‹ Principes d'économie politiqueChapitre 32 sur 38 · en 1815, 112,000 eu · texte numérisé non relu

en 1815, 112,000 eu

94,000 en 1846, 162,000 en 1852,

109,000 en I8i7, 156,000 en 1853,

Sl.tOO en 1848, 250,000 eu '.854.

89,000 en 1849,

pendant que raccroisseinent naturel de la population était, en Prusse seulemenl, d'environ 150,000 âmes par an ; en Saxe (183-4-1849,, de plusde 18,000, et dans TAlIemagne entière, probablen>enl au moins de 300,000. A New-York, on comptait en 1852= 118,600 immigrants allemands; en l8o3 = 1 19,S00; en 1834, au delà de 178,000, mais ce chiffre tombe, pour les émigranis allemands au.v Etats-Unis, .i 71,918, en l83o, et à 72,028 en ISoG. — Qu'on émigré, en général, aujourd'hui plus que jadis cela s'explique facilement par l'amélioration des moyens de communication. On comptait, il y a un siècle, que l'Europe envoyait annuellement au moins 100.000 hommes dans les colonies des deux Indes. L'émigration seule vers la partie hollandaise des Indes orientales s'élevait en 1700-17)9 en tout à 103,792, en 1747-1766 à 162,598 {Saaifelâ, Gesch. des Hollaend. Ostindiens, II, 189). 11 ne faut pas méconnaître, du reste, qu'une disposition à quitter à la légère son pays, comme celle qui existe aujourd'hui dans une grande partie de l'Allemagne (en Angleterre elle domine surtout parmi les Irlandais) doit éveiller de graves soucis. Dans les pays de race romane et slave, Témigration est demeurée jusqu'ici iusignitian te.

(5) Pendant que, par exemple, le travail était très-demande en Australie, trois vaisseaux du gouvernement arrivèrent avec des éniigrauts : l'un jiorlait des journaliers de la campagne anglaise, le second d'anciens ouvriers de fahriquo, et le troisième des Irlandais. Les journaliers agricoles furent rapidement enlevés dès les premiers jours {were rapidly engayingy,\es ouvriers de fabriques, avec un empressement modéré ion/?/ tohraily well) , qumd aux panvres Irlandais, la moitié ne trouvèrent point d'emploi et tombèrent à la charge de l'assistance pubUipie 'Merioale, Lectures on colonization and colonies, II, 301, seq.). — V. les curieux détails fournis sur la colonisation de l'Algérie, dans le rapport de itf. L. Reybaud, alors représentant à l'Assemblée législative (1850), et dans plusieurs écrits du maréchal Bugeaud.

(6) Les premiers 21,000 colons de la Nouvelle-Angleterre auraient apporté environ un million de dollars [Bancruft, Ilist. of the Un. -St.). A Quebec, ou attribuait aux 50,000 personnes (jui ont immigré en 1832 un avoir de 3 millions de dollars. Quant aux immigrants allemands, on estime qu'ils apportent en moyenne 200 dollars, soit 280 thalers, à quoi il aut ajouter environ 40 thalers pour le pas.sage, donc en somme 320 Ihalers (environ 1,200 Ir.). Cela parait beaucoup, bien que les don-

nées allemandes soient en général trop basses, parce que rémigranl n'a jamais d'intérêt à exagérer son avoir, mais souvent n le dissimuler. Ainsi, on a compté comme aviint émigré de la Prusse, en 1848-1849, 8,780 personnes, avec 1,713,370 tlialers; ce serait 19o thalers par tête (Amll. Tabellen für 1849, I, 290). —La Bavière a vu partir, entre 1844 et 1831, 45,300 personnes avec autorisation officielle, et l'avoir emporté aurait été de 19,233,000 llorins, donc 424 florins par tête (Bei- Iraege zur Slatisl. des Koonigi'eiclis Bayern, III, 322, seq.). — Le montant moyeu de la fortune des émigrants paraît décroître; il en résulte que l'émigration puise de plus en plus dans les couches plus profondes de la société [Hermann, Beweg, der Bevoelk., p. 26, se((.). En tout cas on ne risque point de rien exagérer en supposant que l'émigration allemande enlève annuellement de 20 à .30 millions de thalers (7S à 112 millions de fr.). Un capital moins fort pourrait suffire, pour l'émigration seule. Le gouvernement anglais a dépensé, en 1823, pour les colons qu'il a établis au Canada, 22 livres sterl. par tête, y compris les vaches, le blé de semence, les instruments agricoles, les secours pour constructions de logements et les vivres pour douze mois, dont ils furent pourvus. D'après l'Edinb. Rev. (dec. 1826), on aurait jiu faire face à ces dépenses avec lolivres sterl. 4 sch. Et si l'on r^'lléchit que plusieurs de ces colons firent venir plus tard à leurs propres frais jusqu'à cinq fois autan! de parents, etc., la dépense nécessaire par tête semblerait très-minime ! Elle ne s'élèverait pas au delà de ce qu'aurait coûté l'entretien, durant une année, dans la maison de pauvres.

(7) J.-S. Mill prétend que quand il émigré plus de capitaux que d'hommes, la pression commune que les uns et les autres exercent sur les forces naturelles du pays qui les expédie doit décroître (Princ. IV, ch. V, 1). V. aussi Hermann [loc. cit., p. 28, seq.).

Tous ces dangers disparaissent, lorsque la portion de la nation, qui s'est transportée ailleurs, conserve des relations intimes, au point de vue économique, avec la mère patrie [émigration colonisatrice). — Non-seulement le départ d'une partie des habitants y laisse plus d'espace [elbow-room], mais il survient une demaiidc pins active de produits fabriqués et une offre plus abondante de produits bruts, qui permettent à la population de se développer (1). L'Angleterre a profité jusqu'ici de cet avantage dans la plus large mesure, tandis que l'Allemagne

en a été presque entièrement privée. Nos émigrants qui partent pour la Russie, l'Amérique, l'Australie, l'Algérie, sont désormais, eux et tout ce qu'ils possèdent, comme perdus pour leur patrie : ils deviennent les clients et les fournisseurs d'autres peuples, fréquemment nos rivaux et nos ennemis (2, 5).

Les choses se passeraient tout autrement si le flot de l'émigration allemande s'écoulait vers des colonies allemandes, \eYf< celles, par exemple, que l'on pourrait établir dans les contrées fertiles et presque désertes de la Hongrie, dans les provinces polonaises, qui appartiennent à l'Autriche et à la Prusse, enfin dans ces régions de la Turquie, destinées [Dieu le veut) à devenir un jour l'héritage de l'Allemagne. On pourrait créer ainsi une Allemagne nouvelle, qui l'emporterait en étendue, en richesse et en puissance sur l'ancienne Allemagne, et qui formerait un boulevard invincible pour la couvrir de tout péril dont elle pourrait être menacée du côté de la Russie et du côté de la Pologne. — Ces pays pourraient être utilisés par notre économie nationale, comme la vallée du Mississipi et les contrées lointaines de l'Ouest le sont par les Etats-Unis, et surtout eii ce qui concerne, de fait, l'exploitation exclusive. Sans doute on ne pourra, en toute conscience et avec plein espoir de succès. inviter les émigrants h peupler ces régions, que quand le sol sera préparé pour les recevoir : il faut qu'ils y rencontrent, dans toute leur plénitude, les garanties légales, surtout pour le droit de propriété qu'ils doivent y acquérir, en même temps la liberté j)ersoMnelle. religieuse, et si ce n'est la liberté politique, du moins la liberté communale (4). Trouverail-on égalemenl dans d'autres parties du monde des pays appropriés à la colonisation nllemamle , dans le setts large du mot ? Le climat et le sol de ces contrées devraient se prêter à l'économie rurale, conduite à la manière allemande (5) ; il faudrait qu'elles fussent situées sur une côte d'un abordage facile, et pourvues de cours ti Cm navi:i;il»l('s à l'intérieur. Non-seulement il faudrait

que les Allemands y fussent réunis en nombre considérable, mais le reste de la population ne devrait pas posséder, au même degré, le développement politique et le sentiment national; autrement, au bout de peu de temps, on risquerait fort de voir nos émigrants se dégermaniser (6).

Du reste , des colonies allemandes rencontreraient dans les régions méridionales, même plus tempérées, telles que le Clidi, Buenos-Ayres et le Brésil, les obstacles qui ont entravé depuis plusieurs siècles la formation de la marine militaire de r Allemagne ; elles auraient aussi à compter avec la jalousie des anciennes puissances coloniales et des Etats-Unis (7). Nous ne devons pas oublier que depuis Raleigli jusqu'à nos jours, presque toutes les spéculations faites en vue d'établir des colonies, ((u'elles aient été tentées par des particuliers ou par des associations, ont échoué comme entreprises commerciales. D'habitude, ce n'est qu'à la seconde génération que l'on peut recueillir le fruit des sacrifices que nécessite un pareil établissement: et cette patiente attente, ces espérances d'avenir, ne sont guère conformes au génie de notre époque. Il n'est pas de colonie cpii n'ait eu à traverser sa période critique, pendant laquelle les fondateurs ont désespéré de tout. Au dix-septième siècle, cela pouvait être moins périlleux, car ils étaient condamnés à persévérer. Aujourd'hui , on risquerait fort de voir les émigrants se disperser et chercher une existence plus facile dans des colonies déjà établies, et qui nous sont par conséquent étrangères. Cependant, il faut que l'Allemagne se hâte, si elle ne veut pas se voir enlever par d'autres peuples, plus entreprenants et plus résolus, jusqu'aux dernières localités sur lesquelles on peut asseoir une espérance légitime de succès (8, 9).

(1) Torrens (The budget: on connnercial and coloninl policy) dômontre qu'aucune espèce de commerce n'esi plus avaiilageuse ;i la prnduc-

tion et plus capable d'accroissement, que rechange de vivres cl de matières brutes contre de produits fabriqués.

(2) On ne doit pas se laisser induire en erreur par les chiffres proportionnels.— Aux Etals-Unis l'importation s'élevait pour lesproveiiances :

D'Angleterre. De France. Des villes Anséatiques.

Millions de dollars.

Ainsi donc, l'exportation absolue des villes Anséatiques ne s'est accrue en douze années que de H, 400, 000, celle de France, à peu près de la même somme (sans aucune émigration), et celle de l'Angleterre pour une somme plus queseplnple {Rnsclm\ Kolonien, p. 357).

(3) D'ailleurs, la situation des émigrants allemands paraît peu rassurante au point de vue national. La plupart n'ont reçu qu'un degré de culture, qui ne saurait opposer aucune résistance à l'inllnence intellectuelle des Anglo-Américains; par exemple, la belle littérature de leur ancienne patrie est pour eux comme si elle n'existait pas. La seule tendance nationale qui se maintienne opiniâtrement parmi eux, c'est l'esprit de désaccord. Il faut bien qu'au bout de peu de générations, après une triste et équivoque période de transition, ils perdent tout caractère germanique. Dans rOhio, on rencontre même rarement des noms allemands sur les listes des employés publics, tandis qtie le nombre d'Allemands est très-considérable sur la liste de pauvres de New -York !

(4) V. Fr. List. ( Deutsche Vierteijahrsschr., 1842 , n" 4 ) ; Dielerici i'Uber Ans- und Einwanderungen, 1847, p. 18).

(3j Et non la petite côte de Mosquilo.

T)) Les Allemands ont conservé avec autant de persistance leur nationalité en Hongrie, en Transylvanie, dans les provinces de la Balti((iie, qu'ils l'ont perdue rapidement en Pensylvanie !

(7) Qu'on se rappelle seulement le projet d'une compagnie belge-indoorienlale.que l'Autriche ne put pas exécuter au commencement du siècle dernier.

(8) V. Wappaeus (Deutsche Kolonisation und Auswanderung, 18i6).

(9) Les ouvriers, qui émigrent seulement pour une certaine saison de l'année, ou pour une partie de leur vie i'§ 177), restent d'ordinaire en relation économique avec leur jiatrie. .Mais il y a là un grand danger, quand le débouché habituel se ferme subitement. Les Grisons s'étaient habitués, durant le dix-scptiéme siècle, ;i se rendre pour quelque temps, quelquefois au nombre de 1,000 à la fois, sur le territoire de Venise, comme cordonniers, etc. Le coup leur fut d'autant plus sensible lorsque Venise expulsa toutes ces familles (17(î6). C'est de cette épo(|ue que datent Ips nombreux établissements de conliseurs suisses dans lesdiverses

POLITIQUE DE LA POPULATION. o6l

villes de l'Europe {RoederwnA Tscharncr, Der C. Graubiindlen, 1, .16). Ainsi, l'entretien des troupes au service des puissances étrangères fournissait au centre de la Suisse une importante ressource. Durant la guerre de 1690 et dans les années suivantes, on comptait environ .'W, 000 Suisses qui servaient dans l'armée française. A la veille de la Revolution leur nombre s'éleva, même en temps de paix , au moins à ce chiffre, en France, en Italie, en Espagne et en Hollande [Meyerv. Knonau, Gesch. der Schweiz. Eidgenossensch.,II, lOi, i64). Rien d'étonnant, par conséquent, si la suppression des gardes suisses causa une forte crise. — Expulsion des Tessinois de la Lombardie, en 18.1.3.

La question de savoir ce que l'Etat peut raisonnablement faire pour rémigration recevra naturellement une réponse différente, selon qu'il s'agira d'une mesure purement négative (§ 259), ou bien de colonisation véritable (i;; 260). — Pour donner à celle-ci une impulsion utile, il faut de telles avances de capital et un tel sacrifice de travail, que l'Etat seul, chez nous, est en mesure de s'en occuper, et même, pour le faire sur une large échelle, il faudrait la réunion de plusieurs Etats. Qu'on ne s'y trompe point ! Nos émigrants s'engagent volontiers sur la première perspective qui leur promet un heureu.x. avenir; mais quant à savoir s'ils conserveront des relations intimes avec le vieux sol natal, ou bien si leurs enfants perdront jusqu'au souvenir de la patrie, cela leur est d'ordinaire complètement indifférent, et quand on connaît le degré de culture de beaucoup d'entre eux, on ne saurait s'en étonner. Ainsi donc si l'Allemagne veut réunir dans une colonie allemande, c'està-dire, nouvelle {{), les enfants qui se séparent d'elle, il faut qu'elle fasse des sacrifices, afin de leur offrir au moins les avantages qu'ils pourraient obtenir dans les anciennes colonies, mises depuis longtemps en plein développement par les peuples étrangers. Qui veut récolter ne doit pas regretter les frais de la semence (2). De grands sacrifices consentis dans ce but ne manqueraient pas, en leur donnant une bonne di-

rection, de rencontrer une large rémunération. Sans doute, il ne faudrait pas songer à l'amortissement direct d'une pareille dépense ; mais l'augmentation des droits de douane et du produit des impôts indirects ne tarderait pas a fournir une ample compensation.

Par contre, toute assistance coîiteuse de l'Etat, pour une œuvre d'émigration purement négative , serait ordinairement une grande faute. Qui pourrait condamner les membres de la grande famille nationale, qui désirent ou qui doivent demeurer fidèlement attachés au toit paternel, à payer tribut à ceux qui le délaissent pour toujours ?

Les plus simples sentiments d"humanité ne permettent point de fermer les yeux sur le mouvement de l'émigration, en l'abandonnaiit îi tous les hasards d'une imprévoyante liberté. Il faut, au contraire : multiplier les renseignements, afin de détruire les illusions de l'ignorance et les rêves chimériques que léloignement fait naître; châtier sévèrement toute tentative de limtedes blancs ; exercer une active surveillance sur les bâtiments destinés au transport des émigranls ; astreindre les consuls accrédités en Amérique, etc., à venir obligatoirement en aide, de conseil et de fait, aux nouveaux débarqués , et à les couvrir d'une protection efficace. — La législation de Brème se recommande surtout comme un véritable modèle à suivre en cette matière ; elle a réellement servi à faire de ce port le principal lieu de passage des émigranls de l'Allemagne (5). D'après les règlements des 1" octobre 1852, 19juin 1834, 9 avril 1849, complétés par l'ordonnance du 14 juillet 1854, il est prescrit, entre autres, ce qui suit: Il n'est permis de recevoir les passagers et de traiter avec eux de leur transport, (|n'au citoyen de Brème. ■ de bonne renommée , qui a déposé une caution de 5,000 tha- 1ers (18,750 francs). — (.iliaque passager doit avoir h sa disposition au moins un espace de 12 pieds carrés de surface, et de 6 pieds de haut. 11 faut que les approvisionnements soient corn-

POLITIQUE DK LA POPUL\TION. 36 î

plets, pour la plus longue durée possible de la traversée; ainsi, par exemple, on compte pour un voyage, au nord de Téquateur, treize semaines. En même temps, l'armateur doit garantir, au cas où quelque accident survenu au navire l'empêcherait d'arriver h destination, de rembourser le prix du passage et de payer en outre de 20 à 40 thalers (75 à 150 francs) d'indemnité à chaque émigrant, suivant la longueur du trajet, afin de le mettre à même de couvrir les frais de sauvetage, et de lui permettre de faire face aux dépenses d'entretien et à ceux que nécessite la continuation du voyage. Ces prescriptions sont contrôlées, au moyen d'une inspection régulière des navires, cl une commission spéciale, composée de sénateurs et de membres de la (Chambre du commerce, exerce une haute surveillance (4). — Parmi les règles admises en Angleterre (5), il en est une qui mérite d'être signalée et qui fournit un exemple bon à suivre ; le gouvernement charge tous ses agents officiels au (Canada, etc., de prêter leur concours gratuit aux émigrants ; mais, pour empêcher ceux-ci de se transformer, à leur grand détriment, eu traînards indolents ou dissolus, les fonctionnaires refusent toute espèce d'aide à ceux qui n'ont pas quitté, au bout de huit jours, le port où ils sont débarqués, et qui ne peuvent pas justifier leur présence par des motifs valables.

(i) Il y aurait déjà un grand avanlage à voiries nombreux éniigranls allemands so rencontrer dans la même région, et arriver ainsi a en faire un h'tat allemand. Pour diverses raisons, le Wisconsin se prèleraii le mieux .'i une pareille entreprise.

{"ï) Dispositions prises pour livrer aux colons des terres bien explorées et déliniilées. pour faire ncconqilir par des lionimes déjà acclimatés les premiers travaux, qui sont le plus nuisibles à la santé, du délVicbeinenl et de la construction des habitations, pour acbeteren gros tout rallirail nécessaire à l'agriculture, etc.

(3) Il est passé, eu 1854, en fait d'émigrés allemauds :

Par Brème 76.875

Par Hambourg 50,891

Embarques par voie directe . . . :U,310

Par le Havre 95,89i

Par Anvers 25,8i-3

Amres ports 2,500

Le commerce de Brème est devenu ilorissant, grâce au transport d'émigranls, comme le commerce des villes maritimes de Tltalie Tetail devenu au moyen âge, grâce au Iransporl des Croisés. Il arrive ici, et cela se rencontre fréquemment, qu'un véritable sentiment d'humanité s'allie avec un avantage économique.

(4) Pareils règlements : à Hambourg, du Sjiiin 1800, amendé le 26 février18o5; en France, du 15 janvier 1835; dans les Etats-Unis de l'Amérique, du 2 mars 18SS (V. Hübner, Statistisches Jahrbuch, 1836, p. 289).

(5) V. J^/'CM//oc/i (Dictionnaire, au mot Colonies, 9); GeorgesIT (c. xxi) , La loi du 30 juin 1852 pousse très-loin une vive sollicitude pour le sort des émigrants. Eriecompte91 articles et 11 dispositions additionnelles, et va jusqu'à prescrire la forme du billet délivré pour faire le trajet. L'ancienne loi de 1803, faited'après l'avis de la Ä/^/«/a«(i-soc«Wy d'Ecosse, était, en apparence, conçue dans l'inlérêldes émigrants; mais elle multipliait des exigences calculées, car ceux qui l'avaient conseillée désiraient arrêter l'émigration. Aussi, dans la pratique, cette loi fnt-elle constamment éludée, du consentement des deux parties. \. Lord Selkirk (Observations on the présent State of tlie llighlands of Scotland,\vith a view of the causes and probable conséquences of émigration, 1805; Edinb, Rev., dec , 1826, p. 61; jan., 1828).

Mais il peut arriver, dans un cas tout à fait exceptionnel, ([ue rémigratioii . rapidement entreprise, bien conduite et développée sur une très-large échelle, ouvre la meilleure voie pour arriver cà cicatriser la plaie du paupérisme. Lorsque, par exemple le morcellement extrême du sol a fait prédominer la culture naine, ou bien si une branche d'industrie indigène, à laquelle le peuple avait la longue habitude de se consacrer, vient à être tout à coup ruinée par l'invincible concurrence des grandes manufactures et de la puissance mécanique du dehors , on est amené à renoncer à l'espérance dun autre avenir, car la concentration du travail et le concours du capital seraient la condition préalable et absolue de toute amélioration, et par là

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inêFiie mie masse de bras, jusqu'alors employés à la culture ou au métier, deviendraient entièrement superflus. Il faudrait pour donner à l'économie publique un élan vigoureux et pour assurer à dix mille ouvriers une existence digne d'une créature humaine, en condamner dix mille autres à mourir de faim ! La plupart des médecins politiques reculent devant les terribles nécessités de cette crise transitoire ; ils se contentent d'y apporter des palliatifs, qui, en lin de compte, coûtent fort cher, et ne servent à rien. 11 serait évidemment utile, en pareille occurrence, de faire émigrer, aux frais du Trésor, les travailleurs auxquels on ne saurait fournir d emploi productif; mais en même temps il faudrait accomplir sans tarder la réfornie économique ([u'exige l'état du pays, et empêcher par des mesures sévères que l'ancien mal ne vienne à renaître. — Plus l'émigration sera soudaine, plus elle sera pour ainsi dire simultanée, et moins l'accroissement de la population sera en mesure de la suivre d'un pas égal ; la situation meilleure de ceux qui restent ne peut manquer d'exercer une action favorable, en ce sens que rien ne pousse avec plus de force aux mariages irréfléchis {reckless), que l'entière impossibilité d'entrevoir un soulagement quelconque dans l'avenir ! (1, 2, 3)

(1) Les hommes les plus compétents ont indiqué une émigration pareille^ comme le seul remède à rexubérance de h population irlandaise. V. Torrens (The budget, passtm);J.'S. Mill (Priuc, II, eh. x) ; Edinb. Rev. (janv. 1850). Lord Palmerston a retenu sur ses terres des fermiers aisés (jui s'apprêtaient à émigrer, en faisant partir, à ses frais, un certain nombre de fermiers pauvres. — L'émigration, spontanément organisée sur une grande échelle, en faveur des Irlandais qui se rendent en Amérique (§ 177), présente un avantage incalculable pour l'existence du peuple en Angleterre Thornton recommande comme moyens à employer pour prévenir les funestes résultats d'un excès de population en Angleterre, la libre entrée des céréales, le régime des petites l'ermes et la multiplication des coUage-allotments (Overpopulalion, ch. vu, viu).

(2) R. Mohl (Polizeiwissensch., I, 130) dit qu'on pourrait remédier à un excès de population, quand il ne se présente pas d'émigrants volon-

taires, par une sorte de coiiscriplion d'éinigralioii iiarmi les adultes, avec tirage au sort, remplacement, etc.

(3; Tandis que Fischer (Gesch. des deutschen Handels, 1783, seq. ) envisage encore la guerre comme un remède à l'augmentation exubérante de la population, M. Wirlh (Grundzüge der National OEkonomie, p. 409) fait observer avec juste raison, que la guerre ne fait point disparaître les enfants, les femmes, les vieillards et les impotents; mais qu'elle absorbe les hommes les plus valides et une énorme masse de capitaux.

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