IG2 DERNIÈRES CONSIDÉRATIONS
(5j V. Montesquieu (Esprit des Lois, XXII, 17) ; Blackstone (Commentaires, I, 320).
{&) L'Autriche a concédé plusieurs chemins de fer, eu '18o4-18oo, à des capitalistes français; elle a pareillement favorisé les acquisitions de terres faites sur son territoire par de petits princes étrangers. Dans les deux cas, c'est bien certainement l'inlluence autrichienne qui s'est développée au dehors, beaucoup jilus que l'influence du dehors ne s'est étendue en Autriche.
Eutin, en ce qui concerne le commerce extérieur, dans la stricte acception du terme, on a manifesté autrefois une appréhension, qui ne s'est pas encore dissipée aujotird'hui, et qui revient à dire qu'une nation pourrait être vaincue par une nation rivale, dans le trafic de tous les genres de marchandises (1). Evidemment cela implique contradiction. Qui veut payer les biens étrangers ne peut le faire qu'avec ses propres biens ; si, pour les acquérir, il donne de l'argent, celui-ci est un produit direct et immédiat de son ménage [pays de mines), ou bien il lui est arrivé en échange de ses propres produits. Recevoir de l'étranger tous les objets dont on a besoin, ce serait donc les recevoir en cadeau, — Il est tout aussi illogique de s'inquiéter de ce que les trois branches de revenu national, s'élevant à la fois fort haut, pour la même économie ptiblique, il deviendrait fort difficile de soutenir la concurrence de l'étranger. La rente foncière et le taux de l'intérêt doivent suivre à cet égard une marche tout à fait différente (2). — Avec la liberté absolue du commerce, chaque peuple finit par se livrer aux branches de production qui utilisent principalement les forces productives dont il dispose au meilleur compte, c'est-à-dire, celles que le niveau, relativement bas, de la branche de revenu correspondante, recommande à l'économie privée. L'élévation purement absolue et individuelle, pour ainsi dire, des trois branches de revenu, n'exerce, ainsi que nous l'avons déj;\ vu, aucune influence
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directe sur le prix des marcltandises. Elles |ieiiveiu, toutes les trois, être, sous ce rapport, plus élevées cliez uji peuple que chez un autre. Ainsi, par exemple, les propriétaires fonciers, les capitalistes et les ouvriers de l'Angleterre peuvent se tiouvcr, en même temps, dans une meilleure situation économique que les Polonais de même condition, si le rapport du revenu nalional à l'étendue superficielle du sol, à la masse des capitaux et à la population en général, est plus favorable pour l'Angleterre que pour la Pologne (3).
(i) Forbonnais (Eléments du commerce, I, p. 73}.
(2) Hi'fulalion solide de l'erreur, {généralement accréditée, en vertu de laquelle on suppose rpie a tout » est plus cher en Angleterre f|u'en France (Journal des Economistes, mail8.''>4, p. 295, seq.). Un architecte distingué m'a assuré qu'on pouvait construire aussi bien à Londres pour i livre sterling (2o francs) qu'à Berlin pour 6-7 Ihalers (22 fr. fiO c. à 26 fr. 23 c.) ; seulement l'ensemble de la dépense, dans l'une et l'autre de ces villes, se compose d'éléments très-différents quant ;'i leur proportion respective.
(3) On entend dire fréquemment, par exemple, que les pays où le salaire est élevé ue sauraient soutenir sur les marchés étrangers la concurrence des pays où le travail est payé rapins cher. Les disciples de Ricardo contestent l'exactitutle de cette assertion, « parce que, disentils, une diminution dans les jirolils niet l'entrepreneur à même de supporter la perte occasionnée par rélévation du salaire. « {V. Report of the sélect committee on artisans and machinery, p. 547, seq.). Senior les plai.sante très-finement à ce sujet : « Might not the loss enable liim to bear the loss? » (Outlines, p. 1 46). J.-B. Say pense aussi que le salaire tombe an plus bas, là où les entrepreneurs n'ont aucun proDt. Voici plutôt la vérité : un jiays où le salaire est relativement élevé ne peut guère offrir sur les marchés neutres los marchandises qui réclament surtout du travail; mais le taux relativement bas de Vintérél ou de la rente , soit des deux à la fois, doit mieux le disposer pour la production de certaines autres marchandisos. La conséquence ordinaire d'une élévation de salaire sera de faire dériver la production dans d'autres canaux que ceux dans lesquels elle avait coutume de passer. Les vieilles plaintes que les fermiers de la Saxe ne cessent de faire entendre au sujet du manque de bras, ont vraiment lieu de surprendre, dans un pays où la population est si pressée. Les remèdes proposés par les praticiens les plus habiles consistent surtout dans l'éléva-
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tion du salaire (créer l'espérance de mellre la vieillesse à l'abri du besoin, elc), rintroduclion de la rèlribuliou à la tâche et la niulliplicalion des machines destinées à Pagricullure. Pour noire compte, il nous semble apercevoir ici le signe de l'utilité qu'il y aurait de restreindre la grande culture, telle qu'on la pratique jusqu'ici, à l'élève du bétail et à d'autres branches qui exigent peu de travail, et de lui substituer, en partie, la petite culture des plantes industrielles, etc., avec le concours de petits fermiers. — J. Tucker a parfaitement développé idusieurs points relatifs à cette question, dans sa réfutation de la théorie de Hume sur la supériorité linalc inévitable des pays pauvres par rapport aux pays riches, en matière d'industrie (Four tracts on polilical and commercial subjects, 1774, n" i). L. Lauderdah (Inquiry, p. 290).