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12,6761iv.st.
2,4 il
liv. st
V. Rau (Lehrbuch, 11, § 13j. On a remarqué souvent quelque chose d'analogue, sous le rapport de l'assiette de l'impôt. Les provinces hes-
soisps, |iar exemple, paynieiit [mr lêlo, pour impôl sur les boissons, et la densité de la population était :
Hesse rhénane tOO — 100
Slarkeubourg 05 — 64
Hesse supérieure 64 — 59
(/fa«, Lehrbuch, III, §280.)
(Ö) Quand on parle A'excés de population, on Aevraii toujours se demander: sous quel rapport la population est-elle trop compacte? Il n'arrivera, en effet, que difficilement qu'il y ait impossibilité absolue d'obtenir des moyens de subsistance. La plupart du temps on parle de Vcxcès de population, quand le rayon de la subsistance oblige à diminuer les moyens d'entretien de chacun, ou à restreindre la quotité haiiiluelle des mariages ou des naissances. Une fois que le changement d'habitudes est accompli, Vexcès de population disparaît. Celui-ci ne saurait persister d'une manière durable, (|ue si la séduction de la passion et l'amour paternel l'emportent d'une façon constante sur l'activité économique (Irlande) ? Schmitthenner (Staatswissenschaftcu, I, 131), dislingue entre un excès de population relatif el absolu; on peut obvier à celui-là, au moyen du développement intellectuel et quelquefois de réformes politiques, tandis que celui-ci touche à la limite extrême des moyens matériels de subsistance. W. Thornton ( Overpopulation and ils remedy, 1840, 9) envisage comme troji peuplé, en prenant pour mesure les habitudes anglaises, un pays dans lequel un homme de 20 à 70 ans n'est pas en clat de gagner de quoi subvenir à son entretien et à celui de i IjA personnes i[ni ont besoin d'apjiui (enfants au-dessous de 10, femmes au-dessus de GO, vieillards au-dessus de 70 ans).
(6) Pour la guerre, un million de paysans aisés présente jtlus de forces, surtout pour une défense opiniâtre, que 2 millions de prolétaires. « Les herbages compactes se fauchent le mieux, »
La plupart des gouvernements qui se sont attachés à favoriser le développement de la population chez les nations n'ayant pas encore pris leur essor, et do le modérer chez les peuples dont la civilisation risquait de pencher au delà d'une maturité complète , n'ont donc point obéi à une mauvaise politique. De celte manière, et en tant que l'action du pouvoir exerce une influence légitime, l'économie publiipie atteindra plus tôt le but suprême qu'elle poursuit, et elle verra reculer autant que possible le moment du déclin (1-2).
Quanta savoir si l'augmentation du nombre des habitants suit une progression salutaire, ou bien si elle menace de dégénérer en un accroissement du prolétariat, si par conséquent l'Etat doit, ou non, s'en féliciter, il sera possible de s'éclairer à cet égard, avec un certain degré de certitude, en étudiant la situation des divers éléments de l'économie publique, et notamment le caractère de la consommation nationale (§'2ôO). Ainsi, par exemple, la population de l'Angleterre a augmenté, de 1815 à 1849, de 47 pour 100; mais en même temps la valeur déclarée des exportations s'est accrue de 65 pour 100, le tonnage de la marine marchande de 55 pour 100, le produit de l'impôt sur les legs, et par conséquent la fortune mobilière, de 93 pour 100, et la valeur de la fortune immobilière de 78 pour 100 (5). Lorsque l'agriculture abandonne l'ancienne rotation triennale, pour adopter un système d'exploitation plus intensive, nonseulement on peut nourrir un plus grand nombre d'hommes, mais on les nourrit mieux (4). Un excellent symptôme se rencontre dans la multiplicité des constructions nouvelles, car l'habitation est un besoin sur lequel on peut beaucoup retrancher, en cas de nécessité. Mais il ne faut pas que ce soient des spéculations téméraires sur les bâtisses, et il est facile d'avoir une opinion à cet égard , en comparant le prix du loyer des maisons avec le taux habituel de l'intérêt payé dans le pays. En Angleterre et dans le pays de Galles, la population a augmenté, de 1821 à 1851 , de 15 pour 100, et de IbSl à 1841 de 14 pour 100, et le nombre des maisons s'est accru dans ces deux périodes de 16 et 20 pour 100 (5).
(1) V. R. Mohl (Polizeiwissenschafl, I, § 15.)
(2) Les opinions des lliéoriciens à ce sujet présentent d'ordinaire une oscillalion remarquable. Taiilôl on les voit s'eiilhousiasiuer pour raccrois.senieiil de la population, en glorilianl ce bienfait d'une manière absohie, et tantôt l'excès de la population leur inspire de vives iaquicludcs. Ainsi, Luther conseille, dans ses prédications sur le mariage : à tout homme, de prendre femme à 20 ans ; à tonte femme, de
se marier de -13 à 18 ans ; celui qui s'abslienl, dans la crainte de ne pas pouvoir élever nue faiiiillo, niauiiue de vérilable foi eu Dieu. Dieu ne laissera pas nianipier du nécessaire ceux qui accomplissent .son commandement (Werke von Irmischer, XX, 77, seq.j — En Angleterre, sous les deux premiers Tudors on redoutait beaucoup la dépopulation (A, Henry Vil, cli. xix ; 3 Henry VHl, cli. viii). /. Bodin (De repuhlic, VI, 2) trouve les lois Julia et Papia Poppaea admirables ; du moment où elles furent abolies, on vil naître la plus i,'rande corruption de mœurs, et la population diminua rapidement. — Au contraire, les économistes anglais du seizième et du commencement du dix-septième siècle sont dominés par la crainte d'un excès de population ; c'est surtout pour détourner ce dani^er (|u'ils recommandent leurs projets de colouisition. Ainsi, par exemple, Baleigh (flist. of the world, I, ch. viii, 4) ; Bacon (Serm. ûd., lo, 33, et sou écrit De colgniis in Hiberniam deduceudis). V. Roscher (Zur Gesch. der engl. Yolkswirthschaftslebre, p. 2-i, 26, 31, 34, 42.- — I/opinion contraire prévaut à partir de Colbert : on avait vu que la population était surtout compacte dans les pays les plus riches et relativement les plus puissants, en Hollande notamment, et l'on pensa devoir généraliser ces faits particuliers. Peu à peu, les idées du développement de la conscription militaire vinrent prêter une nouvelle force à cette tendance. Ainsi, déjà Saavedra Faxardo (Idea principis christiano-politici, 1649, Symb., 66) Sir W. Temple pense que lu base véritable du commerce et de la richesse, c'est une population nombreuse, qui invite le peuple à un travail assidu et à l'économie (^Yorks, 1, 162, seq., 17( ; III, p. 2). Impern potentia excivium numéro œslimanda est {Spinosa, Tract, polit., VII, 18). « La force et rii^hesse des roys et princes souverains consiste en Vopulence et nombre de leurs subjects, » avait dit Henri IV, dans le magniOque préambule de l'édit du 8 avril Iü99, sur le dessèchement des marais, qui est peut-être l'œuvre dans jfiquelle se révèle le mieux l'économie politique de ce grand mor narque. — Pe«y déclare tout net 1,000 acres qui peuvent nourrir 1,000 hommes, préférables à 10,000 acres qui ont le même résultat. On pourrait donc abandonner entièrement l'Ecosse et l'Irlande, et en transporter les habitants en Angleterre ; on faciliterait ainsi tous les travaux entrepris dans un but d'utilité commune (Several essays, p. 107, seq., 147, seq.). C/iîW (Discourse of trade, p. 298. et pi us encore p. .368 seq.); Locke (Works, II, 32) ; Davenant (Works, I, 73, seq.; II, 3, 6, 191) font preuve de plu« de modération. En Allemagne, Seckendorff conseille d'établir de vastes asiles, où l'on élèverait aux frais de l'État les orphelins ou même les enfants des familles pauvres, dans Tunique but d'augmenter le nombre des hommes valides (Teutscher Fürstenstaat, éd. 1678, p. 20.'?, p. 179). Becher (Polit. Diseurs, I, 17) débute par l'éloge d'une population compacte ; les meurtriers sont punis
« parce qu'ils portent atteinte au développement de la population » (p. 906). Horneek (OEsterreich über Alles, 1684, p. 29, seq.) envisage l'augmentation la plus forte du nombre et de l'occupation des hommes comme la troisième régie fondamentale de l'économie publique. D'après Fau6a« (Dime royale, p. loO, éd. Daire), « les sujets ne peuvent pas faire des enfants, sans que le prince n'en profite » (V. aussi p. 46, 143). « Numbers ofpeople the greatest riches » [Law, Trade and money, p. 209). Pareillement, le disciple de Law: Melon (Essai polit, sur le commerce, eh. i, 3). « The number of people is both, means and motives ta industry » {Berkeley, Works, II, 187) ; aussi le premier intérêtpublic, c'est la multiplication du nombre de citoyens actifs (Querist, 206; Siissmilch, Goettl. Ordnung, I, ch. x). — Vers le milieu du dix-huitième siècle, nous rencontrons une école d'économistes qui décident toute question controversée, suivant qu'elle favorise ou non l'accroissement de la population : bien réfutés par Schloezer (Anfangsgründe, II, 15, seq.). Ainsi, notamment r«c/ter (Important questions, IV, 11 ', V, 5; VII, 4; VIII, 5; Four tracts, p. 70); Forbonnais (Finances deFrance, I, 3ol),quiregardecomme l'objet principal d'une bonne politique industrielle d'occuper autant d'hommes que possible; Necker (Sur le commerce et la législation des grains, 1776); Sonnenfels (Grundsaetze der Polizei, Handlung und Finanz, 1763), qui proclame le principe de la population comme la base des quatre sciences politiques (I, § 23, seq.). La balance du commerce est, suivant ces écrivains, favorable ;i la nation qui occupe le plus grand nombre d'hommes aux articles d'exportation. V. Sonnenfels (II, § 210, seq., 334, seq.). Von Justi (Staatswerthschaft, 1, 160, seq.) dit tout uniment, qu'un pays ne peut jamais avoir trop d'habitants. V. encore /.-/. Rousseau (Contrat social, IV, 9); Verri, (Opuscoli, p. 323) ; Filangieri (Leggi poliliche et economiche,, 11,2) ; Paley (Moral and polit, philosophy, II, ch. u). Par le même motif, A. Young déplore (dans ses Farmers letlers) que les lois anglaises sur les pauvres empêchent l'accroissement de la population. Il exprime, il est vrai, une opinion différente dans d'autres écrits. V. Travels in France {I, ch. xii). — On peut voir jusqu'à quel point ces idées avaient pénétré dans l'opinion publique, par les premières lignes du Vicar of Wakeficld, ainsi que dans la déclaration, faite par Pitt au Parlement (1796) : (( l'homme qui enrichit sa pairie d'un grand nombre d'enfants a droit d'être secouru » pour les élever.
La réaction, ([ni atteignit son point culminant dans la loi de Malthus, commença déjà par les physiocrates et par Sleuart {Quesnay, Maximes génér., n° -IG); Mir a beau (Philosophie rurale, ch. vui, et Ami des hommes, 1762, VIII, 84 . V. ci-dessus § 242.— On pourrait dire de certains économistes modernes, qu'ils déplorent et qu'ils condamnent la naissance de tout enfant, dont l'entretien, |)our toute la vie, n'a pas été as-
siiré d'avance, au moyen d'une rente. — Les socialistes di-clftinonl dans le sens contraire : {Godioin, Inquiry, I, ch. xiii).
L'ancienne économie publique de la Grèce témoigne d'une sorte d'anxiété, au sujet du développement Irés-rnpide de la population, notamment à l'époque de la fondation de la plupart des colonies. Nous avons déjà dit qu'/imor/e avait soigneusement mis en balance les avantages et les inconvénients du mariage (Théog., 600, seq. ). La guerre de Troie a été présentée comme suscitée par la volonté divine, afin d'alléger le fardeau d'une population surabondante. — V. le Mémoire sur l'administration de llenri IV, de L. TFo/ows/./(t]omple rendu de l'Académie des sciences morales et politiques, 1855j.
(3) (Edinb. Rev., XCII, 480, seq.). La population a monté de 19 à 28 millions ; l'exportation déclarée, de 36 à 59 millions sterling environ ; la marine marchande, de 24,418 bâtiments, avec 2,616,000 tonnes, à 33, 672 bâtiments, avec 4,052,000 tonnes ; la fortune sujette à l'imi'ôt de succession, de 24 J/2 à 47 d/2 millions; la fortune sujette à la taxe du revenu et à la taxe des pauvres, de 51 ci9J millions. — Depuis lors, le progrés est bien autrement considérable ; les exportations déclarées ont monté, eu 1855, à prés de \M millions de livres sterling. Le tonnage de la marine marchande de l'Angleterre dépasse 5 millionsde tonnes, etc.
(4) A. ïouny (Polit, arithmet., p. 160, seq.). Aux États-Unis, la population a augmenté, en 10 ans, de 33 à 34 pour 100; l'importation, de 47 ; l'exportation, de 51 ; la consommation du thé, de 61 ; du café, de 21 ; du vin, de 46; la masse du numéraire, de 82 pour 100. L'augmentation de la richesse aurait été, en moyenne, dans le rapport de 61 : 33, avec l'augmentation de la population ( rucAcr, Progress of the Un. St., p. 202, seq.).
(5) A Liverpool, la population a augmenté, de 1831 à 1841, de 40 pour 100; le nombre des maisons, de 24 pour 100 seulement, à cause de la forte immigration de prolétaires irlandais (Edinb. Rev.,LXXX, 80). Suivant Fregier{De^ classes dangereuses) le nombre des bonnes habitations se serait continuellement accru sous Louis-Philippe, et celui des plus mauvais logements aurait constamment diminué. — D'après Horîi (Bevolk. Studien, I, 62 seq.), il y a pour 100 individus :
En France "20 maisons d'habitalion.
En IJelgi(|ue J9
En Anjîlel"rre 18
En Hollande 16
En Autriche 1*
En Russie 12
Ce simple tableau ne saurait conduire à une conclusion bien explicite; car, par exemple, les maisons sont généralement plus petites dans les villes anglaises que dans les villes prussiennes. Une maison fran-
çaise ne compte en nioyenue que 5 1/2 ouverUires; une n^jtisou Uelge, 3 1/2 pièces. Ainsi, l'on conslate régulièrement qu'il y a, dans les villages moins d'habitaals p;ir niiiison que dans les villes, dans les grauiles surtout, et cependant celles-ci offrent plus d'espace. En Belgique, par exemple, on compte pour 100 personnes 66 chambres en ville et 62 seulement à la campagne. Dans les plus grandes communes de la France au delà de 30,000 hnbitants),, les maisons ont en moyenne presque dix fois autant d'ouvertures et seulement quatre fois autant de locataires que dans les petites communes (de moins de 3,000 habitants) {Horn, Inc. cit., I, 76, seq.).
MOVE.XS DE F.\VORI$E|t L'ACCROISSEMENT ȣ LA POPCLATIOM.
Comme moyej>s rf'arf destinés à favoriser l'accroissement de la population, on peut notamment employer les stiivants :
A. f^resciire k mariage et protéger la niultiplicaiiou des etifmts. Presque chez tous les peuples, à leur époque de moyen âge, il règne un esprit de famille tellement prononcé, que les hommes regardent comme un devoir sacré de ne point laisser éteindre leur famille. Quand on ne possède pas la faculté physique d'accomplir ce devoir, on y supplée à l'aide de la loi(l). — C'est dans le même sens que s'exerce l'influence de la plupart des doctrines religieuses ('2) et des institutions politiques, en partageant la répulsion des mœurs populaires, à fégard du célibat et de la stérilité des femmes (5). — Les récompenses attribuées à ceux qui possèdent un grand nombre d'enfants viennent s'ajouter à ces tendances (4). Colbert lit encore décider, en 1606, l'exemption de cinq ans de taille et des charges publiques pour les mariages contractés avant la vingtième année; cette exemption descend à quatre années pour les mariages dilférés jusqu'à vingt-un ans, mais s'étend à toute la durée de la vie en faveur de ceux qui ont dix enfants vivants « nés en loyal mariage, non prêtres, religieux ni religieuses (5). » Et « comme la noblesse est le plus ferme appui des couronnes, et qu'en la propagation
(les gentilshommes consiste la principale puissance del'Etat, » les gentilshommes obtiennent 1,000 livres tie pension s'ils ont dix enfants, 2,000 s'ils vont jusqu'à douze ; il est accordé aux habitants des villes franches, bourgeois non taillables ou nobles, la moitié de ces pensions, avec l'exemption du guet, des gardes et des autres charges de ville (6).
Ce régime de primes appliqué à la famille ne peut être regardé que comme singulièrement inutile : aucun gentilhomme ne songera à désirer la survenance de douze enfants, afin de gagner une pension de 2,000 livres ! Aussi, s'est-on empressé de supprimer ces récompenses après la mort de Colbert (1683) (7, 8).
Chez les peuples atteints de décadence morale, alors que la répugnance vis-à-vis du mariage envahit de plus en plus le terrain, on a quelquefois essayé de la combattre au moyen d'un autre système de primes. Ainsi, par exemple, à Rome, depuis César et Auguste ; mais ce fut avec très-peu de succès. Il convient peu à l'adultère de prêcher le sixième commandement de Dieu (9).
(1) A Sparte, les hommes qui ne pouvaient pas avoir d'enfants devaient permellre à d'iuilres de fréquenter leurs jeunes femmes (Xe/iop/i., De rcp. Laced., I: Plat., Lyeurg., loi. — Grande imporlauce de l'adoption dans le droit romain.
(2; Ainsi, les lois indiennes de Manon, préoccupées principalement de la nécessité des sacrifices, pour les assurer aux f>arenls après leur mort. De même Zoroastre et Mahomet. Dans la Bible il faut distinguer les époques : I, ;l/oV.'îe (2, 18 , d'accord avec Prov. (14, 28), et Prédic. (48, seq.) ; cl d'un antre côté I Corintli. (7), écrit dans des circonstances essentiellement différentes, cl qui par là même ne se trouve nullement ea contradiction avec ces passages de l'ancien Testament.
(3) I, Moïse (30, 23). A Sjiarle, les célilmlaires étaient presque notés d'infamie (Plut., Lycurg., lo). On admettait à Athènes l'accusation tTagamie (Pollux. VIII, AO]. Au sujet des anciennes punitions censoriales de ceux (|ui n'avaient pas d'enfants et des récompenses acijnises à la fécondité, à Rome, V. Valer. Max. (II, 9) ; Tiic-Lwe (XLV, lo); Auln-Gdle {\, 6; V, 19); Ftstus {\ . Uxorium). Dans beaucoup de villes
impériales allemandes, on a exigé le mariage pour occuper certains emplois, pour acquérir la maîtrise, etc. De temps à autre le fisc s'adjugea même l'héritage des célibataires: V. Ludeioig (De Hagestolz., 1727), maisnussi Selchow (Elem. juris Germ., §290). Sur les amendes inlligées aux célibataires dans l'Espagne du moyen âge, V. Gans (Erbrecht, III, 401, seq.).
(4) Récompense annuelle de la polytechnie chez les Perses {Herodot., I, 136). A Sparte, 3 enfants libéraient le père du service de garde, et 4 de toutes les charges publiques [Arist., Polit., Il, 6, 13; JElian., V. H., VI, 6).
(5) Les enfants morts en portant les armes pour le service du pays continuent de compter comme s'ils étaient vivants.
V., sur les édits de Colbert relatifs à la population, l'intéressant ouvrage de M. Joubleau (Elude sur Colbert; Exposition du système d'économie politique suivi en France de 1661 à 1683; couronné par l'Académie des sciences morales et politiques, 1856, t. I'% ch. LXXXI, p. 419. seq.).
(0) Loi russe de 1607 qui imposait au seigneur l'affranchissement des serfs, quand ceux-ci n'étaient pas mariés, les hommes à vingt ans, les femmes à dix-huit. En tous cas, il ne pouvait pas les poursuivre, lorsqu'ils l'avaient quitté, même s'ils avaient commis un vol {Karamsin, Russ. Gesch., XI, p. 59). Une ancienne loi prussienne ordonne également aux paysans de se marier à vingt-cinq ans (Corpus Const. March., V, 3, p. 148, 274).
(7) Voltaire (Siècle de Louis XIV, ch. xxix) le regrette beaucoup; de même Berkeley (Works, II, 187) et F orbonnais {Finances de France, I, .391). Ferguson (Ilist, of civil society , 111,4), par contre, demande: What fuel can (he statesinan add to the fires of youth? Pareillement Franklin (Observations, etc.). En ce qui concerne les caisses de mariage destinées à doter, aux frais du public, les époux pauvres, il ne faut pas oublier que l'impôt prélevé dans ce but peut rendre d'autant plus difficile rétablissement d'autres ménages ot l'éducation d'autres enfants [Krug, Staalsœkonomio, p. 31).
(8) Frédéric le Grand réduisit la durée du deuil à trois mois pour les veufs, à neuf mois pour les veuves. S'il abolissait la punition ecclésiastique pour ceux qui avaient failli, s'il défendait même de leur faire de reproches, c'était autant pour favoriser la population (|ue par dos raisons philanthropiijues (Prcuss. Gesch. Friedrichs M , 11, 337). En Islande, au siècle dernier encore, il fut, à la suite d'une ;.:rande épidémie, légalement prescrit (ju'il ne devait résulter nulle honte pour une fille qui avait jusqu'à six enfants naturels [Zachariœ, Vierzig Bücher vom Staate, II, 112). Le maréchal de Saxe aurait voulu, dans l'intérêt du recrutement, que les
mariages ne fussent contractés que pour cinq ans! (Rêveries de Maurice, etc., p. 3i5j.
(9) Déjà en 131 avant J.-C. le censeur Métellus avait demandé que l'Etat pût contraindre les citoyens à se marier (K<e-Liue,LIX; Suelon., Oct., 89). César distribuait les terres de préférence à ceux qui avaient trois enfants ou davantage (Sueton., César, 25). V. sur la célèbre Lex Julia et Papia Poppœa, Zimmern (Gesch. des roem. Privatrechts, I, 2, p. 630, seq.); Dio Cass. (LVI, 1, se(|.). Trajan lit plus encore :il accorda aux parents appauvris, même des classes supérieures, des secours considérables pour élever leurs enfants. Sub te liberos tollere lihet, expeditl {Plin., Paneg., 26). Mais ce remède était insignifiant. V. Tacit. (Ann., III, 25; IV, 16); Plin. (Epist., IV, 15).
B. A^yel fait à l immigration. C'est un moyen d'autant mieux accueilli qu'il tend à fortifier la population, non pas en favorisant la venue de nombreux enfants, mais l'arrivée d'hommes dans la vigueur de l'âge, qui souvent, obligés de quitter des pays très-avancés en culture, où les rangs de la population se trouvent trop pressés, peuvent aider grandement au développement de l'industrie du nouvel Etat, en l'initiant en quelque sorte à une civilisation plus développée. Qu'on songe aux habitants des Pays-Bas, qui se transportèrent comme cultivateurs dans le nord de l'Allemagne au douzième siècle (1), et comme artisans au quatorzième et au seizième siècle en Angleterre ; aux mineurs et artisans allemands, qui pendant le moyen âge colonisèrent la Hongrie, la Transylvanie (2) et la Pologne (3); aux huguenots fi ançais, qui se réfugièrent dans les pays protestants. Presque tous les princes remarquables de la Russie, depuis Ivan m, ont tâché d'appeler chez eux des colons allemands ; c'est parle même motif que Pierre le Grand se refusait à rendre les prisonniers suédois(4). Les monarques prussiens ont cul- ^ tivé avec une prédilection particulière la politique de Vinimigralion(o).
D'habitude, on accorde aux immigr.uUs un certain nombre
342 POLITIQUE DE L.4 POPULAT IOÄ'.
d'années de franchise d'impôt et de service militaire : évidemment c'est là un procédé convenable, car on se borue à renoncer pendant nn certain temps à m\ avantage dont on serait sans cela complètement privé. Lorsque la terre n'a encore presque pas de valeur dans les pays qui appellent les colons du dehors, on leur fait souvent, surtout à ceux qui possèdent des ressources, des concessions gratuites (6] . — Les encouragements qui s'étendent beaucoup au delà sont d'ua avantage fort douteux. On ne doit pas oublier qu'il n'y a aucun profit à accueillir des hommes qui ne possèdent point de capitaux ou qui ne sont pas de bons ouvriers; et ce n'est pas d'ordinaire la partie la plus recommandable de la population qui se décide à émigrer. Trop souveUt ce parti est pris par des hommes qui n'ont pas réussi sur le sol natal, par leur propre fauté, el qui transportent avec èUx leurs mauvaises inclinations dans un monde nouveau (7). — Il ne s'agit pas ici de ceux que leurs convictions entraînent, qui émigrent pour maintenir la foi qui leur est chère : ceux-là, pourvu qu'ils sachent s'accommodei' du milieu dans lequel ils se trouvent appelés à vivre, deviendront Thonneuir et l'appui le plus solide de la colonisation (8). Il reste toujours à mesurer le danger qu'ils peuvent courir, alors qu'il s'agit de s'assimiler des conditions économiques entièreUienl diflerentes; ils sonl, en effet, exposés à succomber sous la pression de ces circonstances, quels que soienl leiif caractère êl leur aplilude{9).
Les puissances despotiques de TOrient ont souvetil essayé de s'assurer la possession de pays nouvellement conquis, en transplantant par masses les habitants les plus vigoureux de ces contrées dans des régions reculées de leur ancien empire. C'est ainsi ((lie les Juifs furent emmenés en Assyrie et à Babylone, les Eréiriens en Perse, les Armenienspar Abbas le Hrand. Les Uusses ont également entrepris une pareille transplantation sous le règne d'Ivan (10).
■POLITIQUE toE LA. POPULATION. 343
C. Défenses d'émigrer. Ces prescriptions, naturelles lorsqu'il s'agit de serfs, de vassaux, de paysans corvéables de l'Etal, étaient des mesures de police très-communes à l'époque dtt pouvoir absolu. C'est ainsi, par exemple, que Frédéric Guillaume I^' défendit sous peine de mort l'émigration de tout paysan Prussien; le même chtàtiment devait atteindre ceux qui l'auraient favorisée, une récompense de 200 thalers était accordée à quiconque mettrait la main sur un ^^.(/»'^(l 1 1. L'esprit de notre temps résiste de la manière la plus énergique à une pareille tyrannie, et, comme l'a dit J.-B. Say, une population exubérante que l'on empêche d'émigrer s'échappera toujours, quand ce serait parla porte de la tombe (12). D'un antre côté, quand on s'efforce d'empêcher le départ de ceux que les dissentiments politiques ou religieux décident à quitter le pays, on risque fort d'agir comme le médecin qui fait rentrer une éruption, et qui laisse envahir par le germe de la maladie tous les oj'ganes de la vie (lo). Aussi, les pays qui regardent Témigration comme un mal ne devraient-ils lui imposer aucune autre condition administrative que celle qui consiste à exiger une déclaration préalable de l'intention qu'on a conçue, et à ne délivrer lepasse-porl nécessaire que sur la preuve faite de l'acquittement de l'iujpôt. du payement des dettes, etc. (14).— C'est à un tout autre or<lre d'idées qu'appartenaient les peines sévères portées à Athènes contre l'émigration après la défaite de Chéronée, alors que le découragement général menaçait l'Etat d'une dissolution complète (15).
(1) Wersobe (Über die iiiederläiid. Kolonien in Deutschland, II, 1826).
(2) L'imniii,'ration des soi-disanl Saxons en Transylvanie commence enlro 11 il et 1161, parsuitede la grande inondation de là Hollande. V. Schlüzer (Kril- Saninilungen zur Gesch. der Deutschen in Siebenbürgen, 1193).
(3) En Pologne, une masse de colons allemands s'élablireul, durant lé treizième siècle, sur les domaines de la couronne et du cierge. Ordinairement ils obtinrent des terres, moyennant des prestations personnelles
et un cens très-modéré ; ceux-ci ue conimençaienl à être exigés qu'au bout de huit ans, et sur un sol non défriché au bout de trenle ans de franchise; en outre, ils furent régis suivant le droit allemand; l-'autorité communale était allemande, etc. (Roepell, Gesch. v. Polen, I, 572, seq.).
(4; Plus lard l'envoyé de Pierre le Grand s'efforça d'allirer en Russie les Suédois que l'invasion russe avait empêchés de continuer l'exploitation de leurs mines, de leurs scieries, etc. (Sc/t/oiser, Gesch. des 18 lahrhund. I, 20S). Colonisation entreprise par Catherine, surtout sur le Wolga et dans les provinces méridionales de la Russie, depuis 1765 et 1783. — Vers J8.S0, on comptait 130,000 colons, allemands pour la plupart.
:'5j Frédéric-Guillaume doit avoir employé, depuis 1721, 3 millions de thalers à l'établissement des colons; jusqu'en 1728, on avait accueilli seulement en Prusse 20.000 familles nouvelles (S/e/iSPi, Preuss, Gesch.,
III, 412 seq.). Frédéric le Grand s'attacha surtout à retenir dans le pays les étrangers qui y venaient déjà périodiquement; ainsi les moissonneurs du Vogtland, d;ius les environs de Magdebourg, les maçons du Vogtland, dans les faubourgs de Rerlin (1752). V. Latiwlte (Abhandlungen, 1793, p. 160, seq.). On dit que Frédérica établi i2,600 familles, "pour la plupart étrangères, dans 539 village.^.
(0) En Russie, l'empereur Alexandre promit aux colons (1803) la franchise entière d'im|iôls, pendant dix ans, un allégement d'impôts pour dix autres années, et l'affranchissement absolu du service civil et militaire , en outre, 60 ilessaitines Ae terre par famille, une avance de 300 roubles pour constructions et attirail d'exploitation rurale, ainsi que l'argent nécessaire pour vivre jusqu'à la première récolte. Le règlement de 1833 jiour la Pologne est moins libéral : iniporlalioii, en franchise, du mobilier, dispense du service militaire et remise de 6 années d'impôts ; les rullivalcurs qui prouvent la possession d'un certain capital obtiennent des rensivps à perpéluilé [czynsze lüieczijste). Le Brésil a offert (1820) aux immigrants des terres et la franchise d'impôts pendant dix ans En Hongrie .1723), tout colon obtint une dispense d'impôts pour six ans, et tout artisan pour quinze ans {Mailath, OEsterreichische Geschichte, IV, 525j.
(7) Plusieurs des colons établis par Frédéric le Grand tournèrent fort mal ; ils n'avaient clé atlirés que par les distributions faites, et quand celles-ci furent consommées, ils s'inquiétèrent peu de travailler. Beaucoup d'entre eux s'imaginèrent que d'autres devaient, aux frais du Trésor, défricher la terre (|u'on leur abandonnait gratuitement! Uulun vil des colonies (|ui avaient, en vingt ans, passé par quatre mains différentes. Le roi n'aurait-il pas mieux atteint le but, .s'il avait employé à la colonisation les fils cadets des paysans prnssien.s? (Dolini, Denkwiird,
IV, .390, seq.). On prétend que chaque famille de colons, dans la Prusse
méridionale et dans la nouvelle Prusse orientale, avait coûté 1,500 tlialers (prés de 0,000 fr.) au Trésor {Weher, Lelirh. der polit. OEkonomie, 1806, II, 172; Fischer, Cameral und Polizeirecht, I, 400, seq.).
(8) Remontrans hollandais, depuis 1619, en Sleswi;,' ; environ 11,000 Äu^uenofs établis depuis 1685 en Prusse ; Vaudois, en Prusse, depuis 1686; habitants du pays de Salzbourg et du Palalinal, en Prusse. Pour un Etat, qui représente Ini-mème un principe politique ou religieux, cela peut être une question d'honneur, et alors c'est, sans contredit, une chose utile, d'offrir asile ä ceux qui souffrent pour ce principe.
(9) Au sujet des colonies allemandes établies par Olwarés en Espagne, V.5c/f/oe3er (Briefwechsel, 1779, IV,S87, seq.). V. aussi l'ouvrage : über Sitten, Tempérament, etc. Spaniens von einem reisenden Beobachter in den J. 1777 und 1778 (Leipz., 1781, p. 260, seq.j.
(10) Karamsin (Histoire de Russie, VII, 97^ -424).
(11) Reglement de 1721. V. Gervais (Beitrag zur Kunde v. Preussen, II, liv. II, p. ISO). Le Landrecht prussien en dispose autrement (II, lit. XVII, § 133, se(|.). A Spire, on défendait d'émigrer encore, en 176o et 1782, aux gens de bonne conduite, aux bons ouvriers et à ceux qui ne manquaient pas de ressouces. — V. dans le Rapport sur l'administration de Colbert {L. Wolowski, Compte rendu de l'Académie des sciences morales et polili(iues, 18S7) les mesures prises en France et en Italie pour empêcher l'émigration des ouvriers. — On connaît aussi, sous ce rapport, les prescriptions jalouses de l'ancienne législation anglaise.
(12) On voit s'accorder, sous ce rapport, les théoriciens modernes les plus divisés d'opinion. Bentham, par exemple, dit que défendre d'émigrer c'est changer l'Etat en prison. De pareils édits devraient commencer par ces mots : « Nous, etc., ignorant l'art de rendre nos sujets heureux ; bien assurés que si nous leur laissions la liberté de fuir, ils iraient chercher des contrées moins opprimées , leur faisons défense, etc. » (Théorie des peines et des récompenses, 2* édit., II, 369). L.-D. Haller (Restauration der Staatswissench., I, 429, seq., 508) réclame aussi avec force la liberté d'cmigialion, quand ce ne serait que pour que chacun puisse, sans préjudice pour autrui, rechercher l'organisation politique qui lui convient, y. Tuc/cer (Four tracts, 1774, p. 206) approuvait encore la loi anglaise qui interdisait l'émigration des ouvriers. V. aussi y. Bodin (De republ., I, 6).
(13) L'émigration interdite eu Angleterre par Charles 11(1637) [Hymer, Fœdera, XX, 143). On raconte que Cromwell et Uampden auraient été empêchés ainsi de quitter le pays; mais celle anecdote ne semble pas authentique [Bancrofl , Ilisl. of the Un. St., I, 445; . Antérieurement déjà, défense d'émigralion prononcée parle roi de Norwége, par rapport à l'Islande (Schlegel, Graijâs, Comment, crit., p. 15).
(14) Certains gouvernements exigent encore la preuve que l'emigraut
sera accueilli dans sa nouvelle pairie, el qu'il possède de qiioi couvrir ses frais de voyage. La menace de ne plus recevoir ceux qui voudraient revenir exerce trés-peu d'inlUience, car, au moment du départ, les hommess'abandonnent facilement aux plus brillantes espérances.
(15) W.Lycurg. (Adv. Leocrat., o2). — César défendit à tous ceux qui avaient rang de sénateurs de quitter l'Italie; les autres citoyens entre vingt et quarante ans ne doivent pas du -uoins s'absenter pour plus de trois ans. C'est pour le même motif que la durée du service militaire fut réduite {Mommsen, Roemische Geschichte, III, 491).
D. Les mesures à'hy{fiène et de police saûiUiire ont une grande efficacité, non-seulement pour accroître le nombre des habitants, mais encore pour réaliser les heureuses conditions (§ 246) au milieu desquelles la population peut obtenir un développement salutaire.
E. Du reste, toutes les mesures que nous venons d'examiner reposent sur une condition préalable, sans laquelle elles poursuivraient vainement le but. à savoir (jue les moy<Mis d'existence de la nation augmentent, ou du moins qu'ils soient répartis d'une manière plus égale. Là où ce progrès se réalise, l'accroissement delà population se produit de lui-même; là où il fait défaut, tout encouragement artificiel des nouvelles naissances ne fait que multiplier les victimes offertes h lange de la mort. — Une répartition plus égale ne saurait dailleiu's que rarement, à elle seule, améliorer l'existence des citoyens (§204); le mal auquel on prétend porter ainsi remède ne fait qu'empirer, ou du moins il s'étend d'avantage (§§ 80-250). — Il en est tout autrement lorsqu'une répartition moins inégale accompagne le développement absolu de l'économie publique. — Nous verrons plus tard, par exemple, ([Ue la simple liberté de disposer du sol et d'exercer une industrie peut être plus nuisible qu'utile, s'il ne vient pas s'y joindre un nouvel essor donné à la production, tandis (pi'an milieu de circonstances favorjibles,
POLITIQUE DK L\ POPULATION. 3^7
de pareilles mesures Téveillent une foule de forces engourdies, et que le dividende de l'économie générale croît dans une progression beaucoup plus rapide que le diviseur (§ 209).
MOYENS DE MODKRER l/ACCItOISSE^IEXT DE LA POPDLATIOK.
A. Le moyen qui consiste h multiplier les empêchements que rencontre le mariage présente de graves difficultés dans les pays o(i les rangs de la population sont pressés, et qui d'ordinaire occupent un rang élevé de civilisation. L'Etat qui fait une pareille tentative essaye de remonter le courant, et, le plus souvent, on réussirait encore plutôt h étendre la limite des moyens desubsislansce. Sans doute, si les anciens temps ont légué quelque mode particulier d'encouragement au mariage, il faudra l'abolir. Par exenq)le, un célibataire ne doit plus être traité Cüinme un homme par la faute duquel il y aura une vieille lille de plus, mais plutôt comme une personne qui rend plus facile Tuiiioii conjugale de deux autres, mieux disposées au mariage il).— Certains gouvernements ont assujetti le droit d'établir une famille h la preuve que l'on possède l'espoir fondé de pouvoir l'élever (2). —Mais il arrive rarement, et seulement dans des circonstances exceptionnelles, qii'on soll en iliesurè d'affirmer ou de dénier une pareille perspective, avec QU certain degî'é de certitude (5). La vigueur et la capacité les plus réelles, (pii ])romettent un large revenu, peuvent se trouver paralysées p;ir la maladie ! Ce qu'on appelle une profession assurée [rin droit de maîtrise, etc.) n'est pas moins sujet h s'évanouir , à moins que Ton ne possède un capital considérable, qu'on ne dispose d'une propriété importante, ou qu'on ne profite dun privilège légalement garanti. L'avoir qu'exigent certaines législations est si peu important , qu'il suffirait à peine pour assurer l'entretien de h famille pour nn très-petit nombre d'un-
nées (4), et cependant on a généralement décidé qu'il suffisait de prouver un tel avoir, pour avoir le droit absolu d'établir son domicile et de se marier : c'est seulement à défaut dune pareille justification que l'on a besoin d'une autorisation spéciale. Mais à qui pourra-t-on confier le droit de la délivrer ? D'habitude, c'est à la commune, parce qu'elle aura la charge d'assister la famille, si celle-ci tombe dans la détresse. Il esl il craindre que cela ne conduise, d'ordinaire, à une appréciation trop rigoureuse, et surtout qu'un esprit local étroit n'empêche les postulants les plus laborieux et les plus habiles de s'établir, alors qu'ils seraient le mieux en état de fournir aux besoins de la famille ; ils ont le tort d'éveiller la jalousie des anciens de la commune, qui redoutent la concurrence (5). — Si l'oir confie à l'autorité publique le soin de prononcer, elle usera, en temps ordinaire , d'une telle libéralité, que le but de la loi sera complètement manqué; quelquefois, cependant, il en résultera des chicanes provoquées par ce qu'on appelle un intérêt de haute police.
Là où il existe encore des classes, des communautés, des corporations, qui possèdent une véritable indépendance, et dont les membres attachent une valeur réelle au lien qui les réunit, la chose va de soi. Le compagnon s'abstient du mariage tant qu'il n'a pas conquis la maîtrise, et, une fois qu'il est devenu maître, il exploite le fonds d'or du métier (Q).
Mais partout où domine un prolétariat nombreux , quand il n'y a ni sacrifice personnel à faire, ni amélioration du sort à espérer, quand les besoins attachés à une condition, dont on craindrait de descendre , n'existent pas, et ne font point naître une certaine dignité personnelle, les entraves apportées au mariage sont impatiemment supportées, et l'on y tient hai)ituellement fort peu la main (7). — La règle qui soulève le moins d'opposition , c'est la fixation d'une limite d'âge , au-dessous de laquelle il n'est pas permis , surtout aux hommes, de contracter
POLITIQUK DE LA P »FULVTIOW. 349
mariage (8); comme en général, quand il s'agit de privilèges, ceux qui se rattachent à l'âge exercent le moins de répulsion.
Quelque chose d'analogue résulte, dans la plupart des Etats modernes, des règlements relatifs à la conscription, qui opposent, surtout dans les pays nouveaux, un obstacle sérieux au développement de la population.
Le meilleur moyen pour empêcher de contracter mariage à la légère, c'est encore délever le niveau des besoins individuels (§ 163) , naturellement, sous la condition qu'il ne s'agisse de créer que des besoins rationnels, qui contribuent à grandir la dignité humaine (9).
On a souvent combattu toute espèce d'entrave apportée au mariage, même celle qui résulte de l'empire que l'homme exerce sur lui-même, en prétendant que retarder ou empêcher l'union conjugale, c'est multiplier les séductions et amener la corruption. INous ne devons pas oublier qu'il est des vices autres que ceux qui s'attaquent aux bonnes mœurs, et que la misère est fort mauvaise conseillère, surtout qu'elle ne saurait passer pour la sévère gardienne de la chasteté (10) !
En Prusse, en France, en Angleterre, on a renoncé à toute intervention de l'autorité dans le but de rendre l'union conjugale plus difficile à conclure (11), etpersonne ne saurait dire, en consultant les laits, que cette liberté absolue ait produit de mauvais résultats. Dans la Bavière Rhénane , placée sous un régime analogue, la charge de l'assistance publique ne s'élève en moyenne qu'à oG,0 pour 100 de celle que doivent supporter les sept autres cercles du royaume, et on n'y compte pas, relativement, moitié autant d'enfants naturels (12,13).
(1) En Irlande, l'absence d'un saloire altribué au clergé catholique, réduit à ne vivre que de droits perçus sur les mariages, les baptêmes, rentorrement, etc., a produit un stimulant artificiel de l'accroissement de la population, dans les plus mauvaises conditions. V. § 234.
(2) Dans le Wurtemberg, on enjoignit pour la première fois, en i663,
aux aulorilés de dissuader des mariages précoces ; depuis 171:J^ il a fallu fournir la preuve de l'inslruction religieuse et de la capacité de nourrir une famille pour obtenir la permission de se marier; en \1^^, il fui défendu aux hommes de se marier avant vingt cintj ans.
(3) La loi du Wurtemberg de 1833 interdit le mariage à ceux qui sont poursuivis, ou qui ont été condamnés depuis deux ans: pour vol en récidive, ]W)ur escroquerie ou mendicité, pour ivrognerie, fainéantise habituelle et vagabondage ; et à tons ceux qui, dans le cours des trois dernières années, ont reçu des secours publics, à l'exception des victimes d'un accident ou d'un malheur immérités. — Aux termes du Règlement des pauvres de Saxe (18i0), les hommes qui reçoivent des secours ne peuvent se marier que s'ils prouvent que leur situation doit s'améliorer, et (ju'ils n'auront plus besoin ;i l'avenir de recourir à l'assistance publifjue.
(A) En Bavière (l'"' juillet 1834,, le droit d'établir le domicile est acquis par une possession immobilière, libre de toute dette, qui paye l-!2 florins d'impôt , dans les communes rurales (plus dans les villes), ou bien par l'acquisition d'un dioit réel à l'exercice d'une industrie, enûu en vertu d'uwe concession personnelle de métier, qui assure les moyens d'existence. Un simple im|iôt de 1 llorin représente environ un avoir de 8Ü0 Horius (1,720 fr.). Dans d'autres cas, il dépend de la fon)u>une de reconnaître « des »loyens d'exhUnce pleinement et constamment assurés; w on doit spécialement prendre en considération la bonne renommée, les dépôts faits d'une manière régulière à la caisse d'épargnes, etc., et, en cas de concurrence, la préférence doit être acquise aux anciens militaires, et à ceux qui out fidèlement servi leurs maîtres pendant quinze ans. — Dans le Wurtemberg (1833), on regarde comme une garantie suffisante des iioyens d'existence : la capacité personnelle pour exercer un art libéral ou pour suivre une carrière scientilique,pour entreprendre le comuiorce, un métier, l'agriculture ou (jut'lquo autre branche industrielle, qui suffise à l'entretien d'une famille ; ou la possession d'un avoir fixé, suivant les localités, à 1,000, 800 on 000 llorins (2,300, 1,720 et 1,290 fr.). (La lai de 1828 n'exigeait que 800, (500 ou 400 lloriiis.) — Dans le pays de Bade (1831) on regarde coinnie un avoir qui présente une garantie d'avenir: 1,000 llorins dans les quatre plus grandes villes, dans les dix autres, moins grandes, 600 llorins, et dans le reste des communes, 300 florins; dans la liesse Électorale (1840) 150 thalers (environ o60 fr.) (pour les petites communes rurales) ; jusqu'à 1,000 thalers (3,750 fr.), Cassel. Plusieurs lois exigent une conduite irréprochable, et la commune peut souvent dispenser des antres cuudil'iuns nialéiiellcs.
(5) Exemple remarquable dans Mu (Lehrb., 11, § 15a, note b). ^ti) Les profe.ssions où règne un certain esprit de corps, par exemple
POLfTIQUK DK LA POPULATION. H")!
les employés, el plus encore les officiers, se sonmetlent aujourd'hui encore, assez volontiers, à des conditions restrictives^ inipasées par l'autorité, en ce qui concerne le mariage; el le clergé catholique admet une interdiction absolue» De pareilles mesures contribuent ordinuiremeiil à tracer une ligne de démarcation entre ceux qu'elles concerneul et la nation en général. Ou sait combien les opinions théologiques du moyen âge, au sujet de la souveraineté morale exercée sur soi-même, ont donné de développement au célibat volontaire. L'ordre des Franciscains, à lui seul, a compté à une époque 150.000 moines et 28,000 religieuses, sans y comprendre les frères pénitents {Hflyot, Gesch. der KIosler-und Ritterorden, V, 33}. La rigueur du jeûne pouvait également (selon Vilkrmé) être regardée comme un obstacle « préventif. »
■(7) La disposition des lois prussiennes qui autorise les parents et les tuteurs à former opposition au mariage pour cause de moyens d'enlrelien insuffisants, d'inclinations trés-vicieuses, de maladie, etc., peut devenir uu obstacle dans les classes supérieures et parnvi la bourgeoisie, mais difficilement en ce qui concerne le prolétariat.
(8) Wurtemberg et Bade e.xigent vingt-cinq ans; vingt- un ans suffi sent en Saxe et pour Hesse-Darmstadf, vingt ans en Autriche, dix-huit seulement en Prusse.
(9) Malthus (Principle of population, IV, ch. xin). — Nous devons ajoutera ce que dit Roscher, que pour remédier au mal, c'est surtout le sentiment moral et l'idée du devoir qu'il faut réveiller La doctrine du sacrifice, qui est l'âme du christianisme, exercera la pins salutaire influence pour empêcher les unions contractées à la légère et la naissance des enfants condamués à une horrible détresse Pour dominer les entraînements de la passion, il faut leur opposer un sentiment supérieur, e\ \ai souverainetp morale de rhomme peut seule mettre un frein aux appétits doj>l on chercherait vainen)ent l'apaisement dans la doclriii© de l'intérêt Périn, Les économistes, les socialistes el le christianisme, 18-49). — Cet écrivain n'est pas toujours juste pour ce qu'il appelle ;i tort Véconomie polilique anglaise; il en méconnaît souvent les tendances véritable.^, mais les idées qu'il développe méritent attention et sympathie. — V. surtout le deruier chapitre (p. 431, seq.).
(10) Malthus (/oc. cit. y IV, ch. iv v). En général, c'est uue grande erreur d'imaginer que les fautes se multiplient ou diminuent avec les tentations. En Irlande, les fermiers conservent souvent leurs domestiques et servantes, même après que ceux-ci se sont mariés. Nais cett« facilité de légaliser à chaque momeul la faule commise y augmente dans une proportion terrible le nombre des unions libres {Meidiugir, Reise, II, 187, seq.). Dans le pays de Göilingue, où les campagnards se marient en moyenne beaucoup plus tôt que dans la contrée de Calenberg, les naissances illégitimes, etc., seul plus fréquentes.
352 POLITIQUlî DE LA POPULATIOIV.
(il) i]fallhu^ liii-niêiiie ne songeait à aucun autre obstacle légal à opjioser au mariage, que celui qui consiste à refuser l'assistance publique à partir d'un certain délai (Princ. of popul., IV, ch. viti ; V, ch. u).
(12J Rivet (Archiv, der polit. OEkoii., N. F., I, 39) ; Schütz (Tübinger Zeilschr. für d. gcsam. Slaatswissensch., 1848, p. 23, seq.) ; Kulb (Handbuch der vergleichenden Statistik, 18S7).
(13) On peut voir jusqu'à quelles absurdités odieuses peut conduire un principe matérialiste, naïvement appliqué! If'einhold recommande un moyen matériel pour restreindre la multiplication des enfants, c'est le procédé de Vinfibulation, pratiqué sur les garçons de quatorze ans. Ce régime serait maintenu jusqu'au moment où le jeune homme posséderait un avoir suffisant pour se marier, ou pour élever des enfants illégitimes. — Punition sévère et Visitation fréquente pour prévenir toute contravention. — IFe/zi/io/d prétend avoir pratiqué cette opération sans le moindre inconvénient pour la santé (Von der üebervölkerung in Mitteleuropa, 1827; Ueber die Population und Industrie, 1828;Ueber das menschl. Elend welches durch Missbrauch der Zeugung herbeigeführt wird, 1828; Das Gleichgewicht der Bevölkerung als Grundlage der Wohlfahrt, 1829). Les anciens paraissent avoir employé un procédé analogue pour les acteurs esclaves; Juvénal {\l, 73) « Solvilur his magno comsedi fibula » (Winkclmann, Monument! anlichi inedili, Tav., d88).
B. Il est évident que rémigration d'un pays où la population surabonde (1) peut être avantageuse à l'éuiigrant (§ 177). Quiconque sait prier et travailler se corrompra difficilement en se livrant à la colonisation agricole. Quand il s'agit de défricher le désert, il faut que la plupart des vices du prolétariat disparaissent à ce contact. On ne peut guère concevoir une convoitise jalouse ou commettre un vol, et on trouve fort peu l'occasion du jeu, de l'ivrognerie, de Timpudicité, ou des rixes; il faut être assidu au travail, et le labeur comme l'économie rencontrent une récompense immédiate. On ne saurait éviter le mariage ; les enfants, loin d'être une charge, apportent une douce distraction au milieu de la solitude, et bientôt ils aident à la besogne. Le colon qui appartient à la petite bourgeoisie est celui qui fait les progrès les plus notables. Il
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lui faut de longues années d'un dur inivail, pour iiiiivcr ;iii point où l'existence peut lui sembler agréable ; mais ses enfants, qui dans sa patrie risquaient de grossir les rangs des prolétaires, peuvent compter sur un avenir assuré. Le petit capital du père, qui aurait à peine suffi pour les élever sur le sol natal, devient le germe de nombreux ménages, bien montés, et environnés d'une véritable aisance (2),
Les choses se passent autrement pour la masse de la nation, qui demeure dans le pays. Du moment où le peuple voit s'ouvrir devant lui la perspective d'une émigration régulière, s'il n'intervient aucun changement de nature à relever le niveau des habitudes d'existence, on voit d'ordinaire le désir du mariage et les espérances qui s'y rattachent prendre un tel essor, que la lacune causée par le départ d'un certain nombre d'habitants ne tarde pas à être comblée, et au delà (3). Car il est beaucoup plus difficile que ne se l'imaginent d'ordinaire les personnes étrangères à ces matières, d'arriver à ce que l'émigration s'élève, dans des pays comme l'Allemagne, jusqu'à balancer l'excédant annuel des naissances sur les décès (4). — Personne ne saurait penser, non plus, que les homiîies qui ne sont bons à rien chez nous puissent servir à quelque chose dans les colonies. Combien les colonies anglaises ne se débattent-elles pas contre les envois de la population des maisons de pauvres, que prétend leur faire la mère patrie ! Ceux qui sont le plus disposés à émigrer, ce sont les paresseux, les hommes qui ne savent jamais se fixer à une idée, les pères de famille chargés de nombreux enfants, et les hommes voués à l'industrie, quand quelque révolution subie par celle-ci leur a enlevé le pain quotidien ; — mais aussi ce sont ceux qui trouvent le plus difficilement à s'employer, de l'autre côté des mers (5). La plupart des colonies se refusent de recevoir, à leurs frais, les hommes qui ont dépassé la quarantaine. Mais l'ouvrier jeune, qui est vigoureux et capable, ne manquera pas d'occupation lucra-
tivc (laus son propre pays; les rangs pressés de la population n'écrasent guère que les faibles.
Que l'on songe eufiu aux capitaux considérables qu'exige d abord le irauspori, et puis rétablissement des émigranls. Si ceux-ci emportent avec eux, en moyenne, un capital supérieur à celui ([ui revient, par tête, au reste de la nation (6), toute émigration qui réussit ne pourra que détériorer la proportion établie entre l'ensemble des consommateurs et la somme des capitaux. La portion du peuple qui abandonne le pays peut s en trouver à merveille, mais la masse, qui ne prend pas la même route, se trouvera plus pauvre en capitaux et en hommes aptes au travail ; elle comptera beaucoup plus de malheureux ayant besoin d'assistance. — L'inquiétant contraste d'uue richesse excessive et d'une misère extrême ne fait alors qu'éclater plus vivement encore, car c'est la petite classe moyenne qui fournit presque à elle seule le contingent des nouvelles colonies agricoles; les gens tort riches ne veulent pas, et les prolétaires ne peuvent pas, d'habitude, contribuer à les fonder (7).
(1, Wß.Mohl {Tül)ii)ger Zeitschr. für Slaalswissensch., 1847, p. 320, seq); W. Koscher ^Nalioiialœkoiiom. Ausichlen über d. deutsche Auswanderung : Deutsche Vierleljahrsschriri, 1848, n" 43, p. 96, sei].), et l'ouvragaréceiUdu uiême: Kolonien, Rolonialpobtik und Auswanderung (2« éd , i8.o6, p. 342, seq.).
(2) Les eni|uèies parlemeiilaires prouvent que l'ouvrier irlandais s'améliore souvent, au bout de peu d'années, dans PAuslralie, au Canada, etc., à tel point que l'on peut a peine le distinguer de l'Anglo- Saxon : il devient assidu ;iu Ir.ivail, ne compte que sur lui-même, etc. (Edinb. liev., 18oÜ, p. 2b).
^3) E.-G. U'uke/ield, qui a d'ailleurs e.xposé d'uue manière si remarquable la théorie de la colonisation, croit (|ue par une bonne direction donnée à rémigralion, chaque peuple peut réglera volonte les conditions de la po|iuhilion. Si Pon contracte, par exemple, dans un pays 10,000 mariages par an et que ces 10,000 couples soient aussitôt envoyés dans une colonie, la mère pairie sera enliercmenl privée d'habitants, au bout de soixante ou soixanle-dix ans. Personne iialurellenient ne saurait songer à une pareille extrémité ; mais cela indique la voie : eu la suivant il est facile d'atteindre une certaine limite, qu'on regarde
coinnie désirable. Si l'émigralion a jusqu'à présent si peu empêché l'accroissement de la population, la faute est, selon Wakeßeld, à ce (|u'on a ijaspillé les ressources de la colonisation, en expédiant des enfants, des vieillards, etc., (|ni ne pouvaient plus exercer dMiilluence surlapo- ] nlalioii, ou qui ne le pouvaient pas encore (England and America, 1K29). — Evidemment, on néglige ainsi le point capital, c'est qu'au fond il n'y a pas (Tage normal fixe pour le mariage, etc. Supposons, par exemple, que les hommes aient attendu leur trentième, les femmes leur vingtième année, pour contracter Tnnion conjugale : l'Etat expédie désormais à ses frais en Améri(jue les personnes valides, aussitôt cet âge atteint; quel en sera l'effet? Une forte hausse du salaire, la facilité ouverte, dans des conditions nouvelles, pour élever une famille ; cela porterait aussitôt beaucoup d'hommes de vingt-neuf aus à se marier avec des femmes de dix-neuf ans, etc.
(4) B. Franklin évaluait, enlTol, le nombre total des Anglais habitant les colonies de PAmérique du Nord à 1 million, dont seulement 80,000 avaient immigré. Les Etats-Unis, celte « terre promise des Européens )) las de leur patrie, ont reçu, de 1790 à 1840, environ 1 million 1/2 d'immigrants. Du 3 septembre 1843 au 31 décembre 1836, 3,628,376, dont 2,180,643 du .sexe masculin et 1,437,933 du sexe féminin ; l'Angleterre leur en a expédie, de 1825 à 1842, 497,6.38 (Tucker, Progress of the Un. -St., ch. x). Toute l'émigralion de l'Empire britannique, qui possède indubitablement les plus grandes colonies, la plus forte marine, etc., ne s'élevait en moyenne, de 182o <i 1833, qu'à 55,000 individus environ ; de 18.'<6 à 1845, à plus de 80,000; pour 1843 seul, à plus de 90,000 : tandis que l'excédant annuel des naissances sur les décès s'élevait, pour l'Angleterre elle pays de Galles, à plus de 103,000, d'après la moyenne de 1831 à 1840. — Dans ces dernières années, des stimulants extraordinaires ont changé ce rapport, nolamment la découverte des mines d'or de la Californie et de l'Australie, et la grande famine de l'Irlande. Aussi a-l-on compté :
En 18'»7, au moins 258,000 émigranls,
Fn tSiS, — 278,000
tn 18W, — 299,000
En 1850, — 280,000
En 1852, — 308,000
En 1853, — 3:29,000
Eu 1855, — 176,000
pendant que l'excédant des naissances sur les décès s'élevait, en 1832, à 223,000 environ. D'après les relevés ofliciels, le Royaume-Uni a compté, de 1814 à 1853, en somme 4,293,763 émigranls, donl2,621,609 dans les neuf dernières années; les chiffres commencent à décliner.
Eu ce qui concerne l'Allemagne, Gabier d'il {lliibner, lahrb. derVolkswirlhsch. uud Statist., I, 263, seq.) qu'avant 1844, l'émigralioa annuelle
3 JG
P0L1T1QL1-: Dli LA POPULATION.
n'a jamais déiinssi' le chiffre de 33,000 ; jiar contre, le nombre îles émi-
grauls s'élevail à :
43,000 en 1844, 82,000 en 1850,