M.Mariotte a remañqué dans ses expé
riérices un effet singulier, qui.se peut rapportet
à ce que nous avons dit ci-dévant (263), et qui -peut causer dans les grandes charges une dimimution de hauteur. La hauteur du tambour de son appareil n'était pas considérable, en sorte que quand l'ouverture et la charge de l'ajutage étarent fort grandes , il ne pouvait pas entrer dans le tüyau de 3 pouces autant d’eau que l'ajutage en aurait dépensé avec la charge entiere : la pression de l'air sur l’ajutage empéchait qu’il ne se formät un vide dans le tuyau au-dessous du tambour ; -et cet.effet retardait la vitesse à l’ajutage, qui ne épensaitique ce que le tambour pouvait fournir : aussi le jet s’élevait-il fort peu:, et diminuait con- Sidérablement , à mesure qu’on laissait: vider le tambour ; mais le niveau de l’eau étagt parvenu
‘au fond dy tänjbour:, ou à la partie nrieure du tuyau ,.le jet s'élevait tout-à-coup un peu audessous de ce niveau. ( For. le 6 250.)
- . #76- Il paraît aussi par ces.expériences que nôtre forule ñe diminue pas tout-à-fait assez l'élévation des jets à 5o pieds de charge:et au-delà; cela peut venir de l'irrégularité de la contraction, dont nous n'avons pas pu tenir compte, ét qui est d'autant
-plus seusiblé pour un même ajutage, que la charge
‘est plus considérable. Mais, indépendamment de
PARTIË I. SECT. IV. CHAP. VI. 377 cette cause, ét même de là perte occasionnée par la chûte des particules supérieures, quand le jet se forme avec une grande rapidité, le choé de l’air divise 1z colonne, le'jet se réduit en quantité de filets ét de gouttes d’eau séparées, et ne peut jaillir à toute la hauteur relative à la charge, sans néanmoins pour cela que la dépense soit différente de celle que donne la formule, Pour donner une idée de cet effet, M. Mariotte a essayé de donner à Peau de très-grandes vitesses, au moyen d’une arbaléte et d’un pistolet; etila trouvé que, quoique chassée avec une vitesse considérable, elle n’a pas été à 8 pieds de distance.
277. On trouve encore dans le même auteur une expérience qu'il fit à Chantilly sur une conduite d’eau composée de tuyaux de bois, forés à ‘& pouces de diametre intérieur, et emboîtés l'un dans l’autre : une partie de cette conduite était en pente, avec une‘charge de 18 pieds; le reste était horizontal, et passait à travers un étang, et le lonig d’un canal asser étendu. L'eau étant re- tenue par le bas, on pèrça dans Ia partie horizon. tale, et à 104 toises de l'origine, un'orifice de 10 Ngnes, qui-donna un jet dé 15 pieds de hautEttr; 80 toises plus loih ,un pareil orifice aurait dû donner le même jet, mais il ne fut que de 14 pièds. Cette expérience serait contraire à ‘nos prineipes, si elle n’était prouvée être défectueuse ; par ‘un fait dont M. Mariotte fait mention. Ayant fermé la pride d'eau, le jet devait cesser entièrement, <e qu'il ne fit pas, et au contraire il continua de
s'élever à plus de 2 pieds; ee qui fit connaitre que les pieces dont la conduite était composée s'étaient déboîtées, et donnaient passage à l’eau de l’étang et du canal au fond desquels elle passait: Lors donc que le tuyau était chargé de 18 pieds d'eau, cette charge étant alors supérieure à la bauteur de l’eau de l'étang et du canal, l'eau devait s’écouler du tuyau par cette filtration ; et au lien d'avoir simplement un orifice de 10 lignes d'ouverture, toutes les ouvertures se réunissant ensemble pouvaient faire l'équivalent d’une aire de plusieurs pouces. Mais dans une autre expérience on ajouta au tuyau vertical de 3 pouces de diametre une conduite horizontale de 4o pieds de longueur; et les jets, par des ouvertures de 6 . lignes, s'éleverent à la même hauteur, soit qu'ils fussent formés au pied du tuyau vertical, ou à 40 pieds de distance.
En général, M. Mariotte conclut de toutes ses expériences, que, vu l'énorme dépense que fournit une grande charge, on ne peut guere se procurer des jets de plus de 100 pieds de hauteur, et à cette limite notre formule parait sufBsante.
278. Il faut convenir que la matiere de cette quatrieme section exige de la part des lecteurs une attention soutenue et une application très-suivie. La nouveauté peut-être et la complication du sujet ne nous ont pas permis de mettre dans ce travail toute la clarté avec laquelle on expose des vérités éclaircies par un long usage, et développées déja par plusieurs auteurs. Pour en rendre l'exposition