitiide dé bbtiâèriëf ël de mm thn§pHHablë \i sdHbobdabcë dès réboUëâ en faisant dtl cidre, bti ad itib^ëh iJë coiisëHeâ et fautrës t)répafàiidn§. Sbu^ént; après une rtcdllë tfës-abdiidâiite de hlsîn ou d'olUe^, bn voit vètiir dès pHî de Nntë fbFcée; fadlèdè idhneaUî, de caves ou dé celliers.

(B) t. Ad. Smith, W. faf 1^., 1, ch. vli; Màlthuè, Prîhcîplès, 1, ch. iv, 8 1 fooke, Hiâldry dt priées, I, p. 97. Le prii des fodrfurès est exlraordiiitlireiiiëllt vaHàbie, souvent dans une proportion de 30Ô pour 100 déhs \i mênîë ^nhée, jjàrce que, pour ces proddîts presque Uniquement hdittrHs, ibut Hépëild des provisidtis, de là température, etc. {M'Culloch, Dicl. cBhï.). Les vhHations dé prix du café, ad contraire, ne se succèdent ordinairement qu'au bout d'une période de plusieurs atinées, pat*ce que lés plantâtibUiî iiouvëllës hë pedvent gùéte produire tjû'a^rés ce ld|$à de tethps (Ibid.). Aiiisi, le prii des pdte tarie beaucoup |)lus (Jué cëidi de^ bëufi, pahe (JliMl de lèui* faut, pour être abattus, ((tiè le tierK enHi-on dli lenlpê nécessaire à ces Bërnièrà {Tnier, Ràtioilëlië LàndveirihscKafi, IV; p. ili].

gii3.

Lëi Hppdrti imabx Ëréërit â^âutrëâ atums à la lifire concurrence. La loi qui règle le prix ne s'applique que si l^àcheteur et le vendeur sont également disposés à réchange ; dans tous les cas où le producteur n'exerce pas sdn iudiiàtrib en tue do béitéflee 9 réaliser, m^ls M ttië des fietië^sitë^ aé rexlélence, cette règle sùiiffrè clë hôtdbles exceptions {{]. rtus un vendeur est riches plus il peut attendre Tépoque favorablo de la ventfe. G'édi pourqubi le ^rix du blé së tient Ofditiâifë^ ineiit pitis bds Aûi ièrrhéè de ^âyèketil, ^ii'S (t^àbtfës épôqiiëâ de l'année, parce que beaucoup de cultivateurs sont alors oblir gés de vendre sans retard; si la po{)tilatiôfa des kaiiipagn^9 M géhéralëhient t^aiHrré^ m \}tIx bàisSëht ëiitiâldërSBfôttièHt a|)^ès là récolte ei reôiontént forteiueht au printemps. — Souvent n arrive que le cours se trouve affecté par Fentonto ées vendettrs dtt dfed âchêtëûfS, èf , lë pM facilënlèilt, deâ intéfniëdiâifë^ (!i)i Là mSnié ihfliiencé peut provëiiir de la coutume^ qui exerce iine grande puissance, surtout au miiieo d'une eivllidsiioil peii dé- Tèldppée, et adjoiird'bif i èticbrë dàhs le fcbibmërëë flë dëtaU, d Jns celui de là libHirlâ, ((dUlr leâ tioiiôrâirés àék ihédëclns, iéi avocats, etc.; elle ne laisse pas que de remplacer l'action de la libre concurrence sur là répartitibn du revenu natioild entre les itm grandes braricbeS flë rëcdhoibië t<iibliqiië 0). Pâh&ilt où il eitiste des coi'ps de inéiieh, des comndunautës, des caste^^ etc., jouissant de privilèges légaux ; où l'on rencontre des entrai ves à la libre importation et à la libre exportation, ou bien des monopoles dans la stricte acception du terme, le balancement naturel des éléments de la production, qui amène une sorte Se niveau, peilt èitè ênipédié j[)lus sériëiisemeni encore (4). Ces Portes de dtësorës àditiiniâtràlives (â) iiuiseiitâ'drdiriâifë k la partie de lajpdpiilalion qui àdiiffîë du pnviiëgé, beaucoup plus

iiti'éiieè aè {ifdâtem $ là p^m pmiiêgiéé (§ y^j (ëj.

964 nu PRIX.

Le mot usure^ qo'oD emploie Yulgairement d'oie manière si arbitraire, ne derrait être admis dans la science qne dans le cas d'un prix forcé, produit on exagéré à dessein et firaudolensement.

(i) Lorsqu'ane Domlirense population de prolétaires Teiit Tnnre exdoflTemeDt de ragricoUore, la rente foocîére dépend presque nnîcpiement do oombre des habitants et de Fétendoe de sol bboarable. (/.*5. MÊill, Principles, III^ eh. ▼!, $ 2). L«s ooTriers qui ne possèdent rien et qai ne sanniient TÎTre one seule semaine sans salaire^ se tronveni son- Tent placés ▼is-é-^is des grands capîCalisles dans ane position telle quMls doivent subir desprûr forcés, — Les prix subissent des modifications beaucoup plus fréquentes dans le commerce de détail^ où il s'agit surtout de besoins personnels^ que dans le commerce en gros où des deux parts on ne veut qu'une chose, « faire des affaires, i (/.-S. MiU, m, ch. 1, S 5 ; Tooke, II, p. 72, seq.).

(2) Revendeurs, bouchers, grainetiers, aubergistes, etc. Curieuse tentative des marchands de peaux de lapin, de lièvre, etc., à Paris, qni pour ùire tomber la nouvelle mode des chapeaux de soie, en distribuèrent une grande quantité, parmi le menu peuple, à des prix dérisoires. (F^mann, toc. ctï., p. 91). J'ai été témoin d*nne tentative analogue, essayée sans succès â Berlin, en 1838, par les tailleurs, contre les pardessus dits MaC'lntosh.

(3) J.'S. Mill^ Principlcs, II, ch. iv.

(4) Les monopoles, interdits d'une manière générale (I. un., G. De monopol., IV, 59). Règlement de police pour l'empire, 1577, tit. 18,$ iv, it(\., 12.

(5) Les privilèges que Facheteur attribue volontairement au vendeur sont d'ordinaire utiles auxdeux parties. (ffemkinn,{oc.cj£i,p. 155, 158).

(6) Les corps de métiers, les castes, les banalités, etc., peuvent, au reste, quand le débit diminue, conduire à un prix de détresse, et à un prix de monopole lorsque le débit est animé (A, Smithy W. of N. I, ch. vu).

§ ii4.

Aucun pouvoir ne saurait agir à la longue sur le prix d'une marchandise, s'il ne lui est pas possible de fixer le rapport entre l'offre et la demande. Voilà pourquoi les taxes imposées par Vaulorilé ne sont applicables que si elles n'établissent pas un

prix en opposition avec Tétat réel des choses, mais se contentent de le traduire d'une manière précise, sans s*écarter des rapports naturels. Avec cette restriction, ces taxes peuvent, en l'absence d'une concurrence sérieuse (qui vaut toujours le mieux pour la fixation des prix), être utiles aux deux parties; autrement, tantôt Tune, tantôt l'autre profiterait d'une prééminence injuste, mais elles ne tarderaient pas à souffrir toutes les deux delà perturbation jetée dans les opérations commerciales (1). Combien il est agréable au voyageur qui parcourt la Suisse ou ritalie de trouver une taxe établie ! —Une taxe officielle peut être indispensable pour proléger le public contre des exigences excessives lorsque l'Etat, en accordant des privilèges, empêche toute concurrence (2). Du reste, plus une marchandise présente un caractère complexe et une qualité supérieure, plus il est difficile de la taxer; on élude aisément la taxe lorsqu'une marchandise offre une échelle de qualités, avec des nuances difficiles k déterminer, parce qu'elles se confondent presque par leur rapprochement (3).

(1) Ainsi, par exemple, le voyageur qui veut passer un fleuve se trouverait livré presque sans défense aux exigences du batelier ; mais des prétentions de ce genre, souvent réitérées, finiraient par décrier ce lieu de passage et engageraient le public à se porter sur un autre point. Il en est de même des fiacres et des portefaix dans les grandes villes , des restaurateurs aux endroits où s'arrête la poste, des buffets de chemins de fer, etc.

(2) Les taxes ofSciellement imposées , après les mauvaises recolles, dénotent une étrange ignorance des causes naturelles de la cberté ; c'est ce qui eut déjà lieu sous Gharlemagne (Gapitul. a. 805; Baluz,l, p.i23j. Pareillement pour d'autres objets de nécessité générale, lorsqu'un renchérissement fâcheux, mais naturel, est survenu, V. § 175. Dans les derniers siècles du moyen âge, et au début de Tére moderne, les taxes se généralisèrent de plus en plus. Les premières taxes du pain établies en Angleterre datent de 1202 (Raumer, llohenstaufen, v. p. 372) et 1266(51 Henry III); en Prusse, elles remontent à 1593 (Voigt^ Geschichte von Preussen , v. p. 6b9\). Jliylius (Corp. Const. March. V, u, p. 587) reproduit un règlement de ce genre, arrêté pour

Bëi'Hti, in 4M», <lttt éOibriMë èdixanlé^douzi ibftuHHfê. lié l^emeDl de poMee^ promulgué poii^ rBleétorat du Bake$ èll Idlt, et ïê iëëfél concernant la monnaie^ en 1623, renferment un système de taxes fort développé. Les taxes olilicielles prirent une f![rande extension sous Phi- \\p\ii tl^ et flirëhi U ràisdfi t)rincipalé poiir laquelle la tiastîlle est demeurée si lOn^tèttipi ëii arriéré û% TAriigbn {ToibnêeM, iHiifnhj (Hrbngli Spain^ II, p. 224). Quelquefois ces mesiire^ furent adoptées p6ur fcinpécher des prix de détresse ; par exemple à Hochheim, en faveur des vignerons [Becnèr^ I*oiit. blscur^., Il, p. 1652). Singulière prédilcH^tion pout* lëé tfiies titflcielléiS; ëit)r}inéé par lés pldÉ %HïMi àutôHtês de rAllemâgoëj au seizième et au dii-86ptiètfle âiéclë ; aihii iuiftët (Yod Kaufhandel und Wucher^ iS$24); Maœ. FaiM( (Gonsilia pro «rarioi i64ii p. 717j; Èeckendorf (Teulscher Furslenstaal, 5« édil., 4678, p. 2ipj; Bèéhelr, (II3 {). lSi3); i^ornccÉ (Ofesterreich ûbfer Allés, weoii eè will, 1684; p; 123): PtifëniëmëUt iMhafid (0e %e et régi^ Ifaâtlliltlôiië, iti, 9). V. cependant III; 8; et Bœon (Serm; 15^ HIst: Hèttrid^ p. 4087- 1040). Child (1690) et North (1691), au contraire; repoussent toutes les mesures de ce genre {Roscher, Zur (îeschichte dèr englischen Volkswirlschâftiléhré, \i, S6, ^, sèlj.j. — Les dHbleiitiès lois indienheé inipbâaient un 07 siètiie de taxe é'i\it^i letjitel te {iHx é^ dëUfëeâ ëtilt fliè tous les quatorze jours [Menu law$, YIII^ 401)*

(3) Dans le commerce libre, le filet de bœuf, par exemple, vaut quatre fois autant que le collier ; mais la taxe de la bciùcHerie peutdifiicliement tenir compte de ces différences. Combien n'est-il pas facile d'éluder les prescriptions, de la taxe pour la bière en rallongeant d'eau, et dânâ les auberges en donnant des portions plus petites eu de qualité Infôrienre !

S0ttin)ë tôUte, Yéi pfli â'élatiii^ééht à^iiriè iâiité^e Û'è pliis en

f>Ins régulière à mesure que la culture économique se déYeoppe« Les progrès de la eivilisation ont là tendilnee marquée de ràpproBliër le Vèndelir et l'sichëlêut' (§ 100), èh dîminiiafil les frais de production et en augmentant les moyens d'acquisition (1). Une dirision du travail plus gértérale rend lei ti^ IdlibilS c(jttîWe^t^alë§ {}lûè néiî'eâsâîi^èS ëi éu Hit advâfilâgë ëdhtraèter l'Habitude ; TécKangé cesse de plus en plus d'être une affaire de hasard ou de caprice. L'amélioration apportée dâils W ffld^tts a« ^ffidihi1ii^ti6ttlantribliéf lfe&uë% à redilrépii

«tl Mit. k7

jfhciië iâ Péflcdhtfè de rdttl^ë k dé \i AêïûûMè. Â îhëèixH ^è U lUiiiiérëS ée répsihdéiit àa ^eiri dès tijâsâèâ, la ëônrihiààdrice déâ iiidrcfiàiidlfees devièht dU^fei pluà géiiéhliî él l'dchéleûf peut iflléiijtdlcùléi* les frais dé ptodUetîort dùVeftdieuf. Ailisi dispàrslîséent successivement léà ptix fondés Suh le dol ou àilr rërréur, et la flxâliôil des poids él Mesures, {it'atiquéë âû sein dés civi-^ llsatloilS dvaricées, coritHbue pulssarDtneht 11 ëë r^siilUl. L'àc* croisséiuénl de la popUlatldti rend la cotidurréucé î^îuS âbtivé dàhS tbuies lesbrsinbiiésâé cômiiiércé, et iiiiëtiliis grande liberté de circUtdtion écarte Une foUlé de ëauseS qui firôduisâiënlici (iri rencliérlssëtïïéht exlrêinë, lâiinè dltainuiiciH de pHx exagérée (^). Mcils bÛ ddit surtout à rëtablissendënta'Utie btassê dislitiété dé niarchand^ ou tiégodlatits Une t)ius ghtidé rëgiilaHté dèS ptlï i aiguillonnés par le sentltnent de ribtërét pehonnel,itsachëtehC qUahd les produits sont bbh marché, et leS revendent qliâhdils sont chers; leur concours a donc pour conséquence d'élëVerléS prix dans le premier cas et de les abaisser dans le second (3). L'habitude de surfaire d'un côté et de Itiatchâuder de l'autre est très-répandue chez les natiotis arriérées, tandis que lé système du prix fixe l'emporte de plus en plus au milieu des civilisations avancées. Le principe de Targot rencontre ici sdn application, h savoli^ qu'on entend toujdiirs][)atlei* Hupirixcoûràhii lorsqu oh interroge un marchand sur le prix de sa marchandise (4). r4ette proposition est vraie pour les individus et les différentes classés de la société, comthe pour les pëUplëS(d). Il est évident qu'avec te système du pridc fixe ori trouve plus sûrement un juste prix qu'au milieu des complications inévitables du prix débattu. Enfin on doit compter au nombre des principaux mobiles qui influent sur la tégulariié defe prix, le sentiment national de l'honneur, qui grandit au sein de la civilisation, non-seulement à cause d*une plus grande culture morale, hiais siUssi et surtout par l'empire d'un intérêt ttiieUi êtiiéiidu (ë). — Chez lés pèiiples en décadence, on siilt siif

beaucoup de points une marche rétrograde. La différence tranchée entre le riche et le pauvre, l'homme éclairé et Tignorant, occasionne des fluctuations de prix considérables; une population de prolétaires, réduite à se nourrir de pommes de terre, sera exposée à des variations bien plus fortes du prix des objets de subsistance qu'une population qui se nourrit de blé, parce que les pommes de terre sont aussi difficiles à transporter qu'à conserver (7). — On ne saurait douter, du reste, que la plus grande stabilité possible dans les prix ne soit fort avantageuse à l'économie publique. Quand les prix varient, sans qu'il y ait de changement dans les frais de production, l'un ne peut gagner que ce que l'autre perd. Ces pertes, ces bénéfices immérités ont pour résultat irrécusable de saper par la base l'édifice de l'économie publique, et la spéculation qui s'exerce sur ce terrain affecte d'ordinaire un caractère d'imuioralité (agiotage) (8).

(1) Banfield (OrganisatioD of industry, p. 20).

(â) En Belgique, pendant les deux dernières périodes décennales, le prix du froment s'est toujours tenu à un taux plus uniforme, tandis que celui du seigle a subi de constanles variations, et cela par un motif bien simple : c*estquele seigle cesse de plus en plus d'être un objet de consommation générale, et par conséquent d^un commerce important, et qu'il est de plus en plus consommé par les producteurs eux-mêmes ou dans les lieux de production (Horn^ Statislisches Gemaelde von Belgieo, p. 18?).

(3) Un jeune économiste, qui a fait le plus heureux début en publiant un livre remarquable : De la cherté des grains, et des préjugés populaires qui déterminent les violences en temps, de disette (Paris, 185i), M. Fictor Modeste^ a parfaitement développé ce principe, en ce qui concerne le commerce des céréales, et il a fait ressortir» avec une grande vigueur, les avantages qui en résultent pour le consommateur. Un critique, qui eut une assez grande célébrité sous l'empire, Geoffroy, avait dit un jour que toute la fonction commerciale était d'acheter bon marché et de vendre cher. Loin de repousser cetle déCnilion, issue d'une boutade, M. Modeste la relève, et il prouve, en l'adoptant, que les fonctions du commerce sont légitimes et nécessaires, et qu'il est une institution souverainement bienfaisante, surtout en temps

de disette. Son intérêt le pousse à recueillir le blé partout où il est bon marché, c'est-à-dire partout où il abonde, et à le porter partout où il est cher, c^est-à-dire partout où il manque (p. 267 et suivantes). — En Wurtemberg, les employés de l'Etat, etc., achètent presque toujours leur vin directement du vigneron et le préparent eux-mêmes ; ce qui en rend le prix extraordinairement variable, quelquefois d'heure eri heure (Reden, Stalist. Zeilschrift, nov. 1847, p. 1008). Ce qui se passe dans les faubourgs de la ville de Hambourg, où les mêmes marchands cèdent à midi, au tiers du prix demandé par eux le malin, le poisson, etc., qu'ils vont offrir de maison en maison^ montre bien à quel point Texistence d'un marché régulier contribue à la fixité des prix. — Au reste, les achats faits en vue de la spéculation peuvent augmenter les variations de prix, si celle-ci est maladroitement conduite, surtout quand le taux peu élevé de Tinlérêt et le bénéfice de Tentrepreneur ont amené une grande concurrence. Alors le prix d'une marchandise s'élève, non par des motifs raisonnables, mais uniquement parce qu'il a déjà monté, et réciproquement {Senior, Outlines, p. 17, seq.; Hermann, p. 90, seq.).

(4) Le commerce des colporteurs, des caravanes, etc., engendre la fraude. V. dans Wellsted (Reise in Arabien, tracluct. de Roediger, I, p. 147} jusqu'à quel point les Bédouins ont l'audace de surfaire. C'est encore pis à Kachmyr, où le marchand commence toujours par nier qu'il ait la marchandise demandée et cherche à découvrir quelle valeur l'acheteur y attache, etc. (K. Rilter, Erdkunde, III, p. 475). Sur les foires indiennes , V. Th. Skinner (Excursion in India, 1832, I, ch. vi). En Angleterre, il est au contraire d'usage que les détaillants inscrivent si>r chaque objet le prix auquel ils le vendent. C-G. Simon (Observalions recueillies en Anglelerre, 1835, 1, p. 129, seq.) donne de curieux détails sur la rapidité el le laconisme avec lesquels on traite les affaires dans ce pays de transactions colossales, terminées presque aussitôt qu'entamées, souvent sans qu'od pense même à se saluer. Les lois athéniennes (?), qui exigent des prixfixes^ et ne permettent pas aux vendeurs de s'asseoir, afin de vendre plus rapidement, etc., ont la môme tendance (Athen,, VI, p. 225, seq.; Plalo, Delegg., XI, p. 916, seq.).

(5) La librairie allemande a adopté des prix fixes. Beaucoup de marchands ne surfont pas aux acheteurs d'une certaine condition, mais seulement aux paysans, parce qu'ils savent que ces derniers n'achètent que s'ils ont obtenu une réduction de prix. Les quakers ont dés l'abord admis en principe religieux l'obligation de ne jamais surfaire dans le commerce (Hume, History of England, ch. lxh).

(6) Sir W. Temple (Observations upon the Netherlands, Works, I, p. 134) compare la loyauté du commerce avec la discipline militaire. C'est aussi la pensée de Law (Trade andmoney, p. 209) eideFerguson

(Hîsfpij of ciyil sociply, III, -*)• Q"an<ï 1« venilçpr p'fst p^s pbligé d^ signaler d'avance 411 vendeur certains défauts de la inarchpndise, U ffaude Q beau j^u. V. pigest. (Deedict. aedilit., ^^I)^)? ^ur le s^ns des proverbes îuridiaue^ allemands : n H^d4 ipuss Hand wahren » e( c P'm Worlj ein Mann, » Eisevhqrt JDeulschps Recht in Sprùchwôrlern, p. 31); s^(^.; 319, seci.]. Il est de principe, en maliére ^e conmerce^ quQ celui qui recomm/iiide légèrement ou à mauvaises intentions un Homme pçu sûr, est obligé de répondre du dommage [J^artensj Grundriss des Uandelsrechls, p. 24, seq.). peauçpup de tentatives délpyales sont prévenues par les lois qui, dans le«i contrats importants, surtout les aliénatipns d'immeublçs, etc., eiigentla présence de ténr|oins, prio- •cipaleipept ^u sein de^ sociétés peq avancées ISchç^emann^ Âltischer fropess, p. 522; la mancipatio des Romains; J. Grf'mm, Deutsche Bechtsallertlmmer, p. 6P8, ^sea.)^ ou même Tanqonce publjqqe faite devant la comipune réunie, ou du mqins des actes écrits et revêtus de toutes )es formalités légales, ainsi queceU se pratiqua en particulier au sein des peuples cjyjlisés. Y. sprloul, à propos des lois grecques relatives à la matière, Theophr. que cite Stobœus (Sermon., XLIV, g2).

(7) V. Lotz (Révision^ I, p. 255, sm.). Le prix du frpipent a raren) en t varié ^n Angleterre dans une pronor(|pn plifs (Sgrte queda sipple au double ; en î|rlande, au contraire, ç§tte vfiriation, pour le pri^ des pommes de terre, a été jusqu'au septuple iM'Culloch, Dict. comm ). Y. EngH (lahrbuch fur Saclfsen, I, p. 491, seq.). (^es (laliens joignent à l'habiti^d^ de surfaire d*une fnaniére effrayante Tusage non pipins odieux de dprpandcr e( souvent même d'arr^chpf* et) quelque sorte uo supplément au pourboire déjà reçu.

(8) Storch (Manuel, I) ; J.-B.'Sqy (Traité, I, cb. xyi). Combien il est heureux ppur Técopomie publiqup qu^ le prix du blé^ surtout depuis I9 moyep âge, soit devenu de plus en plus constant ! [Roscher, IJeber Kornhai]del, p. 56, 61).

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