VALEUR EN USAGE ET VALEUR EN ÂGBAIIGBDB LA BIONNAIE
La valeur en mage des métaux précieux se maintient telle qu'elle était à Torigine ; ils répondent à certains besoins de luxe de la manière la plus complète et la plus durable ; néanmoins, à mesure que les progrès de la civilisation se font jour, cet avan-
DE LA MONNAIE BN GENÉlUL. S03
tage s'efface peu à peu devant une utilité plus récente, celle de fournir la meilleure matière du numéraire (1). Et comme le service que rend la monnaie embrasse (2) la conservation et la transmission des valeurs (division» concentration), Tune de ces qualités joue ordinairement un grand rôle au début, et l'autre dans les développements ultérieurs de Yéconomie monétaire. Nous pouvons le mieux assimiler la monnaie aux autres machines ou instruments dont le commerce fait usage (3). Se plaindre de Tabsence du numéraire, alors qu'il y a disette de biens et spécialement de capitaux, c'est commettre Terreur de ceux qui attribueraient une disette de blé à l'insuffisance des chariots, ou au peu de largeur des chemins d'exploitation. Il est des cas où cette appréciation peut se trouver fondée, mais, à coup sûr, ce sont des cas tout à fait exceptionnels, et cependant c'est à ce sophisme que sacrifient la plupart des empiriques en fait d'économie (4) ! De même que tous les autres instruments, la monnaie forme une partie du capital public et privé; elle appartient, au point de vue de l'économie priyée, au capital circulant^ et au point de vue de l'économie publique, au capital fixe {S).
(1) Au reste, Senior {Three lectures on the value of raoney, 1840) n'a pas tort de penser qu'en dernière analyse le prix des métaux précieux a toujours pour règle le besoin des objets de luxe. Ce besoin conduit à exploiter les mines, fussent -elles même placées dans les conditions les rooins favorables^ tandis que^ en fin de compte, les besoins delà cir« culation pourraient être satisfaits tout aussi bien au moyen de faibles^ que de fortes masses de métal.
(2) North (Diseourse upon trade, p. 16).
(3) Ad. Smith compare Targent à une grande roue qui distribue régulièrement entre les membres de la société la part du revenu qui revient à chacun d'eux (W. of N. II, ch. ii); une autre fois, il compare son utilité à celle des routes (/oc. cit.). Hume (Onmoney pr.) se sert plus volontiers de Tirnage de « Thuile, avec laquelle on facilite le mouvement de la roue de la circulation. » Sismondi conxpare l'argent au service rendu par les portefaix (N. Principles, V^ ch. ii). « Money is to comte merce, what oil is to machinery, or railwaysto locomotion, a contri-
2Q4 DE hk MONNAIE EN GENERAL,
I ya()ce to dijpioîsh friptioi) ^ Çf,zS,- 4^1/).. li'qrg^n) comparé %\i Ung^ge {fuoco, Saggi fconomici, I, p. 223). D'après Schmitthenner (p. 4^5). il se comporte vis-à-vis des autres biens^ comme la langue écrite vis-à-vis des divers dialectes. — L. Wolowski rappelle le dénominateur œmmun ^ imr<à($ndUe^ (Pe Forganisatioa du Crédit foncier, p. 43 et m\j»)-
II ^i( <]|UQ Tagept ||e h cirç4l^lipn se prqpor^opne aux beçpJDS Qt ^ la rapidité de la circulation : il remplit le rôle dés waggohs du chemin de fer (ïd,, p. 16 et suiv.).
(4) Les aperçus de Law sur Targeot sont, eo graqde p^rti^^ fort reiparquable^ : ^iusi, parpjtppplQ^ il lient rq}(ér(Hjqj 4p^ ffl?"Q3^®?» ^«P? iç but de femédiejr au mauyais état des finances, pour uqe aussi grande folie que si Ton prétendait augmenter la dimension d^une pièce d'étoffe trop courte, en raccourcissant le ipétre (Sur l'usage dçs monnaies, p. éfi?)- ÏÏR par^ enfiprQipeijt ifpjé PQHFaif ç'accpm^PA?'' auss} bipn ^e Ippjiyrçs sterling que d'un million (Mqney and Irade^ p. ^8). Mais ailleurs il confond, au contraire, le capital et l'argent au point d'avancer que toute augmentation de puméraire est un accroissement de richesses ppuc h peuplç, un moyen d^ donner 4» iriiyaM auç pay^res, de faire jp^lfctlfir Ifis jn^qstnes, etc. (Money apd trîjde, J. 2^, ^6 s^g., 1Ç8J. Une somme d'qrgent donnée ne peut fournir de Toccupation qu'à un certain nombre d'hommes (p. 21). La puissance et la ricnesse d''un peuplç re- J3osent sur le nombre des habitants du pays et sur les appirovisionnegipnt^ d^ fpqfp espèce, cçux-ci s^ fon^pnt ^jir le çpmipefçe^ p| lecompierce, dfî son côté, sur \s^ quantité d'argent (p. 110, 220). Leprojetmis en avant en 1848, et rejeté par l'Assemblée nationale, d'inonder la France de bons hypothécaires^ avait une singulière parenté avec l^s prppositions praljgp^f s dp Ljw. y. L. WQlowski {De l'organisation ^u Crédit foncier |^Çppp)brf! ^84^). 4f«cfee^ Chevalier (Cours, I|I, p. 380) a raison de plai- P9f?^ ppux qiii disent l^c^fgent est abondait ^ lorsque les négociants Jpquvpfli facilement crédit ^ c'est tout comme sj l'on voulait de ce proyprhp gppniJ : ii Pargent est l^ nerf de la guerre, » Ijrer la conclusion %W ^f (H^^^? ^^ ^^^ balle^ sont en e|rgen^.
(6) Ad, Smith ne s'exprime pas très -clairement à cet égard; comme aussi il prétend, avec assez ^'inconspcjuénce, que l'argent est tmprof[ytcii{ [dead stoci:)^ parce qu'il ne laisse pas de traces matérielles sur )^s bi^qp qq'il a fait passer d'unp main dans une autrç (II, ch. n). Est-ce Qu'pi^ n^ pçi|t pas ei} dire autant du comijaerce? et cependant Ad. §1^itJ^ |e déplare productif, Spn erreur est ?ans aucun doute un résidu de |a ^ppfrjn^ pfiysipcralique, dont Smith ne s'est pas affranchi. V. Qtj^naji (p. 94, écj. Daire). Tr, Twiss pense que l'argent employé cpnamç nipi)naie est improductifs et qu'jl est productif, s'il est employé cpmf}}^ pjjpchàndise (View pf tjiç prpgress of pplitical economy since the 16 century, Î847;,
DB LA. MONNAIB BN GEKÉJ^Uy ^ j ,
Nous disons que la valeur en échange'^^^^ inhptmç^ ^fkvi^ Igr§gi)g tpMfe§)e§ gpfrps n^r?}iawdises 'm\ àl^plpr^â^^ \û pa$ contraire, qous disons qu'elle décline. ]\ s'agit ici de TapplicatioD des lois générales du prix; ainsi donc, de Toffre et àe la demande de l'argpnt! La demande dépend des besoins et 4p$ ïPQÏf Rs di§pouit)le$ (les acquéreurs : par cpp^équ^Ml^' $i MR pays a peu de comaierce, il ne voudra avoir qu'un petit nombre d'instruments de trafic, c'est-à-dire de numéraire ; s'il est dé: pourvu d'autres biens, il ne peut obtenir que peu d'argent. Voffre se règle à la longue ;iir les frais de production. Mais comme les frais de production des diverses mines diffèrent beaucoup, le prix des métaux précieux se réglera sur la dépense - nécessitée par la mine la moins riche à laquelle on est obligé d'avoir recours pour satisfaire l'ensemble des besoins(§ 110) (1). Moins les conditions de production sont favorables, plus il faut donner de marchandises pour une livre d*or, d'argent, etc., afin de ne pas faire abandonner les travaux d'extraction. Les limites extrêmes du prix du numéraire sont déterminées par la nature même de l'usage qu'on en fait. Le prix ne saurait s'élever au delà du point auquel la diminution âe volume des pièces de monnaie les rendrait incommodes, ni tomber au-dessous de celui où leur dimension trop considérable entraînerait le même résultat. On se verrait obligé, dans l'un et l'autre cas, de recourir à d'autres instruments d'échange.
(1) Le bon ou le mauvais résultat de cette production dépend de divers éléments qui peuvent se compenser l'un l'autre. L'or existe en Irés-grande abondance en Californie et en Australie, et ^on exploitation offre pep 4a ^iflÇcuUé jmçis les mineurs ont des prétenliopsfort élevées, (jue la situ(>tîon du pays permet difficilement de satisfaire. Dans le Harz, dont les produits couvrent à peine les frais(Le/izen, Hannovers Staatshaushalt, 185à, I, p. idQ), les mines se trouvent parfois à une profondeur de 3^ lacbter iiois^f]] c^\ inc9pvéniept e$^ JHScju'i fin cef tiiin jjoiqt cçpipjggé jjjj:
les exigences modérées des mineurs et par les perfectionnemenls apportés à ^exploitation. Chez les Mandingues, le lavage des terrains aurifères présente des résultats si avantageux qu'il donne au bout de deux minutes de travail 1/4 pour 1000 du poids du sable en or par {Mungo Park, ^ourns\, p. 53; Addenda^ p. XIX), tandis qu'en Europe le produit de 1/100^ pour 1000 paraît encore assez favorable pour provoquer l'exploitation; mais quels ouvriers que ceux de ce pays! Au Pérou, la hauteur à laquelle les mines sont placées au-dessus du niveau de la mer et le manque de combustible neutralisent beaucoup de circonstances avantageuses, et en Norvège, le bon marché du bois compense quantité de conditions fâcheuses. Au reste, ce qui contribue encore à maintenir l'uniformité du prix des métaux précieux, c'est que les grands capitaux fixes, engagés dans la plupart des entreprises métallurgiques, retardent l'exploitation des mines riches et empêchent l'abandon des mauvaises.
On ne saurait préciser d*uae manière générale, ni d'après la population, ni d'après Timportance de la fortune publique, la quotité de monnaie nécessaire au ménage d'un Etat (1). Il est ' très-facile de réfuter Topinion d'après laquelle la somme totale du numéraire d'un pays serait l'équivalent de la masse des autres marchandises, existante la même époque, en sorte que les deux plateaux de cette grande balance [Locke) se main tiendraient toujours en équilibre, et que toute augmentation de la quantité d'argent, alors que la somme des marchandises resterait la même, devrait amener une diminution correspondante dans la valeur de chaque pièce de monnaie (2). Que Ton songe à la multitude de biens acquis et cousommés sans échange aucun! — La quotité nécessaire de monnaie résulte pour chaque pays du concours des circonstances suivantes :
À. Quantité et étendue des transactions qui nécessitent un mouvement d'argent (3); cette proportion s'accroît évidemment avec chaque progrès de la division du travail, c'est-à-dire de la civilisation (§§ 48, seq., 117). Aussi, la transition du servage et du régime des corvées au travail libre ; du service des ouvriers domestiques (Gesinde) au travail salarié des journaliers ou des
tâcherons; du service militaire féodal, aux armées permanentes et soldées ; des bénéfices territoriaux et des droits attribués en nature, aux traitements des employés deTEtat; des redevances en nature, aux impôts payés en arg.ent et au fermage ; des réquisitions, aux emprunts en numéraire ; en un mot, du système A' éco7iomie naturelle du moyen âge, au système d'économie monéiaire des civilisations plus avancées (4), doit accroître dans une forte proportion le besoin du numéraire.
B. Larapiditéde la circulation monétaire ; car, pour la plupart des transactions, un écu qui circule dix fois dans Tannée rend les mêmes services que dix écus qui ne changeraient de mains qu'une fois; tout aussi bien que Tutilité économique d'un bâtiment de transport ne se calcule pas seulement d'après le tonnage, mais aussi d'après le nombre de traversées effectuées chaque année (5). La somme des moyens de circulation dans un Etat doit égaler la somme des payements à faire pendant un certain espace de temps, divisée par le nombre de fois que ces moyens de circulation changeront de mains dans Tintervalle (Sismondi) (6). Au reste, dans des circonstances économiques données, la rapidité et l'importance delà circulation monétaire n'ont rien d'arbitraire. Il arrive rarement de voir quelqu'un acheter ou con« sommer un produit uniquement pour fournir à d'autres fargent nécessaire (7). Si Ton veut que la plupart des détenteurs du numéraire (qui sont d'ordinaire, dans les sociétés qui progressent, des hommes entendus et écouomes) soient disposés à remettre promptement en circulation l'argent qu'ils ont reçu, il faut une vive impulsion donnée à la production, ce qui suppose une grande liberté des transactions et une sécurité légale bien assise. Moins ces avantages sont développés, et plus il devient difficile de faire fructifier demain rarg.entreçu aujourd'hui; plus aussi on est forcé de tenir un fonds de réserve toujours prêt, afindesubvenir aux nécessités inattendues (§43) (8). Ainsi, chez le même peuple et à la même époque, l'argent circule avec
plps de lej^t^ur §9\j§ Tf PRJre 4*îwflHC^ces inquiétantes ou critique^ ; }a guerre, j^g p^ril§ de^ féyoljitions, les crjsqç ppmpqerciaies signalées p^r ^f uom^rei{se^ b^pq){erpt|t^s, etc.^ jSyeillent j'anxj^té dp 9 ^étpnteprs 4ç nuffl^rairei et leqf fopj rp$§prr^r Ips pspècp^ (p). Cbei }fî?. RppRlp? a|Ti^^é§j ^fi^ ^W^ 3WSlQgHe§ f9!4 ffl^»? eqfpuir \m iPS flfejejs précieu^, ^\ e^ particHlJfF, /'araefft. î^a cirpHJafiQn ^q imfp^rajfe e$^ f prdÎT naire plus rapide daq§ jps gr^ncjps viile§ qij'à Iq çsuppagiie, ^^ ?PIB fi ^P§ PPPUl^^'^fl cpippacte que pafo^j ^e^ pppulatjpns flajrT§eqï^e§j dans 1^ pofflmerfg que (Iqns l-jndqsfrie figrj- ÇP}p (tP)- Pl^. g^gnP ^^ f^Çfivjté par sqife de raiflé|iofa(ip{^ des yoifç de cppmunicgfion. T?P4i^ flH^ 4^^ ^™^f. f[p p.^yf'^PÏlf ^étermin^g aPî^nepf la qpqçentfajiqn temppraife (|ps ifipypn^ 4f ci/pnl^tj()îi, ff çpp^îjïnpepld^ps rjqtery^lle J> ja.§tériliié deg fprnjfle^ jrppqr|apte§ (\]), }.q cpncpntratjon jles affaires c[aps les grande? pl^f^s de coipmerpf doit faire rMJiser pne notable écQHprï)jp sur les instrn[pe}]j^ d^^cl^apge. Ça ^pgleterre, |l est (J'psagjB qup jes gens ri^b^s ^^ppsept jeur^ fonds pljez qn f)ap-
gqier mM\ W^^ IfiS .^Yojr tfiHphP^? pf 8H'"? PPèfent les p^ypqippts gu qoyei) (Jp }n?nd^t§ {checl(^]. te§ l^abilants de Lopfir^j {j'e[pplojepf gpère rargenj; q|ie ppur p^ye|r lp§ puyrier^ ^tpqqf les tr^ns^cfipn^ dp pppifpprce fl^ d^^ail. J.e banqujer y pst Ip pf^jssjer commun d'une foule de particpljers, et peut, au qipyep 4p ?ftîPP^^s infiqjmpiit njpjps cpqsidér^b|es, ppéref le§ p^ygjp^qts ep lepr nofp^ surtout si les créancei? sont réciprqques (12). jUne pareille centralisation s'esj ^feq^qe (Jan^ pne sp})^èfe plq^ élpyéej ç'^f |e^ b^nquief^^ pp plug pu ppiqs grand nQiq()re, sp fpliept d'or4lnffire eptre eux ^u moypn 4'uqe pqnquf pomme ppiqt central, et les hapques d^ prpviqce spqt en relatjon con^iqpte ayec les graqfjes maisons de Londres, sqps upe sorte de b^utp sppyeill^npe de la banqqf} d'Apglejepre. pes gF^qfl§ éta|))jsse(Rents jpqqé^ires s^ repcpptreut
§H Ç'mm'9mi p^ï Mm\ }» piusgrapfie ^^nip 4g igprs
DQ L4 MQNKAI» m fi«NRBAL; 299
pjèyeooeDts, au moyen de simples virements de compte^ en compensant le débit et le crédit (15); et la Banque^ en sa qualité ^g prii{pipal caissier de la natiofi , conserve pap deypr^ ^ Ue RpesSIIP (oqt le mméfm^ du pays (14).
G. Quotité et rapidité de circulation des valeurs destinées à suppléer Varient. Ces titres, pqpr répondre ^ leur destinatlflfi, ^oi^rept Fppflsep sfur k çrédH de ceux qui les émetteot, e^est-à-dire sur la pertitude du remboursement en argent, à l'époque indiquée. A cette catégorie appartiennent le papiert^gi^naie de TEt^t, pe pQrtâi)^ ^ucp Iptérét, ef les bon; (|u Tféçqr, etc., pftrtanj iatépét, les billets de banque, les Ipttr^s de change et billets à ordre, souscrits par les particuliers, et (quelquefois les certificats (warrants) délivrés en échange de Pî^f p|}3i](|i§ps dépp^ées dans des pjqgq^ins pMblic§ (dQçHs) . Qn é¥alue aux 9/10^^ de la somme totale des payements, ceux qui s'effectuent présentement dans la Grande-Bretagne sans Hnjerpiédiaire ^u num^rajrejetmême^afl^ririferypptipn i^Mifi^ ^ pam¥fi (iS).
(1) D'anciens auteurs ont évalué le numéraire nécessaire à 4/5% 1/10* {Petty), l/â0« ou même seulement i/30' du revenu annuel d'un peuple (Ad, Smith, II, ch. ii) ; 1/9« — 4/10" de la production annuelle brute, d'après Cantilton {Sur la nature du commerce, p. 73).
^) Davanzati (Lezione suUe monete, 1588, p. 32 ; Gustodi) pense que tous les biens de la terre qui servent â satisfaire les besoins 46 l'homme égalent en valeur, en vertu d'une convention, tout l'or, l'argent et le cuivre ; les parties se comportent comme le tout. Le prix d-une marchandise repose sur ce que les hommes y trouvent une aussi grande part de beatitudine que celle que peut leur offrir une certaine quantité d'or, etc. Egalement Montanari qui ajoute, il est vrai, celte restriction : la quantité d'argent spendibile in commercio (Délia moneta, p. 45, 64 ; Cust.). La même manière de voir entraîne Locke a soutenir celte thèse singulière que, s'il y a mwtjBnant dans le monde dix fois autant d'argent qf|'§y§pf la découverte de l'Amérique, chaqup qqanlité d'argent, prise ^p particu|ifir> W rapRPrt aux marchandises qui n'ont pas varié, ne vaut plus qu'un dixième de ce qu'elle valait auparavant. Il part de cette . erreur, partagée d'ailleurs par Ganilh (Théorie, H, p. 380), que lors-
300 DE LA MONfiAlB EN GENERAL.
qa*il s'agit de Targent, la demande est toujours proportionnellement aussi forte et aussi considérable que l'offre (Works^ 11^ p. 23, seq.^ Montesquieu j Esprit des lois, XXII, vu, yiii] ; V. au contraire XXII, t, yi; Hume (On money, et :0n the balance of commerce ; essays, II, 1752), qui sait très-bien que l'argent et les marchandises en circulation in« fiuent seuls sur les prix, mais qui ne fait pas entrer en ligne de compte la rapidité de la circulation. De même Forhonnais (Eléments du commerce^ II, p. 242); Canard (Principes, ch. vi), et Ficfite (Geschloss. Handelstaat, p. 93, seq.). — Cette opinion est combattue par Lato : Money and trade considered (p. i40), travail dirigé spécialement contre récrit de l'école mercantile : firitannia ianguens (1680) ; Melon (Essai politique sur le commerce, ch. xxii) ; Genovesi (Economia civile, 1764, II, i, i5; ; Steuart (Principles, II, ch. xxviii) ; Verri (Meditazioni, XVII, S, seq.) ;BU8eh (Geldumlauf, II, 40). Pour se convaincre de l'erreur qui a dicté la doctrine de Davanzati, il suffit d'inventorier les fortunes privées ; les marchandises et les biens de toute nature l'emportent partout singulièrement sur les fonds de caisse. Ainsi on évaluait la somme totale du numéraire en France, au temps de Necker, à 2,200 millions de livres et la valeur moyenne de la récolte du blé à 1,000 millions (iViec^er, Législation et commerce des grains, 1776, I^ p. 215). Michel Chevalier estime que l'argent en circulation dans toute la France s'élève de 3 1/2 à 4 milliards, tandis que Chaptal (De l'industrie franc., 1819, I, p. 220) évalue la propriété immobilière à 33 milliards; Droz (Economie politique, 1829, 11,3) la porte à 40 milliards, et elle s'élève en réalité aujourd'hui à 100 milliards environ.
(3) Ainsi en dehors des présents^ des spoliations et surtout des échan* ges en nature.
(4) Feudal ^ commercial System.
(5) Beaucoup de personnes regardent ^andtm (Discorso econom ., 1737, p. 141, seq.; Gust.) comme le premier qui aitdécouvert cette vérité. Cependant Berkeley (Querist, 477, seq.) disait déjà en 1736: « A six pence twice paid « is asgood, as a shilling once paid. ^f^—BoisQuillehert (Détail de la Fr., 11,19), à uneépoque bien antérieure (1697) donne cette théorie en germe ; mais il confond la circulation et la consommation. Locke (Considérât. Works^Jil, p. 13, seq.) l'enseignait déjà d'une manière fort claire en 1691 , quoiqu'il ne lui soit pas toujours demeuré fidèle dans ses déductions. JÇlus tard, V. Quesnay (p. 64, Daire) ; Cantillon (p. 159, seq. 382).
(6) Si le nombre des échanges annuels à 1 thaler l'un » u; la quantité
de thalers«m; la rapidité de la circulation, c'est-à-dire le nombre des
échanges effectués en moyenne dans l'année avec chaque thaler ^[$ ; oo
aurau«nw, 5=«-, m«-.
DE LA. MONiNÀlË EN GENERAL. 301
(7j Précisément parce que le bon argent est si facile à garder, personne n*a hâle de s'en séparer {Saint-ChamanSj N. Essais snr la richesse des nations, p. 122, seq.)*
(8) Tout l'argent conservé, chez les Kurdes, est employé aux orne* ments dont les femmes parent leur tète (K. Mter, Erdkunde, X, p. 887).
(9) Sir D, North (Discourse on trade, 1691). Postsa s'exprimait déjà dans ce sens.
(10) Lotz (Hand)[>uch, I, p. 377) dit que, même en Angleterre, 100,000 livres sterling employées au commerce des biens-fonds ne sauraient effectuer un roulement d'un million ; à Londres^ au contraire, la même somme affectée au commerce des effets ou des marchandises amène un roulement de 160 millions.
(11) Petiy (-t- 1687) évaluait l'argent nécessaire, de son temps, en Angleterre, à 1/2 de la rente foncière, au 1/4 de tous les loyers de maisons, et 1/52» des salaires annuels ; parce qu'on était dans l'usage d'acquitter la rente territoriale par semestre, de payer les loyers tous les trois mois et les salaires des ouvriers toutes les semaines (Several essays^ p. 179; Polit, anatomy of Ireland, p. 116). Locke, au contraire, demande 1/50* des salaires, 1/4 de tous les revenus de$ propriétaires fonciers, 1/20* de ce que les négociants encaissent chaque année, en argent comptant. La moitié au moins de ces sommes doit toujours être disponible pour que le commerce ne soit pas entravé dans sa marche. Si l'on payait les fermages, etc., à des termes plus rapprochés, il serait possible de faire une grande économie d'argent (Works, II, p. 13, seq.). Pinto (Traité du crédit et de la circulation, p. 34) tire bon parti de ce qui arriva en 1745 au siège de Tournay, dont le commandant réussit à tenir, durant sept semaines, avec 7,000 florins pour payer sa garnison ; il empruntait chaque semaine cette somme des hôteliers, qui l'avaient reçue des soldats.
(12j Si le même banquier se trouvait chargé d'effectuer les paye* ments de tout le monde, cette opération pourrait s'accomplir presque sans argent. Aujourd'hui même, en supposant que cent négociants isolés dussent conserver en caisse 3,000 thalers pour les cas imprévus, il se* rait facile ù un banquier de leur rendre le même service avec 50,000 thalers seulement, parce qu'il n'est pas probable que les besoins imprévus puissent se manifester tous à la fois. '
(13) On a réglé en 1839, au Clearing-House de Londres, des payements pour la somme de 954,401,600 livres sterling avec 66,275,000 livres, pour la plus grande partie en billets de la Banque d'Angleterre ; cha* que jour on a fait pour plus de 3 millions d'affaires en n'y employant guère que 200,000 livres (Tooke^ Inquiry into the currency principle, p. 27).
(14) Ce système prit naissance vers le milieu do dit-sëptiêiiiè siècle (A diseourse of trade, coyn and papet crédit, 1697, p. 64). J.ChUd (N. discourse on trade, p. 46} parle de Tusage eiistant depuis Quelque temps et en Tel'tu duquel tout possesseur de SO à 100 livres steHing plaçait sori argent chez un banquier; La conséquence fut qbè tout l'argent reflua vers Londres, pendant que les provinces en furent tbtit d fait dépourvues (p. 127J.Lesbrfèvres étaient pour ï^drdinaire éii liiême temps banquiers ; un d'eux, à Tépoque du grand incendie (1666), avait émis pouf 1,200,000 livres sterling de billets (A discourse, etc., p. 67). La Banque d'Angleterre, comme centre d'opérations, date dé 1694 ; les banques de province se sont surtout développées comme iilstitUiloiis intermédiaires^ tjuelque temps dvant la révolution française [Thornlon, Paper crédit of Gr. Britain, 1802). L'édiflcë merveilleux ataîtdéjâ sîhgulièrement grandi i Tépoque où écrivait Thornton, quoique l'àtinée 182S loi ait donné des développements bien pliis tohsidérables èncofe (Taoke, Hislory of priées; Ij p.lS2, seq.). Des iirconéiàtiteà à()eu ^irês analogues se rencontrent chez presque tous leâ peuples três-dvàncéâ. Ainsi, en Grèce j V. Becker (Chariklcs^ I^ p. 294); à Roine; V. P6\yd. (XXXII, 13], et différents passages de Walter (Aechtsgèscfaichte, p. 249). V. surTItalie, an sein de laquelle ow retrouve des faits semblables jusqu'au douzième siècle environ, A, Lobeto (Mémorië §tdrichë délia bànca di S. Giorgio ; 1832) ; sur les « caissiers d hoUahdais : RicHeése ée ta Hollande (1, p. 376). En France, là central iââtioti c^di^sahtë Qti mouveihent de l'argent d Paris se manifeste chaque jour davantage [MPchel Chevalier; Cours, UI, p. 418).
(15) V. Fullarton (Ou the régulation of curi'enciés; 1845). Dàh^ là Grafade-Breta gne^ la masse réunie des lettres de changé mises en circu-^ lation aurait été en 1839 de 528 millions de livres sterling et ce mil se serait accru depuis 1832 d'environ 24 millions t)alr année (Tooltè, Inquiry into the currency pririciple, p. 26); Entré 1828 et 1847; Il en aurait circulé en Angleterre à Un moment donné, éri moyenne, pour 79,127,000 livres sterling; et en Ecosse, fiour 17,380,000 (Athënœum, 1850, n<> 1175). D'après ces données, Thornlon calctilë que 181 lettres de change circulent un tierfe dtissi vile qUe l'at-getit prôpréfnéftt dit (Paper crédit of Gr. Br., cb. tu); Dans la continuation de Tflistdry ôf Priées, publiée en 1857; pat* Tookê et Newmàtth, on trouve (t. Vt, p. 584 et suiv.) de précieux renseignements à cet égard. La moyenne des lettres de change, circulant au même moment dans la Gratide-Ëretague, est évaluée, pour 1856, de 18d A 200 millions de livres sterliiig (p. 588).— En Hollande, la coutume d'utiliseV autant que possible chdqué marchandise comme élément des moyens de circulation était depuis longtemps pratiquée (Chiid, Discourse o» trade, p; 65, 264; seq.).
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La première de ces circonstances exerce évidemment la pius grande inflttence stirTapJirbvisidhriemeûtmeflélafre, et cela en sens contraire dèé dèiix àiÙreS. Voie! la marthë habituelle 'Aeè choses : chez un peuple eu progrès le nombre des affaires conclues contre argent commence par augmenter $ ensuite lorsque la Culture écohomîqufe è'est 8évdô{JpTée il ^tt'od à jpriâ tte« habitudes de crédit, la circulation du numéraire (iévient dé plus éii plus rapide^ et les moyens de remplacer les espèces se maltiplient. Voilà Jîourquioî II est tout slmjJlé qu'un payé dont ï^irnbmie jpubliqiie est à inôitiê développée ait plus fe'ésôih de numéraire^ non-seulement qu'un pays arriéré, mais encore plus qu'un Etat arrivé au dernier degré dé culwre (1 , î)*.
(i) Cette remarque a déjà été failepar Davenant (Works^ }V, p. i06 ; y. au contraire, II, p. ^) ; puis par Qnesnay (p. 7â> seq., Dah*e)^ lord King (Thoughts on the effects of the bank-restrictions, 1804, p. 17). Question traitée avec soin par MicM Chevalier (Cours, III, p. 397}. Il déplore beaucoup que la France, à cause de ses habitudes, ait besoin de 3 milliards 1/â à 4 miUiards d^argeut comptant, tandis que TAngleterr^ n'emploie à une masse d'affaires beaucoup plus considérable que ly-SOG millions (I,p. 207, seq.). En France, la masse d'argent monnayé pouvait s'élever à 1,500 miljions de francs en 1812 (?) [Peuchet, Statist^ue élémenti^ire, p. 473); en Prusse, à 90 millions de thalers en 1805 (Krti$^ Betrachlûber ien National Wohlstand des preuss. St., I, p. 224). La masse des produits annuels était évaluée alors dans ce dermer pays à 261 millions de thalers, en France à 7,036 millions de francs, en sort« que la proportion de l'argent avec le revenu général aurait été en Pni^e comme 1 : 2,9, et en France comme 1 : 4,69.
(I) Il est à peine possible d'établir exactement la quantité de numéraire existant dans un pays , parce qu'en dehors des supputations des banquiers, etc., on ne possède aucun pornt de départ sur lequel on puisse s'appuyer en toute sûreté, si ce n'est les renseignements donnés sur les travaux de monnayage, et l^émission de la monnaie de papier ; les renseignements non moins nécessaires qui ont trait à Pimponaliûrn et à l'exportation de l'argent, la fonte des monnaies parles orfèvres, ete.^ ne peuvent jamais être véritiés avec exactitude. £n Angleterre, vers la fin du seizième siècle, le numéraire en circulation était évalué à 4 Aktt-
lions de livres sterling (Hume, History of Engfand, ch. xuv, Âpp.); sous Charles II, à 6 millions, pour une population de 6 millions d'âmes [Petty, Several essays^ p. 179). En 1711, Davenant (New dialogues, p. 71) parle d'environ 12 millions de livres sterling ; en 1762, Anderson (Origin of commerce^ a, 1659) le fait monter à 16 millions au moins. Quant à la circulation de Tor, peu avant 1797, Aose Tévaluait au moins à 40 millions ; lord Liverpool à 30 millions ; Tooke à 22 millions 1/2 seulement (History of priées, I, p. 130, seq,).Moreau de Jonnés admet, en 1837, 43 millions 1/2 (Sutistique, I, p. 30.9); Hélferich, 45 millions (Schvirankungen der edlen Met., 1843, p. 147); sirR, Peel, 59 millions en 1845, a quoi il faut^ en moyenne, ajouter pour 28 n)illions de livres en banknotes (après avoir déduit rencaisse métallique). £n France^ Vauban (Dime royale, p. 104, Daire), d'accord^n cela avec Voltaire (^écle de Louis XIV, ch. xxx), pour Tannée 1683, évaluait le numéraire à prés de 500 millions de livres. Voltaire parle, pour 1730, d'environ 1 ,200 millions. Necker (Administration des finances, III, p. 66) calcule qu'en 1784 le numéraire montait à 2,200 millions de livres, et Mollien^ en 1806^ Testime à 2,800 millions. Les évaluations plus récentes varient entre 2,400—2,500 (Chambre des députés, 13 avril 1847) et 4,000 millions (Blanqt^i). En Wurtemberg, Memminger estimait en 1840 la fortune nationale à 1,600 millions de florins^ dont 36 millions en espèces, le revenu brut annuel à 179 millions, en sorte que l'argent formait 20 pour 100 du revenu et 2 1/4 pour 100 du capital. Les échanges annuels = 226 millions, ce qui donnerait pour les monnaies une circulation moyenne de six à sept fois par an. Le numéraire circulant en Prusse est tantôt estimé à 133 millions de thalers {Hoffmann)^ tantôt à un chiffre une fois et demie aussi élevé (Nebenius), Le numéraire de Naples était en 1840 de 42 millions de ducats (Scialoja), L'Espagne en 18B0 doit avoir possédé prés de 1,725 millions de francs (BorregOy trad. de Kottenkamp^ p. 33). Répartie entre tous les individus, la somme du numéraire s'élève, d'après Rau (Lehrbuch, I, § 266) : en Europe, à 22 florins par tète ; en Angleterre, à 41 florins 1/2 ; dans les Pays-Bas, à 52 florins {Cloet) ; en Belgique, à 28 florins {Heuschling) ; en Portugal, à 34 florins (Balbi); en Suéde, à 11 florins (Forsell) ; en Allemagne, de 25 à 30 florins. Dans la Hesse-Electorale, pour l'ensemble de la population, il se trouve par tète 4 thalers 18 silbergros 9 hellers (deniers) en argent monnayé et 3 thalers 9 silbergros 4 hellers en papier (fftldebrandj Statist. Mitth., p. 185); aux Etats-Unis, 9 dollars, dont un quart en monnaie, trois quarts en papier (Journal des Econ., janvier 1850). L'évaluation de Humholdt, qui fixe le numéraire A 30 francs par individu dans le nord et l'est de l'Europe, et à 55 francs dans le sud et Touest, semble être trop faible par rapport à cette partie, et trop considérable pour l'autre.
Les propriétés des métaux précieux, que nous avons indiquées au paragraphe 120, font assez comprendre pourquoi leur prix varie infiniment moins que celui de toutes les autres marchandises, à la même époquCy dans les divers pays. Semblables au fluide qui pénètre également dans les conduits chargés de le distribuer sur des points différents, les métaux précieux tendent dans le monde entier au même niveau de prix (1). Il n'en résulte point néanmoins que toute augmentation absolue ou relative de la quantité d'argent en circulation dans un pays doive entraîner nécessairement une diminution proportionnelle du prix de l'argent et, par conséquent, une exportation correspondante (2). Si la somme des transactions augmente comme la quantité du numéraire, le prix de ce dernier ne subit aucune modification (o). Il en est de même quand l'abondance du numéraire, au lieu de faire déborder les canaux habituels de la circulation, vient uniquement fortifier les réserves de caisse. Au moyen de ces réserves , des payements très-considérables peuvent s'effectuer de peuple à peuple, sans que la circulation, ni par conséquent le -prix de l'argent, en soient de part ni d'autre le moins du monde affectés (4). Cependant, si ces payements devaient continuer pendant un certain temps, en suivant toujours la même direction, ils finiraient par réagir sur la circulation et par provoquer comme un mouvement de reflux. Toutefois, il peut arriver que le prix de l'argent diffère d'une manière durable de pays à pays, lorsque des obstacles permanents s'opposent au mouvement de va-et-vient, qui rétablirait le niveau. Ainsi, les métaux précieux se maintiendront à un prix élevé dans les contrées qui ne peuvent se les procurer qu'eu livrant en échange des biens d'un transport très-difficile..
Si, par exemple, un Anglais voulait, dans la pensée de tirer T. I. ao
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avantage du haut prix de l'argent en Pologne, faire venir en Angleterre les produits polonais destinés à l'exportation, tels que blé, bois, laine, etc., ils y arriveraient notablement renchéris, à cause des frais considérable? de transport. Qui de la Pologne ou de l'Angleterre supporterait cet aiccroissement de dépenses ? Cela dépend des rapports existants entre rofire et la demaji^Qi toujours est-il ^ue le déplacement de l'argent est par le SinguUèrpment entravé, et que méil)e il dey|ent impossiblç 4aq$ certaines limitçs de flifférenc^ de prix, surtout avec des Qpyens 4$ coipmuniç^tipn généralement défeçtueyx. pe méipÇ; plu§ sera riestreint Jg poijal^re de contrées capables dp répondre ayx demandes des f égioflç riffee? en or et ep argent, pljfs les adirés çpnlrées se verrQUt obligées de recourir à des intermédiaires pour se procurer l'argent quj leur est hjdisppu3^ble et (ju'eUes jje recjByront que de deuxiènje ou troisième majfl ; jl erj résjj}ler» j).atjijfellemei)t une augm(spt^t;,9n 4" l^rk 4eç ifté^m pr§cjeux. Or, les peiiples fiapifts iîivagcés en ciyilis^ioij, jjnj exportent surtout des mafière§ pjreiçières^ sonj ^ijissi mpins capaWes ^e fairÇ VW çonajnerçp ^ifeçî.- Si (Jflpç Ils ne possèdent pas de Daipes, le prix de l'arg^P^ ^st ordinairement plnç élev^ cfce;? en:|^, surtout alofs que rabsepcp de garanties légales ac.çrp/l sii^ulièrement la valeur en nsage dp? mé^ux précieux (§^ Q). — Des ipesures gouveruemeiitales ou administratives penygnt amener le même résultat ; telles sont^ par exemple, les loi§ p; ferment l'empire 4u faponau commerce élra^iger^ en ne laissant qu'nn seul port ouvert à deux nations privilégiées^ dans des ççu- (iilions fort restreintes (7^. — Nous traiterons pljis tard deTinfluence de Timpôt sur le prix deTargent.
.(1) i<(^a«^rt/(llellâ4^Deta, p.<$â,seq.).
{%) p, ffun^Le^ $l.aDS soalivre a On ifie (^a^ance of jt^^de ^ dont l'ii^lli^^^ s'est fait sentir d'une façon si positive, n'enseigne pas précisément l'erreur signalée ici, mais il en a provoqué Texprèssion chez une muitîtudi innoBiubraUfi /l'aul^s /{ui ont voulu màrçfti&c sw âss Ixaeeg. GeU/jt ^u$fe \hé^i^ §^ ratUç^.^vi$|^i];ve^t ^>;^ fa^OB j.r^r^tf9it$ j çeijf
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qu'on trouve déjà indiauée au paragraphe iâd. Au reste» Qu$fmifi (p. iOl, Daire] avait yn beaucoup plus clair dans la question.
(3) C'est ce qui arrive, par exemple, lorsqu'à une époque où lesaf&îres sont très-actives, on émet du papier-monnaie, et qu'on h r#tii?i aussitôt que les conjoncturiss se montrent moins favorables.
(4) Thèse parfaitement développée par Fullarton (Qu the regfilalipQ of currencies, p. 71, seq.; 139, seq.). V. aussi Beçcaria (Ëconomia pubr blica, IV, 4, 27). Quand l'Angleterre, lors de la suppression dq privilège de la Banque, eu 1821 et iSn, fît frapper en or d'abord 9,520,759, jpuis 5^356,788 livres sterling, cette énorme demande n'affecta presque pas le cours de l'or sur la place de Paris (Michel Chevalier^ Cours, III, p. i5j seq.). Et, d'un autre côté, le système d'assignats, développé pendant la pre^)i|èr^ révolution française sur une si vaste échelle, n'eut aucune influence sur le pri^ de l'argenf dans le reste de l'Europe (Lord King, Thoughts on the bank-restriction, 1804). C'est ainsi que Tooki (History of priées, I, p. 205) parle d'une diminution considérable des moyens de circulation, en 1797, sans que le prix des marchandises en éprouvât presque aucun changement : le prix du blé baissa, celui des denrées coloniales subit une assez forte hausse^ par les mêmes raispns qu'auparavant, raisons qui tenaient à la situation même des marchandises. Durant les premières années qui suivirent le privilège de la Banque, c'est-à-dire de 1799 à 1801, le prix du blé n)o»t4 très-rapidement, tandis que les produits transatlantiques éprouvèrent une baisse prp; noncée {Tooke, I, p. 232, seq.). Une diminution de 172 millions de francs daqs l'encaisse métallique de la Banque fit les frais de Timportation extr9ordipair^ de péréales qui eut lieu en France du \fî juiU l,et 1846 au 14 janvier 1847 (Michel Chevalier, Cours, JJI, p. 47O). Og praticien exercé pense qu'en Angleterre 5 millions (Je livres de banknotes créées à nouveau ne contribueraient en rien à l'élévation des prix, ne développeraient pas l'esprit de spéculation et n'auraient poup résultat que de grossir Tencaisçe des banquiers, ^j, au cpptraire, 1 Jiyfe sterling venait à tomber dans la poche de 5 millions de travailleurs ^c§J argent entrerait aussitôt pour la plus grande partie dans la circulaliouj et le prix des marchandises s'élèverait jusqu'à ce qu'au bout d?un certain temps il fût arpivé eij^rp dps ipaips plus en éfa^ de }e consery^r (Tooke, p. 156,seq.jII, p. 323).
(5) Cela explique le prix élevé de l'or et de l'argent dans les pays reculés de l'Asie, que la roule suivie autrefois par le commerce séparait de l'Amériqfie, souce principale de ces richps produits, par une navigation prolongée autojir du monde entier. — Les mjétaux prjécieuj atteir gnent d'ordinaire un prix plus élevé dans les campagnes que dans les grandes villes ; dans rintcrieur du pays que sur les côtes. Depuis que 1^ routes, etc., on^ été tméUprw? 99 Allemagne, la diff^wnce quieiiar
tait pour le prix de l'argent entre la haute et la basse Allemagne s'est sensiblement effacée {Rau, Archiv. der polit. OEk., III, p. 338).
(6) Hume (On the balance of irade) a parfaitement posé les bases de cett* théorie ; puis T/iornton (The paper-credit of Gr. Britaîn, eh. ii]. Ad, Smith prétend^ nu contraire, que Tor etFargenl, étant de précieuses superfluités, sont régulièrement, dans les pays riches, plus chers qu'ailleurs (W. of N., I, ch. ii, 3: Digr.).
(7) Il se passait en Chine quelque chose d'analogue ainsi que dans l'ancienne Egypte, la Chine de l'antiquité! V. Herodot. (Il, 112, seq., 179); Uomer, (Oà., IV, 354, seq.). La religion des Egyptiens leur prescrivait un genre de vie qui n'était guère praticable au dehors. On leur inspirait une horreur profonde pour tout ce qui était étranger; sel, poisson, pilotes, leur étaient également antipathiques. Dans la mythologie égyptienne, Oitrw représente le Nil, Typhon le désert et la mer! (Plutarch., De Iside, 32).
Le commerce extérieur est la seule voie ouverte à la plupart des peuples, pour se procurer les métaux précieux dont ils ont besoin. Ils sont dès lors conduits naturellement à regarder les frais de production des articles d'exportation, qu'ils échangent soit directement, soit indirectement contre les métaux précieux, comme les frais de production de ces métaux eux-mêmes. Mais la règle que les bietis obtenus à frais de production égaux ont une valeur en échange égale, ne trouve son application que dans les limites du même domaine économique (§ 107) , parce qu'il est souvent physiquement impossible et plus souvent encore très-difGcile, en raison des obstacles apportés par les lois, les habitudes et les tendances, de transplanter d'un pays dans un autre les agents de la production, dans le but de leur assurer un marché plus avantageux. Lorsque l'Angleterre, par exemple , échange ses tissus et sa quincaillerie contre de l'argent mexicain, les frais de production des deux équivalents peuvent différer beaucoup entre eux et Tune des deux parties contractantes retirer de ce commerce un bénéfice beaucoup plus considérable que l'autre (1) • D'après ce que nous avonsdit au paragraphe 100,
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la plus favorisée sera celle chez qui le désir de conserver sa propre marchandise cédera le moins au désir d'acquérir la marchandise étrangère. Après tout, l'argent n'est pas d'une indispensable nécessité; les nations commerçantes les plus avancées sont celles qui trouvent le plus facilement le moyen de lui substituer d'autres instruments ; tandis que les principaux articles de l'exportation anglaise donnent satisfaction à des besoins urgents, très-répandus et qui augmentent sans cesse, ils sont aussi d'un transport facile. Il n'est donc pas étonnant que les marchandises anglaises se vendent d'ordinaire dans les pays de mines au-dessus du prix moyen (entre les frais de production en Angleterre et ceux du Mexique, etc.), tandis que l'argent n'obtient en Angleterre qu'un prix plus bas. Cela contribue à faire baisser la valeur des métaux précieux dans cette contrée. Aussi, tout changement dans les canaux de la circulation, au moyen desquels le commerce international peut seul approvisionner la plupart des peuples d'or et d'argent, produit immédiatement la hausse ou la baisse du prix de ces métaux, lors même que rien n'a été modifié en ce qui concerne l'exploitation des ibines (2). — Un pays isolé pourrait, à la rigueur, se contenter d'une quantité quelconque d'or et d'argent qui suffirait aux besoins de la circulation, une fois que les habitudes seraient prises. Mais il n'en est pas ainsi d'un pays engagé dans le commerce universel; l'abondance et le bas prix des métaux précieux, c'està-dire de la marchandise la plus courante, douée delà plus grande énergie économique, lui donneront un grand avantage, sans parler de la situation économique florissante, dont cette abondance et ce bas prix sont le signe. Admettons que les Etats A et B soient égaux sous tous les autres rapports, mais que A possède deux fois autant de numéraire, que les prix y soient deux fois plus élevés, etc.; A pourra, sans faire plus d'efforts, lever le double d'impôts, etc. Qu'une guerre vienne à éclater entre ces >deux Etats^ et que chacun d'eux envoie sur le territoire ennemi
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tihe armée tjfui sbltlerà au comptant toutes ses dépenses, A h'âiifaitàsiibir (jiie le quari des sacrifices que devrait s'imposerB (3).
(i) L'autre, nalurelleraent, y gagne aussi; il à plus J'avantage qtiê s'il voulait produire dans son propre pays la marchandise dethahdéé;
(2) Les premiers germes saisissables de cette théorie, qui constitue une dès bases essentielles de l'économie commerciale internationale, se ti"d(ivenl dans 0. Humé (On interestj; Cantdlon (î^âlufé dii commerce, p. 226, 369, seq.); puis dans Ricafdo (Principles, fch. ht) : *c Gôld àhd « silverhavingbeen chosen for the général médium of circulation ,* Ihcy « are, by the compétition of commerce, distributed in such proportions ir aiilongst thé dittererit counlrîes of the world, as io accommodatè themer sclve.^ Io the naturel trafflb Ivhîch wotild také J)îacé If fid sùch ftiélah a existed ; and the Irade betwc^n countries were purely ft trade of bar- « ter »; Nebenius (OEff. Crédit, I, p. 99, seq.). Elle a été surtout développée par i. Mill (Eléments, 1821, III, 4, 13, seq.); torrens (ïhe budget, iSÂA); J.'S, Mill (Essays ohsoihe unsettled questions of polîtical E., 1844, n° 1, él Principles, III, ch. iviii, seq.) : « La création d'une nouvelle branche d'exportation pour l'Angleterre ; une augmentation delà demande des produits anglais à l'étranger amenée soit par le cours naturel aes choses, soît parla suppression des droits dé douane ; îihe diminution de la demande des rtiarfchandîses étrangères en Angleterre, fësilltat dé rétablissement en Angleterre de droits d'importation, oii de droits d'exportation dans les autres pays ; ces influences et d'autres ayant une ten- 3àncè semblable auraient bientôt pour conséquence que les importatiôtis en Aiigleterre en métaux et autres marchandises ne seraient pliis Yéquivalent de ses exportations ; les pays qui ont recours à celles-ci seraient obligés de céder, à des conditions de prix moins élevées, leurs marchandises et leurs métaux précieux, pour rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande. t)e celte manière, l'Angleterre obtiendrait rai*jent à meilleur marché, et vendrait en général plus bher àeâ jjropres marchandises ! » —Celte théorie avait été déjà entrevue vaguement par beccaria (E. P., IV, 3, 18); et même par Galiani (Délia moneta, 11,2). Sehîor, dans son beau travail iiititiiié ce Three lectures on tKe cost of obtainlng raoney (1830) » développe particuliéremetit cette îdéë^ que tout pays se procure les marchandises indigènes et étrangères avec d'autant moins de frais, que la productivité du travail palional augmente davantage. C'est ce qui expliquerait d'une manière satisfaisante pourquoi cent journées d'ouvriers dans les manufactures anglaises de coton peuvent procurer en échange une quantité d'argent qui a besoin,
Îour être produite, de deux cents journées de travail dans les mines et ^s fonderies du Mexique. Il n'en résulterait pas une baisse du prix des
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métaux précieux relativement aux autres marchandises anglaises, mais cette influence se reporterait également sur tous les produits de l'économie nationale. V. du resté,- d^dl radllc|tiité^ l'exemple des Sabéens : Agaiarch. (De rubro mari, p. 65); Hudson.
(3) Déjà en germe dans Gantiîlon (Natureéu commerce, 1755, p. 149, seq., 307); Busch (Geldumiauf, V^ 14); Kaufmann (Untersuchungen^ I^ p. 75, seq.)- Certains enseignements du système mercantile ont exprimé celte vérité d'une manière peu exacte et fort exagérée ; néanmoins, les données sur lesquelles il repose ne sont pas toutes aussi erronées que le supposent les disciples de Hume et de Smith, Du reste^ /.-S. Mîll (Principles, III) n'admet pas complètement le bon marché de Targent en Angleterre tel qu'on a Thabitude de le présenter; suivant lui, ce sont <( les besoins du luxé i changés en habitude, qui rendent » dans ce pays la vie si chère. »