DÉCÈS
thÉorik dh l\. populaiioiv. -273
Le progrés de la civilisation a donc exercé une grande inllnence sur la durée de la vie. En présence d'un équilibre à peu prés exact du nombre des naissances, nous voyons la réduction d'un sixième sur le nombre des décès, et cependant la population s'est accrue de moitié !
(4j Quelquefois une augmentation subite de la fréquence des mariages peut provenir de causes très- fortuites et passagères. Lorsque, par exemple, en 1813, tous les célibataires français furent soumis à la conscription, le nombre des mariages s'éleva à 387,000, tandis qu'il n'avait été que que de 229,000 dans la moyenne des cinq années précédentes (Bernouilli, Populalionistik, p. 103).
(5) Presque dans tous les pays qui ont suivi le mouvement de J848, les premiers mois attestent un nombre inusité de conceptions {Horn, I, 241, seq.). Suivant Dieterici {Xhh. der Berliner Akademie, 1853, p. 321), il y a eu une naissance sur :
Ittoyenne décennale. i849.
France 36.19 hab. 35,79 bab,
. Toscane 25., 42 2>,82
Saxe 24,51 23,08
Prusse 25,5 23,62
La grande majorité des hommes croyait alors à tout ce qu'elle désirait!
(6) Marshall (Digest of ail accounts, I, 15); Porter (Progress, I, ch. i, p. 9).
(7) Wallace assigne, sous ce rapport, à l'industrie une place trop inférieure à celle de l'agriculture : « On the numbers of mankind in ancieut >( and modem limes » (p. 36 de la traduction franc., 17oi). Le comté de Lancastre avait, en 1760, peu avant l'introduction de la grande industrie des machines, 297,000 habitants ; en 1801 = 672,000, en 1831 = 1.336,000, en 1841 =1,667,000, en 1851 =2,064,000.
Il est donc facile de comprendre pourquoi la guerre n'affaiblit le total de la population que si elle tarit quelques-unes des sources qui fournissent les moyens d'entretien. La perte en hommes causée par les batailles et par les fatigues peut facilement se réparer au moyen de Taccroissement des naissances (1). En Hollande, par exemple, malgré la longue durée de la guerre espagnole , l'augmentation de la richesse permit à la popu-
271 THF.ORIH DP LA POPULATION.
latioii d'augmenter, tandis que la lutte fort courte engagée contre Cromwell, liilte qui diminua le commerce, rendit rien qu'à Amsterdam 5,000 maisons désertes (2), — En Angleterre et dans le pays de Galles, durant l'époque des guerres les plus terribles des temps modernes, la population s'éleva de 8,540.000 (1790) au delà de 12 millions (1821); en France, de 26.563.000 (1791) à 29,217,000 (1817). Il est vrai que l'Angleterre n'était pas le théâtre de la lutte et que la guerre donna à certaines branches de son commerce une impulsion assez énergique pour effacer les pertes subies d'un autre côté; la France nCut à sonffiir d'une véritable dévastation qu'au début et à la fin de la grande guerre, tandis que la Révolution, une fois qlie la fatale influence de la Terreur a été écartée, avait eu pour magnifique résultat, non-seulement de répartir plus également les moyens d'entretien, mais encore de les développer suivant une progression rapide (5).
On ne saurait dire d'une manière absolue que X èmigrauon empêche l'augmentation de la population. Du moment où un peuple commence à la faire entrer en ligne de compte, où les uns songent à émigrer eux-mêmes, ou bien espèrent que d'autres, en quittant le pays, leur laisseront plus d'espace libre, on contracte beaucoup de mariages et il naît beaucoup d'enfants, qui sans cela ne seraient pas venus au monde. La plupart, surtout quand ils sont jeunes et amoureux, espèrent tout ce qu'ils désirent. Quand de bonnes chances sont ouvertes à tous, chacun pense pouvoir les calculer avec exactitude, et la plupart des hommes sont portés à les exagérer (4).
(1) Vers la lin du siècle dernier, on comptait en France environ \ million de naissances par an (Necker, Adminislr. des finances, I, 256), el 600,000 vivaient au delà de leur dix-liuitiénie année {Peuchet, Essai de slalislique, p. 3i). Il y avait environ 220,000 mariages par an ; ainsi donc 80,000 jeunes gens augmentaient annuellement la masse des rclibalaires, dont le nombre dépassait, selon Veuchci (p. 32), 1, 4^0,000. Il en résulte quo le recriilemenl annuel pouvait s'étendre jusqu'à des
THÉORIK nP. LA POPULATION. 273
centaines de mille, snns affaiblir sensiblnmenl le nombre dos mariages et des naissances (l'om|i.Ma/t/iMs, Principles of popnl., [I, rh. vi). Par contre, les ç;iierres qui se |irolongenlonl (Tonlinaire pour résultai d'empèclier que les hommes les plus vic^oureux ne se marient, ce qui entraîne la dégénérescence de la race.
(2) Richesse de la floUande (I, 1 49j. Au temps de la stagnation commerciale de 1790-1811, i! Amsterdam, il y avait en moyenne 7 décès sur 4 naissances, de sorte que la population diminua, entre 1795 et 1815, de 217,000 à 180,000 'Bich-ps, Bewegung derBevoelkerung, append., p. 28).
(3) Par contre, 1» population de la Prusse orientale a diminué, de 1807 à 1815, de 14 pour 100. V. Haxthausen (Laeudl. Verfassung der preuss. Monarchie, I, 93). On dit que les batailles, etc. , de la guerre de sept ans ont dévoré 120,000 Russes, 140,000 Autrichiens, 200,000 Français, 100,000 Anglais, Hanovriens, etc., 25,000 Suédois, 28,000 soldats de l'empire Pt 180,000 Prussiens. La population de la Prusse diminua de 1/2 million [Frédéric 77, OEuvres posih., IV, i!4 ; Preussischc Gesch., Friedrichs M., Il, 349). La population de la Bohème tomba, (Jurant la guerre de trente ans, de 3 millions à 780,000 linliilanls (J/f/Z/a//), Gesch. V. OEstrcich., III, i.55). Déjn.en 1040, lesroprésenlants îles villes assuraient, à la niéte de la Saxe électorale, avoir perdu la moitié des habitants, par suite de la guerre {Boetliger, Gesch. Sachsens, H, 125). Le Wurtemberg comptait un demi -million d'habitants en 1618, et ce chiffre fut réduit à 48,000 en 1041. Dans l'intervalle on avait levé 58 millions de llorins de contribution deguerre, on avait pillé pour plus de 00 millions, 36,000 maisons avaient été détruites. La population de .Massachusets a augmenté, avant la guerre, de 8,310 habitants par an, et seulement de 1,161, durant la guerre, bien que l'ennemi n'ait presque jamais pénétré dans le pays {Ebding, Gesch. und Erdhcschr. der Un. St., 1,239).
(4) V. déjà Giov. Bulero (Delle cause délia grandezza délie ciltà, 1. II; et Ragion del stnto, VIII, p. 95), où la colonisation est comparée à un essaim d'abeilles. V. Ralcigh (Discourse of war in gênerai, Works, VIII, p. 757, seq.). De même, Child (Discourse of trade, p. 371, seq.) ; f/s/oriz (Theoria y i)ralica del commercio, 1724, cap. xii). Franklin (Observations on the increase of mankiad) rappelle la croissance continue des polypes,
LOI DE MàLTHUS.
Pour accroître la production économique, il faut du travail ; en cédant à de nouveaux venus une partie de ce qu'on a l'habi-
276 THÉORin DE LA POPULATION.
lüde (le consommer soi-même, on fait un sacrifice; mais quand on donne la vie à des enfants, on éprouve un plaisir. Il semble donc incontestable que la puissance d'augmentation de la population, envisagée en elle-même, est disposée à dépasser la limite des moyens de subsistance. Mallhus exprime ce fait en disant: La population a la tendance de se développer suivant une progression géométrique ; tandis que, même au milieu des circonstances les plus favorables, les moyens d'entretien ne se développent que suivant une progression arithmétique (1). — Si l'on entend le mot tendance dans le sens précis que Mallhus lui a donné, de manière que la réalité apparaisse comme hx résultante de nombre de tendances diverses dont quelques-unes agissent en sens contraire (2), on ne saurait guère attaquer la première partie de celte définition (5). — Lorsqu'un père a trois tils et chacun de ceux-ci trois petit-fils, en admettant qu'ils jouissent tous dune bonne santé, il est certain que la puissance de donner la vie cl le plaisir qu'on en ressent triplent à la deuxième génération, et sonlen somme neuf fois plus considérables à la troisième, etc. — Le second membre de la thèse soutenue par Mallhus peut soulever plus de doute. — Si l'on se borne à prétendre ({ue du moment où les moyens de subsistance de l'homme résident principalement dans les animaux et dans les plantes, toute inquiétude est mal fondée, car ceux-là, comme celles-ci, augmentent aussi bien que l'espèce humaine, suivant une progression géométrique, et même dordinaire suivant une progression beaucoup plus rapide , on méconnaît le fait le plus saillant : c'est que cet accroissement naturel des animaux et des plantes se trouve singulièrement troublé par la consonnnation de l'homme, àla([uellc on assigne justement ce domaine. — Mais, d'un autre coté, il est vrai de dire que les produits bruts eux-mêmes, ainsi que la valeur des produits fabriqués, peuvent, au moyen d'une meilleure économie et d'un art plus intelligent (,^§ 34, 157), augmenter dans une proportion
de beaucoup supérieure à la simple proportion arithmétique (§ 33) (4). Cependant il n'est pas possible de supposer qu'à la longue l'accroissement des moyens de subsistance puisse se tenir au niveau du progrès, matériellement possible et physiologiquement réalisable, de l'accroissement de la population. Mais cette tendance rencontre elle-même une limite dans des obstacles également puissants .
1° Nous signalerons d'abord un obstacle répressif. Du moment où il existe plus d'hommes qu'on ne peut en nourrir, l'excédant ne peut que disparaître en vertu de la cruelle loi de la nécessité : au milieu de circonstances favorables, c'est l'émigration qui s'en empare, mais trop souvent c'est la faim, la maladie, la misère. La terre engloutit ceux de ses enfants qu'elle n'est pas en état de nourrir [Sismondi). Ce sont principalement les plus faibles qui ne parviennent point à franchir le défilé de l'existence lorsqu'il n'y a point place suffisante pour tous; ainsi mortalité terrible parmi les pauvres et les enfants! Tantôt c'est le logement qui est insalubre (5), tantôt les vêlements nécessaires manquent, et chez les enfants c'est le défaut de surveillance (6) qui contribue à développer de nombreuses maladies ; tantôt celles-ci s'aggravent faute des soins convenables et du repos nécessaire. Toute mauvaise récolte augmente la mortalité. A Paris, par exemple, entre 1743 et 1763, le froment se vendit durant quatre années les moins chères, au prix de 14 livres 18 sous le seiier, et durant les quatre années les plus chères, au prix de 19 livres 1 sou. Cette faible différence a suffi pour que la moyenne des décès fût dans une période de 16,859, et pour qu'elle s'élevât dans l'autre à 20,895. — Dans le canton de Thurgovie, il est mort en 1815 seulement 2,143 personnes et en 1817 (année de grande cherté du blé) 3,440. — Dans le canton de Lucorne, il y eut, dans cette même année 1817, 3,511 décès, et ce chiffre est descendu k 1,545 en 1820.— En Allemagne, on a constaté que les années de conscription.
qui correspondent à la disette de 1816-1817, ont présenté dans beaucoup de localités un déficit moyen de 28 pour 100(7). — L'obstacle répressif &é\[l fréquemment, surtout chez les peuples arriérés, d'une manière violente. Combien de meurtres, de sacrifices humains, de guerres dont la cause unique doit être attribuée à l'excès de population et à la famine!
2° Nous devons signaler aussi un obstacle prèvenlif{S). — Quand on sait qu'on ne parviendra pas à élever des enfants, on se garde bien de les appeler dans ce monde. C'est là un devoir naturel ; nous pouvons le dirt*, celui qui donne la vie à un être, qu'il sait ne pas pouvoir nourrir, commet un délit vis-à-vis de la société et surtout vis-à-vis de cette pauvre créature. Chose étrange! faire naître un enfant qui éprouve tant de besoins et qui possède une âme immortelle, c'est sans doute l'acte le plus grave de la vie d'un homme, et cependant pour la plupart c'est un acte irrétléchi!
Cet ob<lacle ne se présente que pour l'espèce humaine ; les animaux et les plantes obéissent à un instinct aveugle (9).
Lorsque la nécessité de fournir la subsistance aux enfants est hors de ([uesiion, comme lorsqu'il s'agit des classes aisées de la société, un autre souci se réveille, et il exerce une influence préventive, également énergique : c'est la crainte de ne pas pouvoir suffire aux exigences de sa position, si l'on fonde ou si Ton accroît une famille à la légère, la crainte de déchoir de sa condition (10, 11). Sans doute, cette prévoyance peut abandonner les pures voies de la moralité et s'exercer d'une coupable manière (12). Mais c'est la loi de l'espèce humaine que l'abus puis.se surgir lorsqu'on est appelé à faire usage de la raison et de la liberté; et la destinée inévitable de l'homme l'oblige à gouverner par les inspirations morales de la raison les entraînements de la passion, ou bien à succomber au crime et à la misère, rivé qu'il est à l'inexorable nécessité de ne pas franchir le niveau des moyens de subsistance (13, 44).
{i ) Principle of population (I, ch, i).
(2) Que roii se rappelle le parallélogramme des forces. V. Senior (Outlines, p. il).
(3) Sur l'inexacliludede l'expression « progression géométrique )) employée ici, V. Moser (Gesetze der Lebensdauer, 1839, p. 132).
(4) Weyland (Principles of population and production, 1816, p. 25, seq.).
(5) A Paris, les décès, divisés par arrondissement, sont d'autant plus nombreux que l'arrondissement est plus pauvre, en prenant pour mesure le nombre relatif des habitations non imposées. On a constaté de
Arrondissemenls. Un décès annuel sur Locations non imposées.
71 hab
{Villermé, Journal des Economistes, nov. 1853). Le loyer moyen était, dans le II* arrondissement = 605 fr. par an ; dans le III* == 426 fr. ; dans le I«' = 498 fr.; dans le IX« = 172 fr.; dans le VIII« = 175 fr.. dans 16X11" = 148 fr.
A Manchester, le médecin Holland a groupé toutes les mes en trois classes et subdivisé chaque classe, suivant la qualité de logements, en trois catégories ; il a constaté ainsi que la mortalité sévissait suivant les proportions suivantes :
Io= 1 : 51, 16 = 1 : 45, le =1 : .36 ;
IIa=1 -.55,116 = 1 :38;
IIIc = 1 : 25 (Report of inquiry into the stale of large towns and populous districts).
(6) En Prusse, la population juive a augmenté, de 1822 à 1840, de 34 1/2 pour 100, la population chrétienne seulement de 28 pour 100, bien que Ton ne coniplâl par an chez les juifs (|u'nn mariage sur 139, et une naiss.ince sur 28 ; tandis que les chiffres correspondants pour les chrétiens étaient 1 sur 112 et 25. On attribue co résultat à cette circonstance favorable que les mères juives travaillent plus rarement dehors, de sorte qu'elles peuvent, même dans les classes les plus pauvres, donner plus de soins ;i leurs enfants.
(1) Messance (Recherches sur la population, p. 311 ; Hernouilli (Vu-
piilalionistik, p. 219). C'est ainsi qu'à Londres on a relevé les chiffres qui suivent :
Prix du froment. Nombre des décès.
1798-1802 58 sch. 10 p. 20,508
et dans sept comtés anglais:
Prix du froment. Nombre des décès.
1801.. 118 sch. 3 p. 55,965
{Bartun, Observations ou the condition ofthe labouring classes, 1817). V. Roscher (Rornhandel undTheuerungspolitik, p. oi, seq.). Quaud la cherté se maintient longtemps, la mortalité diminue quelquefois, parce que le nombre des enfants en bas âge est fortement réduit.
(8) Malthus se sert également du mot « préventive check, » tandis qu'il appelle (( positive » les tendances répressives. R. il/o/t/ (Polizeiwissensch., 1,88) parle de causes préventives et destructives.
(9) La puissance de multiplication des végétaux et des auimau.K est telle que, si In terre était entièrement abandonnée à une espèce et aux substances dont elle se nourrit, celle-ci ne tarderait pas à la remplir. C'est leiircontlit perpétuel qui arrête leurs envahissements. Leur invasion s'arrête, parce qu'ils n'ont pas assez à manger, et qu'ils sont exposés ;i être mangés. Ce qui ne peut pas vivre disparait. V. B. Franklin {Observai, roncerning the increase of nianking, \lol, § 21).
(10) La règle suivant laquelle la population tendrait partout à s'étendre aussi loin que le permettent les moyens d'existence a été persillée par Sisnwndi (N. Princ, VII, ch. m) qui a pris pour exemple la famille de Montmorency. Elle a vécu dans une abondance constante ; elle est pourtant près de s'éteindre, tandis qu'elle devrait, selon Malthus, avoir rempli l'univers. .Sîs;//on(/ï oublie combien celte notion « moyens d'existence » est relative ! Les hommes placés.! un rang élevé ne croient pas seulement avoir plus de besoins, ils obéissent aussi à une prudence, souvent outrée, pour contracter mariage. C'est pourquoi les familles haut placées s'éteignent souvent, abstraction faite de ce qu'elles attirent davantage ratteiition. Sridl^r (Law of population, 18.%) tire de Textinction fréquente des familles nobiliaires anglaises la |U"euve que la richesse produit la stérilité, et que la pauvreté (pourvu qu'elle n'aille pas jusqu'à rexténuement) engendre la fécondité , et Doubleday (True law of population, p. 12, seq.) va jusqu'à raj)pelerque les bêles et les plantes tro|i engraissées ne portent pas de fruits ; ils ont été très-bien réfutés par l'Edinlnirgh Hev. (LI). Celle-ci démontre que les mariages des pairs anglais sont en moyenne féconds; rexlinclion fréquente provient en
partie de ce que les cadets se marient rarement, de sorte qu'il n'y a pas de collatéraux ; mais, en partie aussi, il ne s'agit que de l'apparence, parce qu'on dit qu'une famille est éteinte alors que la brandie masculine seule se trouve interrompue. La noblesse française a augmenté constamment en nombre du neuvième au onzième siècle ; ce n'est que plus lard que les successions féminines, les extinctions, etc., deviennent plus fréquentes, parce qu'on commença, afin d'empêcher le démembrement des domaines, à ne pas souhaiter d'avoir beaucoup de fils (Sismondi, Eist, des Fr., V, 182). Du reste, de 1611 à 1819, il y a eu réellement 753 familles anglaises de baronnets éteintes, 635 continuaient d'exister, et "139 avaient été promues à la pairie. On comptait, vers 1569 ==2,219, vers 1581 =1,843 nobles Vénitiens {Daru, VI, 240, seq.), au temps d'Addison (1705) = 1,500 seulement. V. surla diminution des patriciens romains, Dionys. Bal. (I, 85); Tacit. (Ann., XI, 25) ; sur celle des chevaliers de Sparte, Clinton (Fasti Hellenici, II, 407, seq.). V. aussi Westm. Rev. (oct. 1849).
(11) Ce ne sont pas seulement les gens considérables, mais aussi leurs domestiques qui s'abstiennent du mariage, en Angleterre , parce qu'ils craignent de ne pas pouvoir satisfaire, comme pères de famille, aux besoins dont ils ont pris l'habitude comme célibataires. V. Malthus (Pr. of pop., II, ch. vin). Quelle serait la misère générale, si tous les hommes voulaient borner leur consommation ù ce qui leur est physiquement indispensable [Senior, Outliues, p. 39).
(12) Le manque d'occupation agit d'une manière préventive, et le manque de subsistance, d'unemaniére répressive (V. Malthus, Princ. of popul., III, ch. xiv).
(13-14) Malthus (P. of p., II, ch. xiu). Nous avons donné à celle loi naturelle le nom de Tinvestigateur (jui s'est acquis, pour l'avoir établie, la plus légitime renommée scientifique. Mais on ne saurait dire qu'il ait été le premier à la constater. V. déjà Machiavelli (Discorsi, entre 1515 et 1518, II, 5). Giov. Botero enseigne que le chiffre de la population ne dépend pas tant du nombre des k congiungimenti i> que de celui des enfants (|u'on a élevés (Ragiondislato, 1592, VIII, 93, seq.). En face de la « virtù generativa drgli uomini, » toujours idonliquc, se place la « virtùnulriliva délia città ; » la première agirait à l'infini, si celle-ci n'y mettait point de bornes. Plus la ville grandit, plus il devient difficile de l'approvisionner. Enfin, il attribue au défaut d'un espace suffisant pour assurer la subsistance, la vente d'esclaves de la Guinée, le cannibalisme des Indiens, le brigandage des Arabes et des Tarlares, les migrations des peuples, et, à l'intérieur, les crimes, les procès, etc. (Delle cause délia graudezza délia cilla, 1598, lib. III). Sir W. lialeigh (+ 1G18) croit que la terre serait non-seulement peuplée tout entière, mais qu'il y aurait excès de population, si la famine, la peste, les crimes,
les guerres, le célibat, la stérilité désirée, etc., n'écartaient point Tcxcédant. (Hisl. of the world, I, ch. vin, 4; Discours ofwar, Works, VIII, 237, seq.). Suivant Child (Discourse of trade, p. 371, seq., 149j, la population se met toujours en rapport avec les moyens d'occupation. Si l'Angleterre ne pouvait employer que 100 hommes, tandis qu'on en élèverait loO, il faudrait que ces 50 éinigrassent ou périssent; d'autre part, il est certain que toute lacune correspondante serait promplement comblée. De même Davenant (Works, II, 233, 183) ; mais il adopte, dans l'application pratique de cette loi naturelle, l'erreur du statisticien contemporain Gr. Äm^, suivant lequel il auraitfallu à l'Angleterre six siècles, pour avoir une population de 1 \ millions d' âmes (II, 126). B. Franklin (Observât, coucerniug the increase of maukind, etc.) fournit d'excellents aperçus (1731). Il démontre que les mêmes tables de mortalité ne sauraient convenir pour les campagnes et pour les villes, pour les Etats nouveaux et pour les Etats anciens. Le peuple augmente d'autant plus vite, qu'il est plus facile de contracter mariage : donc, il se multipliera le moins dans les villes vouées au luxe et dans les pays fort peuplés. Toutes circonstances égales d'ailleurs, il faut le plus d'espace pour faire vivre les chasseurs, le moins pour ceux qui se livrentà l'industrie. En Europe, on compte un mariageaunuel sur 100 habitants; en Amérique, \ sur 50 ; là 4 enfants par mariage, ici 8. Le peuple diminue par suitede l'oppression, sous un mauvais gouvernement, quand on introduit l'esclavage ou qu'on subit une perle de territoire, de commerce, de moyens de subsistance. Celui, au contraire, qui procure les avantages opposés à ces maux, peut être appelé « le père de son peuple. )) ( D. Hume, Of the populousness of the aucient nations : Discourses, n" 10). En sens contraire, Wallace{Qn the nunibers of mankind in ancient and modern tinies, in which the superior populousness of antiquity is maiotained, 1733). VraWace s'appuie notamment sur la répartition plus égale de la propriété immobilière et le luxe moins développé des anciens [Herbert, Essai sur la police des grains, 1733. p. 339, seq.). Sleuart (1767) a principalement mis en lumière le rapport entre la mortalité et le chiffre des mariages (Princip., I, 13); il soutient aussi, avec une grande assurance, que le manque de vivres, en prenant ce mot dans son sens le plus large (I, 13), peut seul mettre une limite ;i l'accroissement de la population (I, 14). Il voit la principale cause de la pauvreté dans la a fausse fécondité » (II, 1), et ses vues sur l'assistance dos pauvres sont tout à fait malthusiennes (I, 14). V. aussi A. Youiig (Political arithmetic , 1774,1, ch. vu). Tuwnsend (Dissertation ou the poor-laws, 1786) utilise très-bien l'exemple de l'île Jnan-Fernarulcz, où une colonie de chèvres se développa d'abord seule, et ensuite en lutte avec une colonie de chiens, pour expli(|ucr les lois du développement de la population, eu rapport avec les moyens de suhsi-
THÉOEUE DFÎ I. V POPULATION. 283
stance. V. son ouvrage : Journey Ihroiigh Spaiii (II, 8, seq., 3?)8, seq.; III, 107). J.-M. Ortes (Rellessioni siilla po|iiilazioiie tlelle uazione |jer rapporte ail ecoiiomia nazionale, 1790) attribue à l'accroisseiTieiil de la population comme à celui des animaux m\<i progression géométrique (cap. i); seulement chez ceux-ci c'est la forza (n), et chez les hommes la ragione qui pose les bornes (m). Quand une population s'est convenablement développée, le célibat est, pour la maintenir, aussi indispensable que le mariage; sans cela on arriverait ;i l'exlrênie pauvreté, à la dépravation de la Venus vaga, aux eunuques, à la polygamie (iv). Ortes souiienl que tous les peuples sont également riches; la n-parlition seule, par suite de laquelle les biens sont accaparés en plus grandes masses par quelques individus, fait croire un peuple plus riche qu'un autre (viu). — Malthus écrivit son ouvrage sous l'impression d'une réaction fncileà concevoir (r*édit.,1798;2^édit.,1803). Durant une génération entière, l'Europe avait entendu presque exclusivement soutenir que les arbres pourraient atteindre le ciel, s'ils étaient fumés, arrosés et taillés suivant la recette la plus nouvelled'un merveilleux perfectionnement. Malthus ne lit que signaler les limites naturelles imposées à l'humanité ; il prouva que ce ne sont pas seulement des lois arbitraires, etc., qui empêchent tous les hommes de jouir sans rien faire ; mais en partie la stérilité de la nature, et plus encore les passions et les vices de riiumanité. Si, de temps à autre, il trace des limites trop étroites, s'il n^' garde pas toujours la mesure dans l'expression de sa pensée, peut-on s'en étonner, quand on voit lutter pour la vérité un homme aussi jeune (né 1766, 4-1834), Dans les éditions postérieures il a adouci divers passages ; il a, par exemple, omis cette phrase fameuse :
« Un homme qui naît dans un monde déjà occupé, si sa famille
ne peut point le nourrir, ni la société 1 employer, n'a pas le moindre droit d'exiger une part quelconque des moyens de subsistance, et il est réellement de trop sur la terre. La nature lui dit de s eu aller, et elle ne tarde pas a mettre elle-même cet arrêt à exécution. » — Du reste, J. Moser, qui certes ne saurait passer pour un ennemi du genre humain, ne s'est pas borné à connaître les bases principales de la doctrine de Malthus, mais il les a exposées en des termes et avec des conclusions qui rappellent les paroles le plus vivement attaquées de l'économiste anglais. V. Pair Fhant. (1, 42 ; II, i; IV, l.^i, contre l'inoculation ; V, 26). — Ces divers écrits de J. Moser datent de 1709, 1773, 1779 11 est mort le 8 janvier 4794. Or, c'est en 1798 que parut, sans nom d'auteur, le premier Essai de Malthus, qui, revu et de beaucoup augmenté, devint en 1803 le célèbre ouvrage : Principle of population.
Les économistes d'aujourd''hui sont très-partages quant au jugement (|u'ils portent sur certains passages, et en général sur la doctrine pratique de Malthus. On compte peu d'adhérents passionnés , tels quo
Th. Chalmers (On polit, economy, in connexionwith themoral stnte and moral prospects of society, 1832) ; mais les idées fondamentales de Mallhus peuvent être regardées comme définitivement acquises à la science (/c-rraa è: àcl) ; même les socialistes les plus distingués les invoquent, naturellement sans en remercier Malthus. V. K. Mario (System der Welloekonomie, 1848, 52, passim).
La doctrine ûeMalthus a rencontré dans Joseph Gar/îter (Du principe de la population, 1857) un habile interprète et un défenseur convaincu.
— Le volume que nous venons de mentionner contient le résumé exact et complet des travaux relatifs à cette grave question, et ceux qui sont obligés de faire des réserves sur l'opinion absolue, professée par l'auteur, ne manqueront pas de reconnaître le soin et le talent avec lesquels il a accompli son œuvre. /. Garnier a mentionné, en les réfutant, la plupart des critiques dirigées contre le système de Malthus; il a aussi fait connaître les interprétntions auxquelles ce système a donné lieu.
— Nous ajouterons à ses indications le passage suivant (L. Woloivski^ Eludes d'économie politique, p. 2, seq.):
« Jamais la véritable doctrine de Malthus^ et non pas celle que des interprètes infidèles et des adversaires prévenus ont prétendu vulgariser sons son nom, jamais la doctrine de la prévoyance rtwrale, basée sur l'accroissement du bien-être, ne rencontra une plus éclatante confirmation. La misère des Flandres met en action, non pas ce qu'on a faussement nommé les préceptes de Malthus, mais les tristes résultats de l'ignorance et de l'imprévoyance que ce grand avertisseur voulait prévenir. Il s'agit 1,1 du problème le plus compliqué, le plus difficile à résoudre, et devant la soluiion duquel la voix de l'humaiiité et l'honneur même de la Belgique (c'est M. liogier qui la dit dans son programme) ne permettent pas de reculer.
« Le progrès de la population est devenu plus rapide à mesure que la misère étendait ses ravages, comme si les malheureux étaient entraînés à se disputer le droit de souffrir, elle progrès do In population a dépassé le niveau des subsistances ; malgré les merveilles de l'agricullure-jardinage, qui multiplie le produit brut de la terre, les Flandres ne suffisent plus à nourrir leurs habitants. L'heure est venue où les efforts de la charité publique, unis à ceux de la charité privée, sont vaincus par la gravité du mal, où les souffrances de la faim et les angoisses d'une mort hâtive déciment les rangs d'une population liop pressée.
« Prenez garde, disait Malthus : « Si vous ne vous hâtez point de relever, «de fortifier le moral de l'homme; si vous laissez dominer les instincts « matériels, au lieu de développer l'âme et l'intelligence, il viendra un « moment où l'existence du peuple se trouvera compromise par l'iusuffi- « sance des ressources alimentaires, h Malthus n'a point prêché \n contrainte moralr comme un précepte direct, il est parfaitement innocent
THÉORIK DE LA POPI-LATION. 985
des juoiislrueuses absurdités débitées en son nom. Son but unique a été de fortifier la dignité humaine par la diffusion des lumières, par le sentiment religieux, par l'éducation, en éveillant ce souci du lendemain, ces idées d'avenir que l'homme seul possède, et qui sont le plus noble attribut de son intelligence. Ce qu'on a nommé la contrainte •morale n'est, s'il est permis de s'exprimer ainsi, que la résultante de ces conditions diverses; elle se produit d'elle-même dans un milieu épuré, il serait absurde de songer à l'imposer dans un miliou mauvais ; elle n'est pas un mécanisme, elle est une idée, un sentiment. Essayez de la matérialiser et vous tombez dans de honteux écarts ; mais réveillez dans le cœur de l'homme la pensée de l'avenir et le véritable esprit de la famille, améliorez sa condition morale et son existence matérielle, de manière à ce qu'il cesse de vivre au jour le jour, à ce qu'il ])uisse ré- Uéchir sur sa destinée, et les dangers que la contrainte morale aurait pour but de prévenir seront écartés; ils le seront au moyen du noble exercice de la raison humaine. Le caractère de contrainte disparaîtra, pour faire place à l'acte libre d'une volonté éclairée, et le problème de la population .sera résolu. «
J.-5. Mill dit, en parlant des adversaires de la doctrine de Mallhus, qu'une fausse entente des causes qui laissent si souvent Taccroissement réel de la population de beaucoup en arrière de la possibilité physique de multiplication de lespèce humaine, donne naissance de temps à autre à une théorie éphémère et bientôt oubliée, qui suppose une loi d'accroissement variable, suivant la diversité des circonstances, de manière qu'en vertu d'une règle providentielle, la fécondité de l'espèce humaine s'adapterait toujours aux besoins de la société (1).
La plupart de ces théories se saisissent de certaines particularités de la loi posée par Malihns, poiu* les exagérer ou pour les généraliser d'une singulière façon. Parce que, par exemple, dans les colonies nouvelles, les forces de la nature, qui ne sont rien moins qu'inépuisables, offrent cependant beaucoup de marge, il est des Américains qui pensent que le travail est la
source infaillible de la richesse, et, par conséquent, que les ressources doivent s'accroître au moins dans la proportion de la multiplication du nombre des hommes et même dans une proportion beaucoup plus forte, parce que la division du travail devient d'autant plus facile, que la population s'agglomère davantage (2). Ils oublient que la production économique exige le concours de trois facteurs, qui ne peuvent que dans certaines limites se suppléer l'un l'autre.
D'autres, et notamment Graham et Carey , invoquent la faculté, si peu utilisée jusqu'ici, d'éraigrer (5). Mais Malthus na nullement parlé d'une prétendue impossibilité de l'émigration, il en a fait simplement ressortir les graves difficultés (III. ch, IV). Certains écrivains seraient assez disposés à faire partir les émigrants, comme des médecins font partir leurs malades, afin de les laisser mourir ailleurs (4) !
Lorsque 5aditT prétend que la fécondité de l'espèce humaine, au milieu de circonstances identiquement les mêmes, se développe en sens inverse de la densité de la population, les expressions impropres dont il se sert le conduisent à une formule inexacte (5). Le faible germe de vérité qu'elle contient ne dérive nullement du prétendu axiome, mis en avant par Gray, d'après lequel, aux degrés élevés de civilisation, une nourriture généralement meilleure rend la race humaine moins féconde, tandis que la prédominance croissante des grandes villes augmente la mortalité (0) ; il émane pleinement, au contraire, des influences, ou, pour mieux dire, des libres déterminations de la volonté humaine, que personne n'a mises en lumière d'une manière plus éclatante que Maltkus. Quelqu'un aurait-il mieux analysé, et plus énergiquement recommandé cette impulsion arislocralique qui, dans une société bien organisée, fait équilibre aux séductions matérielles (7)? Mallhus a finement plaisanté ses contradicteurs qui, pour expliquer comment la même arme à feu, chargée avec la même poudre, munie de la même balle,
produit un (;ffet qui varie avec la nature du but, préfèrent, au lieu de calculer la force de résistance que présente celui-ci, s'en prendre à une mystérieuse faculté en vertu de laquelle la poudre aurait une force d'explosion différente, suivant le plus ou moins de résistance que la balle doit rencontrer au passage (8).
La polémique de Godwin présente cette particularité qu'il regarde comme un fait fort douteux l'accroissement de la population de l'Angleterre, dans le cours des dernières générations, et qu'il ramène presque exclusivement l'augmentation du nombre des habitants des Etats-Unis à l'influence de l'imnjigration, en faisant même jouer un rôle à la désertion de régiments anglais tout entiers , qui auraient passé à l'ennemi en 1812 et les années suivantes (9).
On a reproché à Mallhus de s'applaudir des maux qui déciment d'habitude une population surabondante ; c'est comme si l'on condamnait le médecin qui révèle la cause véritable de la maladie. — Enfin, il a été houni comme un ennemi des classes inférieures de la société, alors qu'il est le premier qui ait songé à faire tourner à leur profit les graves enseignements de la science (10). « Il est tellement faux que dans la pensée de Malthus tout progrès humain doive nécessairement aboutir à la misère, que celle-ci, pour être radicalement combattue, exige l'entière application des principes qui ont valu à l'illustre écrivain ces indignes calomnies « {J.-S. Mill) (11).
(1) J.-S. Mill (Principles, I, ch. x).
(2) Everett (New ideas on population willi reniarks on ihe théories of Malthus and Godvoin, 1823). Pareilleraeat Carey : The |)asl, the iireseiit andthe future. Dp Fontenay dit (Journal des Ecouomisles, oct 1830): «Un nombre de travailleurs doublé, produit plus du double et ne consomme pas le double de ce que produisaient et consommaient les travailleurs de répoijue précédente, »ßasf tat aussi tend à exagérer la puissance d'un facteur de la production, le travail. Il s'engai,'ej dans rinlrodticlion aux Harmonies économiques, à prouver que, toutes choses égales d'ailleurs, la densité croissante de population équivaut à une facilité crois-
saule de prodnclioia (cela peut être vrai, d'une mauiére absolue, mais relativement?).
(3) Graham (Inquiry into the priuciple of population) ; Carey (Rate of wages, p. 236, seq.).
(4) Nous eu parlerons plus en détail.
(5) « Varies inversely as their numbers » M. Th. Sadler (The law of population, a trealise in disproof of the superfecundity of human beings and developing the real priuciple of their iucrease, II, 1830). Le tableau suivant est un des meilleurs que Sadler ait dressés :
Puys. HabilaïUs par Enfants
mille carré anglais, par mariage.
Cap 1 5,48
Eiats-Unis 4 5,22
Russie d'Europe 23 i,94
Danemark 73 4,89
Prusse 100 4,70
France 140 4,22
Angleterre , 160 3,66
La plupart de ces chiffres sont peu sûrs^ et, s'ils l'étaient, ils ne viendraient guère à l'appui de la thèse soutenue par Sac?/er; celui-ci était, du reste, un de ces tories arriérés qui ne reculaient pas devant les ressources des jacobins pour combattre les réformes de Huskisson, de Peel, de Wellington.
(6) Grflj/ (The happiness of states, or au inquiry concerning population, J81Ö). Suivant Weyland (Principles of population and production) l'industrie aurait par elle-même la tendance de ralentir l'accroissement de la population.
(7) V. Bossi (Cours d'écon. polit., I, 303, seq.).
{S} iMalthus (Priuciple of population, V, ch. m). J-B. Say combat également ce mysticisme en matière de population : si la fécondité diminue d'elle-même dans les pays très-peuplés, comment se fait-il que les lacunes extraordinaires causées par la peste, etc., y soient si vite comblées ?
(9) Godwin (Inquiry concerning the power of iucrease in the numbers of mankiiid, 1821, II; III, ch. iv; IV, ch. iv. V. aussi l'Inquiry concerning polilical justice, du même auteur, franchement socialiste, écrit par lequel l'ouvrage de Malthus fut en partie provoqué. David Booth (dans le premier volume de Godwin) a le tort dérailler .Malthus, en ce que celui-ci avait comparé la loi de la population avec la loi de la gravité, « qui, elle aussi, n'agit pas librement dans la nature, et qu'on ne saurait démonlrordans le vide. » — D'un autre côté, Baatiat dit (|ueceux qui accusent Multluis pourraient tout aussi justement accuser Newton, lorsqu'ils se blessent en tombant.
(10) Priuciple ofpop. (III, ch. \m). Une morale sévère et pure inspire surtout ce livre (IV, ch. xiii. vers la fin).