I.iixenilii'urg
ArfJi'iiui'.s
(6) Culpeper (A tract against the high rate of usiiry, 1323) et sir J. Clnld (Discoiirse of trade, p. 22 de la traduction françnise) ont fait remarquer le rapport intime qui existe entre l'ahaissenienl du taux de rinlérêt, la richesse nationale, la prospérité du commerce, d'un côlé, et le prix élevé des denrées el du sol, de l'autre. Sir W. Petly établit le calcul de la renie foncière de la manière suivante : Si, dans un temps donné, un veau, paissant en liberté, gijxne eu viande la nourriture de 50 hommes, et si un ouvrier produit, sur le mênieciiamp et pendant le même espace de temps, la nourriture de GO hommes, la renie foncière égalera 50, et le salaire du travail sera = 10 (Political analomy of Ireland, p. 62, seq.; V, p. .^i). Du reste, l'élévation de la rente foMciére a, d'après lui, pour cause exclusive l'agglomération d'une population extrêmement dense; elles suivent une marche parallèle et pourraient s'élever jusqu'à l'inlini (Several essays on polit, arithmetic, |>. 147). On trouve dans Boi^guillebcrt, d'une façon remarquable, le germe de la loi de Ricardo : « Le prix du blé est un baromètre immanquable qui fiil hausser et baisser la culture des terres à mesure qu'il augmente ou qu'il diminue; car, bien loin que les terres soient d'une pareille libéralité, on pciitassurenju'elles sont toutes, ou pour la plus grande partie, trèsrebelles à la main du laboureur, elavec cela très -intéressées, ne donnant rien pour rien, et qu'a proiiortion des engrais et des soins qu'on leur a prêtés. — Comme elles se divisent eu plus de cent classes différentes de mérite, elles sont exposées, plus ou moins, à voir décider leur sort pour la culture uniquement par le prix des grains » (Traité des grains, II, ch. u, seq. : De l'intluence du prix du blé sur la culture et l'étendue des terres en rapport ; Comment l'abondance naît de la disette et la disette de l'abondance).— Nous avons étendu cette citation faite par Roscher, car nous ne saurions trop appeler l'attention des économistes sur les travaux de Boisyuillebert. qui ne sont pas assez connus, et ne nous paraissent pas estimés à leur juste valeur : « habenl sua fata libelli. » Peu d'écrivains ont autant de vigueur et de sève; Boisguillebtrt est de ceux qui ont le mieux pressenti les vérités économiques démontrées de nos jours. Dédaignées d'abord el persécutées, dans la personne de leur ènergi(|ue promoteur, ces vérités triomphent maintenant. La justice el une légitime reconnaissance recommandent donc à une appréciation éclairée les écrits de Boisnuillebert.
Les physiocrates, en disant que les productions du territoire donnent seules un excédant sur les frais [produit Jiet), ont en (juelque sorte pressenti la doctrine de la rente foncière de Ricardo. V. nommément Quesnay (I, Probl. économ., p. 107, Daire) ; Auxiroti (Principes de tout gouvernement, 1766, I, p. 126). Ad. Smith, en parlant des mines de houille, s'est fort rapproché des véritables principes de la rente; ailleurs . il s'égare en poursuivant relie fausse supposition . qu'il se
rencontre des produits du sol qui donnent toujours une rente, et d'aulres, au contraire, pour lesquels la rente ne se présente que dans certaines circonstances (W. of N., I, ch. xi). Les précurseurs immédiats de [iicardo (Principles, ch. n, m, xxiv, xxxi) sont Anderson (§ lo'2), West (Essay on the application of capital to land, 1815) et Malthus ( Inquiry into the nature nnd progress of rent, 1815; V. § 152). C'est une chose fort remarquable de voir comment une doctrine, demeurée presque inaperçue en 1777, a tout à coup rencontré, en 1815 et depuis, des défenseurs et des adversaires éj,Mlement ardents, parce qu'elle louche au monied and laniled intere^f, dont le conflit s'est si vivement accru dans l'intervalle. Les attaques auxquelles Ricardo a été récemment en butte (par exemple, J.-B. Say, Traite, II, ch ix ; Sismonili, N. P., m, ch. xii ; Junes^ Essay on the distribution of wealth., 1831 ; V. pour l'opinion contraire, EJiub. Rev.. LIV) prouvent que ce profond lensour.i été mal compris, ou bien elles ne sont ((iie des adoucissemeuis apportés à la rigueur do l'abstraction. En jugeant Ricardo, on ne doit jamais oublier qu'il ne songeait pas à tracer un exposé doctrinal, mais simplement à communiquer aux hommes versés dansces matières, le plus brièvement pos.sible, les nouveaux résultats de ses recherches. Vdii.i pourquoi il laisse fréquemmeiil supposer certaines prémisses, et ses jiaroles ne sauraient être appliquées à d'autres hypothèses, qu'en les détournant de leur acception primitive, au risque de les interpréter à contre-sens. Aussi les objections d^Hermann 'Staatsw. tJnters., p. 163) ne m'ont-elles pas convaincu. Baumstark dit fort bien : « La rente s'élève, non par suite de l'emploi d'un nouveau capital, mais seulement lorsi|ue le changement survenu dans les relations rend possible l'application d'un nouveau capital )) (Volks^virtsch. Erlaeuterungcn über lUcardo's System, 1838, p. 567). La « nuova iheoria délia rendita » de Fuoco (Saggi oconomici, N., I) n'est, à proprement parler, qu'une reproduction en langue italienne des principes de .l/a/^/ii/s et de AVcan/o. V. aussi Scialoja (Principi, p I2U). D'après Camj iThe pasi, the présent and the future, ch. i, I8i8), en Amérique, ce sont les terrains les plus fertiles (|u'on attaque en dernier lieu, parce r|u'ils sont couverts de marais, de forêts vierges, etc., et qu'ils opposent, par une végétation luxuriante, un obstacle plus grand aux efforts du cultivateur. On commence par défricher les terrains élevés, qui sont plus secs, ont une couche de terre végétale moins profonde, etc., et offrent par là moins de dil'lkullé à la culture. Carry généralise ces faits et prétend ainsi renverser la loi de lUcnrdo! Il n'aperçoit pas que ce di-rnier n'a parlé (juc des ficnltés priniilirrs ih\ sol; or, un terrain marécageux, qu'il faut dessécher à grand effort de travail, etc., possède moins de ces forces priiiiilivcs qu'un terrain sablonneux qui peut être immédiatement ensemencé. V. Carey fEssny on ihc rat«i of wages, p. 232, seq. . Ce qui est vrai, c'est que le
développement économique des nations civilisées penl faire passer à d'autres terres la supériorité relative, qui résulte soit de la fertilité naturelle du sol, soit de la situation.
Chez les peuples pauvres et peu civilisés, surtout lorsque la popuhilion n'a qu'une faible densité, la rente foncière est peu élevée. Dans le Turkestan, on apprécie la valeur du sol d'après la quantité d'eau qui permet de l'arroser (1). Au commencement du dix-neuvième siècle, les propriétés foncières dans l'intérieur du pays, à Buenos-Ayres, étaient payées d'après la quantité plus ou moins considérable de bestiaux qu'on y rencontrait; la terre semblait être donnée par-dessus le marché. Il y a peu de temps, un acre anglais valait, à quinze léguas (lieues du pays) de la capitale, de o à 4 pence, et 2 pence seulement à une distance de cinquante léguas (2). Atijourd'hui encore, en Russie, on estime la valeur des domaines non d'après leur superficie, mais d'après le nondire d'âmes, c'est-à-dire de serfs du sexe masculin, vestige inslruclif de l'ancien étal des choses, où la renie était totalen)ent inconnue (5). — Si dans les profondeurs du moyen âge nous rencontrons des exemples de baux véritables, le prix du fermage est la plupart du temps tellement minime, qu'il peut passer pour un hommage rendu, en reconnaissance pure et simple du droit de propriété, réservé au seigneur. — Les grands propriétaires exercent naturellement une influence considérable, surtout aux époques et dans les contrées où la civilisation n'est encore (pie peu développée; les hommes établis sur leurs domaines vivent dans un étal de dépendance d'autant plus absolue, que l'absence de commerce et de capitaux se fait plus généralement seiuir. Aussi, le peu d'importance de la rente foncière rencontre d'ordinaire unecompen-
sation dans les honneurs et dans les services personnels, dus au propriétaire, principalement dans le service militaire (4). Les seigneurs, maîtres du sol, n'ont guère manqué, à toute période de moijen wje, de mettre à profil l'inlluence qu'ils exerçaient sur le pouvoir public, pour réduire le salaire du travail par le servage et des institutions analogues, et l'intérêt du capital par des lois prohibitives, des règlements contre l'usure, etc., et pour augmenter ainsi, artificiellement, leur quote-part dans le revenu de la société.
(1) A. Burnes (Reise nach Biikhnra, II, p. 238'.
(2) ir. Mnccann (Two ihoiisaiid miles ride ihrouprh Ihe Argentine Provinces. London, 18o3. I, p. 20; II. p. 143); Ausland (18i3, n" 140). V. Charles Frisonnes de 843. où les lerres sont ainsi désignées : lerrœ 20 nnimalium, 48 aninialiuiu, elc. {Lacomblet, Urknndenbuch, I, p. 27) ; Kindli tger fMuensl. Beilr., I. Urknn(!e;;bnch, p. 24K
(3, Ou coiniiiencc au rosle niaintenanl à dire d« plus en plus en Russie « tanl de (lesijafiii's'A lieclare, 09, avec les paysans qui en dqiendenl, » surtout en parlant des lerres les jdus fertiles, par exemple, de celles du gouvernement d'Orel (//auj/Äoi/sen, Studien, II, )). 510). Autrefois la baiii|ue ne prêtait que 230 roubles par âme ; aujourd'hui elle en piête jiis(|u';i 300 (II, p. 81 . Malgré cela, Haxlhausen croit que la rente foncière s'i-vanouirail en Russie, si Ton faisait cultiver les lerres par des ouvriers salariés ^I, préface, p. xiu). Ce que dit Careij des Etals- Unis esl jirobablemeul exact : Everyone is familiär wilh the fact, that farms seil for Utile more, ihan the value of the improvements ( The past, the présent, and the future, p. 60).
(4/ Il en fui ainsi dans les nij.'hlands d'Ecos.se jusqu'à la répression totale de la révolle de 1743 Le céléljro Cameron de Lochiel entra en campagne avec 800 fermiers, quoique ses revenus s'élevassent à peine à ,500 livres sterling (Senior, Three lectures on the rate of wages, p. 43). Poor 1200U /. st. per annum, nearlij aubverted the conslitulion of ihese Kingdoms ! ( Pennant.)
Les progrès de la civilisation contribuent de trois manières différentes h l'élévation de la renie foncière. L'accroissement
de la pupulalion provoque une culture plus intensive, ou bien elle oblige, en faisant travailler une plus grande étendue du sol, à utiliser des terrains moins fertiles et plus défavorablem^it situés (1). Si un accroissement du capital vient se joindre à Taugmentation de la population , ces résultats prennent des proportions plus considérables. La nation consomme alors du blé. sinon en plus grande quantité, du moins de qualité meilleure; elle a besoin dun bétail plus abondant et mieux nourri, etc., ce qui contribue inévitablement à faire mettre en œuvre, d'une manière de plus en plus active, les facultés naturelles du sol. Que la population vienne à se concentrer dans les grandes villes, ce mouvement augmente encore la rente foncière, parce qu'il nécessite évidemment le transport coûteux des produits agricoles, ce qui élève de beaucoup les frais de production, jusqu'au moment de la consommation, pour les terrains moins favorablement situés (2, 5).
Les symptômes d'une civilisation perfectionnée commencent tous par se manifester dans les grandes villes, de la manière la plus prompte et la plus saisissante ; la rente foncière obéit également à cette loi. Nous pouvons regarder la construction des maisons comme le mode d'exploitation le plus intensif, et le plus intimement rattacTié au sol (4). — On ne saurait assigner à la renie ni un maximmn quelle ne puisse dépasser, ni un mm/mum au-dessous duquel il lui soit impossible de descendre.
(1) Hau (Lehrlnich, I, § 220) évalue, comme il suit, la population par mille carré, et la rente foncière perçue en moyenue par morgen du sol exploité (2o ares 23y, dans la Pru.»sc rhénane :
Régence de Trôvcs, 3.010 liabitanls, 28 silbergroà (a).
— de Cobltiilz, 3,8t)0 35
— d'Aix-l;i-i;iiapelle, i 7U0 53
— de l.oloyiue, 5,460 Ü6
— de Dusseluorf, 7,280 72
(a] Le sUbergros vaut 12 centimes 1/S.
Dans le Wurtemberg :
Cercle du Danube, 3,S00 habiianis, 3,96 aorins (o).
— lie J.ixt, 3 600 3,i2
— de l;i lurêl Noire, 4,800 4.»
— (lu Netkar, 7,200 5,3
On peut difficilement comparer entre enx les divers pnys sous ce rapport, parce qu'on a rarement la certitude que le mot de renie foncière soit entendu partout de la même manière. On ne doit pas non plus oublier combien il est diflicile de déiinger rclcmenl de la rente foncière dans le sens strict que lui attribue Ricurdo.
'2) L'élévation proi,^ressive de l.i rente foncière, en tant qu'elle tient au.\ frais de transport plus considérables, pour un marché dont l'importance va toujours croissant, doit se ralentir; les cercles concentriques autour d'un point donué s'étendent dans une proportion plus forte que la longueur du rayon.
(3) En ce qui concerne Vhistnh-e de la rente foncière en Angleterre, on trouve dans les tables comparatives des prix, dressées par sir F. -M. Eden (State of llie poor, III, App. 1) les chiffres suivants, relatifs au moyen âije. En 127G, Vacre de prairie, dans le >'orfolksliire, rapportait -4 schellinps 4 den. d'aujourd'hui, et l'ûcre de terres labourables 1 sch. 5 den.; en 1324-, prairies de 2 sch. 10 den. à 6 sch. 7 den., champs de blé 2 sch. 8 den.; eu 1347 sans indication de comté), prairies 2 — 7, champs odeu.; en J3o4, bois 6 den,, prairies 1 — 11, pâturages 6 den.; en 1420, champs 11 den.; en 1491, pâturages 6 den.; en 1^36, champs de 1 sch. 4 den. ä Isch. öden. 1/2; en 1546, prairies 5 sch. 5den,, champs 1 sch.
1 den., pâturages 1 sch. S den.; en lo73, pâturages 2 sch., champs
2 sch.; en 1593, pâturages 4 sch. 5den. — D'après //«me (Ilistory of England, ch. xxxm;, il semblerait que la rente sous Henri VIII ne s'élevait qu'au 1/10 de ce qu'elle était de son ten)ps, tandis que le prix des marchandises atteignait le l/4du prix moderne. Davenant (Works, II, p. 217, 221) évalue l'ensemble delà rente foncière des terres, des maisons et des mines, au commencement du dix-sepiiéme siècle, à 0 millions de livres sterling, et en 1048 à 14 niillions, et la valeur en capital ijui correspond à CCS sources de reveniis, à 72 et 2ö2 millions. En I7l4, /. BrlUrs (Proposais for eniploying Ihe poor) parle de 15 niillions; en 1726, Erasm. Philipps (Slaie of the talion in respect to commerce, etc.), de 20 millions ; en 1771, A. Yuung, 10 millions ; en 1800, Breko (Observ.aionson the inconie-lax), 20 millions ; en 180i, Waki'peld (Essay on polit, econoniy), 28 millions ; en 18.38. M' Culluch (Statist, account, I, p. ö3.'ij, 29 millions 1/2. La taxe des pauvres a été prélevée en 1841
(O/ Le ßorin vaut 2 fr. 1.'» ccnl.
Dû LA KKNTIÎ FOi\CIÈRli. Si
dans l'Angleterre et le pays de Galles sur 32,6o"),000 livres sterling {Porter, Progress, VI, 2, p. 614). La renie foncière s'est encore accrue j)liis rapidement en Ecosse : elle produisait vers 1770 un million à 1.200,000 livres sterling an plus ; elle élnil d('j;i de 2 millions en 1703, et depuis lors elle a phis (|ue doublé {Al' Cultoclt, I, p. Mo). En Irlande, si l'on s'en rapporte à Pctly (Polit, anatomy, I, p. 113) elle n'était, en 1676, que de 900,000 livres sterling ; A. Young, en 1778, adoptait déjà le chiffre de 6 millions, et Neivenham (Wiew of Ireland) celui de 13 millions en 1808. Aujourd'hui, en plusieurs endroits de y?osenf/o/e- Foresl (LancasliireK la terre est louée à l'aune, et donne \\n revenu de 121 ou même 131 livres sterling l'acre, c'est-à-dire un chiffre plus élevé que ne le fut sous Jacques I^'' le prix d'achat de la forêt entière, de 13,300 acres. La rente de certaines contrées marécageuses du Lancashire est montée depuis cent cinquante ans, de 1 ,300 ou même 3,000 pour 100 (Edinburgh W , 1843, febr., p. 222). — La valeur de toutes les terres en Norwége représentait en 1663 un capital évalué à 13 millions de tha- 1ers speciés, en 1802 à 23 millions 1/2, en 1839 à 64 millions ( Dlom, Statistik von Norwegen, I, p. 143). Il est vrai que la plupart de ces données offrentd'autant moins de certitude, qu'elles sont plus anciennes. (4, Le terrain, à Paris, coulait, en 1834, rue Laflîlte, de 1,000 à 1,200 francs la toise carrée (30 pieds carrés) ; rues Richelieu et Saint-llonoré de 1 ,500 à 2,000 francs ; rue Neuve-Vivienne de 2,300 à 3,300 (aujourd'hui, ces prix de vente ont encore monté, et le rayon des terrains payés fort cher .s'est singulièremeul étendu : les prix de 200 à 300 francs le mètre carré sont devenus trè.s-communs!; à Philadelphie, Market- Street, de 3,000 à 4,009 francs ; à New-York, tVall-Street, prés de 4,000 francs ( Michel Chevalier, Lettres sur l'Amérique, I, p. 333). Il arrive à Saint-Pétersbourgqu'au bout de six ans à peine la maison revient au proprii'iiiire delà surface ( Slurch, Von Rau. I, p. 2i8, seq.). A Manchester, le terrain de la douane a coûté récemment de 10 à 12 livres sterling l'yard carré ; au centre de la ville, ce prix est monté jusqu'à 40 livres sterling, c'est-à-dire environ 200,000 livres (3 millions de francs) l'acre (plusde 1,200 francs le mètre carré) (Alhenœum,4 décembre 1832). Uq lot de terr.iin, avec deux maisons d'habitation, s'est vendu à Cologne 2,700 francs en 1810, 2,900 thalers en or en 1821, 10,300 thalers ea 1843, €t en 1844 il a été vendu en trois lots pour 20,303 Ihalers {Reden, Statist. Zeilschr., 1848, p. 36()). — Aux portes de Paris, l'hectare rapporte jusqu'à 200 et même 230 francs, tandis qu'à Fo ilaineb'.eau il ne rend que 30 ou 40 francs (Journal des Econom., mars 1836, p. 337). La villa de Miscne,(dans la plus délicieuse position;, que la mère des Gracques avait achetée pour environ 20,000 francs, revint à L. Lucullus (consul l'an 74 avant J. C.) trente -trois fois plus cher {Mommsen., Roemische Gesch., II, p. 382).
3î DK 1.A RENTE FO.S:CIÈRE.
Les amélioraiions de l'exploitation agricole, qui ne sont que le fait de quelques individualités isolées, n'exercent aucune influence sur la rente foncière. Il en résulte seulement pour les producteurs habiles un accroissement, tout personnel, du bénéfice qui leur revient en leur qualité d'entrepreneurs, sans tenir d'une manière inséparable au sol. — Mais qu'arrive-t-il si ces progrès se généralisent dans le pays? — Lorsque la population et la consommation n'éprouvent aucun changement, l'otïre des produits du sol dépasse la demande: en supposant que les cultivateurs ne puissent rien exporter, il se voient contraints à restreindre la production : les terres les moins fertiles ou le plus désavantageusement situées sont plus ou moins abandonnées, et les capitaux les moins productifs sont retirés de l'agriculture. Par suite, la rente baisse, aussi bien d'une manière relative que d'une façon absolue, mais les propriétaires peuvent couvrir personnellement une partie de la perle qu'ils éprouvent, par le bénétice qui leur revient en qualité de capitalistes et de consommateurs (§ 186) (l). Toutefois, au bout d'un certain temps, par suite de l'abaissement du prix du blé, la population et la consommation s'accroissent, la culture prend donc de l'extension et la rente s'élève de nouveau ('2). Qu'elle revienne seulement à l'ancien taux, et elle sera, absolument parlant, beaucoup plus considérable que par le passé. Supposons qu'un pays renferme trois classes de terrains, de nature différente et d'égale étendue qui donnent chaque année, avec les mêmes capitaux; l'un 100,000, l'autre 80,000, le troisième 70,000 boisseaux de blé ; la rente foncière est l'équivalent d'au moins 40,000 boisseaux. Que la production vienne à doubler, alors que la demande des denrées s'élève également au double, l'ensemble de la récolte égalera 200,000-i-lGO.ÜOO
DK r,A i;i^\TK F().\(:ii:i;i:. 3:i
4-140,000 boisseaux, et la rente devra s'élever au uioins à 80,000 boisseaux, saus porler le moindre préjudice à personne. Si la population augmente dans une proportion moindre que le produit de l'exploitation rurale , le consommateur peut jusqu'à un certain point faire un bénéfice notable, et le propriétaire améliorer également sa position. Du reste, les grandes améliorations réalisées dans l'agriculture ne se répandent que peu à peu, de sorte que, la plupart du temps, la demande des produits du sol ne fait que marcher du même pas qu'une offre progressive. Dans ce cas, on peut échapper à une diminution passagère de l'importance absolue de la rente. — Contrairement à l'assertion des disciples qui ne jurent que par Ricardo, il n'est pas exact de prétendre , en thèse générale , que le renchérissement des produits agricoles, puisse seul élever le taux de la rente foncière. Par suite du développement régulier de l'économie des nations , la rente foncière grandit sans cesse iVune manière absolue, et décroit sans cesse d'une manière reluiive par rapport à l'ensemble du revenu public. — Les conséquences qu'entraînent les améliorations introduites dans la production agricole se manifestent pareillement à la suite de perfectionnements réalisés dans la mouture (o), des facilités apportées aux moyens de transport employés par l'agriculture (4), ou de l'introduction de moyens d'alimentation qui reviennent à meilleur compte (5). Tous les progrès de ce genre rendent possible un accroissement de la population et de la fortune publique, sans faire subir nue augmentation correspondante du tribut payé aux propiiétaires (6.)
Examinons d'après ces données la question suivante : Quelle est l'influence qu'exerce sur la rente foncière l'amélioration permanente du sol (7)? Les terres ainsi améliorées deviennent plus productives ; par conséquent , elles exigent une rente plus élevée, tandis ([ue la rente acquittée pour les
autres diiuiniie, non-seulement d'une manière relative, mais encore d'une manière absolue, lorsque la demande reste stationnaire. C'est comme si des capitaux se transformaient en terre fertile, et augmentaient l'étendue des héritages améliorés parla culture.
(1) Un assez irrand nombre d'.nileiirs ont répoussé comme absurde la pensée t|iie les amiMioralions apporiées dans l'exploitation agricole pouvaient diminner la renie foiiciéie .V. Mallhus, Principles, 1, ch. m, 8), aussi J.-S. Mill (Principles, IV, ch. m, § A] préfère-t-il formuler la question en ces termes : « Le propriétaire foncier ne souffrira-t-il pas "quelijue dommage de l'amélioraliou des domaines étrangers, quoique le sien en ail profilé égalemenl ? » V. üaoenant (Works, I, p. 361). Les exemples pralit|ues ne sont pas rares. Ainsi, la longue crise agricole par latjuelle rAllemagne dut passer au commencement de 1820 i)rovenait surtout de l'élan douné;\ l'agriculture (T/mer, Schwertz,elc.), pendant (|ue la population était loin de se dévelop|ier dans la même proportion. L'Angleterre a traversé la même phase (.)/' Culloch, Slat. Account, I, |t. 5ü7). Naturellement, le prix des terres, relativement moins fertiles, subit la plus forte baisse. De \(JM à 1663, la Suisse fut de même exposée à une crise agricole des plus désastreuses : le blé baissa énormément de prix, le prix des terres diminua dans une forte proportion, de nombreux débiteurs furent hors d'état de payer leurs créanciers, les paysans se soulevèrent, des masses de citoyens émigrérenl, etc. (Meyer von Knonau, Ilandbuch der Schweiz. Gesch., II, p. 43). Epargnée par la guerre de trente ans, la Suisse avait proulédece répit pour développer l'agricul- Uue de telle sorte (|ue, quand les contrées voisines purent concourir avec elle, il ne lui fui plus possiblede trouver des débouchés snfUsauts. —Dans les dix-sepliéuie et dix-huitième siècles, TAiglolerre éprouva, par intervalles, une agiicuUural distress presque semblable. V. ChiUl (Discourse on Trade, j). 73, 12-i, secj.); Temple (Observations upon the Ü. P., ch. viy ; Too/ce (llistory of priées, I, p. 23, seq., -42). Même sans aucune des aniélioralions que la science apporte, une longue suite de bonnes années peut produire un résultat identique : on en trouve plusieurs exemples dans le premier volume de Tooke. — Les Anglais attachent une grande imiiortance à la différence des réformes d'économie rurale, dont les unes éiiargnenl le sol, et les autres le capital et le travail. Cellesci inlliienl sur la rente en argent du propriétaire foncier et la diminuent par l'abaissement du prix du blé, mais laissent intacte la rente payable en grains ; les autres, au contraire, les affectent toutes les deux, en pesant d'une manière plus forte sur la rente en argent (/ftcan/o, Principles, ch. Il ; J.-S. Mill, Principles, IV, ch. lu, § -l).
Dfî LA. RKNTE FONCIÈRE. 35
(â) (Jii.irui In (loiii.iiiile des denrées de luxe, comme la viande grasse, le lait, les l{''i,ninies, olc, augmente, rabaisseinenl considérable ilu blé, denrée de nécessité absolue, etc., peut élever la renie foncière, car des lerres, négligées jusque-l.i, peuvent être ex|(loilées. Ainsi le Lancasliire i-enfernie des marais qui ne pouvaient être cultivés, parce que le laboureur aurait consommé plus que ne rapportait la récolte. Depuis qu'on importe de l'Irlande des denrées de toute sorte, en quantités considérables, ces terrains ont été transformés en prairies artilicielles, en jardins, etc.. {Torrens^ The budget, p. 180;. V. déj.i A. Smilli [l, p. 257, éd. Bas. ). Banßeld a pu abuser de pareils faits pour attaquer la loi de Ricardo (Organisation of industry, 1848, p. 49).
{'A) Sous ce rapport, la mouture per fectionnée a exercé une grande inlUience. En France, au seizième siècle, on ne relirait guère d'un selier de fromenlque 144 livres de pain, d'après Malouin (L'Art du boulanger, 1707) 192 livres, et aujourd'hui on en obtient de 223 à 240. Le profit est encore plus considérable pour l'orge: autrefois le setier ne donnait que rj8 livres de farine, aujourd'hui c'est lia {Roquefort, Hisluire de la vie privée des Français, I, p. 72 ; Beckmann, ßeitr. zur Gesch. der Erfind., II, p. o4).
(4) Au commencement du dix-huitième siècle, les comtés voisins de Londres adressèrent une i)élition au Parlement pour se plaindre de la liiultitude de routes en construction, (|ui, en facilitant la concurrence des districts plus éloignés, diminuaient leur rente (^. Smith, W. ofN., l,ch. Il, 1).
{iy) Malthus (Principles, p. 231). Si les ouvriers voulaient se contenter de pommes de terre, au lieu de leur nourriture actuelle, pain, viande, etc., la rente foncière diminuerait sensiblement, parce qu'il serait |)Ossible de donner satisfaction au besoin général en restreignant les travaux à un espace moins considérable. Mais, au bout d'un certain temps, l'accroissement de la population pourrait produire une augmentation de la rente, et même l'élever au delà cie ce qu'elle était précédemment, i)arce qu'on peut toujours faire venir des pommes de terre dans des endroits où le blé ne germerait pas, et les limites de la culture possible se trouveraient ainsi reculées.
(Ü) En France, le prix moyen du blé pendant chaque période décennale n'a pas varié de 1797 à 1817. M, Hipp. Passy parle de lerres qui donnaient à peine 12 hectolitres de fromeul, il y a trente ans, et qui eu rapportenl20aujourd'hui, c'esl-ù-dire, une augmentation de 170 francs sur le rendement contre un accroissement des frais de producliou de 75 francs seulement ^Journal des Econoni., 15 oct. 1848). De pareils faits, irès-bien expliqués par liicardu, détruisent l'objection élevée par t'aii j/, Ban/ieU, etc., contic la loi qu'il a formulée, objection basée sur
3() DE LA KEiNTE FONCIÈRE.
ce i|ue, depuis le moyen âge, la siliuiliou des classes qui ne possèdent pas le sol s'esl indubitablement améliorée.
(7) Ainsi, i)ar exemple, les opérations du drainage qui, bien dirigées, ont donné en Angleterre et en Belgique un produit de 10, de IS, et jusqu'à 2o et 70 pour 100 des capitaux employés. En Angleterre, l'Etat n'accorde de subsides dans ce but, que si l'amélioration espérée n'est pas inférieure il 10 pour 100, d'après l'évaluation ofticielle faite par un ingénieur du gouveruement.
Lorsqu'une cause quelconque, la guerre, par exemple, réagit d'une manière funeste sur l'économie publique, la rente foncière peut échapper ii celte influence, par suite d'une diminution relaiivemcnt plus forte encore sur le salaire du travail ou le prolit du capital, mais seulement jusqu'à une certaine limite (1). L;i diiiiiiiulion de la rente commence par atteindre les terres moins fertiles et plus défavorablement situées (2, 5).
(1) En Angleterre, on achetait, vers l'an 1430, une terre sur le pied de 14 (/e«r<f /jt(/-c/irtsc, c'est-à-dire, an prix d'un capital qui égalait quatorze fois laienleaniiuelle ; en 1570, ce n'était plus (pie sur le pied de 10 ijcars: purchase {Eden, State of ihe poor, III, App., I, p. xxxv). Telle était la conséquence des guerres civiles qui désolèrent le i)ays dans l'inlervalle. Les nombreuses guerres de Louis XIV firent parfois tomber la rente foncière en France de 1(1,000 à ;2,000 livres (.1/'"^ de Sévigné, Lettres, 2;) décembre 1 OSO). Le comitalde Uelcesch, en Hongrie, fut vendu tout entier pour loO.OOO llorins, sous l'empereur Charles VI, après une guerre malheureuse contre la France [Mailath, Olislerreich. Gesch., IV, p. o:23). V. Caniillon (Nature du coyiinerce, p. 2i8). Au printemps de l'année 18i8, on vendit à Cologne pour 1,000 Ihalers une maison nouvcllementconslruitedonl reinplacemealseulen avaitcoùté plus de3,000; et pour 100 Ihalers chacun, sjix autres terrains (pii précedemmentavaient été vendus plus de 3,00i) thalcrs {lieden, Statist. Zeilschrili, 18-48, p. 306). Les guerres de Napoléon ont produit sur la rente foncière anglaise un effet tout opposé ; elles l'ont fait inoiiter extraordinairement (l'ortor, Progress, II, i, |i. l^JO), parce ((ue les diflicullés et les entraves suscitées à rinqiortation des denrées lirenl alors |»rendre un dévcloppeiiii'iit extraordinaire à l'agriculluic. C'est à jiartir de celte époque que datiiil les améliointions reinan|uables dont elle devint l'objet en An-
glelerre. Des charrues perfectionnées ont retranché un cheval sur trois; la houe à cheval économise 50 pour 100 sur les frais de travail humain; les machines à battre, mues par la vaponr, diminuent la dépense dos deux tiers, relativement au battage à la main ; la machine à faucher fait autant de besogne que 30 hommes; le matériel du drainage a baissé de prix dans la proportion de 80 à irî. Toutes ces inventions, d'après Weckerlin (Englische Landwirtschaft, p. 122), ont réduit les frais d'exploitation de près de moitié, V. pour tout ce qui concerne Véconomie rurale de l'Angleterre, l'excellent ouvrage de M. Léonce de Lavergne, publié sous ce titre en 185i, et parvenu déjà à la troisième édition. La rente foncière, en 1844, devait être de beaucoup inférieure à celle de 1812! {Passy, Journal des Econom., X, p. 35-4.)
(2) De 1817 à 1827, le prix des terres dans le .Mecklembourg a baissé pour les terres de m.tuvaise qualité de 30 à 40, pour les meilleures de 15 à 20 pour 100 {Thunen cité p^rJakob, Tracts relating to thecorn trade,
(3) La rente foncière donnait en moyenne en Angleterre, vers 1815, 17sch. 3 deniers par acre ; il faut citer surtout entre les divers comtés ceux de Middlesex 38—39, de Rutland 28—2, de Leicester 27—3 ; audessus de tous les autres, Westmoreland 9 — 1. La moyenne du pays de Galles est 7—10 ; au plus haut Anglesea 19, au plus bas Merionetli 4 — 8; la moyenne en Ecosse 5 — 1 1 2;. ni plus haut, )lidlotliian24— ()i/4, au plus bas les comtés des /jî3/i/a7if/.5, Cnithness, Cromarty, Inverness et Ross 1 — 1 jusqu'à 1—5, Orkney 8 1/2 den.,Sulherland 6 den.. Shetlands 3 den. En Irlande, la moyenne est 12— 9 ; au plus haut Dublin 20—1 Ij-I, au plus bas Donegal 6sch. (M' Culloch, Stat. Account, I, 544 ; Yearbook of gênerai information, 1843, p. 193). — En France, (7/ja/)<a^ (De l'industrie fr., I, p. 209) évalue à 28 francs par hectare le revenu moyen ; dans le département de la Seine 216, le Nord 69,56, la Seine-Inférieure 67, 85, elau contraire dansles Hautes-Alpes 6,2, les Basses-Alpes 5,9:). les Landes 6,25. Pendant qu'on achète dans ce dernier déparlement un hectare pour 20 francs, le prix d'achat de la même quantité de terrain d;ins leMédoc, qui y confine, est parfois de 25,000 francs [Blanqui, Journal des Econ., janvier 1851, p. 15). — En Belgique, l'hectare de terres labourables rapporte en moyenne 52,46 ; dans la Flandre orientale 63,19, dans la province de Namur 29,24 (Heuschling, Statistique, p. 77;. Flotow (1846) calcule que la rente foncière groupée en un seul bloc, à part bien entendu l'estimation du prix des maisons d'après la valeur des loyers, monte annuellement pour tout le royaume de Saxe à quelque chose comme 12 millions 1/3 de thalers {Bau Haussen, Archiv der polit. OEk., N. F., V, p. 23).
38 PE I.A BENTE FONCIÈRE.
Ou entend si souvent parler de la rente foncière comme du résultai d'un monopoleexercésurlesol(l), comme d'une rançon imméritée soldée aux propriétaires par le peuple tout entier, qu'il est bien temps de signaler le côté utile qu'elle présente. Le résultat naturel de l'accroissement rapide de la ])opuhuiou est de faire de la satisfaction des besoins matériels les plus grossiers l'unique préoccupation des masses ; on risque donc de voir s'effacer tout sentiment d'une élégance plus noble et d'un loisir plus délicat , qui seuls peuvent donner plus de prix à la vie, et former le point de départ d'une activité soutenue et d'un progrès constant (§ 145). La rente foncière constitue une sorte de fonds de réserve, dont l'importance augmente à mesure que la diminution du salaire et du taux de l'intérêt dessine davantage le péril (2). Mais est-il bon, en ce qui concerne ces grands intérêts, de recourir aux moyens artiliciels que fournit la puissance publique pour peser sur la marche naturelle des choses? C'est là une question que nous essayerons d'aborder plus tard (5, 4).
(1) lient is a lax levied hy the landoiçners as moiwpolisls {Hopifins, Grenl Brilain for the last 40 years, 1834).
(2) Mnlthus (Additions lo the essay on popiilalion, 1817, III, cli. x); V. aussi FfTn(Medilazioni,XXIV,.3). Les |ihysiocralesdcsignenlles propri(H.iiies du sol sons le nom de classe disponible : comme ils ne sont point forcés de travailler pour vivre, ils peuvent le mieux servir le pays soil à l'armée, soil dans les affaires publiques, etc., ou eu personne, ou au moyeu des im|iôls, qui servent à payer les fonctionnaires et les serviteurs de l'Etal [Tiirgot, Sur la formation, etc., § 45 ; Questions sur la Chine, ti). Cesl évidemment nu argument à double tranchant.
(.?) Malihus lient les capitaux et les Iravaux consacrés ;i l'agricullure pour plus productifs que les autres, parce qu'ils ne rapportent pas .seuliMiirnl riiilérèt cl le salaire accoutumes, mais encore quel(|ue chose de plus, A savoir, la rcuio foncière. Si donc, par exemple, le bénéfice que
relire un pays de son commerce et de son industrie monleà 12pourl00, et si le bénéiice des capitaux employés à l'agriculture est de 10 pour 100 seulement, une loi sur les céréales qui obligerait de détourner les capitaux deTiiidiistrie eldu commerce pour les appliquera ragriculture pourrait êtred'un grand prolil à l'économie nationale ou général, an cas où la rente foncière augmenterait de 3 pour 100 (On Ihe effects of the cornlaws and of a rise or fall in the price of tlie corn on the agriculture and the gênerai weallh of the coniitry, 1815 ; The grounds of au opinion on the policy of restricting the importation of foreign corn, 1815). Roscher combatcette opinion dans son livre traduit par j1/, ß/oc/i;(üeber Kornhandel undTheurungspolilik, p. i39j. V. ci-dessus, § 66.
(4) L'importance de la question de la rente nous décide à reproduire, dans V appendice qui termine ce second volume, une étude que nous avons faite d'.i près le travail de M. Schütz, professeur à l'université de Tubingue, publié dans l'excellente Revue des sciences politiques (Zeitschrift für die gesammte Staalswissenschafl), que rédigent les membres de la Faculté d'économie politique de Tubingue, avec la collaboration de MM. les professeurs Mxi et Robert Mohl, de Heidelberg, et Hannsen, de Gœttingne. Le titre que l'auteur lui a donné révèle par lui-mènio le bon esprit dans lequel ce travail est conçu. M. Schütz Tintilule : De la rente des propriétaires et du contlit apparent de leur intérêt avec celui des autres classes de la société. — Il est difficile de faire mieux ressortir, au point de vue écononiicjue, la nécessité du droit de propriété et la légitimité, ainsi que l'utilité de la rémunération perçue par le propriétaire. Nous ajouterons seulement que dans la critique du système de Ricardo, M. Schütz n'a pas échappé au malentendu signalé pgr Roscher. Il ne s'agit point ici d'une hypothèse historique de succession de cultures, mais de ce fait incontestable, qu'à un moment donné, des terres de qualité différente et diversement sitiit'-es présentent une différence d'avantages pour la culture. Cette différence es^l ambulatoire^ s'il nous est permis de nous exprimer de cette façon, et non pas permanente ; elle se modifie sous l'empire des circonstances. — Dans le sens de la théorie de Bastiat et de Carey, de Fontenay a |iiiblié un livre digne d'attention : Du revenu foncier (18o-i), et Wirth fait de cette docirine la base des : Grundzûge der >'alional-OEkononiie (Cologne, 1850).