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CHAPITRE VIL | Des canaux garnis d’un vannage à leur téte

3 89. Nous n'avons considéré jusqu'à présent le mouvement de l'eau dans les canaux, qu'en supposant qu’elle y entre librement et sans autre obstacle que celui de la contrattion; mais il arrive souvent que cette entrée est garnie d'une vañne, qui, n'étant élevée que d’une certaine hauteur, beaucoup moindre que celle du réservoir, forme un orifice par lequel l’eau passe du réservoir dans le canal. Cette disposition change le cours de l’eau, et demande d’être considérée séparément.

Si l’eau , au sortir de l’orifice que forme un vannage, coule dans un canal dont la pente et les dimensions soient telles que la hauteur de la section soit à-peu-près égale à la hautèur dont la vanne est levée, il paraît évident que l’eau du canal ne peut point réagir contre celle qui sort de l'orifité, et que la dépense sera la même que si le canal n'etistait pas. Cette vérité est en effet confirmée par les expériences de M. l’abbé Bossut : dans ve cas, la dépense, commune l’orifice et au canal, est due à la charge entiere relative à chaque point de l’orifice ; et c'est ainsi que dans les tuyaux de conduite fixés à la pente qui convient au mouvement uniforme, avec une charge suffisante à leur tête , nous avons toujours compté cette charge qui imprime

264 - PRINCIPES D'HYDRAULIQUE. | la vitesse, depuis la su perficie du réservoir jusqu’au centre de l’orifice supérieur.

Dans un canal buvert, si la charge ou la hauteur du réservoir reste la même, ainsi que l'élévation dela vanne, on: peut augmenter la pente, sans que la dépense augmente ; mais si la pente au contraire vient à diminuer, la dépense ne peut rester constante : car l’eaw ne:peut plus éouler dans de eaanal sans prendre une section plus élevée que celle de: l'orifice; ce: qui la'ifait -refluer:vers la vanne, contre laquélle alle. commence à s'appuyer. Or, cette portion d'eau, plus élevée que le sommet de

l'orifice , étant considérée comme stagnante, doit contrarier et diminuer l'effet de la charge entiere.

. Il paraitimpassible de déterminer avec précision à quelle ‘pente l’eau du canal commence à contrebalancer celle qui passe à l’orifice :.car la contraction ,qui a lieu ‘au passage de l’orifice empêche l'eau de prendre, dès l’origine du canal, toute la hauteur qu’elle: doit'prendre ensuite pour couler uniformément. Il est vrai que quandelle est parc venue à cette hauteur uniforme, il se fait un remou -n arriere, vers l'origine du canal; mais tant que ce remou ne remonte pas jusqu’à la vanne, la dépense est la même que si le canal n'existait pas. -Ainsi la hauteur uniforme de l’eau peut excéder un peu l'élévation de la vanne, sans nuire à la dé. pense, laquelle ne commence à diminuer que quand le remou couvre la veine contractée : alors cette diminution devient d'autant plus sensible, qu'une plus grande hauteur d’eau s'appuie contre

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