CHAPITRE ni
DB LA JIpNIÏAIg EN G^lgUA^^, MfFfUfilllV ^'««■4IIW Vf WV99 M 14 ▼4I)!F*-
^veç une division 4u travail très^d^veloppéej le troc piir et simple, ^u| consiste k cédef directement les objets de cpp3orgmatiou l^s uns ppqr les autres, éprouverait des difficultés pre$^ C{UP ip^uripontables ^1^. Coipbien ne sera-t-ii pas difficile dç trour ver précisément Thomme en état de nous procurer ce qui nous manqua, 61 de s'aaeûmmodep de notre superflu I Gambien ne sera-t-il pas plus rare encore que le besoin et le superflu se ren^ ÇpiUrept dgns ufl équilibre parfait ; qujB, p^f ^^emple, \^ fabri- 0I1U di eloufi qui veut tfoquer «a mgrchafidise cûQtre une v»cb« trouve un marchand ée bestiaux ayant besoin d'une quantité de çlous.çor]respond^nte à I9 valeuf d'une yaçtie ! Il se rpncou- \n m Hn§ 4îWc4Hp particulière ; beaucoup d» bi«i* pe sau- Pâieni être divieés sdae une diminution réelle eu même sans upe ilestruction complète de leur yaleur; d'autres ne peuvent être çOP^enés p4|F aipprQvisiPBnme«t8PPn6i(lérables saqs de gravés embapvae ! Quel immepse «vautafe ne présenterait donc pas uoe marchandise qui conviendrait en tout temps & tout le monde , surtom §i à cette qualité elle }9\gm\t U fSCuUé de %9 diviser et de pauveir ^e oonaerver l Celui i|ui en posséderait un dppro** visionnement suffisant pourrait être eerlain d'avoir en échange tou$ Içs autres biens; chaque yçndeyr serai^ satisfait d'obtenir
en retour « la marchandise universelle. » — Deux Taleurs égales à une troisième sont aussi égales entré elles. Il est donc tout simple d'utiliser, comme mesure de toutes les valeurs échangeables, les unes par rapport aux autres, la marchandise la plus courante avec laquelle chacune des autres est le plus fréquemment mise en parallèle : c'est une opération pareille à celle dû mathématicien qui, pour additionner des fractions, commence par les réduire à un commun dénominateur (Storch) (2). L'homme chargé d'évaluer 100 articles divers serait obligé, à défaut de cette mesure commune, de retenir en mémoire 4,950 (3) proportions différentes, tandis que 99 lui suffisent désormais (F.-G. Schulze).
Cette marchandise généralement préférée, et par là même adoptée comme intermédiaire pour les opérations d'échange les plus diverses, et comme mesure des valeurs échangeables, nous rappelons h monnaie (produit préféré^ d'après Ganilh) (4, 5).
(i) Le commerce par voie de troc était encore trés-répandu dans plusieurs parties des Etats-Unis, vers les dernières années du dix-liuitiéme siècle. Ainsi, par exemple, dans le Vermont, le médecin donnait ses remèdes pour acheter un cheval, l'imprimeur ses journaux contre du blé, du beurre, etc. {Ebeling, Geschichte und Erdbeschreibung, II, p. 537). La législature du Maryland avait ûié le prix réciproque du tabac, de la chair de porc, du mAÎs,du froment dans les échanges d*UQe de ces denrées contre l'autre (Ebeling, V, p. 435, seq.; Douglass, Suramary of the Brilish setllements in N. America, 1760, V, 2, p. 359). On voyait encore, en i8i5, une quantité de jeunes garçons parcourir les rues de Corrientes^ en criant : « Du sel pour de la chandelle, du tabac pour du pain , etc. » Ce n'est que le commerce avec les Anglais qui initia les gens du pays à l'échange des produits contre de Vargent (Rohertson, Letters on S. America, 1843, 1, p. 52). Il en fut de même dans le Khokan jusqu'à la fln du dîx-huitiéme siècle, ce qui faisait ressembler les villes à « une foire perpétuelle. » Au commencement de ce siècle, le khan introduisit dans ses Etats de la monnaie de cuivre fabriquée avec des canons pris sur les Perses, et beaucoup plus tard encore on comptait à peine un miUion de roubles en argent pour un million d'âmes (Rilter, Ërdkunde, VU, p. 753j. Basil Hall trouva aussi les habitants des îles Liéou-Tchéou dans une ignorance complète de Far-
gent monnayé, quoiqu'ils ne fussent pas dépourvus de cultare (Voyage of discovery, etc., 1818). V. dans Tlliade (VII, p. 7î2), ce que dit Homère du commerce d'échange de son temps. Prétendue loi de Lycurgue qui défend les achats et n'autorise que réchange {Jtustin., III, 2). Suivant Fausan. (Ul, 12}> ledBmmerce par voie d'échange était le seul qui existât de son temps dans les Indes (?).
(2) L'homme accoutumé a donner 20 livres de pain contre 4 livres de viande devra naturellement, si on lui demande de même 20 livres de pain en échange d'une autre manchandise, retenir dans l'esprit une unité de mesure qui lui servira de i^rme de comparaison entre la valeur de cette marchandise et celle de 4 livres de viand^. En Danemark, au temps où l'aristocratie dominait, il existait cPanciennes taxes autorisées par un long usage, en vertu desquelles tous les biens de quelque importance étaient tarifés en tonnes de seigle ou d'orge. Conséquence évidente de la nécessité d'une mesure commune, qui domine la plupart des transactions (Bergsoey Archiv. der polit. OEkonomie, IV, p. 314). Le Gode islandais de Graugan contient une remarquable taxe de ce genre dans le supplément du Kaupa-Balkr (Gode de commerce), I^ p. 500. Pareillement chez les anciens Perses {Reynier, Economie publique des Perses, p. 308).
(3) G'est-à-dire ^-r '-.
(4) Tandis que les mots pecunta, danarOj dinero, argent dérivent de propriétés tout à fait accidentelles, Texpression allemande Geld répond à la nature de Tobjet qui a une valeur universellement reconnue (de gelten, valoir). Par contre, nummus et vdf&Kraa^ de vopo; (^oeckh^ Metrolog. Uutersuchungen, p. 310), et moneta (en anglais money) du temple de la déesse du souvenir, Juno Moneta, où les monnaies romaines furent longtemps frappées. Dans le vieil allemand Geld signifie tout ce qu'on paye (Gnmm, Deutsche Rechtsalterlh., p. 382).
(5) Les fausses définitions de la monnaie peuvent se classer en deux catégories principales : celles qui la considèrent comme quelque chose de plus, ou comme quelque chose de moins qu'une marchandise.
Ge point était déjà débattu chez les Grecs : les uns faisaient consister la richesse exclusivement dans la possession de beaucoup de numéraire (ainsi, par exemple, dans le dialogue ëryxus, faussement attribué a Platon) ; tandis que d'autres regardaient Targent comme quelque chose de purement imaginaire (xfipoç) qui ne reposait que sur les dispositions des lois faites par les hommes (Aristot.y Polit., I, 6). l4of&i9(ii.a ^ujaPcXqv T^; aXXapi; Ivexa (Plato, De rep«, II, p. 371). Anacharsis le compare à des jetons {Plutarch.^ De profect. in virtute, 7;. Aristote iui-niérae se range a la seconde opinion, bien qu'il comprenne qu'on ne peut
T. 1. is
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filfS sérrir emume mottnnie que des choses utiles et d'un usagfe coq* ratit, x?"»' t6pitr«x«*P*<"û>' '^P^? "f^ Wv (^oc. ctï.; Polît., I, 9; Etb. Kicom.> y, 6; Rhet., Il, 46). Xénophon attribuait A rarp^ent des propriétés qit« ne possède aucnne autre marchandise; nommément, qu'il ne peut jamais y en avoir trop, et qoe par conséquent so? prix ne saurait baisser (De vect. Ath., 4). La plus belle définition des anciens est celle que donne le jurisconsulte Paul (L. I, Dig., XYUI, i) : elle mérite bien le long commentaire qu'en a fait P. Neri (Osaervazioni, etc., dans Cusiodi^ P. A., VI, p. 344, seqO* .■ ^ ^
LeseiagératioDsdn système mefcintlle moderne, en ce qui concerne les métani précieux ($ 9), tiennent aux facilités que ceux-ci offrent pour servir de monnaie. On imSiste souvent sur la condition que \ê métal précieux doit circuler ($ 210). Sehroêder (}fânih, Schatx-und Rentkam* mer, p. ill) voit, par exemple} dans les nouvelles monnaies de cuivre un accroissement de richesse, mais non dans le cuivre qui reste à Tétat de simple marchandise. Il appelle fréquemment Targent pendulum oornfMreii, et il rattache à cette pensée des développements aussi obscurs que pleins d'enthousiasme (p. 86). Horneck (ÛEsterreich ûber Allts, wenn es will, 1684) qualifie Tor et Targent « le plus pur de notre sang, la moelle même de nos forces » (p. 8), « les deux instruments les plus indispensables de Tactivilé humaine et de notre existence » (p. 188). 77». Mun (Englands Ireasure by foreign trade, 1664) regarde comme des équivalents V argent comptant et la fortune (ch. ii); seulement, il est quelquefois convenable d'avoir son argent placé à Télranger et de faire usage à Tinlérieur de lettres de change, de billets de banque, etc. (ch. iv). Joshua Gee (Trade and Navigation of Gr. Britaini 4'' éd., 1738, p. 11) déplore la a folie opiniâtre de ceux pour qui l'argent est une mar^ chandise comme une autre, d C'est une des exigences les plus ordinaires de récole mercantile de faire exploiter^ même avec des frais considérables, les mines de métaux précieux que possède le pays ; J'argenl ainsi dépensé ne va pas au dehors et celui qu'on emploie â frapper une nouvelle monnaie donne un bénéfice clair et nel. V. Schroeder {kc. cit., p. 109, seq.; 181); tIorneck(loc. ct«.,p. 173) ; Broggia (Belle monete, 1743, cap. xxxiii); Justi (Slaalswîrlhschaft, 1756, 1, p. 246); Forbonnais (Finances de la France, 1758, 1, p. 148) -, Vlloa (Noticias Americanas, 1772, cap. xii). 11 est rare de rencontrer au dîx-septîème siècle une opinion juste sur ce point. Elle existait chez Sully, dont Henri IV disait qu'il ne trouvait jamais nne chose bien faite lorsqu'elle coûtait le double de sa valeur (Economies royales, l. XXIIÎ). V. aussi S<îcfcéwdor/f (Teutscher Fûrstenslaat, 1655, p. 365 de la 5* éd.). — Les exagérations de l'école mercantile, suivant la marche ordinaire des choses humaines, ne tardèrent pas à provoquer des exagérations en sens contraire. Davanzati (Sulle monete, 1588) donne pour base unique à la valeur de l'argent les con-
Tentiont humainei et non la nature même des choses ; un veau eo chair et en os serait, seloa lui, quelque chose de piû nobile qu'un veau d'or; bien que^d'un autre côté, il professe une grande admiration pour laa métaux précieux, et qu'il les appelle cai/tont seconc/e délia vita 6#a/a,0t les glorifie parce qu'ils nous procurent tuU^ em béni (p* 30, 31 ; Gust«)* Monianari (+ i687) démontre, en prenant exemple de la monnaie de cuir, que l'argent tire toute sa valeur de Tautorité de TElat (De)la moi neta, p. 35). Davenant (+171^) pousse la propension à regarder Targent comme «éTt)anl of trade^ measure oftrade, jusqu'à le comparer A de simples jetons servant à faciliter les comptes (Works, I^ p. 355, 444). Dtttof, élevé à Técole de Law (Réflexions politiques sur le commerce et les finances, 1738, p. 905, éd. Daire), oppose aux richesses réelles, comme richesses simplement rtfprêjentoftve^, non-seulement la monnaie de papier, mais encore l'or et Targent. Berkeley (Querisl, 1735) enseigne que la véritable signification de V argent n'est pas commodily, stan* dard, measure, pledge, mais bien ticket ou counter (n" i3) : Ticket eniti* ling to power and fited to record and transfer suckpatcer (441 , 475). En maintenant les dénominations de livre, êchelling^ etc., bien que le métal disparaisse, on pourra également compter, vendre et acheter, suf* Ëre aux exigences de l'industrie et conserver au commerce toute son activité (26, 468). Un timbre donne au papier une valeur locale, H de? vient rare et précieux comme le métal (440). D'après Monlêsquieti (Es* prit des lois, XXI, xxii), Tor et Targenlsonl une richesse de fiction oude signe» Porbonnais (Finances de la France) dit que l'argent est le moyen défaire circuler les marchandises qui ont seules une valeur intrinsèque; il est indifférent de payer une mesure de blé un ou dix écus. Le même auteur (Eléments du commerce, I, p. il; II, p. 67) distingue entre Us richesses naturelles (matières premières), artificielles (produits de l'industrie) et de convention (Vargent), Schloezer (Ânfangsgrûnde, 1805, I, p. 100, 138) appelle l'argent quelque chose d'imaginaire ; et Th, Smiih (fissay on the theory of money and exchange, 1807) prétend que la monnaie véritable est une mesure idéale de la valeur représentée par le numéraire. V. en sens contraire, Edinb. Rev.(oct.1808). Oppenheim IfiieNaiur des Geldes, 1855) reconnaît à l'argent la qualiléide marchandise au début du trafic; mais comme, ajoute-t-il, les services; rendus par l'argent au point de vue de la clrculntion l'emportent de beaucoup sur ses services d^ consommation, ceux-ci ont perdu toute leur importance, et les rapports qui en résultaient se sont entièrement évanouis. Aujourd'hui l'argent est le représentant de la marchandise sans être lui>méme une marchandise. V. sur ce point mon analyse critique dans le Literarisches GentraU blalt (décembre .1855).
La véritable doctrine était acclimatée en Angleterre longtemps avant que le système mercantile y eût fait invasion. V. Hobbes (Leviaihiii,
24), où il décrit la concociio bonorum , au moyen de Targent. Petiy reconnaît fort bien que la richesse nationale ne saurait consister ni en grande partie, ni exclusivement dans l'argent. Chaque pays n*a besoin pour son commerce que d'une certaine somme d'argent ; ce serait une véritable prodigalité que de l'accroître, quand le commerce demeure stationnaire. Toutefois, les métaux précieux , à cause de leur durée, de leur valeur générolement reconnue, etc., possèdent la qualité de richesse à un plus haut degré (|ue d'autres marchandises. L'argent est pour un peuple ce que Tembonpoint est pour le corps humain (Quantulumcunque concerning money, i68â). V. Roscher (Zur Gesch. der engl. Yolkswirlhscharisl., p. 80, seq.). Davanzali et Hobbes l'avaient comparé avec le sang, comme Ta encore fait récemment Schmitthenner (Staalswissenschaft , 1839, I, p. 457). iVbr</i appelle l'argent une marchandise dont il peut y avoir aussi bien surabondance que disette (Discourse on trade , pref. et postscrip.). Y. Locke (Considérations on the lowering of inleresl, 1691 ; Works, II, p. 13, seq.; 49). Galiani (1750) tient le milieu entre les assertions exagérées des alchimistes et les dédains des philosophes, dans^son ouvrage intitulé: Délia moneta (IV] où il continue l'allégorie de Midas. Ce prince désira plus tard pouvoir tout changer en pain^ mais il soufCrit du froid, de la soif, etc. V. aussi Quesnay (éd. Daire, p. 64, 75, seq.). Très-beaux aperçus de Turgot (Sur la formation et la distribution des^ richesses, $ 30, seq.). Verri (Medilnzioni, 1771, II, 1) appelle l'argent une marchandise ayant généralement cours; les expressions mesure de valeur, gage, représentant de tous les biens^ pourraient s'appliquer aux autres marchandises. -^ Oii ne saurait méconnaître que la plupart des économistes modernes n'ont pas prêté une attention suflî.sante aux propriétés qui di.stinguent l'argent des autres marchandises, comme cela résulte surtout de la théorie sur la balance commerciale qui domine depuis ^fum^et Ad, Smith, Sous ce rapport on ne saurait regarder comme dépourvue de toute raison la réaction semi-mercantile de Ganilh (Théorie de l'économie politique, 1822,11, 380, seq.; 426) ; Saint-Chamans (N. essai sur la richesse des nations, 1824, ch. m) ; Colton (Public economy for thelJ. States, 1849, p. 203), qui fait ressortir d'une manière très-nette la différence de money as the subject et money as the instrument of trade. Ad, Millier exagère et fait dégénérer en une sorte de plaisanterie mystique une pensée juste en eltts-même^ quand il appelle argent les choses aussi bien que les hommes^ qui composent l'Etat, en tant qu'on leur reconnaît une valeur échangeable et le caractère social. Le but principal de l'écocomie publique est de faire de mieux en mieux ressortir ce caractère monétaire (Ëlemente der Staatskunst, II, p. 194, 199). L'homme d'Ëlat doit être argent (III, p. 206). — Monographies fort remarquables, en se plaçant au point de vue actuel de la science : /.-(?. Hoffmann (Die Lehre
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vom Gelde, 1838) ; et Michel Chevalier ( De la monnaie, 1850 -, Cours d'éc. pol., 3*v.).
L'invention de la monnaie partagea, en quelque sorte, la plupart des opérations d'échange en deux contrats t Yachat et la vente (1). On peut dire aussi avec Schlôzer qu'à partir seulement du moment où l'échange devint achat, la valeur échangeable sortit du vague et de l'indéterminé, pour se transformer en un prix^ nettement établi. Sans Vinvention de la monnaie, le plus fort, au point de vue économique, exercerait dans chaque échange un ascendant beaucoup plus marqué que celui qui lui appartient aujourd'hui; plus d'un acheteur de pain, notamment, serait à moitié mort de faim, avant d'avoir pu s'entendre avec le vendeur sur le prix de la marchandise qu'il voudrait donner en échange. Le producteur des moyens de subsistance profiterait ainsi d'un immense avantage, car, d'une part, le besoin urgent de l'échange, et, d'un autre côté, la latitude laissée par la possibilité d'attendre, rendraient le prix entièrement arbitraire (2). Le développement de la monnaie, comme instrument du commerce, marche donc du même pas que le développement de la liberté personnelle ; le salaire en argent rend l'ouvrier, il est vrai, plus responsable de son entretien que le salaire en nature, mais aussi il lui donne plus de liberté. Alors seulement la division du travail peut s'étendre, car plus il devient facile d'obtenir tout pour de l'argent, plus chacun est à même de s'adonner exclusivement à une seule occupation (3). Alors aussi il devient réellement profitable de produire au delà des besoins et d'épargner en vue de l'avenir. Sans la monnaie, le possesseur d'un capital qui ne pourrait l'employer luimême serait obligé, pour le prêter, de chercher non pas seulement quelqu'un qui eût besoin de capital, mais qui voulût s'accommoder de cette espèce particulière de marchandise ;
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ainsi, par exemple, celui qui aurait un cheval de trop dèyrait s'occuper de trouver une personne qui eût besoin d*un cheval, etc. Combien ne serait-il pas difficile de stipuler les intérêts en nature, ou même d'assurer la restitution d'un capital dont oii se serait servi (Siorch)\ Lanaonnaie est ainsi appelée à remplir» dans l'économie publique^ le rôle du sang dans réconomie animale; elle commetiCe par dissoudre tous les moyeils de subsistance pour en extraire la partie nutritive et répandre ensuite dans les diverses parties du eol^ps les éléments dé eoaservation et de vie (4). Il n'est pas de machine qui. économise autant de travail que la monnaie {LanderdMle), Il est vrai que les mau^ vais côtés de la richesse, la prodigalité et Tavariee, les inégalités de toute sorte, etc., peuvent recevoir, par suite de Tinveution de la monnaie, un plus grand développement (5) ; mais ^uel est l^instrument capable de rendre au chirurgien les plus grands services, et avec lequel un enfant ne risque pas de se blesser? On a eii raison de comparer la découverte de la monnaie à celle de récriture (6). En tout cas, nous devons ranger la substitution de Vécmomiè monétaire (k vrhere every mau beco- « mes a merchantand the society iiself a commercial Society » Ad, Smith, 1. 1, ch. iv) à Yécommie natm-eUe, parmi les pro grès les plus considérables et les plus utiles (7)«
(!) Skmondi (N. P., I^ p. 131) fait remarquer avec lieaucoup de justesse que la pratique en est devenue d'autant plus aisée, que la théorie est plus difficile.
(2) Lato (Trade and money, p. !9). Aussi, av»nt l^iâvettUdn delà mannaic, ne produii-oa g^ére que les choses absolument itidisfensaUes à Texistence.
(3) Turgot (Formation et distribution, § 48, seq.). Sans Targent, il y aurait très-peu de savants, (l*arlistes, etc., puisque les classes qui prodvisent les objets de première nécessité font le moins de cas de la science, de Tart, etc. {BUsch, Geldumlauf, I, 11, seq., 36; IV, 54).
(4) V. Schmitthenner [loccit,^ I, p. 457).
(5) De là vient que tant de socialistes s* en prennent à Tarçent. r. Uomê tHtite que les vices et la misère di^paraîtnwnt en grande
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fMrti« tvee Tai^diit. AitMi, dans son Utopie, les erimfnels portent dés ehtines d*or» les vases de nidt sont en or et en argent, etc., t€a de tendre ees ntétaut méprisables (éd. 4555, p. 119, 407). Les enetens Romains, à l'apogée de leur eifiUsatfion, ataient des Mées semblables. V. S$ Td, f04 « Anrl snera famés » [Virqih, ^neîd., IIÎ, tSÊl). Pline regrette le simple eommeree d*éfhange (1. !f., XKXflI, 3). Botgguittebètt^ de son eôté, unit é des considérations pleines de Justesse snr la nalure de fargent (Facinm de la Pranee, eh. i^ des dédamatlons passionnées contre ses inconvénients et ses abus, a Argent criminel )) (Détail de la France, I, 7; OissiMrt. sur la oatvre des ritluasses, etc.). Dans ces derniers temps, /. Moeser (Palriol. Phantas , I, 28) ; Ortes (Economia nazionale, II, 47), et le restaarateur du moyen âge. Ad. Mûller, ont signalé les vices du système économique basé sur l'argent (Geldwirschaft, — économie monétaire). Tandis (jue ce dernier exalte le système féodal qui rênilsaît a la fusion dès personnes et dès ctlosès > (Clémente, I, |i, m) , tl blâme vWeiHefit le système de salaire, «n lui opp^saM te «ervice féodal, non rétribué (?). « Ile mérite, que l'Etat seul reco«i##U aujourd'hui, vient du sert?ice » (111,259). fib^e^orrten (Geschichtl. und syslematlsche Uebersîcht der N. OEk., 4856, p. 56, seq.) n^est pas plus gî^and partisan de <3e syntème ééonomiqi)^. V. en sens eottràlre, Sû^tiM '<Maii4ît argent, 18^).
{6) Mirabeau (Philosophie rurale, 4763, chv n) ajoute, comm« M troisième grande invention, le tableau économique des physiocrales.
(7) Ce contraste flè Hc&nbiniè naturelle et de têemùndernt^iiétairÈ {Naturaiwirtidiaft^GdiwittKàaft^ »i à'nén impartann d gnftnde et si fondamentale, il j»e ref)roduit dans rbinloire de |4)us les peuplea parvenus à un haut degré de civilisation avec une telle régularité, qu'il ne pouvait échapper aux économistes doués de la perspicacité ))lslo- Hi^àe. ÀritimB^ par exemple, établit avec tui smii cft use eKaetiiii4e r»laarq uables» la dififêreDce ^nim <ixovof«jjc« et x!è^i^'^9'^'K c*est-i«dii^ entre l'économie naturelle et TéconoraLe comme art social, correspondant à la différence entre la valeur en usage et la valeur en échange ^Polit.. I, 3) n en est de même die D. fkime ^\ fiait «nooédier régulièreifteot une période de luxe, de eulture iolelieetielle, d'appUeali^to» 4'iae* tivité industrielle et commerciale^ de liberté et de circulation monétaire, â une période où les besoins ne sont pas réveillés, époque de rudesse, de paresse, d'occupations purement agricoles, de servitude et é^ècontMiie nMurelle (IHseourses, famm^ jMmmémettt : Ob interest et On aidney). Le même contraste se reproduit fréquemment, comme une pensée XpJU'damenlale, chez sir /. Steuar^ V. dans Hoffmann (Lehre vom Gelde, p. 476), de quelle manière s'opère ordinairement la transition de l'éco^ nomie naturelle à l'économie monétaire. En Tyrol, vers 4220, la plus grande partie des ouvrages purement mécaniq^ues étalent encore l'objet
de simples redevances féodales ; au commeocement du quatorzième siécle, le payemeot en numéraire devient la régie (/. Bidermann^ Techsche Bildung iii OEslerreich, p. 3). Pendant les trois premiers siècles de la république romaine, on ne connaissait, dans toute Tltalie, é l'exception des colonies grecques, que réconomie naturelle. Mommsen (Boemische Gesch,, I, p. 293) démontre, en particulier^ que les anciens as n'étaient pas de l'argent dans la véritable acception du terme, mais qu'ils rentraient bien plutôt dans la catégorie naturelle de l'échange.
OIITBRBIITBS BSPBCBS DB MONNAIE.
On a, suivant les circonstances, employé comme monnaie des objets de [nature très-diverse , mais d'ordinaire seulement ceux qui ont une valeur généralement reconnue (1). En somme, les peuples d'une civilisation arriérée ont coutume de se servir pour instruments d'échange de biens vulgaires, de nature à satisfaire des besoins pressants et grossiers ; à mesure qu'ils progressent, ils ont recours à des objets de plus en plus précieux, qui répondent à des besoins d'un ordre plus élevé (2).
Â. Chez les peuples uniquement chasseurs, les peaux de bétes servent habituellement de monnaie ; c'est là, en effet, l'unique produit de leur travail qui puisse être conservé longtemps, et c'est en même temps la matière principale de leur vêtement, et Tarticle le plus important de leurs exportations chez les nations civilisées (3)«
B. Les races nomades, aussi bien que les peuples purement agri<5bles, pensent tout naturellement àl'emploi du bétail en guise de monnaie, usage qui suppose la possession facile de riches pâturages. S'il en était autrement, beaucoup de ceux auxquels on ferait des payements de ce genre seraient hors d'état d'entretenir le bétajl mis à leur disposition (4).
(1) Quand l'argent ne serait autre chose qu'une mesure de la valeur en échange, il devrait toujours avoir en lui-même une valeur pareille,
de méjne qu'une mesure de longueur doit avoir une longueur. (L'horloge nouf; fait mesurer le temps au moyen de la révolution de Taiguille sur le cadran.) La valeur en échange suppose^ de son côté, la valeur en usage. Ce qu'on appelle monnaie de compte, comme le lac de roupies aux Indes, lesrt^'s ea Portugal, et la guinée en Angleterre, n'est pas une grandeur imaginaire, mais bien une valeur réelle de monnaie^ avec cette seule différence qu'elle n*est point matériellement représentée par des pièces correspondantes. Dans cette limite, il est donc permis dédire avec Riedel (N. OËk., I, p. 355) que la monnaie de compte est une simple mesure de prix^ et que les monnaies réelles sont un lùoyen d*échange. Rau (Storcbs Handbuch, 111, p. 254) réfute le récit fabuleux propagé par Montesquieu (Esprit des lois, XXII, vni), sur les macules |?) des noirs de la côte d'Afrique qui n'auraient été qu'un signe purement idéal. V. MungO'Park (Travels, p. 27), M'Culloch (Dictionnaire, v» Matie). Bobbes a émis sur ce point des idées très-justes (Leviatban, 24).
(2) V. P. Neri (Osservazioni, 1751, VI, i); lord Liverpool (Treatise on the coins of the realm, 1805). Toute personne qui doit recevoir de l'argent doit toujours avoir l*espérance de pouvoir à son tour le dépenser comme argent ; ce qui suppose toujours une certaine conGance commerciale. Les sauvages Goahiros, entre le Rio de la Hacha et Maracdibo^ sont trop a déliants » pour prendre dans le trafic autre chose que les marchandises dont ils peuvent immédiatement se servir (Depons^ Voyage dans la Terre Ferme, I, p. 314). Des hommes â demi sauvages ne peuvent utiliser immédiatement que des objets qui correspondent aux besoins les plus grossiers; tandis que les peuples plus civilisés, qui sont en état de faire des dépenses plus considérables, ont surtout égard à des qualités d'un ordre tout différent, et s'attachent de préférence aux objets faciles à partagëï*, d*un transport commode et qui durent longtemps. V. Pom (Staatsoekonoviie, 1836, 1, p. 80).
(3) Ces motifs conservent longtemps une grande importance dans les zones glaciales. C'est ainsi qu'aujourd'hui encore la peau de castor représente Tunité de mesure pour le trafic de plusieurs contrées exploitées par la Compagnie de la baied'Hudsou : trois martres valent autant qu'un castor, un renard blanc » deux castors, un renard noir ou un ours » quatre castors, un fusil » quinze castors (Ausland, 1846, n° 21). Le mot esthonien raha, c'est-à-dire argent^ signifie fourrure dans la langue des Lapons qui est de la même famille de dialectes (Ph. Krug, Zur Mûnzkunde Russlands, 1805). Sur la fourrure employée comme monnaie pendant le moyen âge russe, V. Nestor (traduction de Schloezer^Wl, p. 90). Le vieux mot kung^ argent, signifie proprement martre. Peu à peu l'usage s'introduisit de donner, au lieu de peaux entières, le museau seulement ou des morceaux de cuir, de la grandeur d'un pouce carré environ, qui étaient marqués à l'estampille du gouvernement et au moyen ifisk"
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quels on retirait de «es magasins des peaux entières. C'était ddoe une sorte A^asngnat, exposé aux oscillations du crédit. Les conquérants mongols ne voulurent point les reconnaître, ce qui leur fit subir la banqueroute ; ce système ne se maintint en vigueur pendant quelqde temps qu'à Novgorod et à Pskow^ é cause du peu de rapports commerciaux de tes places avec les Mongols. On se vit obligé dlntroduire la monnaie d'argent dans tout le reste de Tempire^; mais an nord^ sur les rives de là Dwina^ etc., force fut de revenir aux peaux de martre {Karamsin, Histoire de Russie, I, p. 203, 385; V« p. 96^ 191, 318^ seq. ; Voyage de Bubfttquh dans fa Collection de Voyages de Bergeron, i, p. 91 ; Herberslêin, Rer. Moscov. Gomment.^ p. 58). En 4610, une caisse militaire russe tombée entre les mains de Tennemi contenait encore, à côté ée 5,450 roubles en argent, 7,000 roubles en fourrures {Êaramsin, XI, p. 183).
(4) Dans HomèrB, on trouve fréquemment l'évaluation des prix par nombre de bœufs (il, p, 449; t, 236; ç, 79; ^, 703, seq.; Odyss., a, -431) . Les lois de Dracon fixèrent encore les amendes en bétail (Potluœ^ IX, 60, seq.); et les monnaies d'Âtbénes, avant Solon, portaient pour la plupart l'etopreitite d'un taureau (P/tir«trc^., Theseus^ 25; Boeckh, Metrol. Dntersuch., p. 12i, seq.). De même, tbez les anciens Romains, les amendes étaient fixées en bétail ; (es premières monnaies étaient frappées par Servius, bown oviumque effigie (Ptin., H. N., XVliï, 3 ; Ca$siodxïr.^ Var., VII, 32). Les expressions pecttnta, peculttim, pt)cuiatns^ dérivées dep*wia{Fûrro,Oel.l., V^i9; Dererust., 11,1; Cteero, De rep., II, 9; Ûvid,, Fast., V, 281 ; PintarcA., Publicola, II). Chex les anciens Germains, amendes acquittées en bestiaux, comme Tattestent r<ictte(6erm., 12j. Ltx JHpuixr, (36, II), Lex Saxonum (19). Des documents du septième et du huitième ^ècle indiquent en Allemagne les cbevaux comme prix d'achat (Grimm, Deutsche Rechlsalterth., pf^$86^ aeq.) ; Tempereur Othon le (îrand imposa encore des amendes payables en bœufs {f^iiuk. Corb,, If^ 6). Des dispositions pareilles se retrouvent dans les lois du roi Etienne de Hongrie (ITacfcsfnwtfc, Europaeische Sittengeschichle, H, p. 407}^ dans les anciennes Brekon-Laws d^rlande (Le^crnd, flistorj of Iretand, p. 36, seq.), ainsi qtie dans la collection des lois écossaises Regiam inajeêtaifem, de 1330 [donard, II, p. 263, seq. ; 537) ; Viva pecfAnia des Ânglo-Saxiins, et dans les lois de Guillaume I*^. Les anciens Suédois calculaient la fortune d*après le fu^bétail (Get^er, Schwediscbe Gescbichle, I^ p. 100). Aujourd'hui encore le mot islandais fe signifie fortum ; comme à Berne, le mot Vieh (bétail) est employé à l'égal de celui de marchandise. Cela se rencontre bien plus encore chez les peuples noBiides: ainsi les fiirghises emploient les chevaux et les montOtts en guise de moniuM d'ah^gent, et les peaux de loup et d'agneau cMsmie flumntie 4e biUw <iP«H((aa, René 4«rch Raaciand, 1771» ^i
p. 390) ; les TarUres Nogàk's stipulent dans toutes leurs conventions, au moyen de vaches (Haxthausen, Studien» II, p. 371); en Perse, les tribus nomades se servent, comme argent, de moutons, et ceux qui sont assujMtis ft la vie du village Tont joiier le même rôle hu blé, â la paille et i ta iiin« (â: Bittert Brdkunde, YIII, p. 386) . Il en est fle même dél bœaîs chei les Tcherkesses {^ïemm, Kulturgeschichte, IV, p. 16).
§ ii9.
G. S'esftK)[| seiti ptrtoiil des métaux pour remplacer ^ eorame meiiçâie, les autres biens d^nt j*âi parlé, el les métaux préeieuï MfitHls veuus en dernier? G^est ce qu'on ne saurait démontrer d'uBO manière absolue. Bien plus, lor de plusieurs contrées est si facile à acquérir, et Tor aussi bien que l'argent corres* pondent à des besoins si anciens^ si généraux et si puissailts (1), que nous tes rencontrons employés comme moyens d'échange à des époques fort reculées (2). Chez les peuptes isolés, le modo adiopié tient en grande partie i la constitution géologique du pays et à la nature des métaux que la nature leur a départis en plus ou moins graïKle abondance (3). En général, cepeo^ danl, ia loi que nous avons énoticée rencontre également id une entière confirmation. Avec le développement de Téconomie publique , les payements considérables deviennent plus frérots; par conséquent^ plus un métal est précieux, et mieux , il est approprié à cette destiiiatiau. En outire, les peuples riches peuvent seuls posséder une grande quantité de métaux précieux (4|» Chee les Juifs^ la monnaie d'or apparaît sous David (5) . En Grèce, ï*heidon, roi d'Argos, semble avoir introduit le premier la monnaie d'argent dans ses États (vers la fin duhuitièihe siècle avant J.-C); la monnaie d'or n'entra en usage que beaucoup plus tard {%). La première monnaie d'argent fut frappée, à Rome, Van 209 avant J.-C. , et les premières monnaies d'or, soixante-deux ans plus lard (7). Parmi les peuples modernes, Venise semble avoir la première frappé des monnaies
d'or eu quantité considérable (8). Eu Angleterre, Henri III ( + 1272) fabriqua les premières monnaies en or, mais avec si peu de succès qu'on put regarder bien longtemps après lui Edouard III ( + 1377) comme le premier roi qui ait fait frapper des pièces d'or (9). D'après le récit de Tacite, les anciens Germains recevaient en payement l'argent, de préférence à Tor, dans leurs transactions commerciales; c'est qu'un peuple pauvre et à demi barbare ne s'accommode pas volontiers des matières les plus précieuses, transformées en monnaie (10). L'Angleterra, de nos jours, fournit l'exemple d'une situation diamétralement contraire, puisque l'argent n'y est guère employé que comme une espèce de monnaie de billon, tandis que la circulation de l'or domine dans toutes les relations commerciales (11).
D. L'usage local de certains pays a encore élevé à la condition d'instruments d'échange d'autres marchandises, surtout quand le peuple est pauvre et que les métaux les mieux appropriés à cet usage n'existent pas en quantité suffisante et dans les proportions nécessaires. On s'est néanmoins borné à faire usage de biens qui sont généralement acceptés, ont une certaine uniformité et font partie des articles courants d'exportation ou d'importation (12).
(1) Celui de la vanité qui^ chez certains peuples^ se révèle même avant^e besoin du vêtement.
(2)Gen. (I>24); Ter n'apparaît que comme un ornement précieux; Abraham paye ses achats en argent.
(3) Par ce motif, la monnaie d'étain est aussi naturelle chez les Malais et les Chinois queja monnaie de fer chez les habitants de la Sénégamh\e(MungO'Park, Travels in Africa, p. 27). Decetle manière, Plutarque (Lysand., 17) peut bien avoir raison lorsqu'il dit qu'en Grèce le fer fut le moyen de payement le plus ancien et le plus universellement admis; aussi Sparte, qui s'appliquait soigneusement à comprimer Tessor de la civilisation, a-t-elle le plus fidèlement persévéré dans cet usage. Y. toutefois Saint-John (The Hellènes, III, p. 260, seq.).Les premières monnaies de cuivre furent frappées peu de temps avant Philippe de Macédoine, père d'Alexandre le Grand (Ekhel, Doctr. nnmm., I, p. xxx, seq.).
Llulie^au contraire, en partie é cause des mines qu'elle renferme, en partie par suite de ses relations avec Garthage (Chypre!) était déjé^ é une époque trés-reculée, devenues! riche en cuivre, que la circulation de ce métal (on pins exactement du bronze} se développa tout naturellement. Y. Niebiihr (Roem.Gesch., I, p. 475), œs alienum^ obcBratus,œstimare. Le cuivre s'y prêtait d'autant mieux qu'on le trouve plus souvent sans mélange; en général, on s'en servit beaucoup plutôt que du fer^ parce qu'il est plus facile à travailler [Besiod,, 0pp., 150, seq.; Lucret.^ Y, 1285, seq.). Chez les modernes, la monnaie de enivre semble n'avoir été employée qu'après celle d'argent ; ainsi, par exemple, en Angleterre, on n'en a pas frappé avant le régne de Jacques I*' {Ad. Smith^ I, ch. v), et en Suéde avant 4625 (Geijer, Hist. de Suéde, III, p. 56). Monnaie frappée en France avec le métal des cloches fondues pendant la Révolution !
(4) On a frappé en Russie, de 1763 à 1788, pour 76 millions de roubles de pièces d'or et d*argent, pour 54 millions de pièces de cuivre (Hermann), En France, au contraire, de 1727 à 1796, pour 40 millions de francs seulement de monnaie de cuivre, pour 10 millions de monnaie de billon, et pour 3,967 millions en monnaie d'or et d*argent.
(5) Michaëlùt (De pretiis rerum apud veteres Hebrieos, p. 183).
(6) Strabo (YIII, p. 358). Biéron^ le puissant tyran de Syracuse, eut beaucoupde peine pour se procurer de l'or. Soixante-dix ans auparavant, les Spartiates, quand ils voulurent faire une offrande en or au temple de Delphes^ furent forcés de s'adresser à Grésus (Hérodot,, 1, 69; Theopomp. dans Aihen.^yi, p. 231, seq.). Arisloph. (Ranœ, 720) appelle l'or et la ^ monnaie nouvelle m par 0])position é « l^ancienne, » c'est -é-dire à Pargent.
(7) Plin. (H. N., XXXIII, 13). V. néanmoins Bureau de la Jfa/^ (Economie polit, des Romaius, I, p. 69), d\iprès Varro (Apud Charisium, I, p. 81). En tous cas, la circulation de l'argent dominait chez les Romains quand l'Italie fut conquise, et celle de l'or, au temps de César et d'Auguste^ lorsque Rome éteîidit sa puissance sur l'univers entier. Mais le trésor public, même au temps où l'argent l'emportait comme monnaie courante, était conservé en or, parce que ce métal convenait mieux, aussi bien pour être gardé, que pour la facilité du transport, lorsqu'il fallait faire des envois aux armées dans des pays lointains, etc. *
(8) Anderson (Origin of commerce, a, 1276).
(9) Henri dut adresser un ordre formel au maire et aux shériffs de Londres pour mettre son or en circulation ; mais il se vit bientôt forcé de renoncer â l'exécution de cette mesure. Ce n'est qu'après une circulation libre et d'assez longue durée, que le roi Edouard III put défendre A qui que ce fût de refuser les nobles à la rose (L. Liverpool^ loe. cit.).
(10) Germon. 5. L'exemple eité par d'Herbelot (Bibliothèque orien"- Ule (1697, p. 485) est encore plus concluant. Du temps deNadir^Shah,
les Gurdei donnaient sans hésiter de Tor petir an poids égal d'trftBl ou de cuivre (Ritter, Erdkunde, VUl, p. 398).
(11) Recommandée déjà par Ad. Smith, (I, eh. y) L'Egypte, pendant longtemps le pays le plus riche du moyen âge, vit dominer la circulation de Tor jusqu'au douzième siècle (Macrisi, Hisloria monet« Arab., cap. m, éd. Tychsen). Les revenus de Haroun-^al-Rasehid étaient évalaés annuellement à 7,500 quintaux d'or (Ritter, Erdkunde, X, p. iSS). Riê-ter (Erdkunde, V, p. 364) raconte, d'après Ferishia, quelque chose d'analogue du Karhatic, « le pays des anciennes Emporiei ? b
(12) L'emploi des caufis, espèce de coquillage blanc {cyprofamonHa) dans l'Iode en deçà et au delà du Gange, la haute Asie, le sud de TAfrique, vient de leur emploi comme parure, de leur grande uniformité •t de la rareté du cuivre, qui ferait sans cela une bien meilleure petite monnaie. A Calcutta, 1,280 cauris valent à peu près un demûëchelUng (MXuUoch). V. K. Ritter (Afrika, p. 149, 324, 422, 1038; Asien, I, p. 964 ; II, p. 420 ; III, p. 233, 739 ; IV, p. 53, 420) ; Légaux deFlam (Essai sur l'Indogstan, I, p, 143, 226) ,* Volz (Gesch. des Muschelgeldes dans le Tûbinger Zeilschrift, 1854, p. 83, seq ). Pareillement chez les peupfes pêcheurs du N.-O. de l'Amérique (Stein-WappoeM, Handbuch, T, p. 352). Monnaie de sel aux frontières des empires chinois et birman {M.'-Polo^ II, 38) ; surtout dans l'intérieur de l'Afrique, où il manque totalement et où les caravanes l'apportent du désert. ifun^o-Porlt (Tra* vels, p. 305), trouva chez les Mandiagues le prix courant d'un blee de sel long de deux pieds et demi, large d'un pied deux pouces, et épais de deux ponces, =2 livres sterling. Dans le Darkoulla, un esclave, âgé de quatorze ans, valait 12 livres de sel [Ritter, Afrika, p. 1037). En Abyssinie, les barres de sel ont le plus souvent six pouces de Ipqg, trois pouces de large, un pouce et demi d'épaisseur et sont maintenues par un anneau de fer qui les empêche de se briser. Soiiante de ces barres coûtent un thaler (Ausland^ 1846, n^ 35). Caisses de thé dans la haute Asie et la Sibérie, données pour la première fois aux troupes mongoles de la Chine, en guise de solde (Ritter, Asien, 111, p. 252). A Kiachta, une caisse de thé vaut un rouble'-assignat (environ 1 fr. 25) {Aueland, 1846, ii9 20; Timkowski, Reise nach China, I, p. 43). Monnaie de dattes dans l'oasis de Siwuh (fjornemann, Reise, p. 21); de même dans Upayi du dattes^ appartenant à la Perse, où la monnaie d'argept la plus comniane fut d'abord frappée sous la forme d'un noyau dé dalte (Ritter, Asien, VllI, p. 752, 819). Les anciens Mexicains se servaient, en guise de mott' naie, de fèves de cacao renfermées dans des sacs qui en contenaient chai» cun 24,000, de tissus de coton, de petits morceaux de cuivre et de la poudre d'or, renfermée dans des tuyaux de plume {Humboldt^ N. Espagne, IV, 11). Les fèves de cacao servent encore aujourd'hui au Mexique de petite monnaie (i6i«f., IV, 10). Dans la partie supérieur^ du fl^ufi
d«ft Amasones •*-* gâteaux de cire d'une livre {Smylh, Journey from Linm to Para, 1836). Chez les anciens habitants de Rûgen, la io\\% (Heltnold^ I, 39), comme aujourd'hui encore le vadhmdl chez les Islandais. Au moyen âge^ cent vingt aunes de vadhmdl valaient une vaehe laitière, ou gix brebis, ou deux onces et demi d'argent {Léo Haumert, Tascheo^i buch, 1835, p. 515), Wilda (Geschichte des deutschen Slrafrechts, I, p. 331) prouve que le compte par vadhmdl ou pai* vaches est plus ancien chez les peuples du Nord que la manière deeompter au mare. Ou« trelei cauris, les Gafrei se servent encore comme monniiede ma^tes^ de flèches^ de grains de verre imitant le corail, mais surtout d'anneaux de laiton ; trois à quatre cents de ces anneaux réunis forment une ceinture et deux ceintures yalent un vache {Klêmmy Rulturgeschichte^ Iff, p. âOB, 320, seqO* Dans le toisinage des possessions portugaises om Afrique» rivoire sert de monnaie (Martins^ Reise, II, p. 670), Ces es** péces de monnaie se maintiennent longtemps dans les colonies : ainsi la morue sèche (stock- fish) à Terre-Neuve, le sucre aux Antilles anglaises {Àd. Smilh, I, ch. iv), le table au Maryland 0t dans la Virginie (Dirm*» glasif V, % p. 389; Ebeling^ Y, p, 435, seq.). Quant à ce deroier, l'emploi comme monnaie se trouvait lié à Vinspection et à Temmagasinage officiels du tabac destiné à l'exportation ; on payait encore vers la fin du dii'huitième siècle avec des mandats sur les proytsions eon • trôlées. En 4618,00 décréta en Virginie» sous des peines sévères, le coiiri forcé du tabac [Gouge, History of paper money and banking in thç U. St., ch. i). — V. pour tout ce qui concerne la monnaie, le beau travail de Léon Faucher : De l'or et de Targeot.
La préférence accordée aux métaux précieux sur tous le* autres instruments d'échange, chez les peuples civilisée, tient à l'élévation et à Tuniformité de leur valeur en échange, au caractère de durée qui leur appartient, et h la facilité avec laquelle ils se prêtent à toutes les formes. '— Leur valeur en échange est considérable k cause de la beauté de leur aspect. Leur éclat et leur sonorité (i) leur attribuent une grande t;a/^r en usage^ et eu même temps leur rareté naturelle rend Yoffr^ relativement faible (2) , et ne permet pas de l'augmenter k volonté (3). Comme ils renferment une valeur considérable dao« un très-petit volume, ils sont très-faciles à transporter, propriété