PROFIT DE L ENTREPRENEUR
L'essence d'une entreprise , dans le sens économique du terme , consiste à produire, pour le commerce, à ses propres risques et périls. La production des consommateurs , strictement bornée à leurs besoins personnels, domine naturellement au début de toute économie publique; plus tard, une division de travail plus développée amène la production sut commande ; enfin, dans les sociétés avancées en culture, les progrès accomplis par la liberté du travail, du capital et du commerce, assignent aux entrcprhes un rôle de plus en plus considérable, et de plus en plus aussi elles sont poursuivies aux risques et périls de V entrepreneur. Cette transition constitue un progrès réel, en ce sens que les avantages de la division du travail et de la coopération, ainsi que ceux de la division et de la réunion de l'usage, peuvent être bien mieux utilisés par l'entrepreneur que par les producteurs, qui travaillent uniquement pour leur consommaiion individuelle ou sur commande. L'entrepreneur seul peut songer à susciter des besoins encore latents, circonstance de la plus haute importance pour le développement de la civilisation (1).
Tandis que la plupart des économistes anglais confondent le gain personnel de l'entrepreneur avec l'intérêt des capitaux dont il s'est servi (2), beaucoup d'Allemands, suivant une marche diflérente, ont envisagé le profit de l'entrepreneur comme
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une quatrième branche du revenu public, qui devraii se coordonner avec la rente foncière, le salaire du travail et Vintèrêt du capital (3). Cependant, si le bénéfice net de l'entrepreneur dérive de l'emploi des terres et des capitaux qui lui appartiennent, il demeure soumis aux lois qui régissent la renie foncière et le taux de V intérêt, autrement, on doit le regarder comme un m- /aire(4). Ce salaire, il le gagne d'ordmaire en vertu de Torganisation qu'il donne à l'entreprise, de l'inspeclion qu'il exerce et des chances qu'il calcule, souvent aussi h cause du travail qu'il accomplit en même temps comme teneur de livres, caissier, etc., et, lorsqu'il s'agit de petites entreprises, en qualité de simple collaborateur, fournissant son labeur avec les autres {ouvriers, laboureurs^ etc.). En tout cas, quand même il se ferait représenter pour toutes les affaires courantes par un agent salarié, l'entrepreneur mérite ce profit parce que son nom relie toute l'opération en un ensemble (5), et parce qu'en dernière analyse il en porte seul le souci et la responsabilité (6). Si l'affaire va mal, le directeur rétribué peut sans embarras concourir à une autre ; l'entrepreneur seul subit les angoisses qui privent les nuits de sommeil « et combien de nuits se passent ainsi » (7}I Le profit de l'entrepreneur obéit essentiellement aux mêmes lois que le salaire du travail, en général. Il se distingue seulement des autres branches de revenu en ce qu'il ne peut jamais être stipulé, et qu'il consiste plutôt dans l'excédant que procure le produit de l'entreprise, sur la somme de la rente foncière, de l'intérêt du capital et du salaire du travail, d'un ordre secondaire, stipulés ou calculés au taux ordinaire.
(1) 'Mançjoldt (Lehre vom Unlernelimergewiiin, IS.'iä, p. 40).
(2) J.-S. Mill (Priiiciples, II, ch. xv, i) enseigne avec une certaine prétention que le gross proßofftock ne diffère gnéred'un emploi du capital à l'autre, mais beaucoup d'une entreprise à l'autre, et on peut dire ([u'il n'existe peut-être pas deux cas dansles(pielsil soil i)areil,cari! dépend de la science, des talents, derécononiie.tle l'énergiede l'entrepreneur luimême, on des agents qu'il eniploio, des accidents de relations ou même du
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Iiusard. Rareinehl deii.x nogociaiils faisait le même commerce, veudaul et achelaiil des marchaiidises de même qualité et de même prix, font leurs affaires avec les mêmes frais , et renouvellent leurs capitaux dans le même temps. Les gruss profits se divisent régulièrement en trois parts : a reward for abstinence, indemnity for risk, rémunération for « the labour and skill roquired for superintendence. » Mill se plaint à ce propos que la langue anglaise n'ait pas d'expression qui corresponde exactement à celle de : profit de V entrepreneur (II, ch. xv, 4). Ad. Smith a proiluil les germes d'une doctrine plus exacte (W. ofN., I, ch. vi, 9j, mais ils ont été peu développés par les écrivains qui Tout suivi. V. Ricardo (Principles, ch. vi, 21J. — Read (Polilical economy, 1829^ p. 262) et Senior (Üullines, p. 130, seq.) distinguent les deux éléments du capital et du bénéfice industriel. De même, Sismondi (S. P., IV, ch. vi).
(3) Hufeland (N. Grundlegung,!, p. 290, seq.); Schoen (Nat. OEkon., p. 87, 112); Riedel (Nat. OEkon., II, p. 7, seq.; 274, seq.); Thimen (Derisolirte Staat, II, i, p. 80, seq.); Mangohh (Unternehmergewinn, p. 3-4, seq.). Ce dernier décompose le prolit de l'entrepreneur comme il suit (p. 80, seq.) : A, dédommagement pour le risque couru. — Si ce n'est réellement qu'une prime eu rapport avec le risque, ou ne saurait la regarder comme un revenu, mais seulement comme Vassurance du capital. En supposant que certains entrepreneurs favorisés par le sort touchent une jirinie de beaucoup supérieure au montant de leurs perles, on ne doit jias considérer cette recette comme un revenu, mais comme un bénélice extraordinaire, analogue au gain fait à la loterie ; ;i moins qu'on ne veuille parler de la récompense acquise à un courage extraordinaire, par conséquent à un salaire du travail. Enfin, si la priijie s'elcve régulièrement à quelque chose au delà du risque, pour compenser l'impression pénible que cause un risque iiermauenl, il ne faut ))as oublier que l'on comprend d'habitude dans le salaire du travail toutes les rémunérations pour sacriûces personnels, faits eu vue delà production. B, salaire et intérêt affectés à un travail et à un capital, qui ne peuvent être utilisés que dans une entreprise spéciale, sans fournir matière à loyer. Mangoldt convient lui-même qu'à la longue certaines aptitudes de travail, d'une uature particulière, peuvent seules rentrer dans cette catégorie. C, rente de l'entrepreneur, basée sur la rareté des entrepreneurs par rap|)üri auxbesoins.— Ce n'est donc pas, à proprement parler, un troisième élément du profit, mais une circonstance qui fortifie les deux autres. — Storch (Handbuch, I, j). 180) et Hau (Lehrbuch, I, § 237, seq.) envisagent le profit de l'entrepreneur comme un composé de salaire et d'intérêt.
(i) V. Canard (Principes, ch. m). J.-B. Saij (Traité, II, ch. vu; Cours prali(|ue, V, 1-2, l-\)) distingue trois branches du revenu : hrcnte foncière, Vintérétdu capital, leti profits de l'industrie ; il subdivise ce der-
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liier en profils du savant, de l'enlrepreneur et de l'ouvrier — Jakob, Grundsfielze der Nal.-OEkon., § 292; Lotz, Handbuch, I, p. i7l.
(3; Songeons à l'inlluence que le nom d'un général peut exercer sur les soldais cl sur la composition niènie de rarmcc {Wulleiistcin) ; coinhion il csl important parfois de cacher sa mort au moment du combat, etc. Le nom seul d'un minisire des finances peut aussi faciliter un emprunt, etc., etc..
(6) Il suflil de se rappeler la position différente dos actionnaires el (\q% créanciers priuiléçjiés d'une société paradions.
(7) V. Tlmnen iDcr isolirlc Staat, II, p. 80sci[.). V., dans Steinlcin (Handbuch der Voikswirthscliaftsleiire, p. 443, sei|.), "in long catalogue de livres sur la position de l'entrepreneur, dans les branches principales de l'industrie.
Le pro^< de rentrepreneiir. comme tout aiitro salaire, flé|ieii(l des circonsiances dont nous avons parlé (§ 1G7 el siiiv.), ;iinsi :
1° De la rareté des quaVués personnelles ([n'exige l'opération, et que nous pouvons distinguer en çua/iiés techniques et qualilés vicrales. Ces dernières consistent surtout : dans la acuité de provofjuer la confiance des capitalistes et le dévouement des ouvriers ; dans la capacité administrative qui permet de disposer suivant un ordre bien conçu les divers rouages de celte mécanique humaine, et d'en diriger la marche avec une fermeté exempte de pédanterie, et avec nue économie exempte d'avarice ; elles consistent souvent aussi dans la persévérance et dans la présence d'esprit. Au fond, ces qualités morales {politiques, pour ainsi dire) constituent, pour faire mériter à l'entrepreneur un profit élevé, une condition plus essentielle encore que les qualités techniques (1).
2° Du péril que fait courir l'entreprise qui, en cas de désastre, peut entraîner non-senlemeiit la fortune, mais l'honneur (2).
S'^ En ce (pii touche les dc.uKjVcinenlci altacliés à la ([ualité d'entrepreneur, il faut surtout avoir égard h l'éloignement
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des capitalistes, en général, pour les soins et les peines qu'impose remploi direct des capitaux (§ 185). Le salaire de l'entrepreneur est d'autant moins élevé, que celui-ci a moins de soins à donner pour conserver à sa disposition et pour employer d'une manière profitable les diverses forces productives : il sera donc, en général, plus fort pour la direction des capitaux circulants que pour celle des capitaux fixes ; plus considérable lorsqu'il s'agit du commerce en gros, ou qui s'étend au monde entier, que s'il est question de commerce de détail et d'opérations purement locales (o).
On a pensé que le proßt de l'entrepreneur était ordinairement en rapport avec l'importance du capital employé (4). Cela peut être vrai, la plupart du temps, mais seulement comme résultante. Sans doute, plus l'entreprise est considérable, et plus l'excédant sur la rémunération stipulée au profit de toutes les forces productives qui prêtent leurs concours peut être large, non-seulement d'une manière absolue, mais aussi d'une manière relative. Il suffit de se rappeler les avantages d'une plus grande division du travail (§58) et de la division de la consomnialion (§ 207) ; de songer cà la facilité que présente la fabrication en grand pour faire utiliser les déchets ; de ne pas oublier non plus que Ton effectue à meilleur compte les achats ainsi que le recouvrement des capitaux par fortes sommes, lorsqu'il s'agit d'opérations établies sur une grande échelle. Tout ceci est vrai, tant qu'une trop vaste extension donnée aux affaires n'en rend pas la direction trop difficile.
Le grand entrepreneur, dont le nom et la responsabilité relient beaucoup de forces productives, peut assurément prétendre à un profit plus élevé, parce que le nombre des personnes qui réunissent ces conditions est fort limité. D'un autre côté, on ne saurait disconvenir que les dépenses personnelles et les frais de représentation, qui correspondent à la condition de Tentrepreneur, ont de l'analogie avec les frais de production, pour
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cette nature de travail. Une fois qu'ils sont fixés par la coutume, ces frais paraissent relativement beaucoup plus élevés, dans les opérations qui ne mettent en mouvement qu'un faible capital (5). Au milieu d'une civilisation plus avancée, le profit de l'entrepreneur tend, comme le taux de l'intérêt, à décroître. Il est vrai que cette baisse n'est en partie qu'apparente, à cause de la diminution du danger auquel on est exposé, et, par conséquent, de la prime d'assurance; mais elle est réelle en partie, et résulte de la concurrence, toujours plus active, des entrepreneurs (6), Plus les propriétaires du sol et les ouvriers acquièrent de lumières, et plus facilement ils arrivent à posséder la capacité requise pour utiliser leur force productive, comme levier dune entreprise qu'ils dirigent eux-mêmes, plus aussi ils y prennent goût; en même temps, l'abaissement du taux de l'intérêt diminue, par une conséquence forcée, le nombre des rentiers oisifs. Mais la concurrence plus vive des entrepreneurs peut faire dégénérer l'esprit d'entreprise, en multipliant les opérations qui, ayant exclusivement en vue le gain ou la perte, s'iuquièienl moins de la production, au grand détriment de l'économie publique; tels sont, par exemple, l'achat des récoltes sur pied. les spéculations qui ne conduisent qu'à liquider des différences, etc. Enfin , il va de soi que les circonstances qui inlluenl sur la baisse du taux de lintérêt peuvent également retarder ou même faire rétrograder la baisse du profit de l'entrepreneur (§186).
(1) C'est ainsi qnArkwright a dû surtout à son talent d'organisaleur la richesse royale qu'il a conquise, tandis qu'Hargreaves, génie invenlil plus remarquable au point de vue technique, a subi les dures nécessités de la misère.
(2) Un industriel français expérimenté, M. Godard, calcule qu'en général, sur 100 entreprises industrielles tentées ou entamées, il en est 20 qui croulent, avant même d'avoir ))U s'asseoir; TiO— (iO végètent plus ou moins longtemps, sous le coup d'une ruine imminente, et iO nu plus
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arriveiU à une grande pros|iérité, qui n'est môme pas toujours de longue durée (Enquête commerciale de 1834, II, p. 233). Cet avis nous semble entaché de quelque exagération.
(3) Ganilh (Théorie de l'économie politique, I, p. 1-45) prétend que dans le commerce extérieur de la France, le béuélice s'élève à 20 pour 1 00 de la valeur mise en circulation, et dans le commerce intérieur à 10 pour 100 seulement.
(4) Hermann (p. 208).
(5) D'après Sinclair (Grundgesetze des Ackerbaues, p. o9), le « profit du capital » des fermiers anglais s'élève d'habitude de 10-15 pour 100: dans les comiés de Bcdford, Buckingham, Sussex, Berks, Cailhness, 10 pour 100; dans ceux de Kent, 11 ; de Lincoln, 12;d'Essex, 15 pour 100. Les agronomes tout à fait hors ligne peuvent faire un bénéfice de 15-20 pour 100; en somme moins que dans le commerce et Tindustrie, Ceux qui afferment des pâturages gagnent jusqu'à 15 pour 100 et plus, parce qu'ils ont moins de dépenses à faire et qu'ils se livrent à des spéculations qui se rapprochent davantage de celles du commerce, surtout en s'occupant de l'engraissement du bétail.— Sur la fin du siècle dernier, les feruiiers anglais comptaient en moyenne sur 10 pour 100 comme « praßt de leurs capitaux » (A. Young, View of liie agriculture of Snffolk, 1797, p. 25). — Senior pense qu'aujourd'hui, en Angleterre, les entreprises industrielles de 100,000 livres sterling donnent annuellement un profit inférieur à 10 pour 100; celles de 40,000 livres, 12 1/2 pour 100 au minimum ; celles de 10,000 à 20.000 livres, 15 pour 100, et celles au-dessous, 20 pour iOO ou [)lus encore. Il parle de vendeurs de fruits qui, avec leurs petits capitaux, gagnent journellement 20 pour 100, par conséquent plus de 7,000 pour 100 par an (Oullinos, p.203, se([.). Le capital des fabricants de Manchester fait un double roulement par an, chaque fois avec un profit de 5 pour 100 , et le capital des petits man iiands, de même quatre fois Pan, avec 3 1/2 pour 100 de profil respectif (/6if/., p. 143). Torrens (The budget, 18 ii, p. 108) désigne le chiffre de 7 pour 100 comme celui du plus fiiblc bénéfice en vue duquel les capitalistes anglais s'engagent dans une entreprise. D'après Viebahn (Statistik des Regierungsbezirks Düsseldorf, 1836, I, p. 180), le bénéfice des enlreitreneurs, dans le pays de Hcrg, monte pour 81 fabri(|ues de fer à 140,400 Ihalers ; pour G manufactures de coton à 21 ,200 thalers; 15 fabriques de drap, 14,725 thalers; 4 fabriques de brosses, 800 thalers; 2manuraclurcsde tabac, 10.220 thalers; 2 fabriques de papier, 7, iOO tbalers; en moyenne, 1,924 Ihalers, quoitju'un assez grand nombre ne gagnent que de 200 à -iOO thalers, et (juelques-uns :i,000-10,000. On couiprer.d ici, sous l'expression de béuélice, l'excédant de la valeur en argentdcs produits fabriqués, défalcation faite de la valeur do la m.iliére première et d.i salaire.
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(0) lien résulte naturellement des conséquences fàclieuscs pour beaucoup d'individus ; c'est pourquoi l'on entend dos plaintes multipliées sur la pauvreté toujours croissante, dans les pays qui font les progrés les plus incontestables. V. Sam. Forlrry (Entjlands inleresl and improvements, 1663) ; /?. Coke (A Ircalisc, wherein is demonstraled that the church and stale of England aro in equal danger wilh the trade of it, 1671}; Brilannia languens (Showing the grounds and reasons of tlie incroatc and decay of land, etc., 1680) ; et en sens contraire : Englands greathappiness wherein isdemonslrated, that agréât partof ourcomplaints are causeless, ißll. — Il serait facile de réunir bon nombre d'assertions semblables, â propos de l'Allemagne, pendant les trente dernières années.
§ 196 bis.
Le profit de l'entrepreneur est, de toutes les branches du revenu national, celle qui crée le plus de fortunes nouveiles. Si les propriétaires fonciers recucilient un revenu considérable, ils croient, d'ordinaire, être tenus par leur condition à faire également une dépense considérable; les ouvriers, qui ne sont point eux-mêmes entrepreneurs, ont rarement le moyen de faire de fortes épargnes." — Les entrepreneurs se trouvent encore placés dans la situation la plus favorable, comme intermédiaires entre les acheteurs de leurs produits et les bailleurs des forces productives qu'ils mettent en usage, car ils ont » ï uvantcuje de la première main » (1). Quand, dans la lutte qui préside à la fixation des prix, l'un des compétiteurs occupe une position qui lui permet de saisir, bien avant les autres, jusqu'à la moindre modification des circonstances, ceux-ci sont toujours exposés à subir le contre-coup de l'erreur commune. Si, par exemple, les affaires donnent un plus grand bénéfice, sans que le mérite personnel des entrepreneurs contribue à ce résultat, la baisse du prix des marchandises et l'élévation du taux de l'intérêt ne surviendront qu';qirès ini certain temps, par suite de la concurrence des entrepreneurs, que rendra plus active l'élévation même des profits. Le plus souvent il sera difficile etmenic impossible
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aux bailleurs des forces productives, défaire aussitôt le compte exact du bénéfice des entrepreneurs.
Ceux-ci, d'un autre côté, connaissent le moindre renchérissement dans le prix de location des forces productives, et ils élèvent leurs prix de vente en conséquence ; ils s'aperçoivent tout aussi vite de la baisse des marchandises, et savent la faire retomber sur autrui, en diminuant le salaire et le taux de l'intérêt (2). On ne doit pas oublier que les hommes les plus entendus, doués du coup dœil le plus pénétrant et de la résolution la plus prompte , en ce qui concerne les intérêts économiques, appartiennent à la classe des entrepreneurs (3).
(1) Le même principe rencontre son application dans le commerce inlerniédiaire et dans l'intervention des banquiers entre le gouvernement et les créanciers de l'Elal.
(2) Cela se présente beaucoup moins quand il s'agil de la rente Ibucière, car les baux sont d'ordinaire passés pour un temps plus long. Ici le fermier a donc autant de sujets de crainte que d'espérance, si les circonstances viennent à changer. Aussi, esl-il beaucoup plus rare de rencontrer un fermier, qu'un fabricant ou un négociant enrichi.
{'A) Si l'entrepreneur peut garantir à une autre personne la cession d'un salaire élevé, on arrive à constituer une sorte de capital fixe; par exemple, la clientèle, acquise en vertu de l'habilude ou en vertu d'un privilège. Si l'entrepreneur n'a pas le pouvoir d'en disposer, le profil disparait du moment où il se relire, ou bien c'esl le capitaliste, cl surtout le propriétaire, qui le recueille. Ainsi, par exemple, celui-ci pourra relouer plus cher un magasin, bien achalandé grâce à l'habileté d'un locataire entendu {Hermann, p. 210).