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TEMPS PRIMITIFS

Les tribus sauvages ne savent utiliser les forces de la nature que sous la forme de l'occupatiompuTe et simple; elles ne peuvent subsister que clair-semées sur l'espace destiné à leurfournir, d'une manière si exii'uë, des moyens de subsistance. Les principaux moyens pratiqués alors pour empêcher l'accroissement de la population sont les suivants : on surcharge les femmes de labeur et on les maltraite (1) de manière à leur rendre impossibles des soins simultanés, consacrés à élever plusieurs enfants (2) ; on prolonge outre mesure la durée de l'allaitement (3) ; l'avortement est pratiqué d'une manière habituelle (4) ; le meurtre est fréquent, et les malades ainsi que les vieillards en sont souvent victimes (5) ; les peuples chasseurs se livrent une guerre éternelle pour étendre les limites de leur chasse, et beaucoup sont des cannibales (0). Au surplus, les peuples chasseurs sont fréquemment décimés par la famine et par la peste, car celle dernière est la suite de la succession incessante des misères de la faim et des excès de nourriture (7).

La plupart des nègres vivent tellement en dehors de toute garantie légale, qu'il leur est absolument impossible d'améliorer la culture de manière à multipUer les moyens de subsistance. En même temps, les appétits sensuels exercent sur eux un grand

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empire (8). Le eoinmerre des esclaves se présente ici comme le moyen principal de prévenir un excès de population. Si l'on se bornait h l'empêcher, sans s'occuper en même temps d'améliorer, par des missions et par le commerce, les mœurs et le régime économique des nègres, il est probable qu'on n'arriverait qu'à recueillir le triste avantage de voir les prisonniers, faits à la suite des luttes incessantes suscitées par la t'aim, mis à mort ou même dévorés au lieu d'être vendus.

Les peuples nomades ont un certain caractère chevaleresque, qui les conduit à traiter les femmes avec assez de douceur, pour que celles-ci puissent devenir fécondes, sans s'exposer à trop de fatigue (9;. Mais le pâturage ne saurait suffire à lui seul pour procurer de grandes ressources, et ces races belliqueuses sont d'autant moins disposées à se consacrer à l'agriculture qui leur assurerait un produit supérieur, mais en les assujettissant à une demeure tixe, (jumelles ont plus l'habitude de diriger l'excédant de la population sur les pays cultivés du voisinage, et qu'elles comptent sur la victoire, le butin et la domination, lorsqu'elles ne subissent pas une défaite immédiate. Ces migrations forment surtout un chapitre important des annales des Etats de l'Asie : elles sont longtemps un sujet d'inquiétude pour les civilisations qui déclinent, finissent par les subjuger, et, en fondant un nouvel empire, elles recommencent à nouveau le cercle dans lequel tourne l'histoire (10). Lorsque les peuples nomades n'ont pohit la perspective de tenter avec succès de pareilles invasions, leurs unions sont d'habitude moins fécondes (11).

(1) Dans la Nouvelle-Ilollande elles sont battues par leurs maris, le jour même de raccoucliemcnt. Elles ont souvent la tête couverte d'innombrables cicatrices. Collins croit que, par pilié, on devrait y souliailerà la jeune fille plulùl la mort que le mariage (Account of ^'. Soulli \Vales,p.üGO, seq.j.El, eneffel, les Indiennes de l'Amérique du Sud luenl souvent leurs QUes, afin d'améliorer le sort général des femmes [Azara, Reisen in Sud-Amerika, p. 63). On peut voir un signede l'oppression des remnie.s, chez les indiirènes de l'Amérique du Nord, dans

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l'absence conipléle de parure, tandis (jue les homines aiment i\ briller ; ils |iorlent sur eux de petits miroirs, etc. {Prinz Xcutvied, N. A. Reise, II, 108, seq.). Telle est la cause de la rapidité avec laquelle la beauté des femmes se llclrit, chez presque tous les peuples sauvages.

(2j Plusieurs peuples sauvages ont l'habitude de tuer, aussitôt après la naissance, l'un dos jumeaux, ou d'enterrer, à la mort de la mère, son nourrisson avec elle. Sur la ^Nouvelle- Hollande, V. Coliins (p. 302) ; sur l'Amérique du Nord, Lettres édifiantes (VIII, 86, IX, 1 iO).

(3) Chez plusieurs tribus indiennes, on allaite les enfants jusqu'il cinq ans(Ä7emm,Culturgesch., I, 236; II, 8o) ; chez les Groimlandaù, jusqu'à trois ou ([uatre ans (II, 208); de même chez les Lapons et les Ttinyuse^ (111, 57j; parfois plus longtemps 'encore chez les Mongols et les Kahnouckes (111, 171).

(4) Les habitants de la Nouvelle-Hollande ont un mot spécial {mubra) pour l'avortement (Coliins). Dans quelques tribus du Brésil, chaque femme le pratique jusqu'à sa trentième année ; chez d'autres, en plus grand nombre, aussitôt qu'une grossesse se déclare, la feuime se met à jeûner, elle se fait s.iiguer, etc. fSpix und Martins, Reise, I, 271). V. aussi Azara (Reisen in S. -Amerika, II, 79).

(3) V. ce que dit des Boschimens -. Barroiv (Journey in Africa, p. 379, seq.);des5ca/tcimoüeo), Germains, Wendes, Prussiens : Grimni (Deutsch. Rechtsall,, p. 486, seq.j ; des anciens lioinains : Cicero ^Pro Rose. Amer., 3o) ; et Festus (V. Depontani, sexagenarios) ; dos Indiens : Hérodote (III, 38, 99); des Massagétes : Hérodote (I, 116).

(6) Un chef récemment mort des iles Fidji avait mangé, durant sa vie, 872 hommes (Londr;/, Visit tu the Friendly and Feejee Islands, 18d0). Les Mexicains, plus cultivés, avaient pourtant conser\é cot abominable usage. Suivant Gomara (Cronica delà N.-Lspaua, p. 229), on y aurait fait annuell(Miient 2ü,ü00 à 30,000 sacrifices humains; selon Torquemada iMonar(|uia Indiana, VII, 21), on aurait sacrifié 20,000 enfants par an. B. /Jm3 réduit ce chiffre à 2,300. V. aussi Klemm (Culturgesch., V, 103,207, 210).

(7) La continence, souvent mentionnée, des Indiens paraît résulter de causes économiques beaucoup plus que de causes physiologiques. On a également pu la signaler chez les llottentots {Leuaillant, Voyage, I, 12, seq.), et, au miliod de circonstances économiques favorables, les Indiens se sont souvent très-rapidement multipliés (Lettres édifiantes, VIII, 243). Est-ce qu'on ne doit pas considérer comme un « préventive check, )) l'usage des Botocudos de resserrer constamment Porgane se.\uel dans une enveloppe étroite, ou celui des Pataclws qui l'enlacent au moyeu d'une plante? (V. Prinz Neuwied, Brasil. Reise, 11,10; I, 280.)

(8) Sur la Côte d'Or on devient père à douze ans, mère à dix [Ch. Ritter, Erdkunde, 1,313). Dans le Soudan entier, « le climat est tellement

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excitant, que la cohabitation devient une nécessité physii|ue; un célibataire de dix-huit ans est généralement méprisé. Il est vrai qu'on lient bien peu décompte de l'individu, en raison de cette grande fécondité de la race africaine [loc. cit., I, 38S).

(9) V. Hérodote (IV, 26).

(10) V. déjà Machiavel, au commencement de l'Istoria Fiorentina. La migration des peuples germaniques qui renversa l'empire romain s'explique par la vie de famille et les rapports conjugaux qui devaient nécessairement rendre ces races très-fécondes [severa malrimonia... singulis uxorihus conlenli sunt... seplœ pudicilia... paiicissima adulleria... publicalœ pndicitiœ uUa venia... nemo vilia reddel... numerum Uherorum finire, jJatjiliinn habetur... ,<iua quemque mater iibcribus alit. .. sera juvenum Venus eoque inexhausta pubertas... quanto plus propinquorum, lanto gratiosior senectus : jrflCii<.,Germ., 18, seq.), joints ;\ d'autres usages :ncc araro lerram aut exspeclare unnum, lam facile persuaseris quam vocarc hostes et vulnera mereri (Germ.).

Les migrations des Normands portèrent le même caractère, elles durèrent aussi longtemps; les envahisseurs eurent moins de peine à triomi her delà résistance des peuples qu'à se vaincre eux-mêmes pour aborder un mode supérieur Je culture. Malthus (I, ch. vi) a réduit à leur juste valeur les erreurs débitées au sujet de l'ancienne surabondance dépopulation dans le Nord {vaijina nationum, selon Jornandés !J

(11) Trois enfants sont regardés comme une nombreuse famille chez les Bédouins, et deviennent un sujet de plainte {Rarckhardt).

L;i plupart des peuples barbares vivent dune manière déréglée (1). Aussi, les anciens Germains formaienl-ils, ainsi qtie le tait observer Tacile, une brillante exception (2). Ces vices resireigiieiil toujours la t'écondiié naturelle de la population. Une jotiissance précoce épuise les sources mêmes de la vie(ö). Les parents ne tiennent pas grand compte de l'enfant dont la naissance témoigne de leur honte ; de là vient la fréquence de Cexposilion et de Cinfanlicuk (4). Nous avons indiqué le lien physiologique qui rapproche la communauté des biens de la cummimauté des femmes (§ 85). En fait, aux époques les plus grossières, nous voyons qu'on se rapproche autant de l'une que de l'autre, et il est difficile de penser que les hommes qui errent

dans un état de nudité complète connaissent véritablement le mariage (5). Or, une population nombreuse est aussiincompalible avec la communauté des femmes, qu'une richesse développée avec la communauté des biens. Quiconque sait ce que c'est qu'un nouveau-né ne révo((uera pas en doute que les soins assidus de la famille peuvent seuls empêcher cette faible flamme de s'éteindre (6) !

La polygamie est aussi un obstacle à l'augmentation de la population. La physiologie abstraite peut bien admettre qu'un homme, sans préjudice pour sa santé, peut donner la vie à une postérité plus nombreuse que celle que la femme est en état d'enfanter (7). Mais, en réalité, les rapports simultanés qu'on entretient avec plusieurs femmes conduisent k rinlempérance des désirs et à une précoce caducité (8). Si on les épouse, les unes après les autres, il en résulte qu'on néglige les épouse anciennes, qui seraient longtemps encore susceptibles d'accroître la famille (9). Le Créateur a fait de la monogamie une loi irrécusable, et ce n'est que dans les pays où cette loi est respectée, que Ton peut compter sur les avantages de la vie de famille, sur une sociabilité élevée, et sur l'esprit de liberté (10). « Dieu a créé un homme et une femme (11), » et la statistique constate encore aujourd'hui qu'il naît plus de garçons que de filles (12); mais ce léger excédant s'efface d'habitude avant l'adolescence, par suite de la mortalité plus grande qui atieinl les enfants du sexe masculin, et qui rétablit l'équilibre. Ce sont des accidents, tels que l'émigration ou la guerre, qui seuls éclaircissentles rangs des hommes de manière à donner la prééminence du nombre au sexe féminin (13). Il en résulte que chez les sauvages, qui vivent dans un état d'hostilité permanente (,^§ 07, 70), la polygamie est très-commune. Le souci de la subsistance n'en détourne point les hommes ; car les femmes, étant traitées en esclaves, loin d'être nourries par eux, sont plutôt obligées de les nourrir (14). La polygamie des riches condamne, dans les

pays cultivés de rOrient, beaucoup de pauvres au célibat (15), et l'habitude d'avoir des eunuques y provient aussi bien de cette cause, que de la jalousie naturelle au harem (16).

(1) Impudicité des Kamtschad aies, qui avoisine la comnuinaulé des femmes, et pralir|ue des vices les pins honteux {Klemm, Cullnrgosch., I, 287, seq., 350, seq. ; II, 206, 297, seq.). Au sujet de la L-ipoi:ie, V. Klemm (III, 55).

(2) Cette chasteté des Germains a imprimé un caractère particulier, à la fois sévère et intime, à leurs cérémonies nuptiales [Tacit., German., 18). Pareillement en Angleterre, pendant tout le moyen âge {Lappenberg, Histoire d'Angleterre, I, 596).

(3) On abuse des jeunes filles dans la Nouvelle-flollande (Collins, p. o63j ; chez les indii^éncsde l'Amérique (Charlevoix, Hist. de la Nouvelle-France, III, .304 ; Lettres édifiantes, VII, 20, seq.) ; chez les nègres [Bujfun^ Ilist. liât, de l'homme, VI, 255).

(4) Infanticide au Kamtschatka {Klemm, I, 3i9).

(5) Dans la plupart des récits fabuleux, on donne la même origine à l'établissement de la propriété et du mariage {Menés, Cecrops, les Thesmosphories d'Athènes), Communauté de femmes dans l'ancien Pérou {Garcilasso de la Veya, W. Comment., I, 7). Chez les Indiens de la Terre Ferme l'échange des femmes, \e jus primœ noclis pour les chefs, etc. sont fort en u.sage [Depons, Voyage, I, 304, seq.). Dans l'Amérique du Nord, les maris louentvolonliers leurs femmes pour un verre d'eau-de-vie {Prinz Neificied,'^. A. Reise, I, 572, seq.). V. Letris and C/«rfee (Travels lo the source of the Missouri and ihe Pacific Océan, 1804-1806). Chaque fois (|u'on prisse dans une classe plus élevée, il faut, pendant un certain temps, livrer sa femme aux supérieurs. Dans les fêtes, les jours de prières, etc , les femmes se prostituent publiquement, et on ne peut Tempècher qu'au moyen de dons {Prinz Neuwied, loc. cit.. Il, 129, seq., 277), Communauté de femmes en Californie (5a^(/er<, Nachrichten V. der Halbinsel Calif., 1772). Dans plusieurs ilesdela mordu Sud, la jeunesse des classes supérieures formait souvent des sociétés (^rrej/u) qui avaient pour but le mélange absolu des sexes (un couple n'était réuni d'habitude <|ue pour deux on trois jours) et le meurtre des nouveaunés. On tuait surtout les filles; aussi les missionnaires ne trouvèrent-ils à Ola/iiti (nouvelle Cythèrc!) (pic trois femmes sur cinq hommes. « Cli;H|ue femme semble être la femme de tons les hommes, chaque homme le mari de toutes les femmes » (Marchand, I, 122). La souveraineté de nombreuses rcïTjes y est un fait caractéristique. V. Förster (Heise, II, 100, J28); Kutzebue (Heise, III, il9j ; European Magazine (.jun<! 1806); Hei/Ixind (Voyages el marines, p. 128); et Klemm (Cultur-

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gesch., IV, 307). Chez les nomades, on rencontre des mœnrs analogues. Les Bédouins divorçaient si facilement qu'un homme de quarante cinq ans avait eu successivement plus de öO femmes; le secret des familles n'y existe \ii[fi [Burchhardl, Notes on the Bédouins, p. G4 ; Travels, App.. 11,448; miter, Erdkunde, XII, 20.^>, 211, 983). Au sujet des Libyens, V. Herocl. (IV, 168, 172, 176, 180);desMassagctes {Herod., l, 216). Communauté des femmes chez les anciens Bretons [Cœsar, B. G., V, 14, seq ); en tous cas, chez les Calédoniens nus, tatoués, etc. (Dion Coss,, LXXVI, 12) ; peut-être aussi chez les Irlandais cannibales (Strabon, IV, 201). Lieu conjugal trés-relâché dans les lois du pays de Galles ( Patgrave, Bise and progress of the English commonweallh, I, 468, seq.), où régnait également une sorte de communauté de terres et de serviteurs {Wachsmuth,Ei\rn\) . Siltengesch, II, 225) Beaucoup d'analogies chez les Spartiates ; même éducatiou pour les garçons et pour les filles; accès des gyinnases féminins ouverts aux hommes; mariage sous forme d'enlèvement (Xenoph., De rep. Laced , 1, 6; /'/M<arc/>.,Lycurg., 15), ou même sous la forme d'une sorte de jeu à l'aveuglette {Athen. ^ XIII, p. 555). L'adultère légalement toléré dans des cas nombreux (Xenoph.^ I, 7, seq.; St.-John, The Hellènes, I, 394,). Naissance des Parthihiiens {Justin., III. 4, ci-dessus § 83).

(6) La relation qui existe entre la communauté des biens et l'organisation du travail se reproduit vis-à-vis de la communauté des femmes, dans la loi du Da/io//iej/, qui oblige tout homme à faire l'achat de sa femme, de la main du roi. [Gumprecht, Afrika, p. 196).

(7) Un prince allemand du dix-huitième siècle doit avoir eu 852 enfants naturels [Tolim, Denkwürdigkeiten, IV, 67). Frth-Ali, schab de Perse, avait nommé 49 lils gouverneurs de province, et il avait 14U filles {Ker Porter, 11,508).

(8J Des maris turcs sont souvent atteints d'im|missancc ;i 30 ans (Volney, Voyage dans la Tunpiie, II, 445) ; de même en Arabie {Niebithr, Beschreib., p. 74). Usage des moyens aphrodisiaques très-répandu en Orient. Selon Niebuhr (p. 76), les unions monogames produisent plus d'enfants que les unions polygames. V. déjà G. Botero (Rogion del stato, VIII, 93, seq.); Montesquieu (Lettres persanes, n" 114); Siissmilch (Goettl. Ordnung, I, ch. ii.)

(9) /?c/jaftpam avait en, de 18 femmes et do 60 concubines, 88 enfants (II, Chron., II, 21) : donc, pas beaucoup plus d'un enfant de chaque femme.

(lOj La dignité de la femme, inséparable du véritable amour, est incompatible avec la polygamie : les femmes nt> sont alors que les maîtresses du mari, et de sa part, la lidélité n'a presiine pas de sens. Naturellement il manque de confiance dans ses femmes ; de là vient la réclusion du harem. Le tyran domestique sera d'ordinaire l'humble esclave du

pouvoir. Et que devient l'attaciiement fraternel entre les enfants de plusieurs mères?

(11) I. Moïse (1,27, 5, 2, 7,13.)

(12) V. déjà /. Graunt (Natural and polil. observations upon the bill of raortality, 1G62). Dans le courant du dix-neuvième siècle, on avait calculé, sur une longue moyenne, qu'il y avait, sur 1 ,000 filles nées viables : en Lombardie, ■1,070 garçons ; en Bohème, 1,062 ; en France, 1,038 ; en Hollande, 1,057; en Saxe, l,0"î6; en Belgique, l,0o2; en Angleterre, l.OoO: en Prusse, 1048. L'excédant des naissances masculines est moins fort pour les enfants illégitimes que pour les enfants légitimes, dans les villes qu'à la campagne. Somme toute, les naissances masculines paraissent prévaloir d'autant plus que l'âge du père l'emporte sur celui de la mère. V. Sadler (Law of population, II, 343); Hofacker (lieber die Eigenschaften die sich vererben, p. 51, seq.); Hörn (Bevölk. Studien, I, 297, seq.).

(13) D'après les derniers recensements, on compte sur 1,000 hommes: en Belgique et en Autriche, i.OOo; en Prusse, 1,001 ; en France, 1,018; en Angleterre, 1,054 ; en Hollande, 1,040 femmes. L'excédant de celles-ci paraît avoir diminué à mesure qu'on s'est éloigné des dernières grandes guerres , et atteindre parliculièrenient les classes d'âges contemporaines de ces guerres (Preuss. amll. Tahb. für 1849, I, 292). Aux États-Unis, on comptait, delSOOi 1840 : sur 1,000 femmes, 1,033 à 1,030 hommes; ce qui provient principalement des fortes immigrations. Entre 1819 et 1835, il y est arrivé 2,713,931 hommes et 1 ,720,205 femmes. V. Brommel (Hislory of immigration lo the Ünited-Slates, New-York, 1856). En Suisse on comptait, sur 1,000 hommes pour la population indigène du canton même, 1,038 femmes ; pour les Suisses venus d'autres cantons, 970; et pour les étrangers. 650 femmes (Bernouilli, Populationistik, p. 31). V. Horn [loc. cit. 1, 103, seq.), qui adopte, du reste, un principe naturel de compensation : plus le nombre des femmes prédomine, ]dus les jeunes femmes seules se marient, plus, par conséquent, la supériorité d'âge de l'homme est grande. Alors, la naissance des garçons devient d'autant plus vraisemblable,etréciproquement(p.H5,seq).

(14) V. Catlin (N. American Indians, I, 118).

(1.5)Salomon avait 700 femmes et 300 concubines V. I Rois, (II, 3). D'après Mirkhond et Khondemir, il y avait dans la résidence des Sassanides 3,000 femmes de harem et 12,000 esclaves. Les classes moyennes peuvent, cela se conçoit, rarement penser à la polygamie : sur 28,000 moslemsà Bombay, il yen avait lOOqui avaient plus d'une femme;seulement 5 qui on avaient 3 (Hitler, Erdkunde, VI, 1088). On ne saurait attribuer aucune im|)ortance à l'assertion souvent répétée des voyageurs, qu'il nftit plus de filles ijue de garçons en Orient : on n'y rencontre aur\\w statistique régulière, et les voyageurs « infidèles » ne peuvent pas

non plus pénétrer individuellement dans rintimilé de la famille. Lady Sheil assure qu'en Perse Topinion générale est que les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes (Glimpses of life and manners in Persia).

(16) Nous voyons déjà les anciennes images des temples égyptiens qui reprodiiisent la castiation de"> prisonniers {Franck, Mémoires sur l'Egypte, IV, 126). Sur Babylone, V. Hellanicus (Apud Donat. ad Terent., Eunuch., 1,2, 87). Cette province et l'Assyrie (c'est-à-dire le siège spécial de l'ancien faste oriental) livraient annuellement au roi de Perse 500 garçons, privés de la virilité (flerod., 111,92). Parmi les califes, on désigne Soliman (au commencement du huitième siècle) comme le premier qui fit garder son harem par des eunuques -. c'était un monarque dissolu quichangeaittrés-fréquemmcnt de femmes [lieishe, sur Albufeda, I, 409, seq.; Weil, Gesch. der Kalifen, I, o73). Dans une audience que le calife Moktadir accorda à un ambassadeur de Byzance, on vit apparaître 4,000 eunuques blancs et 3,000 eunuques noirs (liehm, Gesch. des Mittelalters, I, 2, p. 32). En Perse, dans les harems des grands, on rencontre aujourd'hui d'ordinaire 6 à 8 eunuques (Rosenmüllei\ Alles und neues Morgenland, IV, 290). Dans l'Egypte supérieure, la castration des beaux garçons est pratiquée sous forme d'industrie par des moines ! 2 pour 100 environ meurent de l'opération; cela fait monter le prix des autres, de 200 et 300, jusqu'à 1 ,000 piastres {Ritter, Erdkunde, I, oi8). Dans le moyen âge, les marchands de Verdun vendaient des eunuques en Espagne {Luitpranci, Uist., VI, 3; Muratori, Script., reruin liai.. I, 470).

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