‹ Principes d'hydraulique et de pyrodynamiqueChapitre 107 sur 179 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

long des rivieres, dans-les parties basses. .où elles ont accoutumé de sortir de leur lit. 1l est vrai que

ces digues ne rempliraient pas leur objet, si l’on n’en faisait de semblables aux rivieres de la seconde classe, qui aboutissent à la riviere principale : car

quoiqu'il arrive le plus souvent que.ces rivieres . secondaires et les ruisseaux aient une pente beau-

coup plus grande, et moins de disposition à élever leurs eaux à de grandes hauteurs par les crues, comme ellessontcependantretenues par l'élévation de la principale riviere , dans laquelle elles se jet-

tent, il est nécessaire que leurs digues soient aussi élevées que les aütres, du moins au confluent, et en remontant jusqu’à la distance nécessaire, pour

que le remou des eaux de la riviere principale ne s'y fasse plus sentir. Les terrains compris entre ces digues respectives ne peuvent pas avoir d’écoulement, tant que durent les accrues ; et elles forment

. différentes petites inondations, qui ne peuvent se

dessécher que par de petites vannes et des aqué-

ducs pratiqués sous les digues, et lors seulement

que les eaux des rivieres sont rentrées dans leurs

. Hits.

Pour tirer de ces digues ou levées tout l'avantage qu’elles peuvent procurer, il est convenable de ne les pas faire immédiatement au bord des rivieres, où il est à craindre que la rapidité du courant ne les attaque et ne les mine, mais à une distance de chaque rive qui ‘soit proportionnée à la largeur du lit. On pourrait fixer cette distance à la moitié de la largeur du lit, afin que quaud les eaux de la ri-

PARTIE:I. 'SECT. HI. CHAP. III. 195 viere sortent du lit ordinaire, ellés s'étendent dans un Lit double ; où. la vitesse dés bords devient beau: coup moindre : l’espace compris entre la riviere et. ses digues-.ne serait pas perdu ; on'pourrant y laisser croître l'herbe, et eri faire des pâturages, qui.seraient ordinairement bons, à moins que la riviere. ne chariât du sable fin, qui, en se déposant sur ces! grandes bermes, les rendrait gtérdes. . - :: : :

h CHAPITRE IL De là dépensé des reversoirs. ‘Des vannages et des

tenues d’écluse. De là hauteur et de l'amplitude des remous. Des ponts.

. CI 19%) Te

1 4. Anis: avoir examirié quelles sont les lois que suivent:les eaux, quand elles coulent dans des Hits uniforrhes et constants, il faut à-présent considérer comment ; bèr une suite des mêmes lois, elles se détournerit, s'élevent ‘ou s’abaissent; comrhent elles: retarderit- et accélerent leur mouvement,

. quand un obstacle s'oppose x l’uniformité de lèur

cours. Nous: avons déja vu que quañd l'eat est forcée à changer de direction, pour se plier dans un littortueux elle emploieur’effort égal au poids d’une certaine thüte; et éèlle perd, ‘pour le résté dé son mouvernent aniforme, quelques degrés de vitesse qu'elle atirait eus dé plus, ‘si elle eùt eu cet obstacle de moins:à vaincre." :"" |

: L'industrie humaine ; aniinée par le | besoin: a imaginé d'employer l’action de l'eau à mouvoir des

machines qui soulagent sa faiblesse, et ménagent san:répos. Vdilë Forigine des moulins et dés usmes. La nécessité de commamiquen -av6c: se5 voisins , quoique séparésdleux par des hHarrieres naturelles, qui sont les fleuves et les riviereë:, a donné lie x la-consteuotion:-des ponts, qui, faits d'abord en: bois, mais trpp- fables et peu duræbles , ont été remplacés par des piles: de. maçonnerie, jointes ensemble par des arcades. Enfin lafacilité de transporter par eau de gros fardeaux et des marchandises pesantes, ai fait-desirer de rendre navigables des rivieres qui n'y paraissaientpas propres, à ç cause de leur peu de profondeur; voilà l'origine des écluses. Or ne peut remplir ces trois objets sans interrompre l’uniformité ducours desrivieres : c'estsous ce point de vua que nqus allons les eansidérèr dans ce chapitre. Ce: niest pas proprement des re versoirs, des pants.et des écluses que mous allons parler, mais plutôt de l'effet qui résulte. de. ces euvrages sur l’état des.rivieres, et. du changement qu’ils accasionpent dans la hauteur, la vitesse et la dépense des: eaux: L'ordre. deg -mhtieres et le clarté demandent qHe-aous parlions debard-de ls dépense des reversoirs. |

‘141, On sait qu'en général ufeversoir estitaee digue slide ;faite,en.terre., en nisçonnerio on: en bois, qui traverse. le. Jit. d'un courant, dont elle farce l'eau às'élever, jusquà qe qu'ayant égalé: sa hauteur, et la surpassant epsuite, elle reverse par dessus, et forme une: chûte ouune neppe d'eau, pour retomber danssan:li inférisur.. . … -

PARTIE I. SECT. EIL CHAP. III. 197 On peut distinguer deux sortes de reversoirs, les reversoirs complets et les demi-reversoirs, J'appelle reversoir complet eelui où l'eau passant sur “un radier ou sur un seuil quelconque, considéré comme fortmince, tombe dans un bassin ‘ou dans un lit inférieur, dont la sutfacé est ples basse, ou du moins n 'exceile point le nftese du seuil du reversoir; ét le demi-reversoir est cehui-où la sure face du bassin ou du litinférieur.est plus haute que le seuil, tellement que l’eau ne reverse qu'en partie, tandis que le reste coule sans reverser. Mais on pent ‘encore, dans chacun de ces deux cas, distin Buer deux circonstances essentielles : la premiere, quand Yeau qui reverse part d’un réservoir entreténu constamment plein, et dont l'eau n’a point de mouvement propre qui corrcouré au reversèment; la”seconde , lorsque l'eau affiuente au reversoir a déja un mouveénrent et use itssse-acquise , dans la direction düuresersoir. Sur cette matiere, aissi divisée , on peut former plusieurs questions, quivont faire le sujet d'autant de péoblèmes. |

, ue tt PROBLÉME.

142. Si dans une des faces d'un réservorrentretenu constamment plem d'une’exu dormame. on pratique un réversoi d’une largeur et d'aneprofondeur données; on demande de déterminer im dépense d'eau qi s'y fera , le revers or étant complet. L

Soit un bassin ABCD, constamment entreténu plem, dont AB soit la superficie ::si dans une de

sesfaces BC on pratique une ouverture par laquelle l'eau puisse s'échapper sur une hauteur BF, que nous nommerons À, et sur une. largeur: que nous nômmerons. /; on éuppose que l'eau échappée du réservoir soit reque däns un autre bassin ou lit inférieur , dont la surface soit plus basse que le point F, ou au moins de niveau à ce point; on demande quelle serait la dépense de ce reversoir.

SOLUTION

. Si l’eau pouvait se soutenir horizontalement jusqu’ en B, la hauteur BF pourrait être considérée comme celle de l'orifice; et la chûte moyenne, due à la vitesse de l'écoulement , Serait égale à # Æ. Ainsi, en supposant aussi la contraction d'orifice mule, la vitesse sse moyenne serait exprimée par

Vagé = VRax ER , et la dépense serait

BP V'RAxA x £h :-c'est la théorie ordinaire.

Mais les effets naturels sont bien différents, et la premiere supposition est impossible : car l’eau, avant de parvenir au-dessus du reversoir, forme à sa surface une courbe , et elle éprouve une chüte qui diminue considérablement la hauteur de l’orifice, en conservant néanmoins la même charge BF, pour les filets inférieurs. Toutes choses alors

-se passent comme si l’eau s’écoulait. par dessous ‘une vanneabaissée de Beni ; derriere faquelle l'eau se tiendrait de niveau à la superficie AB du bassin. Il est hors de doute que la hauteur IF doit dépendre de la hauteur entiere BF , et qu’il doit exister un rapport entre ces deux quantités; c'est ce que nos

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